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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 07:32

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Le Chant de l'Exilé
- A la Terre natale -
 



La chair des grappes mûres enivrées de soleil
Etale sous les cieux sa divine paresse,
Et l'olive gonflée des saveurs antiques
Orne de perles oves les branches centenaires


Au détour des roches sourdes teintées de sang
Se déploie la splendeur des sauvages garrigues,
Qui noient dedans leur flot les épines gracieuses
Et la majesté juvénile des chênes apeurés


Les étendues sereines inondées de mystère
Plongent leurs pieds fragiles dans le miroir pudique
Et s'unissent, glorieuses, à la noble allégresse
Des noces langoureuses dans un soir de miel


Et les pins souverains, de leur ombre éthérée,
Ménagent des royaumes aux frontières radieuses
Dans lesquels l'âme pure en liberté navigue,
Restaurant, rêveuse, les fastes languissants


De l'antique splendeur de marbre et de poussière ;
Et la mer, rebelle, chérit dedans son ventre
Les secrets hésitants au goût d'infinitude,
Et, sur sa peau d'azur, traînent les voiles blancs


Des charmes oubliés aux savoureuses lames ; 
Là-bas sur l'horizon, où la terre et le ciel
Intimement mêlés tracent une ligne bleue,
S'ouvre l'Orient si beau au doux parfum d'Ailleurs


Par les chagrins de miel au parfum entêtant,
Les rêves glorieux ivres de solitude,
Sous un ciel si pur qu'un glaive d'or éventre,
Provence, ô douce Mère, Toi baignée de lumière


De sublimes poisons et de nobles senteurs,
De nacres orgueilleuses et d'ocres généreux,
De liberté farouche et de folies charnelles,
Tu tissas, ô ma Mère, mon invisible drame


Dans le froid de l'exil j'implore ton pardon !
Que ne donnerais-je pas à ton sein généreux
Pour retrouver enfin les limpides rivages
Qui baignèrent, en leur temps, mes jeunes espérances !


Ô perle étincelante sur l'ourlet de la France,
Ô sublime torpeur des étendues sauvages !
Je pleure les doux liens que nouèrent les dieux
Et désire plus que tout en cette morne prison


Cueillir enfin les fruits qui ont mûri en moi
Par la seule magie de tes tendres émois 


Kaaper Nefredkheperou - Paris, mars 1994

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Calame de Kaaper
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commentaires

Nefersylvie 06/05/2008 01:25

Bonsoir Kaaper!
Surtout continue à écrire, la légèreté de ton calame dégage toutes les émotions que tu as au fond de toi, et par le papyrus tu les fais partager. Transcrire par les mots ce que nos yeux voient, ce que notre nez sent, ce que nos mains effleurent, ce que notre coeur éprouve, est ce qu'il y a de plus noble, même avec des phrases simples, des mots communs, faire rêver et réfléchir, là est la richesse de l'écriture. Alors offre-nous encore ta sensibilité. Bises. Nefersylvie

Kaaper Nefredkheperou 06/05/2008 05:38


Bonjour, Nefersylvie !
Allah yekhallîki, tes compliments me touchent beaucoup... Promis, je mettrai d'autres textes.
Bises,
Kaaper


Nefersylvie 26/03/2008 14:31

Magnifique... Plume sensible... Emotion intense...

Kaaper Nefredkheperou 29/03/2008 07:28


Venant de quelqu'un qui écrit, le compliment me touche beaucoup. Allah yekhallîki, yâ ukhtî ! Bossa kebira, Kaaper.


ahhotep 29/01/2008 13:05

salut
c'set trop beau ton poème
bisous

Kaaper Nefredkheperou 04/02/2008 13:22

Allah yekhalliki, yâ ukhtî ! Content qu'il t'ai plû. Gros bisous !

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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