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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 06:51

Pour ce nouveau volet de nos nouvelles en provenance d'Egypte, la culture sera particulièrement à l'honneur parmi les articles choisis. Mais nous commencerons par deux articles de société.

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Le Caire : Projet pour renouveler le parc de taxis


Dans un
article intitulé "La fin du tacot ? ", Mirande Youssef évoque le projet du gouvernorat du Caire pour renouveler le parc des taxis cairotes, dont le nombre est estimé à environ 50 000 mais dont 1/3 sont en très mauvais état. Tous ceux qui sont déjà allés au Caire connaissent bien ces fameux taxis, de couleur noire et blanche, qui font partie du paysage urbain et qui sont, quand on les prend pour la première fois, une véritable aventure ! Certains sont en effet sans âge - l'état des lieux dressé par les concepteurs du projet révèle que certains véhicules remontent aux années 1960 ! - et il n'est pas rare que, dans cette ville aux embouteillages gigantesques, un taxi soit immobilisé au milieu de la chaussée. Soucieux des problèmes de sécurité, de circulation et de pollution, mais aussi sans doute pour donner un air de modernité à la capitale égyptienne, le gouvernorat se propose d'inciter les chauffeurs de taxi à remplacer leur véhicule en mettant en place un système de prêt : 40 000 LE à un taux de 7 %, et le choix parmi 3 modèles de véhicules fabriqués en Egypte. Les cibles prioritaires sont les véhicules antérieurs à 1970, dont les propriétaires bénéficieront d'un délai de 2 ans pour les remplacer par des véhicules neufs. Le projet prévoit également l'obligation d'installer un compteur électronique affichant le prix réel de la course - actuellement, le compteur sert essentiellement  de décor et le prix de la course est marchandé avant le départ. Réel progrès ? Pas sûr. Outre l'aspect pittoresque que nous regretterions un peu et une augmentation du prix des courses, le projet annonce des problèmes sociaux à venir ; pour beaucoup de chauffeurs, le prêt de 40 000 LE au taux de 7% représente une dépense trop élevée à laquelle ils ne pourraient faire face. Certains pointent du doigt les compagnies de taxis apparues relativement récemment, avec des véhicules certes plus modernes, mais dont les chauffeurs sont des salariés. A lire en parallèle le récit non dénué d'humour d'une course de taxi au Caire, dans la même enquête (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).



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Société égyptienne : la première femme à postuler à l'emploi de maazoon

C'est sous le titre "
Un autre monopole bousculé" que Shahinaz Gheith évoque quant à elle la première Egyptienne à postuler pour l'emploi de maazoon, sorte de notaire qui enregistre et signe les contrats de mariage ; cet office a été créé il y a environ un siècle, avec en particulier le souci de garantir les droits de l'épouse. L'affaire se passe dans la région du Delta, à Naqayet, à 15km de la ville de Zagazig. Encouragée par son époux, qui n'est autre que le neveu de l'ancien maazoon, Amal Soliman, diplômée en Droit, remplit le dossier de candidature à ce poste, au grand dam de certains de ses concitoyens. Cela ne s'est jamais produit auparavant en Egypte ni dans tout le Mashreq. A ceux qui lui opposent que cela n'est pas conforme à la shari3a, Amal rétorque que rien dans la Constitution égyptienne ni les lois religieuses ne s'oppose à ce qu'une femme occupe cet emploi. Déterminée, elle attend la décision définitive des autorités (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).


undefinedCulture :


cobra_db.gifLe Centre el-Ghori pour le Patrimoine oeuvre pour le patrimoine musical égyptien

Dans son très intéressant
article "Retour des exaltations d'antan", May Selim nous parle du Centre el-Ghori pour le Patrimoine et de l'action menée par son directeur, Intissar Abd el-Fattah, pour mettre en valeur et faire redécouvrir le patrimoine musical égyptien. Plusieurs projets sont en effet menés dans ce sens par le centre, avec la création de spectacles et de troupes musicales. Ainsi, la troupe Sama3, composée de 23 chanteurs, s'attache à la redécouverte du chant religieux (inshad) de tradition sûfî. Pour l'été 2008, c'est un spectacle théâtral sûfî qui est en préparation, intégrant chanteurs sûfî (monshedîn) et derviches tourneurs. Le Centre a également permis la création en 1990 de la troupe des Tambours nubiens (dedoof), afin de sortir la tradition musicale nubienne du caractère folklorique galvaudé auquel elle est souvent réduite et de restaurer dans son originalité la musique sa'idi, avec ses percussions et autres instruments, tels que le mizmar*, la rababa** et la kawala***. Enfin, Intissar Abd el-Fattah travaille aussi pour ressusciter des formes musicales populaires, comme el-Nakraza (spectacle de rue avec échassier) et l' Hasaballah. En parallèle est mise sur pied une école de calligraphie. (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).

* mizmar : instrument à vent à double anche.
** rababa : sorte de luth à deux cordes en Egypte, sur lequel on joue avec un archet.
*** kawala : sorte de flûte égyptienne (nay).




cobra_db.gifDes expositions temporaires établissent une passerelle entre Mexique précolombien et Egypte antique


Pour célébrer le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre leurs deux pays, le Mexique et l'Egypte organisent deux
expositions temporaires permettant à chacun de découvrir la culture de l'autre, en montrant les étonnants parallèles entre deux cultures brillantes n'ayant pourtant pas eu de liens entre elles et soulignant l'ancienneté de l'une comme de l'autre. Au Mexique, c'est donc une exposition égyptologique qui a débuté au musée national de Mexico et se déplacera. En Egypte, le musée égyptien du Caire présente l'exposition "Dressing like Gods", avec 58 oeuvres pré-hispaniques de la région de Oaxaca, au Mexique. (Al-Ahram Weekly n°883, semaine du 07 au 13/02/2008)


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Archéologie : Découvertes sur le commerce maritime égyptien antique en mer Rouge


Dans son
article "Les Egyptiens avaient le pied marin", Doaa el-Hami revient sur les fouilles menées depuis 7 ans à Wadi el-Gawisis, à 25km au sud de Safaga, sur la mer Rouge, par une équipe américano-italienne, sous la direction de Rodolfo Fattovich et Kathryn Bard. Ce site a en effet été l'un des plus importants sites maritimes de l'Egypte antique, fréquenté dès l'Ancien Empire comme le mentionnaient les textes et l'a confirmé la trouvaille de céramiques de cette période. Mais c'est au Moyen Empire, en particulier sous le règne d'Amenemhat III, que l'activité a été la plus intense. La dernière campagne en date a porté sur 2 des 7 galeries qui servaient à la fois d'entrepôts et de lieu de vie. Les découvertes sont nombreuses, variées et renseignent mieux sur les échanges entre l'Egypte et le pays de Pount :
- équipements de navigation : cordages, rames, planches amenées depuis la vallée du Nil pour la construction des bateaux (la sécheresse du climat a permis leur excellente conservation)
- sceaux d'argile qui permettaient de fermer les récipients contenant les denrées, en particulier alimentaires, qui fournissent de précieuses indications sur l'administration des échanges, ainsi que des coffrets de bois pour les matières précieuses ramenées de l'autre rive (encens, pierres précieuses, etc.)
- plusieurs stèles datant des règnes de Senusret*  III, Amenemhat III et Amenemhat IV
- une grande quantité de jarres sans doute destinées au stockage de l'eau pour le voyage maritime.
L'un des objectifs de l'équipe, toujours pas atteint, est d'identifer le faciès du littoral antique. Il s'agit aussi d'assurer la préservation du site, car les galeries sont fragilisées et devront être consolidées, mais également parce que le littoral égyptien de la mer Rouge fait l'objet de convoitises des spéculateurs immobiliers attirés par la manne de l'industrie touristique.
En complément, un second article présente l'historique des fouilles. (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).

*Sesostris en grec.



Températures
: au Caire, 7° pour les minimales et 18° pour les maximales ; à Alexandrie, 8° et 17° ; à Hurghada, 12° et 23°.


Cours de la livre égyptienne (LE)
(au 11 février 2008) : 1 euro vaut 7,60 LE.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Masr - Egypte islamique & actuelle
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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