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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 16:27

Les découvertes sont nombreuses et chaque mois apporte son lot de surprises pour les passionnés d'archéologie. Voici un choix de quelques nouvelles découvertes annoncées en ce mois de février - il y a toujours, comme vous le savez, un décalage entre le moment de la découverte et l'annonce publique, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité.



undefined Egypte :



scarab_bl.gifUne découverte sensationnelle a été annoncée ce mois-ci au public concernant le site de la nécropole thébaine, à Dra Abu l-Naga. Une équipe
espagnole qui travaillait sur la cour à ciel ouvert de la tombe de Djehuty a découvert de façon tout à fait fortuite une tombe bien préservée de la XIe Dynastie, baptisée depuis "la tombe du Guerrier". En effet, la sépulture contenait, outre un magnifique sarcophage peint en rouge avec une frise d'inscriptions courant sur tout le pourtour, cinq flèches, dont trois sont encore empennées. Egalement cinq récipients en terre. Les inscriptions révèlent le nom du défunt, Iker, et sont accompagnées d'invocations à la déesse Hathor. Le sarcophage bloquant l'entrée de la cavité naturelle qui a été utilisée pour la sépulture, il a fallu le consolider sur place avant de pouvoir le déplacer ; il a été ouvert et traité, car il était la proie des termites. Il faudra attendre la prochaine campagne pour poursuivre la fouille et éventuellement découvrir le reste du matériel funéraire. Mais il s'agit d'ores et déjà d'une découverte majeure, de par l'ancienneté de cette tombe, mais aussi, comme le souligne José M. Galàn, directeur de la mission archéologique espagnole, parce que la première Période Intermédiaire à Thèbes est encore mal connue. Liens : un
article de Nevine el-Aref et des photos dans al-Ahram Weekly n°885 (en anglais) ; un article et des photos sur le site du dr. Zahy Hawass (en anglais) ; textes et de nombreuses photos détaillées de toutes les étapes dans le journal de fouilles de l'équipe archéologique espagnole du projet Djehuty : 16 février , du 17 février  18 février 19 février 20 février et 21 février (en espagnol).



undefinedSur son site " The Plateau ", le Dr. Zahy Hawass consacre un intéressant
article à la momie de la fameuse KV55, dans lequel il livre un certain nombre d'informations sur les recherches en cours et les projets des archéologues égyptiens. Il en rappelle le contenu, lié à la dynastie amarnienne, mais là n'est pas l'intérêt de l'article dans notre propos d'aujourd'hui.  L'identité de la momie en mauvais état de conservation que contenait le sarcophage très endommagé exposé au musée du Caire a fait l'objet de diverses théories, comme le sarcophage lui-même d'ailleurs ; la plupart des égyptologues s'accordent cependant aujourd'hui à y voir la momie de Smenkhkare. Dans le cadre du projet baptisé "Egyptian Mummy Project", le Conseil Suprême des Antiquités a décidé de passer la momie en question au scanner de façon à en apprendre plus. Selon l'équipe égyptienne, il apparaîtrait que le défunt aurait été plus âgé au moment de sa mort qu'on ne le pensait jusqu'à présent - l'âge jusqu'à présent admis étant au plus de 35 ans. Bien qu'il soit difficile de déterminer l'âge exact avec des restes en si mauvais état, le Dr. Ashraf Selim, radiologue de l'équipe, annonce dans les premiers résultats que le défunt aurait pu être âgé d'une soixantaine d'années. Ce qui bien entendu relancerait le débat et pourrait conduire à conclure qu'on aurait enfin retrouvé la momie d'Akhenaton lui-même, ce qui serait en effet un événement ! Mais plus que ce qui ne relève encore que de spéculations, Zahy Hawass glisse dans ce même article des informations extrêmement intéressantes. Tout d'abord, il annonce que la momie du KV55 va faire l'objet d'études ADN, en parallèle avec celle de Toutankhamon et "d'autres", ajoute-t-il sans donner plus de précisions. Ensuite, il confirme l'inauguration en 2010 du musée amarnien à el-Minyeh, dont les travaux se poursuivent comme l'annonçait la presse égyptienne ; cela ne peut que réjouir les amoureux de la période amarnienne et, avouons-le, renforce notre impatience. Enfin, il annonce que, pour la première fois, une équipe entièrement égyptienne a commencé à travailler dans la Vallée des Rois, au nord de la tombe de Merenptah (KV8) ; il pense en effet que c'est dans cette zone que se situerait la tombe de Ramsès VIII. Il conclut son article en évoquant la tombe d'Amenhotep I, non encore localisée mais qui pourrait se trouver dans le secteur de Deir el-Bahari, ainsi que les momies restant à identifier, parmi lesquelles il mentionne celles de Nefertiti et d'Ankhsenamun, l'épouse de Toutankhamon. Et affirme : "Le sable et les rochers de la Vallée des Rois cachent des trésors (...). Je suis sûr que la Vallée des Rois nous révélera quelques-uns de ses mystères." Le Secrétaire Général du Conseil Suprême des Antiquités, rompu à l'art subtil des médias, nous prépare-t-il par là à l'annonce de découvertes majeures ? A suivre... (en anglais)



undefined  Monde romain :


undefinedUne équipe d'archéologues turcs, dirigée par le professeur Havva Iskan Isik, annonce la découverte sur le site de l'ancien port romain de Patara, près de l'actuelle Kas, dans la région d'Antalya, d'un phare intact du Ier s. de notre ère. Ce phare, de 12m de haut, a été construit sous le règne de Néron (54-68)  et serait ainsi le plus ancien phare à nous être parvenu intact. Un second phare serait encore enseveli à l'autre extrémité de l'ancien port et devrait faire l'objet de fouilles ultérieures. Lien :
article dans le New Anatolian (en anglais).




undefined  Amérique précolombienne :


undefinedL'anthropologue Dean Arnold, du Wheaton college, a annoncé ce mardi qu'il pense avoir percé le secret de la fabrication du fameux "bleu maya", qui ornait temples et céramiques, mais était également utilisé pour recouvrir le corps des victimes humaines promises au sacrifice. La particularité de ce pigment est de conserver son intensité malgré l'enfouissement et le climat particulièrement chaud et humide de cette partie du monde. On connaissait sa composition, mais on ignorait comment les Mayas le fabriquaient. Ce pigment est obtenu à partir de palygorskite, un minéral en contexte argileux, et d'une petite quantité de feuilles d'indigo. La clef du mystère vient de l'étude d'un petit bol tripode du Field Museum qui avait été trouvé par l'archéologue amateur Edward H. Thompson dans le Cenote de Chichen Itza. Selon la théorie de Dean Arnold, le bleu maya était obtenu en faisant fondre lentement le mélange de playgorskite et d'indigo au-dessus d'encens de copal en train de brûler. Les recherches se poursuivent, en particulier pour déterminer la proportion d'indigo. Le "bleu maya" a été mis au point vers 500 de notre ère et est considéré à la fois comme l'une des merveilles de l'archéologie précolombienne et comme l'un de ses grands mystères. Lien :
article de William Muller dans le Chicago Tribune du 27 février (en anglais), ainsi qu'un second de Will Dunham, avec une photo du fameux tripode (en anglais).



undefinedL'Institut National de la Culture du Pérou a annoncé la découverte d'un important site de la culture Vicus (entre 200 avant notre ère et 300 de notre ère) dans la province de Piura. En janvier dernier, les ouvriers d'un chantier de construction mettent au jour plusieurs pyramides tronquées et une grande plateforme d'adobe. Les responsables de l'Institut s'étant rendus sur place ont annoncé que le complexe couvre une superficie de 1,6km de large sur 3,2km de long ; il pourrait s'agir d'un centre cultuel ou d'un site funéraire aristocratique, comprenant au moins 10 pyramides. La plateforme d'adobe, qui se trouve au pied de l'une des plus grandes pyramides, mesure 25m sur 30m. L'une des plus grandes pyramides contenait quelques objets et un fragment de crâne humain. La zone des pyramides est entourée d'une nécropole, qui a malheureusement été pillée ; mais le complexe lui-même est intact. Il pourrait s'agir d'une découverte majeure, car la culture Vicus n'est guère connue qu'à travers des céramiques provenant souvent de pillages et que son architecture monumentale est rare. Mais les experts estiment qu'il est encore trop tôt pour se prononcer. Lien :  
article de Kelly Hearn dans National Geographic News (en anglais).




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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Horizons archéologiques
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commentaires

michelle 05/03/2008 00:19

Toujours aussi intéressants tes articles !
Cela fait très longtemps que je ne suis pas venu causer chez toi ! j'espère que tu vas bien !
A bientôt.

PS : au fait, moi aussi je me suis mise à l'arabe (enfin... qalilah, faqat ;-)
Bises

Kaaper Nefredkheperou 09/03/2008 11:36

Allah yekhallîki, yâ Michelle. Ana kwayyes, el-Hamdu li-llah, wa enti ? Comme ça me fait plaisir de te lire !C'est génial que tu te sois mise à l'arabe : classique ou dialectal ? Ou les deux ? Bussa kebîra. Kaaper

soleil51:0010: 29/02/2008 16:32

Un gros bisou en ce vendredi de la terre des pharaons ! Désolée de ne pas être plus présente mais très bientôt, je trouverai mes marques ! ! ! @nne marie

Kaaper Nefredkheperou 03/03/2008 23:07

Mais je comprends, yâ ukhtî, je sais ce que c'est. D'ailleurs, tu as vu, moi aussi je suis très irrégulier. J'espère que tout va bien et que tu va trouver ta vitesse de  croisière. Gros gros bisous de Provence. Kaaperek

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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