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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 20:42


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Mashreq :


archeo-orient.gifArchéologie orientale - Yémen : Une nouvelle tombe découverte à Ibb ? - Alors que des travaux visant à protéger le site archéologique de Ibb, dans le district d'as-Sada, étaient menés, la découverte d'une nouvelle tombe serait intervenue fin février dernier. Il semblerait qu'il s'agisse, comme le suggérait la découverte précédente sur le même site -peut-être la tombe de l'épouse du roi Shammar Yoharish (IVe s. ap. JC), contenant de remarquables pièces de joaillerie-, d'une tombe royale de la dynastie Himyarite (entre 110 av. JC et 525 ap. JC) liée à l'antique royaume de Saba. Les autorités yéménites se refusent cependant pour l'heure à confirmer l'information. En effet, on craint que ne se reproduisent les déprédations et pillages qui avaient suivi la médiatisation des découvertes faites d'Osaibah, district d'ash-Shahed, et de la montagne de Shammar Yoharish dans le district d'as-Sada.  Sources :
article d'Abdul-Qawi Dahan dans le Yemen Observer du 1er mars (en anglais).


archeo-egypt.gifArchéologie égyptienne - Les analyses des ossements d'ânes découverts en 2003 à Abydos fournissent les informations manquantes sur la domestication de l'âne
: Une fouille menée à Abydos avait mis au jour des squelettes d'ânes inhumés dans des sépultures de brique en connection avec la nécropole royale des premières dynasties. Les analyses menées sur ces squelettes par des spécialistes américains, danois et allemands démontrent que ces animaux présentent des lésions prouvant qu'ils étaient utilisés non pour leur viande, mais déjà pour le transport. On soupçonnait que la domestication de l'âne avait eu lieu à partir d'espèces sauvages en Afrique, mais on ne pouvait ni en apporter la preuve, ni préciser à quelle époque cette domestication avait eu lieu. Il s'agirait ainsi de la plus ancienne preuve de l'utilisation de cet animal comme animal de bât, ce qui a été une véritable révolution dans le transport des denrées et marchandises, et de ce fait la distribution des productions agricoles en Egypte mais aussi les échanges commerciaux avec des régions plus lointaines. Les sépultures d'ânes ont été retrouvées dans un secteur en principe réservé aux tombes de dignitaires, ce qui indique l'importance que ces animaux ont pu avoir pour le souverain de l'époque. Si les fouilles n'ont révélé aucun nom royal, le type des sceaux permet de situer cette inhumation dans les débuts de la période dynastique, vers 3000 av. JC. Une découverte qui pourrait enfin lever le voile sur une page encore méconnue de l'histoire de l'élevage. Sources :
article de G.S. Muldur dans le Telegraph-India de Calcutta (en anglais).


Monde gréco-romain :



prehistoire.gifArchéologie protohistorique - Grèce : une nécropole du IIIe millénaire avant notre ère découverte sur le site de Pella, ancienne capitale de la Macédoine
- De nouvelles découvertes viennent éclairer d'un jour nouveau l'occupation du site archéologique de Pella, antique capitale de la Macédoine, apportant la preuve de l'existence d'une communauté organisée sur le site dès le IIIe millénaire avant notre ère. C'est en effectuant des travaux de restauration et de consolidation des vestiges de la ville antique qu'une équipe d'archéologues grecs a découvert plus d'une centaine d'inhumations du début de l'Age du Bronze (vers 2100-2000 av. JC)  ; les défunts étaient placés dans des jarres, dont beaucoup atteignent 1,50 à 1,60m de hauteur, inhumées dans des fosses ou des structures de pierre. Parmi le matériel funéraire, des sculptures de marbre cycladiques, des céramiques locales et des objets de métal.  La plupart des sépultures contenaient au moins une céramique ; certaines présentaient aussi des bijoux (bagues d'argent, boucles d'oreille, bracelets et colliers en or, fibules de bronze) ou des armes de bronze, ce qui montre le niveau de prospérité de la région dès cette époque reculée. De rares exemples de vaisselle cycladique de marbre ont également été retrouvées, sans doute fabriquée à Paros, ce qui constitue l'un des plus anciens exemples de relations économiques entre les Cyclades et la Macédoine.  Il est déjà prévu de présenter une sépulture complète, avec le corps placé dans sa jarre et son matériel funéraire, dans un nouveau musée qui devrait être créé à Pella. L'analyse des jarres funéraires n'est pas encore achevée, mais cette découverte est d'ores et déjà très intéressante pour cette période et l'histoire du site. On ne peut connaître l'étendue exacte de cette nécropole, car une partie est ensevelie sous la ville antique. D'autre part, les archéologues pensent que la zone d'habitation de l'Age du Bronze ne devait pas se trouver très loin ; d'autres découvertes à venir ? Sources :
article de Iota Myrtsioti dans le journal grec en ligne Kathimerini (en anglais).




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Restitutions d'objets archéologiques :


Une tendance récente fait bouger le monde des grands musées, avec les demandes de restitution de plus en plus nombreuses d'oeuvres arrachées à leur terre d'origine à une époque où le lien entre le patrimoine archéologique et l'identité d'un peuple n'était pas encore reconnue. On ne peut que s'en réjouir, même si cela ne fait pas encore  l'unanimité.




precolombien.gifArchéologie précolombienne - Pérou : Les objets découverts à Machu Picchu par Hiram Bingham vont-ils enfin revenir au Pérou ?
-  Ainsi, les négociations entre les autorités péruviennes et l'université américaine de Yale concernant la restitution au Pérou des objets découverts à Machu Picchu seraient sur le point d'aboutir, même si des tensions et points de désaccord subsistent. En effet, après les fouilles menées par le célèbre explorateur au début du XXe s. (1911-1915), le fruit de ses découvertes fut déposé au musée Peabody de l'Université de Yale, entraînant une polémique qui dure depuis un siècle.

Un inventaire systématique des objets a été entrepris à la demande des autorités péruviennes, et un premier accord a posé le principe que tous les objets présentant un intérêt muséologique seraient restitués au Pérou dans les meilleurs délais ; un musée sera spécialement créé pour les accueillir, et leur retour en Amérique latine devrait être marqué par une grande exposition internationale organisée conjointement par l'université de Yale et les responsables péruviens de la culture. Les autres objets resteraient en dépôt dans l'université américaine pour une période de 99 ans.

Des responsables péruviens se sont rendus aux Etats-Unis pour poursuivre les négociations et surtout vérifier le travail d'inventaire et d'estimation des oeuvres. Mais ils déplorent que cet inventaire et cette sélection se soient faits uniquement avec des spécialistes américains, sans la collaboration de leurs collègues péruviens. Souhaitons que l'affaire puisse malgré tout aboutir, et que le Pérou puisse se voir restituer cette part importante de son patrimoine archéologique. Sources :
article de Paul Needham dans le Yale Daily News du 3 mars, avec des liens sur les rebondissements de l'affaire, qui n'est pas simple (en anglais).



archeo-grecque.gifArchéologie grecque - Athènes : le nouveau musée de l'Acropole devrait ouvrir ses portes en septembre prochain, avec l'espoir de voir revenir de Grande-Bretagne la frise du Parthénon emportée par lord Elgin
- Le projet du nouveau musée de l'Acropole, un bâtiment de verre et de béton au budget d'environ 130 millions d'euros, avait été retardé depuis 2004. Le ministère grec de la Culture en fait une priorité et ce nouvel édifice, qui remplacera l'ancien musée établi au sommet de l'Acropole, devrait pouvoir être inauguré avant la fin de cette année en septembre prochain. En tout, ce seront plus de 4000 oeuvres qui pourront y être exposées au public (10 fois plus que ce qui était exposé dans l'ancien musée) , parmi lesquelles les originaux des caryatides de l'Erechthéion et surtout la partie des frises du Parthénon qui n'avait pas été pillée au XIXe s. Car l'un des objectifs des autorités grecques est d'obtenir la restitution par la Grande-Bretagne des frises du Parthénon emportées par lord Elgin au XIXe s. et dont la Grèce demande depuis longtemps le retour, se heurtant toujours à un refus catégorique du British Museum. En ce début de nouveau millénaire, il serait temps en effet que ces marbres exceptionnels puissent enfin retrouver le lieu pour lequel ils ont été réalisés. Sources :
article dans USA Today du 5 mars (en anglais).



Actualité des sites archéologiques à visiter :



archeo-rom.gifArchéologie romaine - Rome : l'accès au Forum romain désormais payant et la réouverture du palais d'Auguste sur le Palatin
- En visite libre depuis de nombreuses décennies, le Forum de Rome fait désormais depuis le 10 mars l'objet d'un droit d'entrée, fixé à 10 euros, comme le Colisée et le Palatin ;  les autorités romaines expliquent que cet argent servira à l'entretien des vestiges, mais également à soutenir l'effort de réouverture de certains sites et à l'organisation d'expositions. Dans le même temps, après une longue fermeture pour restaurations, le palais d'Auguste sur le Palatin (Domus Augustea), célèbre pour ses superbes fresques, est à nouveau réouvert au public depuis le 10 mars également ; un haut lieu du patrimoine romain à redécouvrir. Sources :
article dans USA Today le 4 mars (en anglais) et article de Christian Fraser dans BBC News sur le palais d'Auguste du 11 mars (en anglais).




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(sources AFP) 


Patrimoine archéologique en danger :


L'envie de posséder, aussi bien que le goût sans aucun scrupule de l'argent, représentent hélas également une menace dans le domaine du patrimoine archéologique mondial, comme le montrent les deux exemples ci-dessous. Aimer l'archéologie, c'est pourtant en principe respecter ce patrimoine commun et ne pas céder à la tentation de se l'approprier en alimentant les réseaux clandestins et autres trafics, ou pire encore en pratiquant soi-même des fouilles clandestines.  Nous y consacrerons prochainement un article.




undefinedArchéologie mésopotamienne - Iraq : Le dramatique pillage du patrimoine iraqien
- Depuis l'occupation américaine en 2003, le patrimoine archéologique de l'Iraq, déjà mis à mal par la guerre, est victime d'un pillage à grande échelle, dans l'indifférence quasi-générale malgré l'appel de nombreux spécialistes. Ces pillages alimentent le commerce international d'oeuvres d'art, non seulement dans les galeries, mais également sur le Net, et cela constitue une perte irréparable pour ce pays durement éprouvé dans lequel se sont développées des civilisations parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses au monde. Ce sont ainsi des milliers de tablettes cunéiformes, de monnaies, d'objets de bronze ou de poteries qui quittent le pays en toute impunité. Les Etats-Unis pointent souvent du doigt les Iraqiens eux-mêmes, poussés par le désespoir dans un pays livré au chaos où l'on peine à survivre, mais il apparaît que les troupes américaines participent elles aussi largement à ce désastre. On estime à plus de 200 les sites archéologiques iraqiens livrés au pillage, comme le révèle l'analyse des images satellite. Des archéologues tirent la sonnette d'alarme, espérons que leur voix soit enfin entendue !



undefinedArchéologie égyptienne - Egypte : trois trafiquants arrêtés alors qu'ils essayaient de vendre des momies
- La police égyptienne a annoncé l'arrestation au Fayyum de trois trafiquants alors qu'ils s'apprêtaient à vendre à un marchand d'antiquités pour 20 millions de livres égyptiennes (plus de 2 millions d'euros) des vestiges archéologiques remontant à l'époque pharaonique. Le matériel saisi consiste en une momie d'enfant, trois momies d'hommes adultes, encore bandelettées et pourvues de leur cartonnage coloré, un sarcophage orné de hiéroglyphes et une dizaine de statuettes. Il proviendrait de fouilles clandestines dans la région d'el-Minyeh, sur un site encore inconnu des autorités. Les contrevenants risquent au minimum 3 ans de prison. Malgré la sévérité et la vigilance des autorités égyptiennes en la matière, le marché clandestin des antiquités égyptiennes demeure florissant. Un désastre pour l'archéologie, car les éléments exhumés sont alors privés à jamais de leur contexte et des informations précieuses sont à jamais perdues. Rappelons au passage que l'exportation d'antiquités, pharaoniques, chrétiennes ou islamiques, est totalement interdite en Egypte. C'est le pacha Mohammed Ali qui a le premier pris des mesures en ce sens dès les années 1830.



Découvertes :



undefinedArchéologie préhistorique - Pays-Bas : un "archéologue amateur" découvre 28 haches de pierre dans du gravier utilisé pour la construction
- Un archéologue amateur néerlandais, habitué à fouiller les graviers dragués en mer du Nord à la recherche de fossiles, a découvert 28 haches datant du Paléolithique (environ 100 000 ans) dans du gravier dragué au large des côtes du Norfolk pour une société de matériaux de construction néerlandaise. Les archéologues britanniques considèrent cette découverte comme majeure, la plus importante découverte d'un tel matériel de l'âge glaciaire. On envisage de mettre sur pied une mission archéologique.

NB : cette nouvelle pourrait sembler contradictoire avec ce que j'écrivais plus haut ; si je l'ai insérée, c'est que là il ne s'agit pas véritablement de pillage, puisque le découvreur en question se contente d'examiner les graviers extraits par l'industrie des matériaux de construction. Ici, le problème posé est plutôt celui de la surveillance de ces dragages ; car de toute façon, à l'heure actuelle, des fouilles sous-marines dans ces zones poseraient encore beaucoup de problèmes techniques, sans compter qu'il faut trouver les financements. Quant au terme d' "archéologue amateur", je l'ai mis entre guillemets, car l'archéologie est une science, de plus en plus pointue, et ne saurait, comme autrefois, être confiée à des amateurs, même éclairés, sans un encadrement de spécialistes. 


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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Horizons archéologiques
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commentaires

Nefersylvie 26/03/2008 14:24

Je profite de ton thème pour parler un peu de la Libye que je connais fort bien, surtout Leptis Magna et Sabratha, n'ayant malheureusement pas eu le loisir d'aller en Cyrénaïque.
Si tu désires des infos à ce propos (surtout que la Libye s'ouvre au tourisme depuis peu d'années), car ces deux sites sont, à mes yeux, les plus beaux de la Méditerranée, n'hésite pas à m'écrire. Je fouillerai dans mes vieilles photographies, et possède deux ouvrages à ce sujet.
A ta disposition, Sahbi
Amitiés

Nefersylvie

Kaaper Nefredkheperou 29/03/2008 07:31


Volontiers, je suis passionné par la dynastie des Sévères, et Septime est comme tu le sais né à Leptis Magna. C'est vrai que Leptis et Sabratha sont des sites archéologiques majeurs ; j'irais bien
les visiter un jour, insha'a l-llah. Shokran, yâ ukhtî. Amitiés, Kaaper


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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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