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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 07:36

La face principale ou recto :




Elle se divise donc en 3 registres d'importance inégale :
- le registre supérieur, qui montre le roi triomphant de ses ennemis
- le registre médian, le plus développé, avec deux animaux fantastiques
- le registre inférieur, avec le roi combattant sous la forme du taureau


1°) Le registre supérieur :




Dans le registre supérieur, nous assistons à une procession durant laquelle le roi célèbre son triomphe sur les ennemis. La scène, qui occupe toute la largeur de la palette, se lit de gauche à droite.

 

 


Le roi, plus grand que les autres personnages, est coiffé de la couronne rouge de Basse-Egypte ( desheret ) et porte des attributs qui resteront caractéristiques des représentations royales : la barbe droite, le flagellum ( nekhekh ) et la queue de taureau attachée à l'arrière de son pagne. Dans sa main gauche, il tient une massue piriforme ( hd ) qui rappelle le contexte guerrier de la scène. Devant lui, on retrouve son nom en caractères hiéroglyphiques déjà rencontré dans le serekh. Il est accompagné de deux personnages de sa cour.






Derrière lui, son porteur de sandales, rang qui était important dans l'entourage des souverains à ces époques anciennes ; si le roi avance pieds nus, c'est sans doute qu'il se rend vers le temple de la divinité tutélaire de sa capitale, Horus. Dans son autre main, le personnage tient un récipient, qui servait peut-être aux libations, ou encore à laver les pieds du roi. Au-dessus de lui, une rosette à 6 pétales.











Précédant le roi, un autre personnage que l'inscription placée devant lui qualifie de " tjet " ; il s'agit plus vraisemblablement de son titre que de son nom. Tous les auteurs ne s'accordent pas sur l'identité de ce personnage : s'agit-il d'un officier, d'un prêtre ? Il semble être vêtu d'un peau animale qui pourrait faire penser à la peau de félin portée plus tard par les prêtres. A remarquer également sa coiffure tressée tripartite.









Viennent ensuite quatre porte-enseignes, avec de gauche à droite :  une enseigne identifiée comme le placenta royal, une enseigne avec le chacal, Oupouaout, et deux enseignes à l'effigie du faucon Horus. Le placenta est une enseigne ancienne qui renvoie au symbolisme lunaire et à la notion de gestation et de régénération. Oupouaout est l'un des l'une des enseignes les plus anciennes associées à la royauté ; il semble qu'il fasse référence à un symbolisme pré- et protohistorique l'associant à la notion de chef, puis de pouvoir royal.






Enfin se trouvent 10 corps d'ennemis vaincus, couchés et ligotés, décapités et la tête placée entre leurs jambes. La mutilation des vaincus est l'un des traits qui perdurera également dans l'iconographie des victoires royales, attestant sans doute de coutumes guerrières très anciennes qui se retrouvent chez d'autres peuples d'Orient. Ils sont soigneusement placés les uns contre les autres ; certains ont les pieds rentrés vers l'intérieur, enserrant leur tête coupée. Au-dessus, on voit un faucon derrière une porte, ainsi qu'une barque surmontée d'un faucon perché sur ce qui évoque un harpon.





2°) Le registre médian :




Le registre le plus important de cette face de la palette comporte en son centre le creux circulaire destiné à recevoir le fard ; il est délimité par les longs cous entrelacés de deux figures animales fantastiques, félins à cou serpentiforme qu'on apparente aux chimères mésopotamiennes. Chacune de ces chimères est bridée au cou par une corde tenue par un petit personnage, qui semble tirer pour éloigner les têtes des deux animaux. On voit en général dans cette représentation une image symbolique de l'unification des deux parties de l'Egypte, mais cette interprétation ne fait pas l'unanimité chez tous les spécialistes. Cette scène garde encore une part de mystère.

 

 


Les deux animaux fantastiques affrontés sont des lionnes qui semblent disposées à se combattre, comme le suggèrent les babines retroussées, d'où le fait qu'elles soient entravées par deux personnages. Le motif est particulièrement élégant, avec un jeu sur les courbes et l'entrelacement des cous auquel répond la courbe des queues. Lionnes et félins en général jouent un rôle important dans de nombreuses civilisations protohistoriques de méditerranée orientale et d'Orient.










Les personnages qui tiennent entravées les deux lionnes sont penchés en avant ; ils semblent ainsi forcer pour tenir les têtes des deux félins éloignées l'une de l'autre. Ils portent la chevelure courte, la barbe droite et un pagne rehaussé sur le devant d'un motif décoratif qui pourrait indiquer un rang particulier ou une fonction ; dans la partie basse, cet ornement porte ce qui pourrait évoquer le croissant lunaire, ou encore les cornes de bovidé.







3°) Le registre inférieur :




Le registre inférieur, plus étroit, est plus aisé à décrypter. On y voit un taureau piétinant un ennemi vaincu et détruisant la muraille d'une forteresse. Il s'agit du roi sous les traits du taureau, qui est symbole de puissance et de victoire ; cette association du roi et de la force du taureau sera constante dans la civilisation égyptienne, comme par exemple à travers la queue de taureau pendue au pagne royal. Les cornes du bovidé sont identiques à celles de la déesse figurée dans la partie supérieure, épaisses et très recourbées vers l'intérieur. L'ennemi est entièrement nu, ce qui indique qu'il est prisonnier et vaincu ; il tombe à terre en ouvrant les bras dans un geste de soumission. Sa coiffure et sa barbe évoquent l'iconographie des peuples sémitiques que les Egyptiens représentent dans leurs scènes de batailles. Le taureau pose un sabot sur le bras de l'ennemi, mais détruit aussi de ses cornes le rempart d'un forteresse au tracé circulaire et renforcée de tours ou de contreforts ; à l'intérieur des fortifications, on distingue une habitation qui indique sans doute qu'il s'agit d'une ville fortifiée.


Dans le prochain article, nous passerons à l'examen du verso de la palette.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Kemet - Egypte antique
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commentaires

Chris-Tian Vidal 18/06/2008 18:56

Enfant, l'Egypte m'a toujours fait rêver. Adulte, elle me fait rêver aussi mais je ne connais pas encore...

ahhotep 14/05/2008 20:57

Kikou nefred,
j'ai un probleme sur mon blog.
Là où il y a mes articles quand je met une video ou une photo l'espace est trop petit.
Je voie que toi tu as mis la même dispo et çà ne te fait aucun probleme.
Viens voir http://simona-peycheva.over-blog.com/
Bisous merci d'avance

Kaaper Nefredkheperou 24/05/2008 08:49


Désolé, yâ ukhtî, j'avions pô vu... Tu t'en es sortie ? L'intégration des photos et vidéos n'est pas toujours simple, il faut parfois batailler pour obtenir le résultat qu'on veut ; quelquefois ça
me met en rogne, lol ! Bisous, Kaaper


soleil51:0010: 12/05/2008 10:26

Coucou, suis un peu sur les rotules et serai en congés fin de la semaine ! !
Ouf, une vraie joie !
Alors là, tu m'as scotchée ! !
Tu vas bientôt passer dans les manuels d'histoire ! ! Bravo ! ! !
Bonne semaine à toi !
Bisous du pays de Râ :
@nne marie

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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