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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 08:00

Il y avait longtemps que nos vendredis ouverts sur les Horizons musicaux pour le week-end égyptien s'étaient faits silencieux. Pour ce retour, ce seront des Horizons à cheval entre Orient et Occident. Je vous invite en effet à explorer les horizons musicaux de Natasha Atlas, une artiste que, quoi qu'on puisse souvent lire ou entendre de peu sympathique à son sujet, j'aime beaucoup, ainsi que les univers qu'elle nous propose.





Née en Europe mais de racines orientales, elle ne cesse à travers ses albums d'établir des passerelles entre Orient et Occident, puisant dans sa double culture ; et c'est une démarche qui d'emblée me plaît beaucoup. Les rencontres sont parfois très étonnantes, déroutantes même, et forcément pas toujours convaincantes en fonction des goûts de chacun - moi-même il y a des expériences auxquelles j'avoue humblement rester hermétique. Car Natasha n'hésite pas devant les expériences les plus audacieuses : s'appuyant sur les courants musicaux égyptiens d'aujourd'hui, sha3abi et jeel, elle les combine avec diverses influences, des courants anglais aux musiques indienne et afro-américaine, en passant par les influences maghrébines ou hispaniques. Certains le lui reprochent avec véhémence ; d'autres la rejettent tout simplement à cause de sa culture du métissage ; d'autres encore lui reprocheront certaines prises de position, et quelques chansons ont été censurées au Mashreq et en Israel ( il existe par exemple deux versions de l'album « Gedida », une pour le marché occidental et une autre pour le Mashreq ). Mais en même temps, chacun peut trouver dans son répertoire des choses qui le touchent, quelle que soit sa culture musicale.




Natasha Atlas
est née en Belgique en 1964, avec des origines arabes ( égyptienne, palestinienne et marocaine ) et britanniques, et grandit entre Bruxelles et Londres ; ce sera bien entendu déterminant dans ses choix artistiques. D'ailleurs, elle a vécu tour à tour dans différents pays : en Belgique et en Grande-Bretagne, mais aussi au Caire pour renouer avec ses racines égyptiennes. A Londres justement, elle rencontre le Transglobal Underground, un collectif d'artistes multi-culturel qui mêle les musiques occidentale, africaine, orientale et indienne. C'est avec eux qu'elle débute véritablement dans la chanson en 1991, pratiquant également le raqs sharqi. En 1995, elle sort son premier album solo sous le titre « Diaspora », avec l'aide du Transglobal Underground. D'autres suivront jusqu'au dernier en date, sorti en 2008. Chacun de ses albums propose un univers différent, des expériences différentes ; par exemple, dans « Diaspora » (1995) se mêlent Orient et Occident dans la lignée du Transglobal ; tandis que « Halim » (1997), titre choisi en hommage au célèbre chanteur et acteur égyptien des années 1950 3Abd el-Haleem Hafez, renoue avec cette période et la musique égyptienne, tout en conservant l'idée de mixité culturelle. En dehors de ses albums personnels, elle participe à de nombreux projets communs avec d'autres artistes.
 



Difficile de faire un choix parmi les chansons de Natasha. Je me suis donc efforcé de sélectionner des morceaux parmi mes favoris, deux par album, qui donnent autant que possible une idée de la diversité de son travail. J'ai très subjectivement retenu mes albums préférés : « Diaspora », « Halim », « Gedida », « Ayeshteni » et « Mish ma'oul ».


 
« Diaspora » (1995)
Beaucoup de bonnes chansons dans ce premier album, éclectique et surprenant. J'y ai sélectionné « Leysh net'arak » et
« Yalla Chant », mais je vous recommande aussi « Iskanderia »,  et la superbe et audacieuse « Dub Yalil », qui témoignent encore de l'influence du Transglobal par le mélange de musique orientale et d'arrangements occidentaux.


 


 

 


 





« Halim » (1997)
Un album, comme je le disais plus haut, toujours dans la lignée du métissage musical, mais avec un accent particulier mis sur la musique égyptienne inspirée des années 1950-1960 mêlée de pop anglaise. L'une de mes favorites, « Moustahil », représentative de cette ambiance, et « Kidda », qui mêle musiques égyptienne et indienne.  Mais je vous conseille aussi d'écouter 
« Marefnaash », d'inspiration maghrébine ; et « Amulet » pour l'ambiance pop rétro assez amusante ; « Ya 'albi ehda », chant classique sharqi, et l'étonnante « Ya weledi », mélange de tango et de musique rétro sharqeyya.

 

 


 

 


 

 






« Gedida » (1999)
Excellent album, dans lequel il a été bien difficile de choisir quelques chansons tant je prends de plaisir à l'écouter. Comme il fallait bien faire un choix, je vous proposerai « Mistanneek », assez inclassable, et la controversée « Bastet », censurée au Mashreq en raison des paroles. Je vous recommande aussi « The Righteous Path », magnifique mélange réussi oriental et pop, chantée en arabe contrairement à ce que pourrait faire penser le titre ; « Kifaya », avec de beaux mélanges rétro sharqi et occidentaux.


 


 

 


 

 




« Ayeshteni » (2001)

Un album plus résolument oriental sha3abi ( malgré une reprise en anglais de « I put a spell on you » et deux chansons en français ) réalisé au Caire, où Natasha a souhaité renouer en direct avec ses racines égyptiennes. Plus intimiste, en émotion - même si je ne trouve pas que les reprises soient des réussites. « Shubra » et
« Rah » ; aussi « Ashwa » et « Mosh fadiya lak ». Toutes sont représentatives du fruit de cette rencontre directe avec la musique égyptienne. Mais l'ensemble de l'album, parfois franchement déroutant, est à découvrir.

 


 

 


 

 




« Mish ma'oul » (2006)
La bonne surprise de 2006, avec là encore une orientation nettement sharqeyya, mais avec des rencontres audacieuses comme des duos étonnants avec des artistes de RnB. « Oully ya sahbii», une magnifique chanson douce en duo avec le chanteur algérien Sofiane Saidi , et
« Wahashni », tout simplement sublime, avec un superbe accompagnement au qanûn ( Natasha a épousé le musicien syrien Abdullah Shadeh, spécialiste du qanûn ). Aussi « Hayati inta », inspiré de la musique sa'ideyya aux accents africains ; « Bathaddak », étonnant métissage de musique anglaise et orientale en duo avec Princess Julianna.

 


 

 


 

 




Pour finir, deux chansons en français, sa célèbre reprise de « Mon amie la rose » ( sur l'album « Gedida », chanson qui lui a valu une Victoire de la Musique en 2000 ) et « Soleil d'Egypte » ( sur l'album « Ayeshteni » ), puis « Eye of the Duck » ( sur l'album « Something Dangerous » de 2005, que par ailleurs je n'ai guère aimé ), savoureux et surprenant mélange de musique afro-américaine et orientale, avec les Britanniques Tuup et Princess Julianna.

 


 

 


 

 


 




J'espère vous avoir donné envie de (re-)découvrir l'univers musical de cette chanteuse atypique, et que vous passerez de bons moments à écouter ces morceaux.

 

 




Bon week-end à toutes et tous !




NB : j'ai respecté pour les titres la graphie adoptée sur les albums, bien qu'elle ne corresponde pas toujours aux règles de translittération de l'arabe et aux conventions adoptées pour translittérer sur le blog... Ca m'a démangé, mais je me suis retenu.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Musiques des Horizons
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commentaires

ahhotep 14/06/2009 18:39

tu m'a fait découvrir une superbe chanteuse.

Kaaper Nefredkheperou 21/06/2009 09:07



Content que tu aies aimé les chansons de Natasha Atlas ;)
Gros bisous toulonnais,
Kaaper



Jo 13/06/2009 22:24

Je découvre, non pas votre blog car j'y viens souvent, mais toutes ces chansons et j'apprécie bcp. La version de "mon amie la rose" est bien à mon goût. Pour les autres quel regret de ne pas comprendre la langue !

Kaaper Nefredkheperou 21/06/2009 09:11


Heureux si vous avez passé un bon moment à l'écoute de ce choix de chansons de Natasha. Il est vrai que sa version de "Mon amie la rose" est très belle, la chanson se prête d'ailleurs bien à cette
rencontre entre Orient et Occident.

C'est vrai que c'est un peu frustrant de ne pas comprendre les paroles (pour l'essentiel en arabe égyptien) ; j'essayerai quand même à l'occasion de donner quelques éléments de vocabulaire relatifs
à ces textes.

Amitiés de Provence,
Kaaper


soleil51 13/06/2009 12:44

Alors toujours sous l'influence du farniente méditerranéen??????
Bon week end que j'espère sous le soleil ! !
1001 bisous
@nne marie

Kaaper Nefredkheperou 21/06/2009 09:14



Un peu, oui
Cette fois l'été semble s'installer, les cigales ont envahi les arbres c'est un signe.


Bonne reprise pour la semaine égyptienne !


1001 bisous méditerranéens,


Kaaperek



gene 12/06/2009 21:51

très bonne chanteuse!

Kaaper Nefredkheperou 21/06/2009 13:01


Content si vous avez apprécié cette promenade dans l'univers musical de Natasha Atlas.
Amitiés de Provence,
Kaaper


Catlyna 12/06/2009 16:59

Merci pour m'avoir fait découvrir j'adore ;)

Kaaper Nefredkheperou 21/06/2009 13:03



'afwan
Heureux que la musique de Natasha ait su te séduire, ya ukhty.
Grosses bises de Provence,
Kaaper



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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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