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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 06:00

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Frederick Arthur Bridgman (1847-1928) : on distingue dans son intérieur des objets ramenés de ses voyages en Orient ; remarquez la banquette dans une niche, aménagement caractéristique des intérieurs orientalistes. (photo non datée, coll. part.).

 

La vague orientalisante du XIXe s. touche aussi les Etats-Unis. Ce peintre orientaliste américain, né dans l'Alabama, se forma d'abord à New-York, où il débuta comme apprenti graveur ; passionné par le dessin et la peinture, il prit des cours le soir, après son travail. En 1866, son talent de peintre lui valut d'obtenir une aide de mécènes new-yorkais pour se rendre à Paris, où il devint l'élève de Jean-Léon Gérôme, jusqu'en 1870. C'est en 1872-1873 qu'il découvrit l'Orient, avec un voyage au Maghreb, où il séjourna surtout en Algérie, louant un petit atelier à Biskra dont il ramènera de nombreuses esquisses. De retour à Paris au printemps 1873, il se mit à peindre des scènes de la vie algérienne qui rencontrèrent un vif succès. C'est ainsi qu'il décida de repartir presque aussitôt pour l'Egypte.

 

 

Il arriva au Caire en décembre 1873 et y réalisa de nombreuses esquisses des monuments islamiques, mais surtout des scènes de rue, son sujet favori. Il rencontra à l'Opéra du Caire un couple d'Anglais qu'il décida d'accompagner pour un voyage sur le Nil jusqu'en Haute-Egypte. Durant trois mois et demi, il va ainsi remonter jusqu'à la 2e cataracte et même visiter Abu Simbel. De ce voyage, il ramena à Paris plus de 300 esquisses et études, et de nombreux objets égyptiens !


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Une esquisse réalisée en Egypte : "Bulaq" (1874, aquarelle sur papier, coll. part.).

 

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Une autre de Haute-Egypte : "Colonne partiellement enterrée au temple de Kom Ombo" (1874, aquarelle sur papier, coll. part.).

 

De retour à Paris, il peignit en particulier des scènes reconstituant la vie dans l'Egypte antique. La première toile de cette série, « Funérailles d'une momie », fut exposée au Salon de 1877 et rencontra un énorme succès.  


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"Funérailles d'une momie" (1876, huile sur toile, coll. part.) : cette toile eut un tel succès au Salon de 1877 qu'elle fut reproduite sous forme de gravure ; elle sera achetée par le propriétaire du New York Herald, James Gordon Bennett. Bridgman reprendra le motif pour peindre une autre toile, "La Barque de Cleopatre", évoquant la mort tragique de la reine selon un thème cher à la peinture orientaliste européenne.  

 

 

Bridgman passa toute sa vie en France. Il séjourna une seconde fois en Algérie durant l'hiver 1885-1886, séjour dont il a laissé un récit illustré et où il se lia d'amitié avec une veuve algérienne, Baya, qui lui louait un petit atelier à Alger et avec laquelle il entretiendra une correspondance. Il resta fidèle toute sa carrière à son goût pour l'orientalisme et les scènes de vie. Cinq de ses toiles seront exposées à l'Exposition Universelle de Paris de 1889, rencontrant là encore un grand succès. En 1907, il fut fait officier de la Légion d'Honneur, mais son succès s'estompa avec la première guerre mondiale. Il mourut oublié de tous à Rouen, en Normandie, en 1928.  


 

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 "Procession en l'honneur d'Isis" (1902, huile sur toile, coll. part. ) : il se rappelle ici de son excursion à Philae, que l'on voit dans l'arrière-plan du tableau ; cette toile est apparentée à une autre, de 1896, "Cléopatre sur les terrasses de Philae" (Dahesh Museum of Art, New York).

 


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"La Procession du Taureau sacré Apis" (huile sur toile, Corcoran Gallery of Art, Washington). Les détails de la colonnade reprennent des esquisses à l'aquarelle faites en Egypte.

 

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"L'Armée de Pharaon engloutie dans la mer Rouge" (1900, huile sur toile, coll. part.) : la référence à des thèmes bibliques est fréquente chez les orientalistes dans leurs évocations de l'Egypte antique. Il est intéressant de comparer cette toile avec...

 

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... ce dessin noté à Abu Simbel en  février 1874 (crayon sur papier, coll. part.).

 

Deux exemples de son travail orientaliste sur l'Egypte de son temps, à présent :

 

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"Almeh avec un policier arménien, Le Caire" (huile sur toile, coll. part.). La figure de l'almeh, ou danseuse orientale, a fasciné les orientalistes, qui voyaient en ces femmes l'image de la sensualité orientale.

 

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"Femmes puisant de l'eau dans le Nil" (huile sur toile, coll. part.) : le paysage dans le fond rappelle une esquisse à l'aquarelle qu'il avait prise à Esna.

 

 

Et quand même, pour le plaisir, un exemple de ses toiles orientalistes d'Algérie, pays qu'il aima beaucoup :

 

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"Le Marchand d'oranges" (1920, huile sur toile, coll. part.).

 

 

Un lien où vous pourrez retrouver certaines de ces oeuvres en haute résolution, pour en goûter tous les détails.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Horizons des Arts
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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