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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:20

 

Aujourd'hui, pour évoquer mon second voyage en Egypte, nous partirons d'une simple photo prise depuis notre véhicule durant l'un de nos trajets ; une autre façon d'aborder le voyage et ses aspects concrets...

 

 circulation caire

 

 

Quand on se trouve au Caire, l'une des choses les plus impressionnantes est la circulation extrêmement dense, un savant désordre ponctué de coups de klaxon. Que l'on soit passager d'un véhicule ou piéton, la première expérience est un véritable défi, parfois même une authentique frayeur ! Où que l'on soit en Egypte, une deux voies se transforme rapidement en trois ou quatre voies ; le dépassement se fait à l'impulsion ou à l'instinct, avec un coup de klaxon signifiant « pousse-toi de là !  » et en retour un autre signifiant « vas-y !  ». Comme toutes les grandes villes du monde, Le Caire est victime d'embouteillages gigantesques, tous ceux qui y vivent ou y ont séjourné durablement vous le raconteront ; par chance, nous ne les avons guère subis, mais ils peuvent durer des heures selon le moment de la journée et la destination.

 

 

Une cohue indescriptible, avec des véhicules de tous âges, pour certains très âgés, grouillant en tous sens, changeant de file en permanence. Et régulièrement des véhicules arrêtés en plein milieu pour cause de surchauffe du moteur ; certains roulent même capot ouvert ! Les voitures, les taxis, les bus et minibus bondés, les cars de touristes, mais aussi fréquemment une charrette tirée par un âne, une charrette à bras poussée par un marchand d'oranges, les livreurs équilibristes à vélo... Ajoutez à cela des piétons intrépides qui traversent en tous sens - traverser en Egypte est réellement un coup à prendre, la technique est précise si on ne veut pas risquer sa vie... ou rester des heures sur le trottoir à attendre le moment propice !  Un sourire à un policier peut aider ! En général on vous laissera passer, pour peu que vous vous hâtiez quand même, mais la première fois est néanmoins très impressionnante.

 

 

Se déplacer en véhicule permet de se plonger d'une autre façon dans la vie cairote. On a tout loisir d'observer ce qu'on ne voit pas quand on est à pied. Les panneaux de signalisation, en arabe et en anglais, rappellent que nous sommes au Mashreq. Les publicités et les affiches de cinéma déploient leurs images colorées, et souvent délicieusement kitchissimes, qui sont un régal. Le Caire vit, Le Caire vibre, Le Caire fourmille, jusqu'à l'étourdissement... On en est grisé. On retrouve avec une certaine stupéfaction des sensations évoquées par des voyageurs d'autrefois : les véhicules ont changé, c'est tout, certaines sensations sont étonnamment intactes. Revers de cette circulation intense, de jour comme de nuit, la pollution : il y a des soirs où elle vous prend à la gorge, vous pique les yeux. Il faut le temps de s'y habituer, de s'habituer à l'odeur âcre des gaz d'échappement.

 

 

Au premier plan de la photo, les fameux taxis noirs. Une expérience là encore qui vaut d'être vécue et une façon incontournable de se déplacer tant les distances sont grandes d'un point à l'autre. La première fois, on peut se demander sérieusement si on va arriver vivant ! Mais en même temps, le tout est bon enfant, comme toujours en Egypte. Il faut négocier avec le chauffeur, d'abord pour qu'il accepte la destination - si vous allez à l'autre bout de la ville, c'est parfois un vrai défi ! - , ensuite pour le prix de la course, qu'on négociera souvent à nouveau une fois arrivé. Ceci dit, le déplacement en taxi est très bon marché. Contrairement à l'usage en France, un des passagers prend place sur le siège avant, à côté du chauffeur ; en couple, c'est en général l'homme : donc, concrètement, Kaaper aux premières loges et mon amie accrochée derrière ! Chaque chauffeur personnalise son tableau de bord ; la mode à l'époque était à la « moumoute », naturelle ou le plus souvent synthétique, posée sur le dessus du tableau de bord, avec quelques photos et objets personnels. Au rétroviseur intérieur pendent des objets qui vous renseignent souvent sur les croyances de votre chauffeur : chapelet arabe, ou une icône pour les coptes...

 

 

L'anecdote la plus drôle qui nous soit arrivée en taxi s'est déroulée un soir que nous avions dîné en ville avec notre amie Josiane, une Française qui vit au Caire. Elle s'est chargée de nous trouver un taxi, car la chose n'est pas aisée quand on n'a pas l'habitude. Le chauffeur accepte de nous prendre en charge, nous disons au revoir à Josiane et je prends naturellement place devant tandis que mon amie s'installe derrière... Première frayeur, la portière ferme mal ; le chauffeur rit de bon coeur, donc je ris aussi, mais je m'accroche quand même à la portière rétive. Il se faufile dans la circulation et ne tarde pas à nous demander quelques précisions... en masri ( égyptien cairote ) ! Il ne parle ni anglais, ni français... Mordious, je regrette de ne pas avoir plus bossé mes cours d'arabe ! Malesh, avec les quelques mots que je connais, on s'en sortira... insha'a l-llah ! Le problème, c'est que nous lui avons demandé de nous ramener à notre hôtel, l'hôtel Pharaoh, et qu'il ne le connaît pas... Nous apprendrons d'ailleurs plus tard qu'il y a deux hôtels de ce nom, d'où le doute du chauffeur... c'est bien notre chance !

 

 

Tout à coup, j'ai l'illumination : l'hôtel est à deux pas de la place Dokki. " Place " en égyptien c'est " midan ", je lui dis donc tout content " midan Dokki " ; je me souviens aussi que " gamb " veut dire à côté : je l'utilise donc pour expliquer que ça se trouve à côté d'un grand hôtel dont mon amie a repéré le nom. Celle-ci est bien entendu écroulée de rire - estrassée dirait-on en Provence - au fond du taxi, savourant sa revanche en me voyant me dépétrer avec les quelques mots d'arabe égyptien que je connais, elle qui doit depuis le début du voyage attendre que je traduise les conversations avec nos interlocuteurs ! Une fois le Nil traversé, nous retrouvons midan Dokki ; comme j'ai, dans l'affolement, oublié mes mots en arabe, je fais des signes en disant seulement en égyptien " par là " ou " comme ça ". Le chauffeur s'est engagé auprès de Josiane à nous laisser devant notre hôtel, il insiste donc pour le trouver, mais je juge préférable de s'arrêter près de la place : ce serait trop compliqué de lui expliquer par où passer - pour dire, je confonds droite et gauche, même en arabe ... Ouf ! Nous voici arrivés à bon port, à deux pas de notre hôtel. Je paie la course et nous descendons : un regard, et mon amie et moi éclatons de rire ! Il nous reste encore à échapper à notre ami Nubien qui tient boutique sur le chemin et veut absolument nous vendre une soirée baladi sur un bateau...

 

 

Pour le prochain voyage, insha'a l-llah, je vais travailler mon arabe dialectal égyptien, c'est une chose certaine ! Depuis ce voyage, j'ai lu qu'on avait mis en place au Caire un système de taxis à l'occidentale, avec compteur et véhicule plus « moderne » ; je ne sais pas ce que l'expérience donne, mais je crois que nous sommes nombreux à aimer nos chers taxis noirs.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Voyages en Egypte
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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