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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:00

 

 

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Omm Kalthoom (ar.   أمّ كـلـثـوم  ) , disparue il y a eu 35 ans cette année, est bien plus qu'une grande chanteuse aux yeux des Egyptiens, qui l'appellent " es-Sett " ( ar.  ألـسِــتّla Dame " ) : elle fait véritablement partie du patrimoine culturel égyptien. On l'a également surnommée " Kawkab esh-Sharq " ( ar. كـَوْكـَب ألشـَرْقl'Etoile de l'Orient " ), nom qui a d'ailleurs été donné au musée qui lui est consacré au Caire. Sa renommée a largement dépassé les frontières de l'Egypte pour gagner tout le monde arabe, et même l'Occident. Loin d'être simplement un " monument " du passé, elle reste une référence pour de nombreux artistes égyptiens d'aujourd'hui. C'est aussi un destin exceptionnel, une carrière comptant plus de 300 chansons, écrites pour certaines par de grands noms égyptiens, et enfin une femme au grand coeur, attachée à ses racines populaires et à son pays. Je n'entrerai pas ici dans les détails de sa biographie, que vous pourrez trouver facilement sur le net ou dans les livres ; nous nous contenterons d'en rappeler les grandes lignes.

 

 

Elle est née en 1904, selon les archives officielles, dans le village de Tammay ez-Zaheyrah, dans le Delta, entre el-Mansourah et Damiette, dernier enfant de Sheykh Ibrahim es-Sayyed el-Baltagi et de Fatima el-Maligi ; une famille modeste qui habite une maison de brique crue. Son père est imam de la mosquée locale et c'est entre les psalmodies du Coran et les chants religieux, puis festifs, qu'elle se forme. Elle gardera toute sa vie la simplicité de ses origines et se revendiquera volontiers comme une "  fellaha ", une femme du peuple.

 

 

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Sa vie est ponctuée de rencontres décisives. La première, c'est celle, lors de leur visite dans son village natal, avec Sheykh Aboo el-Ala Mohammed, alors célèbre chanteur, et Zakarya Ahmed, un musicien de 'oud, qui l'encouragent à venir au Caire. Autres rencontres importantes, celles avec le poète Ahmed Ramy, qui lui écrira un certain nombre de textes, puis avec le compositeur Mohammed el-Qasabgi. Elle est même amenée à chanter pour le roi Farouq, ce qui lui sera momentanément reproché après la révolution. Mais elle compte parmi ses admirateurs inconditionnels le futur président Gamal Abd el-Nasser, qu'elle a rencontré en 1948.

 

 

Arrivée dans la capitale égyptienne en 1923, elle y devient rapidement une vedette : sa première tournée au Mashreq aura lieu en 1932. Elle multipliera dès lors les concerts tant en Egypte qu'à l'étranger, rencontrant toujours un succès considérable et gagnant l'admiration et l'affection des Egyptiens. Selon la tradition égyptienne, son chant laisse une part à l'improvisation et aux raffinements vocaux qui font de chacun de ses concerts un événement unique ; parfois même des prouesses de plusieurs heures. Les plus grands spécialistes reconnaissent le caractère exceptionnel de sa voix, et sa maîtrise des subtilités du chant arabe, dans lequel elle sait introduire une émotion rarement égalée. En 1967, elle est en tournée à l'Olympia, à Paris, et reçoit les félicitations du général De Gaulle. Elle ne cessera de se produire sur scène que lorsque sa santé finira par se détériorer irrémédiablement au début des années 1970. Elle donne son dernier concert au Palais du Nil en 1972, et doit mettre fin à sa carrière en 1973 ; la dernière chanson qu'elle ait enregistré est " Hakam 3aleyna el-hawa ".

 

 

Une femme exceptionnelle et de caractère, enfin, qui restera longtemps célibataire dans une Egypte encore relativement conservatrice et malgré toutes les rumeurs à ce sujet ; ce n'est qu'en 1954 qu'elle épousera finalement son médecin et admirateur, Hassan el-Hafnawi, le contrat de mariage incluant cependant la clause qu'elle pourrait demander le divorce si elle le jugeait nécessaire. Elle gardera toute sa vie la simplicité de ses origines et saura rester proche du peuple, ce qui renforcera l'affection que les Egyptiens lui porteront. Généreuse, elle mènera de nombreuses actions humanitaires en faveur des plus défavorisés. Après la guerre de 1967, elle reversera les bénéfices d'une série de concerts à l'Etat égyptien.

 

 

Quand elle s'éteint au Caire le 3 février 1975, elle reçoit des funérailles nationales qui seront suivies par plusieurs millions de personnes et c'est l'Egypte toute entière qui sera en deuil...

 

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N'arrivant pas à partager la playlist Deezer que j'avais préparée, voici une chanson parmi tant d'autres que vous pourrez trouver sur le net. Bon week-end à tous au son de " l'Etoile d'Orient ", qui vous entraînera dans les magies d'une Egypte tout aussi éternelle que les monuments " pharaoniques " !  

 

  

 


 

 

 

Un lien , parmi tous ceux disponibles sur le net,  sur lequel vous retrouverez en arabe un certain nombre de textes des chansons d'Omm Kalthoom, ainsi qu'une liste de celles-ci avec leurs dates et leurs auteurs, les genres auxquels elles appartiennent qui montrent la diversité de ce répertoire.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Musiques des Horizons
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commentaires

gene 02/05/2010 22:15


j'en ai juste entendu parler , j'étais petite quand elle est morte . bonne soirée


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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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