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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:07

Provence

 

 DSCN5997.jpg

 

Mon coeur, éperduement, a soif de soleil. Provence, ma terre sauvage, mon lien, mon doux mirage, tu m'as offert l'ailleurs dès que j'ouvris les yeux. Sur le saphir rebelle des étendues immenses ont voyagé mes rêves. Provence, ma douce mère, mon coeur a soif de soleil.

 

Mon âme, désespérément, se tord et se tend vers l'ailleurs. Ici est trop petit pour toutes les gloires que je tiens de ma terre. Provence, noble et fière, tes parfums entêtants ont éveillé en moi une nostalgie d'Orient. Provence, ô douce mère, mon âme toute entière se tend vers l'ailleurs.

 

Mon être tout à coup de la terre et du ciel mêlés en tes flots se découvre orphelin. De tes blancheurs farouches dans leur écrin salé, Provence, ô magicienne, je me languis sans fin. Grand, si grand est l'appel de tes bras de calcaire orgueilleux et de tes eaux limpides. Provence, ô ma douce mère, mon être tout à coup se découvre orphelin.

 

Dans les froideurs du nord, sous des cieux trop lisses, je me suis exilé. Dans cette fange hurlante mon âme s'engloutit. Puissent mes larmes, ô douce mère, former des fleuves puissants comme les tiens pour rejoindre les rivages aimés où tes beautés timides s'endorment tendrement, quand le soleil couchant embrase les flots tranquilles et le ciel infini...

 

Reprise d'un texte de 1993, durant mon "exil parisien"...

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Calame de Kaaper
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 00:45


Sous le pont de mes rêves évanouis,
- Car les rêves meurent toujours, il le faut -
Mes pieds foulent l'herbe humide au milieu de la nuit.
Le froid, comme hier la tiédeur de l'été, frôle ma peau.

J'ai déposé sur les eaux sombres et glacées
La couronne de fleurs d'une nuit spéciale ;
J'ai enflammé la mèche de la bougie tremblante
Et l'ai confiée au liquide fuyant vers le lointain ;
J'ai allumé l'encens tressé par des moines himalayens,
Afin d'accompagner la silencieuse offrande ;
Et j'ai versé au fleuve bouillonnant le tribut
De ces années passées ici...

Les fleurs sont emportées
En une ronde fatale ;
La bougie sombre aussitôt, amante
Qui unit aujourd'hui et demain ;
L'air s'empare de l'encens venu de loin,
Humant des parfums légers la sarabande ;
Et roulent les piécettes sur les roches nues
Qui me libèrent d'ici...

Je brise sur les pierres acérées l'urne vide...

De mes lèvres sortent des sons du fond des âges,
Une ode païenne sur les rives endormies :
Aux amis et aux traîtres, aux rires et aux larmes,
Aux futilités de ce qui fait la vie, de ce qui fait l'amour,

Aux espoirs déçus et à ceux qui renaissent,
Sans plus de haine, et sans nostalgie,
Avec toute la ferveur du drame
Et la certitude d'un nouveau jour.

Demain, je quitte ici pour là-bas, je rentre dans ma ville ;
Toujours j'ai su que je n'étais que de passage,
Etranger à ce lieu que pourtant j'ai aimé,

Et où j'ai aimé comme je ne savais plus le faire ;

Demain je pars, laissant derrière moi les pages froissées du passé,
Je pars sur de nouveaux chemins, vers un nouveau matin,
Laissant dériver vers la mer la blessure des souvenirs :

Quand un rêve meurt, un autre naît, il le faut...




Un adieu à Ollioules pour retrouver Toulon...
 

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 12:34





Je te souhaite les langueurs de la Lune dans les yeux des étoiles, les brumes inquiètes dans nos aurores timides, et tous les miroitements du Soleil sur la peau des matins



Je te souhaite des perles de cristal aux pétales des paupières, mais aussi la caresse fragile de milliers de fleurs, dont le parfum rêveur ensemence notre ciel



Et pour tuer l'Ennui, je te souhaite mes lèvres et ma chair, comme une source chaude où tes baisers boiront ma vie, où tu boiras mon âme en joutes hérétiques



Je te souhaite enfin, dans ces heures à t'attendre, les désirs inavoués et les tendres soupirs, la nacre et le sel, l'espoir de l'ivresse qui ne finit jamais



Dieux que les souhaits sont vains : au réveil, tout rêve s'évanouit !

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 11:22



Silence


Le silence, sournoise sarabande qui tue les heures
Quand elles pourraient être douces ; silence moqueur
Qui enfle de questions les murs vides d'ennui,
Tourbillonne sans fin dans les cerveaux brouillés,
Las et corrompus de ne plus écouter,
Et ronge de doutes affreux la pâleur de la nuit ;


Ce silence sur tes lèvres fait trembler, monstre inquiet,
Toutes les certitudes que j'ai blotties en toi ;
Il arrache à mon cœur des reproches muets
Et glisse son orgueil dans mon cruel émoi.
Il assassine, dans l'instant qui hurle d'impatience,
Les espoirs aux sourires trompeurs, et l'absence


Tisse autour de mon âme des chimères plus cruelles
Que les rythmes odieux des passions criminelles.


Ne ferme pas tes yeux sur l'aujourd'hui limpide,
Mais donne-moi tes mots pour affronter le vide,


Le soupçon se nourrit de ce qu‘on ne dit pas...










J'ai écrit ce poème il y a très longtemps, presque dans une autre vie - plus de dix ans, autant dire presque une éternité  ; à l'époque d'un grand amour qui se terminait mal et, comme souvent, dans ces silences terribles qui annoncent la fin... prenant la place d'autres silences plus "innocents", silences timides, complices ou rieurs. En le relisant aujourd'hui, dans cette vie d'aujourd'hui, je me suis rendu compte qu'il avait pris une toute autre portée. Il n'est plus seulement un instantané d'une histoire spécifique ; il a pris la dimension plus générale d'incarner tous les silences qui disent ce que l'on cherche à taire par peur d'affronter la réalité de l'échec.

J'ai toujours pensé qu'une fois achevés, nos écrits nous échappaient, qu'ils prenaient une vie propre ; avec cette contradiction apparente qu'ils demeurent comme un appendice de nous-même, appendice dont on ignore, au final, s'il est encore véritablement rattaché à nous ou pas. Ce poème en est tout compte fait une illustration. Même si, bien entendu, je n'ai pas oublié et n'oublierai jamais le silence qui l'a vu naître, force m'est de constater qu'il l'a très largement dépassé. Il est devenu, au fil du temps, le poème des silences rencontrés, vécus ou observés depuis. Les silences de l'autre aussi bien que les miens. Les silences confiés par des proches, des amis, ou froidement observés chez des inconnus. Non plus seulement les silences amoureux, mais aussi les silences d'amitié. L'idée est ainsi qu'il fera peut-être écho à des silences chez le lecteur, puisqu'il n'a plus ce caractère anecdotique lié à ma petite existence. C'est l'alchimie de l'union entre les mots et le temps... Non ? 

D'où l'audace de le partager aujourd'hui. Audace dans laquelle l'impudeur a moins de place, faute de quoi ce partage eut été impossible. Puisse-t-il vous parler, incarner le temps d'une lecture vos propres expériences de ces silences, prendre dans votre âme ou votre coeur une dimension qui vous sera propre... Vous offrir un instant de plaisir ou de mélancolie. Mais, dans tous les cas, à vous de vous l'approprier...
 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 07:32

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Le Chant de l'Exilé
- A la Terre natale -
 



La chair des grappes mûres enivrées de soleil
Etale sous les cieux sa divine paresse,
Et l'olive gonflée des saveurs antiques
Orne de perles oves les branches centenaires


Au détour des roches sourdes teintées de sang
Se déploie la splendeur des sauvages garrigues,
Qui noient dedans leur flot les épines gracieuses
Et la majesté juvénile des chênes apeurés


Les étendues sereines inondées de mystère
Plongent leurs pieds fragiles dans le miroir pudique
Et s'unissent, glorieuses, à la noble allégresse
Des noces langoureuses dans un soir de miel


Et les pins souverains, de leur ombre éthérée,
Ménagent des royaumes aux frontières radieuses
Dans lesquels l'âme pure en liberté navigue,
Restaurant, rêveuse, les fastes languissants


De l'antique splendeur de marbre et de poussière ;
Et la mer, rebelle, chérit dedans son ventre
Les secrets hésitants au goût d'infinitude,
Et, sur sa peau d'azur, traînent les voiles blancs


Des charmes oubliés aux savoureuses lames ; 
Là-bas sur l'horizon, où la terre et le ciel
Intimement mêlés tracent une ligne bleue,
S'ouvre l'Orient si beau au doux parfum d'Ailleurs


Par les chagrins de miel au parfum entêtant,
Les rêves glorieux ivres de solitude,
Sous un ciel si pur qu'un glaive d'or éventre,
Provence, ô douce Mère, Toi baignée de lumière


De sublimes poisons et de nobles senteurs,
De nacres orgueilleuses et d'ocres généreux,
De liberté farouche et de folies charnelles,
Tu tissas, ô ma Mère, mon invisible drame


Dans le froid de l'exil j'implore ton pardon !
Que ne donnerais-je pas à ton sein généreux
Pour retrouver enfin les limpides rivages
Qui baignèrent, en leur temps, mes jeunes espérances !


Ô perle étincelante sur l'ourlet de la France,
Ô sublime torpeur des étendues sauvages !
Je pleure les doux liens que nouèrent les dieux
Et désire plus que tout en cette morne prison


Cueillir enfin les fruits qui ont mûri en moi
Par la seule magie de tes tendres émois 


Kaaper Nefredkheperou - Paris, mars 1994

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 23:41

 

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Froid de toi



Il fait froid. Un froid glacial en mon coeur. Il fait si froid. Je frémis, et j'ai peur. Il fait vide, si vide...


Tu me dévores de l'intérieur, sans jamais être entré en moi. Tu t'immisces dans les méandres de mon cerveau, toi qui es resté à la porte de moi. Tu m'assassines par ton absence, comme me tuait ta présence. Mes jours et mes nuits ne sont plus qu'un vaste champ de ruines ponctué de silences moqueurs. Les heures trop lourdes caressent la peau sourde des nuages. Et mes yeux s'égarent dans ce désert d'ennui.


Il fait froid. Un froid glacial en mon coeur. Il fait si froid. Je frémis, et j'ai peur. Il fait vide, si vide...


Parfois j'espère encore. Sans jamais totalement y croire. Ton souvenir se glisse dans le trouble de mon cerveau. Sans jamais croire à ces possibles infirmes. Parfois j'étrangle ton absence, comme je chérissais ta présence. J'en appelle à nos jours étranges et à nos nuits sans sommeil teintées de silences rieurs. J'en appelle à ces heures qui frôlaient la peau douce des anges. Et à tes yeux brûlants égarés dans mon désert transi.


J'ai froid. Le froid glacial de mes pleurs. J'ai si froid. Je gémis, et je meurs. J'ai froid de toi, si froid...




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Kaaper-Nefredkheperou

A quelqu'un qui me manque...
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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