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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 03:51

Comme vous aurez pu le remarquer, j'ai eu depuis longtemps une grosse grosse panne de calame... Plus d'inspiration, plus d'envie peut-être aussi, et puis les aléas de la vie qui font qu'il y a parfois d'autres priorités. Et puis vous n'êtes pas sans savoir que je n'aime pas publier simplement parce qu'il faut publier ; je ne publie que si j'ai des choses à dire ou à montrer, des découvertes et des coups de coeur à partager. Voilà en résumé les raisons de ce long long silence.

 

A présent, j'ai à nouveau vraiment l'envie de me relancer dans l'aventure, de redonner vie aux Horizons. Djehouty-Thot a redonné vie et vigueur à mon calame, et j'espère pouvoir partager à nouveau avec vous de nouvelles promenades au gré de mes passions, de mes découvertes ou de mes rencontres. Pour le moment, j'ai encore un petit problème : mon appareil numérique a rendu l'âme après près de 10 ans de bons et loyaux services ; nous allons y remédier, bien sûr, car les mots ne suffisent pas toujours et une belle image en dit parfois bien plus long. En attendant, nous fonctionnerons avec les photos que j'ai en stock et que je n'ai pas encore eu l'occasion de vous montrer.

 

Nous voilà donc repartis, cette fois pour de bon je l'espère, dans l'aventure des Horizons d'Aton !

 

Amicalement,

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 05:43

Après une longue absence et une longue panne de calame, je viens vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne et heureuse année 2014, en espérant vous retrouver bientôt pour de nouvelles promenades.

 

2 kaaper

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 04:30

Contrairement à ce que vous pouvez craindre ou entendre ici ou là, l'Egypte, même si elle traverse une période difficile de son histoire, ne présente aucun danger pour les visiteurs étrangers.

 

Contrairement à ce que vous pouvez entendre ici ou là, les sites sont ouverts et accessibles au public, en toute quiétude.

 

L'Egypte attend le retour des amoureux de son passé comme de son présent, l'arrivée de ceux qui veulent s'y rendre pour la première fois. Elle a besoin de vous, de tous ceux d'entre nous qui peuvent financièrement se permettre le voyage ( car il est vrai qu'ici aussi il y a hélas des difficultés économiques). Elle reste une terre accueillante, où l'hospitalité est un art de vivre.

 

 

visiter-egypte.png

De haut en bas et de droite à gauche : le temple d'Hathor à Philae ; un relief de la tombe de Seti I dans la Vallée des Rois ; la cour de la mosquée Sultan Hassan au Caire ; la pyramide à degrés de Djoser à Saqqara ; le minbar du khanqah de Barqooq dans la Cité des Morts au Caire.

 

 

 

 

Visitez l'Egypte de nouveau*

 NeHebb Masr, w Masr yeHebbena

Nous aimons l'Egypte, et l'Egypte nous aime

 

 

egypt_egyptian_flag.png

 

 

 

* Je me suis permis de reprendre ce slogan qui est le titre

d'un groupe créé sur Facebook dont je fais partie.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:27

Une nouvelle fois, l'Egypte se trouve dans un profond désarroi après les violences qui ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes du pays, et surtout au Caire où au moins 24 personnes ont trouvé la mort et 200 autres ont été blessées. Cela a débuté avec l'incendie par des extrémistes, vendredi dernier, d'une église copte à Aswan, dans le sud du pays. En signe de protestation et d'inquiétude devant cette nouvelle atteinte à leur communauté, les coptes égyptiens avaient décidé d'organiser dimanche une manifestation pacifique au Caire. Les conditions exactes de ce qui s'est produit lors de ce triste dimanche sont comme toujours très floues, les informations ayant beaucoup de mal à circuler. Toujours est-il que des violences ont éclaté, dont témoignent les photos et vidéos circulant sur le net, et qu'au moins 24 coptes sont morts. Des obsèques ont été célébrées hier par le pape copte égyptien en la cathédrale du Caire.

 

De très tristes nouvelles qui nous inquiètent en premier lieu pour nos amis coptes, mais également pour l'avenir de l'Egypte. Des groupes minoritaires salafistes et djihadistes profitent de cette période de transition pour tenter d'ébranler la société égyptienne et d'effrayer ces démocrates qui, musulmans et chrétiens unis lors de la révolution, souhaitent une nouvelle Egypte où les droits de chacun soient respectés. Les autorités égyptiennes affirment qu'il s'agirait de menaces venues de l'étranger. De nombreux Egyptiens, quant à eux, pointent du doigt les groupes radicaux qui bénéficieraient dans une certaine mesure de la complicité de tenants de l'ancien régime. A Alexandrie, une manifestation spontanée a réuni chrétiens et musulmans pour dénoncer ces dérives et réaffirmer la volonté d'une grande majorité d'Egyptiens de rester unis. Une vive inquiétude et un choc profond gagnent les communautés coptes de l'ensemble du pays, et nombreux sont hélas ceux qui, devant les menaces, se sont déjà exilés.

 

 

 

deuil-copte.jpg

 

 

 

Sa Sainteté Shenouda III et le Saint Synode de l'Eglise Copte Orthodoxe, dans une déclaration, ont invité " les chrétiens coptes à jeûner et à prier pendant 3 jours à partir du mardi 11 octobre 2011 afin que Dieu répande Sa paix sur l'Egypte , notre pays bien-aimé ." Je m'associe à la tristesse et à l'inquiétude de nos amis coptes d'Egypte, et demande à tous les amoureux de l'Egypte, quelles que soient leurs convictions personnelles, d'avoir en ces jours de deuil une pensée pour eux et pour l'avenir de ce pays qui est si cher à notre coeur...

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 15:18

Je voudrais aujourd'hui partager avec vous une découverte qui m'a véritablement enthousiasmé, ce qui est relativement rare me concernant en matière de cinéma. Le film de Julie Delpy " La Comtesse ", sorti en salle en France en avril 2010, est quasiment passé inaperçu et n'a pas bénéficié de la médiatisation qu'apparemment on ne réserve qu'aux oeuvres médiocres. A quelques exceptions près, la critique n'a pas été tendre avec ce film et les 120 000 entrées laissent à penser que nos contemporains n'ont décidément pas de goût. C'est pourtant l'un des meilleurs films historiques qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps, de ceux que l'on veut voir et revoir pour en savourer les détails qui échappent au premier visionnage.

 

 

affiche-la-comtesse.jpg

 

 

Le sujet était pourtant périlleux, et aurait pu tomber dans ces travers que sans doute le public attendait. Qui n'a pas entendu parler de la célèbre comtesse Báthory, l'une des figures les plus sombres de l'histoire ? Erzsébet Báthory, née en Hongrie en 1560, est restée dans l'imaginaire collectif la " Comtesse sangl ante " qui se baignait dans le sang de ses victimes dans l'espoir de conserver la jeunesse éternelle. On aurait donc pu s'attendre à du sanguinolent à outrance, dans l'air du temps. L'écueil a été très habilement évité, même si cet aspect n'est pas éludé : le film va tout simplement bien au-delà.

 

Ceux qui apprécient les films historiques à la reconstitution soignée seront comblés : les costumes et les décors ont ce qu'il faut de justesse, sans tomber dans le double piège des anachronismes à la mode d'aujourd'hui et du savant à outrance. Car l'une des caractéristiques de ce film est en toute chose la sobriété, une sobriété qui lui donne précisément tout son relief. On retrouve cette sobriété et cette justesse dans les images, avec en particulier une lumière soigneusement travaillée qui coïncide avec l'atmosphère de l'époque tout en contribuant à l'ambiance inquiétante. Les métaphores sont nombreuses et utilisées avec finesse. Les dialogues, pour leur part, sont véritablement ciselés, chaque mot sonne juste et rien n'est laissé au hasard. C'est avec grand plaisir qu'on savoure une langue maîtrisée, sachant utiliser ce qu'il faut de référence au parler de la Renaissance finissante pour se plonger dans le temps. Les réparties de la Comtesse constituent à de nombreuses reprises un pur régal.

 

Quant au contenu, il me paraît échapper avec beaucoup de talent à tous les dangers de ce genre de sujet. L'une des grandes et agréables surprises de ce film réside dans l'angle sous lequel l'histoire est abordée. Julie Delpy a su donner à sa Comtesse un équilibre entre folie et humanité, elle n'en fait pas un monstre comme certains auraient pu s'y attendre mais nous dépeint une femme dans sa personnalité complexe : un caractère bien trempé, et pourtant faible devant les tourments de la passion et l'angoisse du temps qui passe ; une femme entraînée toujours plus loin dans la folie, et qui reste pourtant si lucide face au monde. Elle interprète elle-même avec brio ce personnage dont on sent qu'elle l'a sinon aimé en tout cas compris : malgré l'horreur de ses actes, Erzsébet Báthory ne perd pas totalement son humanité. Sans tomber dans l'intellectualisme outrancier qui rend certains films indigestes, " La Comtesse " distille des sujets de réflexion sur des thèmes éternels, et donc susceptibles d'avoir un écho dans notre époque : bien entendu, la course après l'éternelle jeunesse, mal dont souffre notre temps sans doute plus qu'aucun autre auparavant ; mais largement au-delà, la passion, le rapport au monde et à ses travers, les mécanismes complexes qui mènent à l'obsession, la féminité et ce qu'on exige d'elle... Une sensibilité sans mièvrerie, un regard sans jugement et pourtant sans complaisance.

 

Une oeuvre cinématographique prend toujours un parti quand elle s'inspire de faits historiques. Et que ce soit au cinéma ou en littérature, il faut inévitablement opérer des choix, combler des lacunes, interpréter et quelquefois forcer le trait pour construire un scénario à partir d'un personnage historique. Le tout est de savoir doser, et pour ma part je trouve que ce film-ci s'en sort remarquablement. Certains ont reproché à Julie Delpy d'avoir retenu celui du complot des membres de la famille d'Erzsébet Báthory qui convoitaient ses biens. Même si cette hypothèse ne fait pas l'unanimité chez les historiens, elle appartient néanmoins aux ressorts possibles de ce drame. On ignore toujours, malgré les poursuites en justice engagées à l'époque, ce qu'il en est véritablement. Et on l'ignorera sans doute toujours : le rang de la dame lui a épargné le véritable procès, et de ce fait amené la disparition vraisemblable de certains documents. Le choix de Julie Delpy ne peut donc être blâmé, et du reste elle ne s'en sert nullement pour innocenter son personnage principal. De même, le rôle de la liaison entre la comtesse Báthory et son jeune cousin n'est pas historiquement avéré ; mais là encore cette interprétation, puisqu'elle fait partie des pistes possibles, ne nuit en rien à la crédibilité du propos.

 

Bref, un film que je recommande vivement à tous ceux qui apprécient les films historiques de qualité, à contre-courant de la médiocrité cinmatographique qui tient  hélas le haut de l'affiche. Une oeuvre, véritablement, pas l'un de ces films qu'on oublie très vite après les avoir visionnés. 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 08:07

Cette année, ce qui ne se produit pas souvent, chrétiens d'Occident et chrétiens d'Orient célèbrent à la même date cette fête majeure du calendrier liturgique qu'est Pâque(s) 1. C'est pourquoi j'ai choisi de vous présenter les voeux de Pâques dans trois langues : en arabe ( puisque beaucoup de chrétiens d'Orient, comme les coptes d'Egypte, sont arabophones ), en grec ( la langue utilisée par les orthodoxes de rite grec ) et bien sûr en français. Que vous soyez croyants ou non, chrétiens ou non, recevez avec ces voeux avant tout un message d'espoir, avec une pensée particulière pour nos amis coptes d'Egypte et chrétiens des diverses obédiences du Mashreq, qui vivent des temps d'incertitude. Nous ne pouvons que souhaiter que la paix et l'harmonie l'emporteront sur les tentatives de certains d'attiser les tensions.

 

voeux paques 2011 

 

Que ce monde troublé se remémore ces temps où, dans les lieux où plusieurs communautés cohabitaient pacifiquement, on échangeait des voeux au moment des fêtes religieuses des uns et des autres en dépassant les différences, dans le respect de l'autre. Et en ces temps où, dans notre pays, la confusion au sujet des notions de laïcité et de liberté de culte est entretenue par des maladresses pour le moins regrettables, que justement la liberté de tous, croyants ou non croyants, s'accompagne d'un indispensable respect mutuel.

 

 

Les Pâques de notre enfance sont bien loin, évidemment, avec leur magie et leur cérémonial familial ; nombre de traditions se sont perdues ou ont été vidées de leur substance. Outre l'avantage d'un long week-end, je vous souhaite cependant que cette fête soit l'occasion de moments de partage en famille, celle du sang ou celle du coeur, et cette étincelle dans les yeux des petits. Un ami dont je respecte l'humanité et la sagesse me rappelait récemment à juste titre combien de tels moments sont précieux... 

 

 

resurrection copteUne icône copte égyptienne représentant la Résurrection. Nous en commenterons la symbolique dans les Horizons des Arts.

 

 

Salut et Paix à toutes et tous,

et bon week-end de Pâque(s) !

 

 

 

1- Chez les chrétiens d'Occident, le terme s'utilise au pluriel, alors qu'il est au singulier pour les chrétiens orthodoxes. Il y a d'ordinaire environ une semaine de décalage entre les Pâques d'Occident et la Pâque orthodoxe.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 14:28

Je vous souhaite une Année de Bonheur

 

lapin 2011

 

Que 10 000 choses se réalisent selon vos souhaits

 

Cette année, j'ai décidé de ne pas présenter mes voeux, comme vous avez pu le remarquer, pour le début de l'année grégorienne 2011. Ce n'était pas une impolitesse de ma part, mais une volonté d'attendre le Nouvel An chinois. Pourquoi, me direz-vous ? Un clin d'oeil personnel, certes. Mais surtout pour nous inviter à prendre en compte le fait que, contrairement à la vision ethnocentrée de l'Occident, le monde entier n'est pas en 2011 - bien que pour diverses raisons, y compris d'ordre simplement pratique, le calendrier grégorien soit la référence commune. Petit tour d'horizon histoire de donner une idée :

selon le calendrier copte, nous sommes en 1727

selon le calendrier musulman, en 1432

selon le calendrier hébraïque, en 5771

selon le calendrier chinois, en 4709

selon le calendrier hindou, en 5113...

 

Voilà qui fait réfléchir, non ?

 

Bonne année à toutes et tous, avec toutes mes amitiés !

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 08:38

Selon la tradition chrétienne d'Occident, c'est aujourd'hui Noël. Une fête dont nous avions évoqué les années précédentes l'importance culturelle et le contenu d'origine pré-chrétienne. Cette année, j'ai plutôt envie, en vous présentant mes voeux chaleureux pour cette fête familiale, d'aborder la question sous un tout autre angle. Vidé de sa substance symbolique et religieuse dans la plupart des foyers occidentaux, Noël se vide de plus en plus désespérément de toutes ces traditions qui en faisaient la magie. Pour n'être plus réduit, en fin de compte, qu'à une sorte de surimi indigeste de folklore misérablement commercial - les animations organisées par de nombreuses municipalités en sont un exemple pathétique. La frénésie matérielle atteint des sommets, et frénésie est presque un euphémisme : la joie et la convivialité laissent la place à un énervement général qui culmine dans ces temples de la surconsommation que sont les supermarchés et autres grands magasins. On râle, on se bouscule, on peste de devoir attendre ; on se demande aussi comment on va pouvoir faire face aux dépenses, et puis on se trouve pris dans le tourbillon général et on oublie un peu les comptes d'apothicaire... Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais cette fête est chaque année plus morose. Et nous sommes nombreux à ne même plus avoir seulement l'envie de la célébrer tant elle a perdu son sens.

 

Et si justement ces temps de crises et de difficultés pouvaient pourtant être l'occasion de revenir à ce qui fait le véritable esprit de Noël ? Vous savez, ces évocations qui nous faisaient sourire dans les temps d'abondance, mais qui au fond donnaient vraisemblablement à cette fête une plus grande valeur ; cette époque où quelques agrumes, mandarines ou oranges, et quelques sucreries étaient de véritables trésors... Et toutes ces traditions propres à chaque région, méticuleuses dans la préparation de l'un des points culminants de l'année. Ici en Provence, planter le blé et les lentilles de la Ste Barbe, installer la crèche... Le plaisir simple de se retrouver en famille, toutes générations confondues et unies pour des réjouissances qui avaient un sens. Un Noël adapté aux moyens de chacun, le plus modeste n'ayant finalement rien à envier au plus fastueux du fait que l'important était justement d'être ensemble, d'y prendre plaisir, et de savourer ce que le moment avait d'exceptionnel. La générosité aussi, avec moins d'ostentation, et ce souci que l'on avait de ne laisser personne seul - qui, aujourd'hui, met encore sur la table de Noël le couvert supplémentaire qui en était dans de nombreuses régions le symbole le plus marquant ?

 

Je ne parlerai pas ici de l'aspect religieux, qui est une affaire de conscience personnelle. Bien que la disparition quasi totale de cet aspect des fêtes de Noël soit pour beaucoup dans le vide qui a été comblé par un matérialisme effréné. Et bien que j'ai beaucoup de mal, je l'avoue volontiers, à comprendre comment les athées les plus ardents peuvent être tout à la fois parmi les consommateurs les plus fervents de babioles de Noël... Le gros bonhomme rouge et blanc d'Outre-Atlantique a bel et bien dévoré les vieux symboles du solstice d'hiver, de la Mère venue du fond des âges, du renouveau à venir de la nature et du triomphe de la lumière : c'est ainsi, il faut s'y accoutumer, quand bien même du coup tout un pan de nos cultures s'effondre. On qualifie de " progrès " ce qui n'est au fond qu'un aléa de l'histoire...

 

Sans conteste sommes-nous aujourd'hui tellement blasés, enfants gâtés du monde prêts à adopter tous les caprices préfabriqués que l'on nous assène depuis le plus jeune âge. Tellement étouffés par le futile dont on veut en permanence nous convaincre qu'il est une nécessité. Mais les temps changent, et les difficultés économiques dont on parvenait jusque-là à dissimuler les effets se font chaque année plus présentes. Plutôt que d'en concevoir une frustration, nous devrions peut-être y voir en fin de compte une chance extraordinaire : celle de tourner le dos au superflu qui encombre nos vies et surtout nos coeurs, redonner à tout cela plus d'humanité. Bien entendu que pour bien des aspects le fil fragile de la tradition est irrémédiablement rompu, ou sur le point de se rompre avec la prochaine génération : une tradition que l'on ne comprend plus devient un folklore sans âme, et finit par s'éteindre. Mais tout n'est peut-être pas perdu pour autant : retrouver le chemin vers des plaisirs plus simples, vers cette joie née de l'espoir de renouveau dont Noël a hérité des cultes plus anciens, ce n'est après tout pas si compliqué...

 

Ah, Kaaper ! Eternel rêveur, éternel nostalgique et éternel râleur qui aime l'humain en lui adressant des reproches ! Sans doute à ranger dans son mastaba, parmi les momies - quoique attention, à Hollywood les momies sortent régulièrement de leur sarcophage ! Je sais...

 

Je vous souhaite quoi qu'il en soit à toutes et à tous, quel que soit votre Noël, une fête pleine de joie, d'amour familial et amical, et aussi d'espoir !

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 08:10

Ces dernières années, les chantiers de construction, ou le plus souvent de démolition et reconstruction, se sont intensifiés dans toute l'Egypte - enfin presque, puisque la Moyenne Egypte est encore largement délaissée. On peut dire sans exagérer que le pays est un vaste chantier, mais pas toujours pour le meilleur. Cette frénésie de constructions est presque exclusivement tournée vers l'industrie touristique, et on peut se poser la question de savoir si l'Egypte n'est pas en train de reproduire des erreurs déjà faites par un certain nombre de pays et que ces derniers regrettent aujourd'hui amèrement.

 

Ce que je qualifierais de grand désastre est la surenchère de constructions sur les rives de la mer Rouge, qui va de pair avec la surexploitation parfois dramatique des espaces naturels. Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec le bétonnage hôtelier des côtes espagnoles, presque ininterrompu, et que beaucoup de municipalités d'Espagne regrettent aujourd'hui, mais trop tard. Ou même avec le bétonnage, heureusement en principe désormais suspendu, de nos côtes provençales. Les stations balnéaires égyptiennes de la mer Rouge poussent comme des champignons, ou ne cessent de s'étendre pour celles déjà existantes. Architecturalement parlant, on peut penser ce qu'on veut des bâtiments, peu importe1. Même s'il faut reconnaître que des efforts sont faits en matière d'écologie sur terre, comme l'installation d'éoliennes ou les recommandations dans les hôtels à économiser l'eau, l'impact sur la mer est considérable. Réputée pour ses fonds marins exceptionnels, la mer Rouge est à présent menacée par une exploitation à grande échelle, par les plages artificielles aménagées pour des touristes auxquels il faut les sempiternelles grandes plages de sable fin pour faire bronzette2. On en vient à se dire que c'est finalement une chance que l'autre rive, celle de l'Arabie Saoudite, soit presque totalement fermée au tourisme...

 

L'exemple le plus symptomatique en contexte urbain est sans doute celui de Louqsor, qui n'est pas sans soulever de protestations comme vous en avez vraisemblablement entendu parler. En particulier parce que certains bâtiments représentatifs d'une certaine époque ont été sacrifiés à des projets " pharaoniques " dont on peut se demander l'intérêt véritable. L'idée de restituer le dromos de sphinx entre les temples de Louqsor et Karnak peut sembler séduisante au premier abord ; et il faut admettre qu'elle a permis des découvertes intéressantes. Ceci dit, lorsque l'on voit l'état des vestiges et surtout la façon dont ils sont traités, on ne peut s'empêcher d'être sceptique et de se demander si tout cela en vaut bien la peine. L'état de la plupart des sphinx fait que l'on procède à beaucoup de remontage qui frise dans bien des cas le pastiche3. Sans parler, bien entendu,des problèmes posés par les expropriations et leurs conditions. Le dégagement des abords du temple de Louqsor, même si j'avoue qu'il m'a dans un premier temps un peu choqué, est moins contestable ; c'est ce que nous avons nous-mêmes fait pour la plupart de nos cathédrales4, par exemple, et il est vrai que du coup le bâtiment se trouve mis en valeur. On peut regretter en revanche ces bâtiments sans âme, d'inspiration occidentale parfois de franc mauvais goût, construits aux abords. Vous savez, je crois, ce que je pense des remaniements du souq, et des souqs des villes touristiques d'Egypte en général auxquels on inflige une standardisation loin d'être toujours heureuse. Vous me direz, encore échappe-t-on aux " malls " à l'américaine version kitsch oriental qu'on trouve ailleurs...

 

 

howa-magnoon.png

" Il est fou ! ", en arabe dialectal égyptien.

 

Certes, il ne faut pas voir les choses à travers cette sorte de romantisme orientaliste dont les plus amoureux de l'Egypte eux-mêmes ne peuvent se départir, tant c'est une tradition ancrée dans notre culture et notre vision de l'autre. Il ne faut pas non plus, évidemment, que la préservation des différentes strates du passé empêche une évolution que chaque époque apporte : destructions, transformations, reconstructions font partie de l'histoire, on ne peut pas sérieusement envisager de tout figer ; ne serait-ce que parce qu'il faut aussi satisfaire aux besoins de la population. Vous vous souvenez des critiques suscitées au XIXe s. par les travaux parisianisants du Khédive au Caire, que nous avions évoqués et dont Louise Colet se faisait l'écho. On se souvient aussi des protestations soulevées par les choix urbanistiques radicaux du baron Haussmann dans le Paris du Second Empire. Aujourd'hui, ce sont des pages d'histoire, les reflets d'une époque dans lesquels nous trouvons de ce fait un intérêt, et un paysage urbain auquel nous nous sommes habitués.

 

Bien entendu aussi que tout cela génère une activité économique, crée ou maintient des emplois. Et que ce n'est pas négligeable dans un pays qui traverse les difficultés que l'on sait. On ne peut reprocher à l'Egypte de se développer par le biais de ce qui représente l'un de ses principaux atouts économiques, l'industrie touristique. Le tourisme de masse, et ses conséquences, est un problème général auquel se heurtent tous les pays constituant des destinations touristiques prisées. Cependant on peut quand même être inquiet de voir parfois l'Egypte s'engager sur une voie qui a conduit ailleurs à des désastres irrémédiables. Je reconnais bien volontiers que les choix sont loin d'être simples à faire, mais tirer les leçons de certaines erreurs faites ailleurs serait dans certains cas judicieux. Ma principale crainte, à vrai dire, est qu'on ne tombe dans le piège d'un vaste " Pharaoland " dont on devine déjà les contours et qui correspondrait à l'aspect pervers qu'entraîne le tourisme de masse. Avec ses clichés et ses dérives commerciales. Un autre sujet d'inquiétude peut également se trouver, dans le contexte de tensions actuelles, de trop en faire pour le confort des touristes et pas assez pour celui du peuple égyptien ; je pense en particulier aux expropriations qui peuvent laisser un goût amer...

 

Ceci dit, il y a également des aspects qui incitent à l'optimisme, gardons-nous bien de noircir le tableau. La prise de conscience de la valeur du patrimoine autre qu'antique, qu'il soit islamique, copte ou même juif 5, et la dynamique insufflée dans sa préservation permettent l'espoir que certaines erreurs pourront être évitées. Egalement le développement d'autres formes de tourisme, favorisant une approche différente et une véritable rencontre. De bonnes idées aussi, comme le souhait émis par le Conseil Suprême des Antiquités de créer à travers le pays des musées thématiques afin de mettre en lumière des aspects du patrimoine jusque là peu présentés au public6.

 

 

ln-leaves.gif

 

Notes :

1- Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y en a vraiment pour tous les goûts... et évidemment pas toujours du meilleur goût !

2-  Ici aussi, sur les côtes varoises, l'erreur a été faite et se solde par un désastre coûteux ; je vous en montrerai des exemples à l'occasion.

3- Chose que l'on ne fait pourtant en principe plus dans les restaurations actuelles de sites archéologiques ou historiques. L'époque Viollet-le-Duc est fort heureusement révolue.

4-  En effet, on oublie souvent que les cathédrales et autres grands édifices religieux furent durant des siècles enserrés dans le tissu urbain et que ce n'est qu'au prix de destructions, souvent au moment de la redécouverte de la notion de patrimoine médiéval, qu'elles en ont été dégagées.

5- Après avoir pris conscience de la valeur inestimable de son patrimoine islamique, l'Egypte s'est engagée depuis plusieurs années dans une politique de préservation et de restauration du patrimoine copte (comme récemment le monastère St-Antoine, un lieu emblématique dans l'histoire de la chrétienté) et des 11 synagogues classées (comme récemment la synagogue de Maimonide au Caire). Le " tout-pharaonique " s'estompe ainsi un peu  au profit d'une prise en compte des divers aspects de l'histoire égyptienne, ce qui est une très bonne chose.

6- Notamment le projet de créer à Qena, porte vers les sites de Denderah et Abydos, un musée consacré aux périodes préhistorique et prédynastique, jusqu'ici peu valorisées.

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 08:30

bonne-annee-2010.jpg





















( photo Kaaper : rives du Nil près d'Aswân, l'un des paysages les plus magiques qui soient... )


Je vous souhaite d'abord à toutes et tous, amis et visiteurs, une bonne et heureuse année 2010. Non pas ce grand bonheur absolu après lequel on risque de courir en vain toute sa vie durant, mais cette succession de petits bonheurs simples qui rendent la vie plus légère. De continuer à construire ensemble ces passerelles entre nos univers, nos passions et nos rêves ; cultiver ces échanges qui révèlent l'humain au-delà du virtuel.

Et puisque la tradition veut que nous fassions des voeux au début d'une nouvelle année, même s'ils ne se réalisent pas toujours, je souhaite pour le monde avant tout la paix, hélas si fragile. Mais aussi peut-être, à l'occasion des soubresauts qui l'agitent aujourd'hui, de savoir saisir l'occasion de vrais changements : plus d'humanité véritable au centre de nos préoccupations, moins de chimères matérielles qui encombrent nos coeurs et nos consciences, la capacité de s'émerveiller à nouveau devant ce qui est si simple qu'on ne le voit plus, réapprendre les beautés de ce monde et à les respecter au lieu de vouloir se les approprier ou les dominer. Et bien sûr, dans l'esprit qui est et restera celui de nos Horizons, d'apprendre enfin à faire de nos différences, toutes les différences, la vraie richesse et l'espoir pour demain. Idéaliste, n'est-ce pas ? Mais ne faut-il pas croire au pouvoir du rêve, les rêves auxquels on croit ont une chance un jour de se réaliser : rien de grand ne s'est jamais fait sans qu'un rêve un peu fou n'en soit à l'origine. Si chacun ose allumer une toute petite lumière, une grande lueur peut finir par jaillir de l'obscurité...

Et puisque ce premier jour de la nouvelle année tombe par bonheur un vendredi et que dans la tradition de Beyt Kaaper c'est le jour des Horizons musicaux, pourquoi ne pas la commencer en musique depuis les rives du Nil, avec deux des grands succès du chanteur égyptien Hakîm, " ah yâ 'albî  " et " is-salâm 3aleyku " ? Les chansons remontent à plusieurs années déjà, mais elles vous apporteront, je l'espère, un peu de soleil et de bonne humeur égyptienne pour bien commencer 2010 !



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  • : Horizons d'Aton - Beyt Kaaper
  • Horizons d'Aton - Beyt Kaaper
  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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