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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 07:40

khan-el-khalili-egypteMarchander fait partie de la culture de nombreux pays, dont l'Egypte. C'est souvent un peu difficile au départ pour nous autres Occidentaux qui n'y sommes pas (en fait : plus... ) habitués. Mais dès qu'on en comprend les règles de fonctionnement, on entre dans le jeu. Souvent, ce sera l'occasion d'entrer en contact. Pour peu que vous preniez le temps et vous éloigniez un peu des artères les plus touristiques, vous verrez que de nombreux marchands se mettront même à discuter. Ne soyez pas gêné et ne pensez pas que vous faites du tort à votre interlocuteur (à moins bien sûr d'exagérer...) ; dans les pays où la coutume est de marchander, une bonne transaction est une transaction où on a bien négocié. C'est un rituel social autant qu'une transaction commerciale. Très souvent, vous verrez qu'à la fin, si vous avez bien mené la négociation, le marchand vous le dira...


 

Première erreur à ne pas faire : s'extasier à grand bruit devant une marchandise. Là, vous serez repéré aussitôt comme un néophyte et vous allez avoir toutes les chances de payer cher un produit lambda. Restez le plus impassible que vous pourrez ; je sais, c'est dur au début, mais indispensable si vous voulez pouvoir négocier. L'une des astuces de mes parents, qui ont longtemps pratiqué les soukhs saoudiens, consiste à regarder d'abord un produit de qualité médiocre, de faire la fine bouche pour montrer qu'on n'est pas dupe, et ensuite seulement s'intéresser au produit qu'on a repéré du coin de l'oeil.


  

En gros, la négociation se déroule comme suit : l'air de rien, vous  egypte_1.jpgrepérez le produit qui  vous intéresse ; vous évaluez sa valeur marchande, en tout cas la somme maximale que vous êtes prêt à payer ; soyez à la fois lucide et raisonnable. Le marchand va annoncer un premier prix, d'autant plus élevé que vous aurez du mal à cacher que vous êtes un touriste. Vous lui proposez alors un prix en-dessous de la somme que vous êtes prêt à payer. La négociation peut commencer. En général, le rituel comprend des phases assez cocasses : vous dites que c'est trop cher, il se plaint que vous êtes dur en affaires et qu'il ne gagnera pas sa vie avec ce que vous proposez, vous faites mine de partir vers une autre boutique, le marchand vous rattrape et revoit son prix à la baisse, etc. Je vous laisse découvrir. Le but est d'arriver à un prix intermédiaire entre le premier prix qu'on vous a annoncé et le prix inférieur que vous avez proposé. Si vous achetez plusieurs produits dans une même boutique, ce qui est l'idéal, négociez en conséquence un prix global. Pour cela, comme pour un objet d'une certaine valeur et d'une certaine qualité, sachez qu'il vous faudra prendre le temps ; prendre le temps peut vouloir dire jusqu'à 30 ou 40mn... Le plus souvent, on vous proposera de vous asseoir et de boire un thé, et même on se mettra à vous parler de la pluie et du beau temps... avant de revenir bien entendu à la négociation. La patience est une vertu en la matière, ne l'oubliez pas...

 

 

 

Bon, ensuite, il ne faut pas non plus exagérer. Inutile de chipoter des heures sur un produit dont le prix est relativement modique et qui pour vous est un plaisir, ou un plaisir à offrir au retour ; même si vous avez conscience que ça ne vaut sûrement pas le prix que vous le payez, n'oubliez pas que vous venez d'un pays privilégié... Un marchand égyptien ne vendra bien entendu jamais à perte, tout comme ici en France, mais il faut garder une juste mesure. Ne vous attendez pas non plus à ce qu'un produit de grande qualité vous soit vendu une misère simplement parce que vous êtes en Egypte : ici comme ailleurs, la qualité se paie ; sachez bien évaluer en fait la marchandise qu'on vous propose.

 

 

Autre conseil, faire d'abord un tour pour regarder (vous pouvez dire en arabe égyptien "ashûf  bass !" , je regarde juste ) et repérer les boutiques où les produits sont de qualité satisfaisante. A moins de tomber sur l'objet exceptionnel qui vous fait rêver, ne jamais acheter dès la première boutique ! On a aussi me semble-t-il plus de chance d'obtenir un prix intéressant en soirée (les marchés restent ouverts très tard le soir), qu'en début de journée, ce qui semble logique.


 

Conseil concernant l'argent : d'abord, ne changez pas trop d'argent en livres égyptiennes, les marchands acceptent pratiquement tous et préfèrent même en général les devises étrangères ; le change se fait au taux du jour, ce qui peut varier durant votre séjour ; quand je suis allé en Egypte, ils étaient friands d'euros, je ne sais pas si c'est toujours le cas ; sinon, prendre des dollars US. Ensuite, ça je l'ai appris en observant mon beau-père, ne jamais mettre tout son argent au même endroit ; séparer vos billets en petites sommes que vous aurez dans différentes poches, par exemple. De cette façon, vous montrez par exemple votre portefeuille ou votre porte-monnaie en disant que vous n'avez que ça sur vous. Le marchand ne sera pas dupe, il vous le dira d'ailleurs ; là, vous pouvez rire, mais tenez bon, et si la négociation arrive à son terme, sortez d'autres billets d'une autre poche. L'erreur du débutant, c'est de sortir une liasse de billets pour payer ; là, comme on dit, vous êtes "cuit" et aurez du mal à mettre fin à vos achats !


 

souk_Assouan.JPGDernière chose, dont nous avons déjà parlé : la plupart des commerçants parlent au moins français ou anglais à côté de l'arabe, en tout cas se débrouillent très bien pour se faire comprendre et vous comprendre ; au pire, ils enverront chercher quelqu'un qui parle votre langue. Parler ne serait-ce que quelques mots d'arabe présente un double avantage : votre interlocuteur sera content de rencontrer un visiteur qui fait l'effort de parler en arabe et cela a toutes les chances de changer le rapport humain ; là encore,  c'est assez logique : nous-mêmes nous sommes contents quand des touristes étrangers font l'effort de parler un peu en français. Attention en ce qui concerne les chiffres, soyez sûr de vous avant de vous lancer à négocier le prix en arabe : apprenez bien vos chiffres, au pire si vous ne vous sentez pas de les prononcer, apprenez à les écrire, ça n'est pas très difficile !

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 07:40

En arabe dialectal égyptien, on préfère pour exprimer une action qui est en train de se faire, immédiate, utiliser ce qu'on appelle le participe actif plutôt que le présent ; ce participe actif est formé sur le participe présent et fonctionne plus simplement qu'un verbe conjugué, avec 3 formes : masculin, féminin, pluriel.

 

Pour dire « j'attends », l'égyptien cependant utilise une forme un peu particulière :

 

mestanni

 

plutôt que bastanna ( présent, 1e personne singulier ) qui sera réservé à une action s'inscrivant plus dans la durée.

 

Mestanni est formé sur le verbe estanna ( attendre ), auquel on ajoute le préfixe d'action m(o)-* et le suffixe -ni correspondant au pronom suffixe singulier de la première personne ( moi, me, je ) quand il suit un verbe.

 

On peut y ajouter les pronoms suffixes de personnes :

ex. mestanneek < mestanni + -ak** = je t'attends ( à un homme )

mestanniku < mestanni + -ku = je vous attends ( 2e pers. pluriel )

etc.

 

Si on résume :

mestanni = j'attends, dans le sens de " je suis en train d'attendre " .

bastanna = j'attends, de façon moins immédiate, dans la durée.

 

 

Pour illustrer cette petite leçon, une chanson de Natasha Atlas justement intitulée " Mistanneek ".

 

 

 

 

 

fatim02.jpg

 

 

* le -o bref tombe, puisque le verbe commence par une voyelle. On rencontre ce préfixe dans de nombreux mots, car il permet de former un nom à partir d'un verbe ou d'un autre nom ;  par exemple : nâ'esh  ( discuter ) > mona'(a)sha ( discussion ) ; niqab (niqab, voile de visage) > monaqaba (qui porte le niqab).

** selon des règles de phonétique, -i + -a donnant un -i long.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 12:00


En Egypte, la visite de la plupart des mosquées présentant un intérêt architectural ne pose aucun problème a priori ; les plus célèbres sont d'ailleurs des monuments qui font l'objet du paiement d'un droit d'entrée. Ce sont les mosquées médiévales du Caire qui sont les plus intéressantes. Au Caire, seule la mosquée  el-Hussein est interdite d'accès aux non-musulmans, car c'est un lieu saint.


Pas de problème non plus pour les photographier, y compris à l'intérieur, contrairement à certains autres pays musulmans ; en cas de doute, posez quand même la question.


Les superbes plâtres de la mosquée Ibn Tûlûn, l'une des plus anciennes du Caire ; à ne pas manquer, car peu visitée.


A de rares exceptions près, les mosquées que vous visiterez restent des lieux de culte ; comme dans tout lieu de culte, de quelque religion et dans quelque pays que ce soit, adopter une attitude de respect est la moindre des choses ( ne pas parler trop fort, etc. ). 



Vous devrez comme vous le savez vous déchausser1 et laisser vos chaussures à l'entrée ; un petit conseil donc : le jour où vous savez que vous devez visiter des mosquées, prévoyez des chaussures qui s'enlèvent et se remettent facilement. C'est du vécu, il m'est arrivé de pester d'avoir choisi les mauvaises chaussures le jour de visites de mosquées. 


Remettre ses chaussures à la sortie des mosquées peut parfois être un vrai casse-tête, surtout quand on en visite plusieurs dans la journée.


Les femmes non-musulmanes n'ont aucune obligation de se couvrir les cheveux ; si vous voulez le faire par respect particulier, c'est bien entendu possible, mais rien ne vous y oblige. Par contre hommes et femmes doivent veiller, comme dans tout lieu de culte me semble-t-il là encore pour une question de respect au-delà de ses propres convictions, à avoir une tenue correcte, découvrant le moins de peau possible. Pour les femmes qui auraient en raison de la chaleur une tenue peu appropriée, une abaya ( manteau couvrant le corps ) peut leur être prêtée à l'entrée de la mosquée.



Pour le reste, il suffit d'un peu de bon sens, comme dans tout lieu de culte où que ce soit dans le monde, là encore, quelles que soient vos convictions personnelles en la matière. Ces remarques concernant une tenue correcte et une attitude respectueuse valent d'ailleurs aussi pour la visite des mausolées du Caire et des églises coptes.  Et si vous êtes vraiment réfractaire aux règles de respect minimum, mieux vaut à mon sens vous abstenir ; mais c'est dommage, vous passerez à côté de véritables merveilles du patrimoine égyptien, en particulier au Caire où se trouvent des mosquées qui comptent parmi les plus belles au monde.




La mosquée Sultan Hassan, une autre merveille du patrimoine architectural islamique du Caire.


Vous verrez, les Egyptiens seront très sensibles au fait que vous montriez un intérêt et du respect pour leurs lieux de culte, qu'ils soient musulmans ou chrétiens. Si vous avez l'occasion de discuter, n'hésitez pas à poser des questions. Je me souviens que lors de mon premier voyage, j'ai été très surpris lorsqu'un Egyptien a pris ma main pour me faire toucher la grille entourant un tombeau, car il avait vu que je restais en retrait pour respecter les fidèles présents ; c'est une expérience très émouvante...



1- Très ancienne tradition orientale qui remonte à l'Antiquité et qu'on retrouve d'ailleurs déjà dans l'Egypte antique, nous en reparlerons. 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 20:01

En arabe dialectal égyptien, il y a 8 personnes : 5 pour le singulier et 3 pour le pluriel. En effet, pour les 2e et 3e personnes du singulier, on une forme masculine et une forme féminine ; les formes féminines du pluriel, employées autrefois, ne le sont plus en général. Le duel de l'arabe classique existe, mais n'est pratiquement jamais employé dans la langue courante.


A côté du pronom personnel sujet, on trouve un pronom suffixe qui peut venir s'ajouter à un nom, à un verbe, un adverbe ou à une particule ; il prend une forme différente selon s'il s'attache à un mot terminé par une consonne ou par une voyelle. Alors que le pronom personnel sujet est très souvent omis, puisque la forme verbale suffit à indiquer la personne, le pronom suffixe est très largement employé.



Personne

Pronom personnel
sujet

Pronom suffixe
après consonne

Pronom suffixe
après voyelle

Exemples
beyt : maison
abû : père

1e sing.

ana

- î / - y
-ny

- ya
- ny

beyty
abûya
2e sing. masc.

enta

- ak

- k

beytak
abûk
2e sing. fém.

enti

- ik / - ek

- ki

beytek
abûki
3e sing. masc.

howa

- u / - o

- h

beyto
abûh
3e sing. fém.

heyya

- hâ

- hâ

beyt
abû
1e pluriel

eHna

- nâ

- nâ

beyt
abûna
2e pluriel

entu

- ku / - kum
- ko / - kom

- ku / - kum
- ko / - kom

beytku
abûku
3e pluriel

homma

- hum / - hom

- hum / - hom

beythum
abûhum


Remarques :

- après un verbe, le pronom suffixe à la 1e personne du singulier prend la forme  -ny

- vous trouvez les différentes formes de transcription des voyelles, nuances qui sont expliquées dans la page concernant translittération et prononciation

- à la 3e personne du singulier masculin, le -hu de l'arabe littéral laisse la place à -u / -o en dialectal, mais le -h subsiste dans la graphie arabe
ex. beyt > beyto ( dialectal ) / baythu ( littéral ) > écrit : بيته

- à la 2e personne du pluriel, le -m final disparaît en général en dialectal, mais subsiste là encore à l'écrit
ex. beyt > beytku ( dialectal ) / baytkum ( littéral ) > écrit : بيتكم

- après consonne, il est parfois nécessaire d'introduire avant le pronom suffixe une voyelle de disjonction conformément à la règle selon laquelle 3 consonnes ne peuvent se suivre sans vocalisation :

Personne

Voyelle de disjonction
+ pronom

Exemples

1e singulier -iny betHebbiny
3e singulier féminin - a gedda
1e pluriel - e gedde
2e pluriel - uku gedduku
3e pluriel - uhum gedduhum


Cela ne vaut pas en dialectal pour la 3e personne singulier masculin, contrairement à l'arabe littéral : pas de voyelle de disjonction,  puisque le -h disparaît
ex. esm > esmo ( dialectal ) / ismuhu ( littéral )









Les emplois du pronom suffixe :

Le pronom suffixe peut être attaché :

- à un nom : il fait alors office de possessif
ex. beyty = ma maison

- à un verbe : il fait alors office de pronom personnel et est complément du verbe
ex. shoofak = je te vois ( à un homme )

- à un adverbe
ex. 3ashânek = pour toi ( à une femme )

- à certaines particules : il devient alors sujet de la proposition qui suit
ex. beyetkallem 3arabi aSlosh fê maSr = il parle arabe car  il a vécu en Egypte.



  NB : cet article est une ancienne page rapatriée sur le blog sous forme d'article ; pour trouver les différents articles abordant des points de grammaire, il suffira dorénavant de se reporter à la page qui regroupe les liens.

 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 19:58

Pour exprimer une action immédiate, en train de se faire, l'arabe dialectal égyptien utilise de préférence une phrase nominale avec un participe qu'on appelle pour cette raison " participe actif " ; c'est assez pratique, avouons-le, car beaucoup plus simple que d'apprendre une conjugaison. Etant donné qu'il fonctionne de la même façon qu'un adjectif, il n'y a que trois formes : masculin, féminin et pluriel.

 

 

Nous prendrons l'exemple de 3ayez qui signifie littéralement " voulant " et qui s'utilise pour exprimer l'idée de vouloir dans le cadre d'une action immédiate :

 

 

sing.

1re

3âyez

je veux

sing.

2e masc.

3âyez

tu veux

sing.

2e fém.

3ayza

tu veux

sing.

3e masc.

3âyez

il veut

sing.

3e fém.

3ayza

elle veut

plur.

1re

3ayzîn / 3ayzeen

nous voulons

plur.

2e

3ayzîn / 3ayzeen

vous voulez

plur.

3e

3ayzîn / 3ayzeen

ils / elles veulent

 

 

C'est donc le plus souvent le contexte qui permet d'identifier la personne, on n'utilise en général pas le pronom personnel sujet avec le participe actif, sauf quand il peut y avoir un doute pour la compréhension ou par forme d'insistance, précision.

 

 

Nous en avons déjà rencontré un certain nombre à travers le vocabulaire vu dans les chansons. Les plus courants sont :

 

fâhem ( masc. ) / fahma ( fém. ) / fahmîn ( plur. ) = litt. " comprenant " > comprendre

gây ( masc. ) / gayya ( fém. ) / gayyîn ( plur. ) = litt. " venant " > venir

ga3ân ( masc. ) / ga3ana ( fém. ) / ga3anîn ( plur. ) = litt. " ayant faim " > avoir faim

HâTeT ( masc. ) / HaTTa ( fém. ) / HaTTîn ( plur. ) = litt. " posant " > poser

râyeH ( masc. ) / rayHa ( fém. ) / rayHîn ( plur. ) = litt. " allant " > aller

shâyef ( masc. ) / shayfa ( fém. ) / shayfîn ( plur. ) = litt. " voyant, regardant " >  voir, regarder

3âref ( masc. ) / 3arfa ( fém. ) / 3arfîn ( plur. ) = litt. " sachant, connaissant  " > savoir, connaître

 

 

 

 

 

 

 

Pour exprimer la notion d' " avoir " en général, on n'utilise pas un verbe, mais la préposition 3and  ( qui signifie " à, chez "+ le pronom personnel suffixe :

 

 

sing.

1re

3andî

j'ai

sing.

2e masc.

3andak

tu as

sing.

2e fém.

3andik / 3andek

tu as

sing.

3e masc.

3andu

il a

sing.

3e fém.

3anda

elle a

plur.

1re

3andena

nous avons

plur.

2e

3anduku

vous avez

plur.

3e

3anduhum

ils / elles ont

 

 

  NB : cet article est une ancienne page rapatriée sur le blog sous forme d'article ; pour trouver les différents articles abordant des points de grammaire, il suffira dorénavant de se reporter à la page qui regroupe les liens.

 

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 18:31

Lors d'un voyage en Egypte, difficile d'échapper aux achats dans les boutiques et surtout les marchés ; nous parlerons de l'aspect pratique et des conseils dans un article spécifique, mais pour aujourd'hui nous allons voir quelques expressions en arabe dialectal égyptien qui peuvent être utiles dans les échanges. Il est toujours apprécié, là encore, que vous fassiez l'effort de parler un peu arabe ; parfois, le marchand sera même très surpris, car peu d'Européens ont cette démarche. Même si vous ne connaissez que quelques mots et  si votre prononciation n'est pas excellente, vous verrez, ce sera souvent l'occasion d'avoir un rapport différent avec les marchands égyptiens. En particulier si vous vous éloignez, comme c'est toujours préférable, de la partie la plus touristique du sûq.

 

 

En arabe, le marché se dit es-sûq, transposé en général " soukh " étant donné que le son guttural correspondant  au qâf ( ق ) arabe n'a pas d'équivalent dans les langues occidentales. Le marchand se dit et-tâger.

 

 

Evidemment, le préalable est l'argent, en tant que monnaie  el-fulûs 1 en arabe ( à l'origine pluriel de el-fals, monnaie médiévale de métal non précieux ) :

el-ginêh 2 = la livre égyptienne

el-qirsh / el-qersh  / el-qersh = la piastre ( en général, vous aurez peu à en utiliser )

el-fakka = la petite monnaie, la monnaie qu'on rend

âsef / âsefa, ma-3andîsh  fakka = désolé(e), je n'ai pas de monnaie

 

 

 

 

 

 

Pour héler quelqu'un de façon neutre tout en étant poli, on employera l'expression :

 

law samaHt ( à un homme )

law samaHti ( à une femme )

law samaHtu ( à plusieurs personnes )

 

Cette expression peut être traduite par " s'il te plaît ", et peut être utilisée dans toute situation où on veut appeler quelqu'un, attirer son attention, comme un garçon de café, etc. Mais pour la formule de politesse correspondant à " s'il te plaît ", on utlisera plutôt :

 

men faDlak 4 ( à un homme )

men faDlek / fadlik ( à une femme )

men faDliku / fadlikum ( à plusieurs personnes )

 

 

 

 

 

 

Kâm ? signifie dans son sens commun " combien ?  "

ex. 3âyez 5  kâm ? = tu en veux combien ?

 

 

be-kâm ? signifie littéralement " à combien ? ", c'est-à-dire dans le contexte qui nous intéresse " à quel prix ?6

ex. be-kâm el-gallabeyya di 7 ? = Combien cette gallabeyya ?

réponse : be (...) ginê = (...) livres égyptiennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3âyez tâni, men faDlak = j'en veux un(e) autre, s'il te plaît

A la question :

3âyez tâni ? = tu en veux un(e) autre ?

on répondra :

aywa, men faDlik = oui, s'il te plaît

lâ, shokran = non, merci

lâ, khalâs = non, c'est tout

 

 

rekhîs = bon marché, pas cher

ghâli = cher, coûteux

ghâli 'awy 7  ! = c'est très cher ! ( sous-entendu trop cher )

 

shoof ! ( masc. ) / shoofi ! ( fém. )  = regarde !

momken ashoof ? = je peux voir / regarder ( littéralement : " possible de regarder ? " )

 

 

Il vous faudra aussi bien sûr quelques expressions pour savoir refuser gentiment, car vous serez souvent sollicité :

 

ma-feesh 9  fulûs = ( je n'ai ) pas d'argent ( littéralement " il n'y a pas d'argent " )

ma-3andîsh fulûs = je n'ai pas d'argent

lâ, shokran = non merci

bashoof bass = je regarde seulement ( sous-entendu : je n'ai pas l'intention d'acheter pour l'instant )

lâ 3âyez Hâga, shokran = je ne veux rien, merci

 

vous pouvez toujours tenter :

ana mesh sâyeH ( masc. ) / sâyHa ( fém. ) = je ne suis pas un(e) touriste

mais vous avez peu de chance d'être cru... Vous me direz, on ne vous croira pas plus quand vous direz " mafeesh fulûs ", mais bon !

 

 

Je vous déconseille de vous lancer à parler chiffres en arabe avant de bien les maîtriser ; ce n'est pas que ce soit très compliqué, mais il faut les retenir. Je vous les indiquerai quand même pour info, ou vous lancer à les apprendre, dans les pages consacrées à l'arabe égyptien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes et remarques :

 

1- Prononcé " f(u)lûs ", le premier -u bref étant souvent très bref ou omis à l'oral en langage courant.

2- Ginêh : pour la petite histoire, ce terme vient d'une ancienne monnaie anglaise, la guinée ; mais si vous parlez en anglais, ou regardez la face en caractères latins des billets, on dit " Egyptian pound  ", donc livre... Qirsh est le nom arabe d'une monnaie introduite au Mashreq par les Ottomans, appelée " kuruş " en turc.

3- De el-faDl = la faveur. 

4- ma- + verbe + suffixe -sh est une des formes de la négation en dialectal égyptien ; l'autre forme est mesh ( en dialecte cairote ) / mosh, comme dans une grande partie des dialectes du Mashreq . Vous trouverez les explications sur la négation dans les pages consacrées aux notions de grammaire. 3and est une façon d'exprimer la notion d'avoir, posséder, mais ce n'est pas un verbe en arabe égyptien ; cela aussi vous sera expliqué dans les pages de grammaire.

5- 3âyez  ( 3âwez en dialecte de Haute-Egypte  ) exprime la notion de vouloir, mais ce n'est pas non plus un verbe ; là encore, voir les notions de grammaire.

6- be- est utilisé comme un préfixe qui est à l'écrit collé au mot, d'où le fait qu'on transcrive en l'attachant au mot par un tiret.

7- Le démonstratif ( masc. da , fém. di , plur. dôl ) se place après le nom.

Par ex. el-gamal da = ce dromadaire ;  es-sana di = cette année ; el-falâyek dôl = ces felouques

8- 'awy / qawy signifie en tant qu'adverbe " fort, très ".

9- Feeh = il y a  / ma-feesh = il n'y a pas.

  

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 07:48

En cette période du début du Ramadhân, nous allons en profiter pour apprendre quelques expressions de voeux. Elles sont en usage entre Egyptiens, la plupart étant de nature religieuse ; mais il est cependant toujours intéressant de les connaître. Ces formules, comme les formules de politesse, appellent des réponses codifiées.

Comme dans tous les pays musulmans, il est de coutume d'échanger des voeux au moment du Ramadhân ; nous le verrons, c'est un moment de ferveur religieuse et de jeûne, mais aussi de rapports sociaux et de solidarité, en particulier le soir après la rupture du jeûne. On envoie aussi des cartes de voeux aux amis et aux parents qui sont loin ; de nombreuses cartes virtuelles de voeux de Ramâdhan sont ainsi disponibles sur Internet.

La formule la plus courante en Egypte est :
ramaDân kareem ( littéralement " Ramadhân est généreux "  )

on trouve également la formule : ramaDân mobârak ( littéralement " Ramadhân est béni " )

Pour les fêtes religieuses comme le Petit Bayram 1 ( nom traditionnel égyptien de l' 3ayd el-fiTr  ) ou le Grand Bayram ( nom traditionnel égyptien de l' 3ayd el-kebeer ), mais aussi des occasions profanes comme par exemple le nouvel an, on utilise la formule de voeux :

kolle sana w enta Tayyeb ( à un homme )
kolle sana w enti Tayyeba ( à une femme )
kolle sana w entu Tayyebeen ( à plusieurs personnes )

avec la réponse codifiée :
w enta Tayyeb ( réponse à un homme )
w enti Tayyeba ( réponse à une femme )
w entu Tayyebeen ( réponse à plusieurs personnes )

es-sana = l'année


1- Le mot " bayram " est en fait d'origine turque. On peut s'étonner de la survivance d'une appellation d'origine turque quand on sait le rapport à la période de la domination ottomane ; mais il ne faut pas oublier que les Mamlûk étaient déjà pour la plupart turcophones, les liens culturels et  linguistiques existant donc depuis l'époque médiévale.

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 08:23

عصفور في اليد احسن من عشرة على الشجرة


3aSfoor  fê  l-yad  aHsan  men  3ashara  3ala  sh-shagara


Un oiseau dans la main vaut mieux que dix sur l'arbre


L'oiseau Benu représenté sur la terrasse supérieure du temple de Denderah.



Ce proverbe égyptien équivaudrait un peu à notre " un tiens vaut mieux que deux tu l'auras " ; mieux vaut se contenter de ce qu'on a, de ce dont on est sûr, que de poursuivre l'inaccessible, ce qui n'est pas certain.




Vocabulaire :

3aSfoor ( arabe classique 3uSfûr ): oiseau. Synonyme : Tayr.
: dans
el-yad : la main
aHsan men : meilleur que
3ashara : dix
3ala : sur
esh-shagara ( arabe classique esh-shajara ) : l'arbre

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 08:00

A présent que nous sommes familiarisés avec des choses très simples, nous allons pouvoir commencer à aborder quelques expressions qui peuvent se révéler utiles.





Dire qu'on parle arabe :


batkallem 3arabi : je parle arabe
batkallem 3arabi shwayya bass : je parle juste un peu arabe

Il y a deux formes d'arabe : el-foSHa ( l'arabe classique ou littéral ), qui est la langue écrite, et el-3ammeyya ( le dialecte ) - en l'occurence en Egypte en général le masri ou le sa'idi - qui est la langue parlée, celle de tous les jours.




 


Exprimer son accord, son approbation :


mafeesh mâni3 / mafeesh moshkela : ( il n'y a ) pas de problème
men ghêr moshkela : sans problème
Tab ( mot typiquement égyptien, contraction de Tayyeb ) : bien, bon, OK
be-Z-ZabT : exactement, pile
shi : ça marche, ça va
da akeed ! : ça c'est sûr !
zayye ma enta 3âyez : comme tu veux
law teHebb : si tu veux





Exprimer qu'on ne sait pas
:

mâ 3andish fekra : je n'ai pas idée
mâ bafhamsh : je ne comprends pas
mesh 3âref : je ne sais pas







Divers :

yalla ! / yalla nemshi ! : allons-y !
eg-gaww kwayyes en-nahârda : il fait beau aujourd'hui
< eg-gaww = le temps (dans le sens " météo " ) + kwayyes = bon, bien + en-nahârda = aujourd'hui
Tool el-yoom : toute la journée
lâ mo'akhza : ( littéralement " pas de fâcherie " ) pardon, désolé, excuse-moi
shoft ezzây ! : ( littéralement " tu as vu comment " ) voyez-vous ça ! ,  ben voyons !
mesh ma3'ool ! : incroyable ! , insensé ! , pas possible !
khosâra ! : dommage !
ma3lesh : tant pis, ça ne fait rien
ana mabsoot (masc.) / mabsoota (fém.) : je suis content(e)
ana mabsoot 'awi : je suis très très content
ana za3lân (masc.) / za3lâna (fém.) : je suis fâché
shwayya shwayya : peu à peu, petit à petit
khalâs : ça suffit, c'est tout





Remarques :

 

Vous aurez remarqué plusieurs formes négatives. La négation est facile en dialectal égyptien :

- avec un nom, un adjectif, un participe ou un complément circonstanciel, il suffit de placer devant l'élément sur lequel porte la négation : mesh ( parfois prononcé aussi mosh, dans certains dialectes égyptiens ou ailleurs au Mashreq )
ex. mesh momken : ( ce n'est ) pas possible -
n'oublions pas que le verbe être est sous-entendu en arabe.
      howwa mesh fê l-beyt : il n'est pas à la maison

- avec un verbe, on utilise la négation et on place le suffixe -sh à la fin du verbe ; quand un verbe porte un pronom suffixe, c'est après celui-ci que se place le -sh
ex. mâ batkallemsh 3arabi : je ne parle pas arabe
      mâ bafhamaksh : je ne te comprends pas


Certains mots ou certaines expressions peuvent avoir des nuances, voir des changements de sens, en fonction du contexte et surtout du ton que l'on emploie :

- shi  veut dire littéralement " marchant ", c'est-à-dire " ça marche " ; il signifie ainsi " ça va " dans le sens de " je vais bien " , mais aussi dans le sens de " c'est bon, c'est d'accord " ; l'équivalent le plus proche en français parlé serait " ça roule ". 

-  yalla ! signifie toujours "aller ! , on y va ! " ; mais attention à ne pas adopter un ton qui pourrait être interprété comme aggressif, ce qui pourrait introduire une nuance d'agacement

- mesh ma3'ool ! sert en règle générale à marquer l'étonnement, la surprise ; si vous le dites en riant, vous introduirez la nuance de " non, c'est pas possible / je te crois pas "

- ma3lesh fait partie des mots employés à toutes les sauces ; il signifie : ce n'est pas grave, ça ne fait rien, tant pis, etc.

- khalâs voit son sens varier selon l'intonation ; avec une intonation neutre, il sert à exprimer qu'on a fini, que c'est tout, etc. ( " wa khalâs " à la fin de quelque chose que vous racontez, par exemple, signifiera " voilà c'est tout / le sujet est clôt " , etc. ) ; mais sur un ton plus ferme, il marque l'agacement : khalâs (keda) ! prend alors le sens de " ça suffit ! / arrête ! " . Un petit conseil malgré tout : si cette expression toute simple peut se révéler utile pour éconduire quelqu'un d'importun ou d'insistant, il ne faut pas oublier qu'elle est dans le second cas signe d'agacement, voir d'aggressivité, donc à employer avec modération ; mieux vaut d'abord répondre par la négative mais poliment à son interlocuteur, avec par exemple " lâ, shokran " ( non, merci ) ou " lâ, mesh 3âyez Haga (shokran) " ( non, je ne veux rien [merci] ) ; s'il insiste vraiment et que vous souhaitez l'éconduire, utilisez alors un " khalâs ! " ferme, mais en gardant le sourire, ce qui évitera de vexer la personne et montrera que vos intentions ne sont pas aggressives.
Remarque de prononciation : en fait, le -s final est un -s emphatique et devrait être transcrit -S ; mais la plupart du temps les Egyptiens le prononcent comme un simple -s.





Khalâs en-nahârda... 


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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 06:38

Nous avons vu dans un article précédent les salutations et formes de politesse de base en masri1, l'arabe dialectal égyptien le plus répandu. A présent, nous allons commencer à échanger quelques expressions simples avec des interlocuteurs égyptiens en disant notre nom et en demandant celui de l'interlocuteur, puis en demandant comment ça va.

undefinedDire son nom :

Le nom, c'est el-esm en masri (al-ism en arabe classique).

esmî, littéralement "mon nom (est) ", permet de dire "je m'appelle ".
ex. esmî Kaaper = je m'appelle Kaaper
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Pour demander à quelqu'un comment il s'appelle, on dira :
esmak êh ? (à un homme) ou  esmek / esmik2 êh ? (à une femme)

undefinedPetites explications pour la curiosité :

l'arabe, littéral ou dialectal, dispose, à côté des pronoms personnels sujet, de pronoms personnels fonctionnant comme des suffixes et servent aussi de possessifs ; ainsi :

ana > - î = moi, je ; mon
enta > - ak = toi, tu ; ton (masculin)
enti > - ik / - ek = toi, tu ; ton (féminin)
howa > - u / - hu / - h3 = lui, il ; son (masculin)
heyya > - hâ = elle ; son (féminin)
eHna > - nâ = nous ; notre
entu > - ku / - kum4 = vous ; votre (plusieurs personnes)
homma > - hum = eux, ils, elles ; leur

ex. ibn = fils -> ibnî = mon fils 
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C'est très pratique, il faut bien l'avouer ! Vous remarquerez qu'il y a 8 personnes en arabe : la 2e personne du singulier masculin et féminin, mais une seule forme pour la 3e personne du pluriel.

Enfin êh ? est l'interrogatif égyptien par excellence, permettant de poser une question beaucoup plus facilement qu'en arabe littéral ; on peut le traduire par " que ? " / " quoi ? ". Il se place après l'élément sur lequel porte la question.
ex. 3âyez êh ? = que veux-tu ?

Là aussi, très pratique, mesh kedâ / n'est-ce pas ?


undefinedComment ça va ?

Après avoir salué, on demande en général comment ça va. Là encore, c'est assez simple et très facile à retenir. Une attention qu'apprécieront les Egyptiens que vous rencontrerez à plusieurs reprises.

La formule la plus soutenue est :
keyf el-Hal ? 

dont une variante est : keyf Halak ? (à un homme) / Halek ? (à une femme)

Mais il y a une forme plus typiquement égyptienne :
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ezzây ?5 est un interrogatif typiquement dialectal, qu'on retrouve aussi en libanais ; il signifie " comment ? " et est l'équivalent du littéral keyf.

Comme pour le nom, il suffit d'y ajouter un pronom personnel suffixe pour poser la question de savoir comment va la personne :
ezzâyak ? = comment vas-tu ? (à un homme)
ezzâyek ? = comment vas-tu ? (à une femme)

On peut aussi dire :
ezzây el-Hal ? = comment ça va ? ( littéralement, " comment est la situation ? " )

On répond, puisque tout ne peut qu'aller bien quand on est en Egypte  :
(ana)6 kwayyes (homme) / kwayyesa (femme) = (je vais ) bien
be-khêr = bien


En général, on ajoute à sa réponse : el-Hamdu li-llah (grâce à Dieu) ; si vous n'osez pas le dire parce que vous n'êtes pas musulman, les Egyptiens l'ajouteront souvent à votre réponse.



Il y a ainsi en masri toute une série d'expressions codifiées, qui sont en quelque sorte une façon d'éviter d'attirer ce qui pourrait être négatif, mauvais ; n'oublions pas le pouvoir que les civilisations de cette région du monde ont de tout temps accordé à la parole, comme chez les anciens Egyptiens. On trouvait d'ailleurs en Europe il n'y a pas si longtemps des traditions similaires, qui venaient de l'Antiquité gréco-romaine : dire le nom d'une chose, c'est l'attirer, littéralement l'invoquer. Mais ces questions linguistique révélatrices de la façon de penser sont si passionnantes que je me laisse emporter par mon élan ! Revenons à notre premier propos...
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L'expression que vous entendrez très souvent est inshâ'a l-llah, qu'on traduit par " si Dieu le veut ". Elle ponctue en particulier les phrases dans lesquelles on émet un souhait, quand on parle d'un projet, de quelque chose qu'on envisage de faire ou d'un endroit où on souhaiterait aller, etc. En général, l'interlocuteur répond à son tour " inshâ'a l-llah ".
Un exemple : hashûfak bokra, inshâ' l-llah = je te vois demain, si Dieu le veut.


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Notes :

1- Le masri est en effet à l'origine le dialecte du Caire, qui a évolué vers une forme qui est comprise dans pratiquement toute l'Egypte, devenant une sorte d'arabe égyptien commun. Mais il existe de nombreux autres dialectes, comme le sa'idi de Haute-Egypte, ou le bedawi des Bédouins d'Egypte. Rassurez-vous, si vous parlez en masri, vous serez compris !
2- Pour le pronom féminin, la forme égyptienne la plus courante est -ek, même si en principe on devrait trouver le -ik avec le fameux -i bref prononcé entre -i et -é. 
3- La forme classique est -hu, mais en égyptien on utilise plutôt -u, ou -h après voyelle.  
4- Là aussi, la forme classique est -kum, mais dans la langue parlée égyptienne on utilise plutôt simplement -ku
5- Pensez à bien prononcer les deux -z , le mot a deux syllabes : ez- / -zây. 
6- Ana, pronom personnel sujet, est en règle générale sous-entendu, tout comme le verbe être.

Pour les règles de transcription et la prononciation, se reporter à la page qui y est consacrée. 

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