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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 06:38

Nous avons vu dans un article précédent les salutations et formes de politesse de base en masri1, l'arabe dialectal égyptien le plus répandu. A présent, nous allons commencer à échanger quelques expressions simples avec des interlocuteurs égyptiens en disant notre nom et en demandant celui de l'interlocuteur, puis en demandant comment ça va.

undefinedDire son nom :

Le nom, c'est el-esm en masri (al-ism en arabe classique).

esmî, littéralement "mon nom (est) ", permet de dire "je m'appelle ".
ex. esmî Kaaper = je m'appelle Kaaper
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Pour demander à quelqu'un comment il s'appelle, on dira :
esmak êh ? (à un homme) ou  esmek / esmik2 êh ? (à une femme)

undefinedPetites explications pour la curiosité :

l'arabe, littéral ou dialectal, dispose, à côté des pronoms personnels sujet, de pronoms personnels fonctionnant comme des suffixes et servent aussi de possessifs ; ainsi :

ana > - î = moi, je ; mon
enta > - ak = toi, tu ; ton (masculin)
enti > - ik / - ek = toi, tu ; ton (féminin)
howa > - u / - hu / - h3 = lui, il ; son (masculin)
heyya > - hâ = elle ; son (féminin)
eHna > - nâ = nous ; notre
entu > - ku / - kum4 = vous ; votre (plusieurs personnes)
homma > - hum = eux, ils, elles ; leur

ex. ibn = fils -> ibnî = mon fils 
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C'est très pratique, il faut bien l'avouer ! Vous remarquerez qu'il y a 8 personnes en arabe : la 2e personne du singulier masculin et féminin, mais une seule forme pour la 3e personne du pluriel.

Enfin êh ? est l'interrogatif égyptien par excellence, permettant de poser une question beaucoup plus facilement qu'en arabe littéral ; on peut le traduire par " que ? " / " quoi ? ". Il se place après l'élément sur lequel porte la question.
ex. 3âyez êh ? = que veux-tu ?

Là aussi, très pratique, mesh kedâ / n'est-ce pas ?


undefinedComment ça va ?

Après avoir salué, on demande en général comment ça va. Là encore, c'est assez simple et très facile à retenir. Une attention qu'apprécieront les Egyptiens que vous rencontrerez à plusieurs reprises.

La formule la plus soutenue est :
keyf el-Hal ? 

dont une variante est : keyf Halak ? (à un homme) / Halek ? (à une femme)

Mais il y a une forme plus typiquement égyptienne :
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ezzây ?5 est un interrogatif typiquement dialectal, qu'on retrouve aussi en libanais ; il signifie " comment ? " et est l'équivalent du littéral keyf.

Comme pour le nom, il suffit d'y ajouter un pronom personnel suffixe pour poser la question de savoir comment va la personne :
ezzâyak ? = comment vas-tu ? (à un homme)
ezzâyek ? = comment vas-tu ? (à une femme)

On peut aussi dire :
ezzây el-Hal ? = comment ça va ? ( littéralement, " comment est la situation ? " )

On répond, puisque tout ne peut qu'aller bien quand on est en Egypte  :
(ana)6 kwayyes (homme) / kwayyesa (femme) = (je vais ) bien
be-khêr = bien


En général, on ajoute à sa réponse : el-Hamdu li-llah (grâce à Dieu) ; si vous n'osez pas le dire parce que vous n'êtes pas musulman, les Egyptiens l'ajouteront souvent à votre réponse.



Il y a ainsi en masri toute une série d'expressions codifiées, qui sont en quelque sorte une façon d'éviter d'attirer ce qui pourrait être négatif, mauvais ; n'oublions pas le pouvoir que les civilisations de cette région du monde ont de tout temps accordé à la parole, comme chez les anciens Egyptiens. On trouvait d'ailleurs en Europe il n'y a pas si longtemps des traditions similaires, qui venaient de l'Antiquité gréco-romaine : dire le nom d'une chose, c'est l'attirer, littéralement l'invoquer. Mais ces questions linguistique révélatrices de la façon de penser sont si passionnantes que je me laisse emporter par mon élan ! Revenons à notre premier propos...
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L'expression que vous entendrez très souvent est inshâ'a l-llah, qu'on traduit par " si Dieu le veut ". Elle ponctue en particulier les phrases dans lesquelles on émet un souhait, quand on parle d'un projet, de quelque chose qu'on envisage de faire ou d'un endroit où on souhaiterait aller, etc. En général, l'interlocuteur répond à son tour " inshâ'a l-llah ".
Un exemple : hashûfak bokra, inshâ' l-llah = je te vois demain, si Dieu le veut.


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Notes :

1- Le masri est en effet à l'origine le dialecte du Caire, qui a évolué vers une forme qui est comprise dans pratiquement toute l'Egypte, devenant une sorte d'arabe égyptien commun. Mais il existe de nombreux autres dialectes, comme le sa'idi de Haute-Egypte, ou le bedawi des Bédouins d'Egypte. Rassurez-vous, si vous parlez en masri, vous serez compris !
2- Pour le pronom féminin, la forme égyptienne la plus courante est -ek, même si en principe on devrait trouver le -ik avec le fameux -i bref prononcé entre -i et -é. 
3- La forme classique est -hu, mais en égyptien on utilise plutôt -u, ou -h après voyelle.  
4- Là aussi, la forme classique est -kum, mais dans la langue parlée égyptienne on utilise plutôt simplement -ku
5- Pensez à bien prononcer les deux -z , le mot a deux syllabes : ez- / -zây. 
6- Ana, pronom personnel sujet, est en règle générale sous-entendu, tout comme le verbe être.

Pour les règles de transcription et la prononciation, se reporter à la page qui y est consacrée. 

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Egypte pratique
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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 16:57

Il y a quelque temps déjà, nous avions abordé le sujet de la question des langues lorsque l'on voyage en Egypte et qu'on veut communiquer avec la population égyptienne, ou encore mieux ne pas se cantonner à rester entre touristes. Et Xandrine avait suggéré que je vous donne quelques expressions égyptiennes qui peuvent être utiles. En voici l'amorce avec ce premier article, qui vous donnera les formule de politesse de base, entrée en matière qui sera toujours appréciée par vos interlocuteurs égyptiens. Je dois dire dès ce préambule que je suis loin de pratiquer couramment l'arabe égyptien (masri), que j'ai commencé à étudier au retour de mon premier voyage ; mais le peu que je pratique m'a déjà permis de réaliser en 2006 combien la connaissance de quelques mots d'arabe change les rapports qu'on peut avoir avec les Egyptiens. Le maître mot est de ne pas avoir peur, même si la prononciation est approximative ou hésitante, l'effort sera toujours apprécié, tant il est rare que les touristes fassent cet effort - ce qui est vrai, je crois, partout dans le monde.


Très vite après votre arrivée en Egypte, vous apprendrez les salutations, qui se retiennent facilement.  Les formules de politesse, en arabe, appellent de façon générale une réponse codifiée.


bonjour.gif


SabaH el-kheyr
  = bonjour
on y répond de façon codifiée : SabaH en-noor.

Dans la soirée ou le soir, on optera pour :
masa'a el-kheyr = bonsoir
auquel on répond : masa'a en-noor.

Vous entendrez aussi souvent les Egyptiens dire : SabaH / masa'a  el-fol.

salâm (qui signifie à la fois "salut" et "paix") est un peu plus familier et correspondrait à notre "salut".

En principe, l'expression :
es-salâmu 3aleyku ("la paix soit sur vous"), à laquelle on répond de façon codifiée : w 3aleyku es-salâm ("et que sur vous soit la paix"), est réservée aux salutations entre musulmans. Vous pouvez bien entendu l'utiliser même si vous n'êtes pas musulman, on ne vous en voudra pas, mais c'est à mon avis une forme de respect de ne pas l'employer.


au-revoir.gif



Au revoir
se dit : ma3a s-salâma.

marHaba est une formule de bienvenue et de salut à la fois.
Pour exprimer la bienvenue, l'expression consacrée est :
ahlan wa sahlan
à laquelle on répond de façon codifiée :
ahlan bîk (à un homme) / ahlan bîki (à une femme) / ahlan bîku (à plusieurs personnes)


men_fadlik.gif


Pour dire "s'il vous plaît ", on dispose de deux expressions :
law samaHt ( à un homme) / law samaHti (à une femme) / law samaHtu (à plusieurs personnes)
men faDlak ( à un homme) / men faDliki  ( à une femme) / men faDliku (à plusieurs personnes)

La seconde est la plus courante. Vous remarquerez que la forme varie si on s'adresse à un homme ou  à une femme. On s'y fait très vite.

etfaDDal (masculin) / etfaDDali (fém.) / etfaDDalu (pluriel) est une expression qui est employée dans différentes circonstances pour vous inviter à faire quelque chose (entrer, vous asseoir, etc.) et peut se traduire par "je t'en prie".



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Merci se dit shokran, vous le retiendrez très vite ; on y répond de façon codifiée afwan, correspondant à notre "je t'en prie ". Attention, il est en principe impoli en arabe de dire merci après un compliment ; dans ce cas-là, on utilise une autre expression :
Allah yekhallîk (à un homme) / Allah yekhallîki (à une femme) / Allah yekhalliku (à plusieurs personnes)
Bon, on ne vous en voudra pas si vous dites "shokran"

Pour s'excuser, un homme dira âsef, une femme âsefa.

Voilà une première base pour les échanges avec vos interlocuteurs égyptiens, qui apprécieront l'intention. Tout cela se retient et se prononce facilement, et devient vite un automatisme.



NB : pour la prononciation, se reporter à la
page présentant le mode de transcription des sons arabes, classiques et dialectaux.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Egypte pratique
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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 08:10

Quand on se rend dans un pays, quel qu'il soit, la question linguistique se pose. Vous me direz, tout dépend pourquoi et comment on y va ; si on part en voyage organisé ou en hôtel-club et qu'on souhaite de toute façon rester entre soi, effectivement la question ne se pose guère. Mais il me semble que ce qui est intéressant en se rendant à l'étranger, c'est aussi de pouvoir aller à la rencontre de la population. Non ?



affiches-caire.jpg




Tout d'abord, quelle langue les Egyptiens pratiquent-ils dans leur
 quotidien ? Il faudra y consacrer un article spécifique, mais il est intéressant de déjà aborder la question.  L'arabe, bien entendu, ou plutôt plusieurs formes d'arabe, en fonction du contexte, de leur origine ou du lieu dans lequel ils habitent. Comme dans tout le monde arabe, il existe une langue destinée à l'écrit et aux médias ; cette langue est commune à tous les pays arabes et est appelée arabe littéral (al-fusHa, en arabe). Mais il faut préciser que beaucoup d'Egyptiens ne savent encore pas lire, ou très peu. La langue courante, celle de tous les jours, est l'arabe dialectal égyptien, qui connaît plusieurs variantes régionales, surtout deux grands dialectes : le masri du Caire et de sa région et le sa'idi de Haute-Egypte. Le masri est compris dans pratiquement toute l'Egypte, puisqu'une sorte de dialecte égyptien commun s'est développé à partir de lui dans les médias (télévision, radio) et la chanson.




La pratique de l'anglais de base est quasiment indispensable pour voyager en Egypte en s'assurant un minimum d'indépendance. De par l'importance du tourisme dans le pays, les langues étrangères sont pratiquées par de nombreux Egyptiens. Au cours de leur scolarité, ils apprennent prioritairement l'anglais, qui est sans doute la langue étrangère la plus répandue. Bien sûr, vous trouverez toujours un Egyptien qui parle ne serait-ce que quelques mots de français ; mais il faut avouer que si vous ne parlez pas du tout anglais, vous aurez souvent des difficultés à vous faire comprendre, en particulier dès que vous mettrez le nez hors de votre hôtel - parfois même à l'hôtel vous pourrez être embarrassé ou vivre des scènes cocasses. Il est donc conseillé de parler un peu anglais, ou de s'adjoindre quelqu'un qui parle anglais - c'est pratique, mais on peut être frustré de ne pas comprendre les conversations.


Vous verrez que beaucoup d'Egyptiens, en tout cas parmi ceux avec lesquels vous serez en contact, sont très curieux en matière linguistique et retiennent vite ce que vous leur apprendrez. Ils n'hésiteront d'ailleurs pas à vous demander comment on dit un mot dans votre langue, et le placeront sans problème lorsque vous les reverrez.



shokran-afwan.gif



L'idéal est de connaître au moins quelques mots d'arabe, ne serait-ce que quelques expressions de base. Les Egyptiens y sont sensibles et vous verrez que cela changera vos rapports avec eux ; cela fait toujours plaisir de rencontrer quelqu'un qui fait l'effort d'essayer de parler votre langue, c'est naturel. Vous allez me dire que l'arabe est une langue difficile : l'avantage du dialecte égyptien, c'est que les sons sont beaucoup plus simples qu'en arabe littéral, les sons les plus compliqués à prononcer pour un Occidental ayant une forme simplifiée. Et à force d'entendre, vous aurez tôt fait de vous faire l'oreille et d'apprendre à prononcer. Il y a d'ailleurs des expressions que vous adopterez tout naturellement. Si vous connaissez l'arabe littéral, mais pas le masri, vous serez en général compris, et les Egyptiens, là encore, n'hésiteront pas à vous apprendre à dire la même chose dans leur propre dialecte.


Un maître mot, donc : ne soyez pas timides mais au contraire curieux en matière linguistique, vous en retirerez des moments inoubliables - je me souviens en souriant de ce vendeur du Khân qui a été surpris puis m'a pris dans ses bras parce que je lui avais répondu en masri. Et révisez votre anglais de base ; pas la peine non plus d'aller trop loin, avec les gestes et quelques mots d'arabe et de français mélangés à tout ça, vous vous en sortirez.


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Bon, maintenant, si vous êtes totalement allergiques aux langues étrangères, il ne vous expressions284.gifreste qu'une solution : voyager en troupeau ! Mais là, il ne faut pas être allergique aux troupeaux.... 

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Egypte pratique
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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