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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 07:01

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Je vais aujourd'hui vous parler d'un jardin qui est cher au coeur des Toulonnais, même s'il a hélas subi les outrages du temps : le jardin Alexandre Ier, que nous autres Toulonnais avons toujours appelé « Jardin de la Ville ». Tous les Toulonnais le connaissent et, dès qu'on s'intéresse à son histoire, on y retrouve de grands moments de l'histoire de la ville elle-même. Comme depuis sa création, on y vient pour prendre un moment de repos à l'ombre des arbres, oublier le fracas de la ville moderne. Et il recèle quelques surprises qu'il faut prendre le temps de venir admirer.

 

 

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Les lointaines origines de ce parc public remontent au XVIIe s. Dans ce secteur se trouvaient deux jardins historiques : le Jardin du Roy, dans la partie haute, et au nord-ouest la célèbre « cassine » du chevalier Paul, où celui-ci reçut Louis XIV et la cour en 1660 ; pour étonner ses hôtes, on raconte que le chevalier avait fait placer dans les orangers des oranges confites qu'il invita les dames de la suite royale à cueillir, provoquant admiration et étonnement. Nous aurons l'occasion de reparler du Jardin du Roy et du chevalier Paul.

 

 

 

 

 

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La perspective sur la chapelle de l'Hôtel-Dieu construit à l'emplacement de l'hospice de Mgr de Chalucet, et que les Toulonnais ont toujours appellé hôpital Chalucet en souvenir du généreux évêque. C'est d'ailleurs son nom aujourd'hui.

  


 

A la fin du XVIIe s., Mgr Armand Bonin de Chalucet, évêque de Toulon, décide de créer dans ce secteur un hospice de la Charité. Il commence par louer en 1681 une vaste propriété appartenant à Pierre Meissonnier, composée de jardins, cultures de légumes et prés. Puis en 1694, il rachète aux Récollets l'ancienne cassine du chevalier Paul, et se lance dans la construction de l'hôpital qui existe toujours et porte son nom ; il sera achevé en 1717, et je vous le présenterai également à l'occasion.

 

 

 

 

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Ce cyprès chauve du Canada, aujourd'hui situé dans la cour d'entrée de l'hôpital du XIXe s., est à la fois le dernier vestige du jardin botanique de la Marine et le plus vieil arbre de Toulon. Sa bouture a été ramenée d'Amérique en 1797 et il a été planté à cet endroit par Gaspard Nicolas Robert (1776-1857), pharmacien et directeur de l'école de la Marine. Lors du déplacement du jardin botanique, il fut sauvé par un ingénieur de la Marine. Il a la particularité de perdre ses feuilles en hiver ; le voici avec son feuillage :

 

 

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Sous Louis XVI, vers 1786, la Marine loue une partie des jardins inoccupés pour créer un jardin botanique. C'est là l'origine directe du jardin actuel. Dès lors, les officiers de Marine ramènent de leurs voyages lointains des plantes exotiques et le parc botanique acquiert peu à peu un certain renom, car on parvient à y acclimater des essences extrêmement rares. Des boutures sont envoyées dans toute l'Europe et des scientifiques parisiens du Museum viennent sy'approvisionner en plantes exotiques.

 

 

 

 

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L'allée de platanes du Second Empire, qui s'aligne sur les quartiers neufs créés à l'époque de Napoléon III.

 


 

Survient en 1852 l'agrandissement de Toulon, décidé avec l'accord de Napoléon III. On décide alors de transférer le jardin botanique de la Marine sur la presqu'île de St-Mandrier, malgré les protestations de l'Académie des Sciences ; les arbres sont transplantés, mais la plupart n'y survivront pas. Le projet consiste à aménager un vaste jardin public, avec des allées bordées de platanes, des rocailles et des fontaines. Un budget de 53 000 francs est alloué en 1853 et le jardin est achevé dès 1860. Le jardin est agrandi à deux reprises, en 1863 et 1882, et s'orne de bassins, de fontaines et de statues. On y conserve le bassin des nénuphars, qui existait déjà du temps du Jardin du Roy. Il devient alors le plus grand jardin public de la ville, à deux pas du centre, élément emblématique du côté ouest des aménagements du XIXe s. Le jardin subit de graves dommages lors des bombardements de 1943. Enfin, des restaurations sont entreprises en 1989, avec la réimplantation d'espèces exotiques, la construction d'une copie de l'ancien kiosque à musique de la place d'Armes et la repose des grilles de la fin du XIXe s., frappées aux armes de la ville, qui avaient été supprimées dans les années 1960.

 

 

 

 

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Ce superbe portail de style Louis XIII provençal provient de l'ancienne chapelle Notre-Dame de Cortina du vieux village de Six-Fours, rasé en 1875 pour faire place à un fort militaire. Il a été réalisé par l'architecte toulonnais Julien Rollet en 1624. En décembre 1875, la ville de Toulon acheta ce portail pour la somme de 200 francs, le fit démonter pierre par pierre et remonter dans le jardin de la Ville en 1876. Il se dresse à l'extrémité ouest du jardin, au bout de la grande allée.

 

 

 

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La fontaine du Buveur fut placée en 1891 dans une rocaille aménagée derrière la baie du portail de Notre-Dame de Courtine. Réalisée par le sculpteur toulonnais Benoît Lucien Hercule, cette oeuvre de bronze avait été présentée au Salon de 1881 et offerte par les Beaux-Arts à la ville la même année. Elle représente un jeune homme nu étendu s'abreuvant à une source jaillissant des rochers. Durant la seconde guerre mondiale, l'original fut envoyé à la fonte par les occupants. Mais un moulage de plâtre avait été conservé, qui a permis de couler une réplique lors des restaurations de 1989 et de lui faire retrouver sa place d'origine...

 

 

 

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Le kiosque placé lors des travaux de 1989 est une réplique de celui qui ornait autrefois la place d'Armes et dont les Toulonnais regrettaient la disparition depuis les travaux d'aménagement du parking souterrain. Des concerts y ont à nouveau lieu, dans l'esprit d'origine du parc du XIXe s.

 

 

 

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Parmi les quelques sculptures ornant le jardin, on trouve celle-ci représentant le poète François Fabié, près de l'entrée est.

 

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 07:25

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Il manquait à notre jardin une présence féline : voilà qui est réparé avec l'éntrée du Mau égyptien. Le Mau égyptien est, dit-on, le chat qui descendrait des chats de l'époque pharaonique.  A première vue, l'hypothèse semble plausible.  Et pourtant, rien n'est moins sûr... Retour sommaire sur l'histoire de ce chat.

 

 

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" Mau " vient du terme qui désignait le chat en égyptien antique. Pourtant, ce n'est qu'en 1954 que ce chat apparaît sur la scène internationale, lorsque la princesse Natalia Trubetzkoï ramène d'Egypte à Rome les premiers d'entre eux ; deux ans plus tard, elle émigre aux Etats-Unis et emmène ses chats avec elle, créant un élevage, la chatterie Fatima. La princesse effectua des croisements entre ces chats ramenés d'Orient et c'est à partir de là que se sont fixés les critères de cette race, qui en réalité est donc une création du XXe s. à partir de chats dont les origines sont à vrai dire mal connues.


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Oriental spotted tabby.

 

 

Dans le même temps, en Grande-Bretagne, on tenta de recréer la race de chats égyptiens antiques en croisant abyssins, tabby et siamois, ce qui donna naissance à l'Oriental spotted tabby.

 

 

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Le Grand Chat d'Héliopolis, papyrus d'Hunefer

(XIXe Dynastie, British Museum).


 

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Un chat représenté dans la fameuse fresque de chasse de la tombe de Nebamon (XVIIIe Dynastie, British Museum).


Il y a bien en Egypte des chats - les chats sont nombreux dans les rues des villes égyptiennes - qui font immanquablement penser aux chats que l'on voit sur les fresques antiques, dans les statuettes de Bastet ou dont on peut voir les momies. Certains sont vraisemblablement les lointains descendants des chats de l'époque pharaonique.


 

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Le Catus Felis lybica, chat sauvage d'Afrique.



Le véritable parent le plus proche des chats de l'Egypte antique reste en réalité plus vraisemblablement le Catus Felis lybica, le chat sauvage africain. Comme son cousin antique, et comme le Mau, il a une robe tachetée comme celle d'une panthère. La plupart ont un poil roux ou fauve, ce que l'on observe d'ailleurs souvent aussi sur les peintures égyptiennes. Il a également cette forme si particulière, cette élégance féline qu'expriment bien les représentations de Bastet.

 


Ceci dit, le Mau "égyptien", même s'il n'est pas ce descendant direct des chats antiques qu'on prétend, est un très beau chat. Jugez-en par vous-mêmes...

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 07:29

Quelques fleurs de seringat pour enchanter notre jardin imaginaire de leur parfum délicieux...

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 06:52

 

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Pour agrémenter notre jardin imaginaire, ces quelques orchidées sauvages de Provence.

 

 

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De nombreuses espèces d'orchidées sauvages poussent dans le Var à l'état naturel ; c'est ici qu'elles sont le mieux préservées. Malheureusement, elles sont très menacées et font l'objet de mesures de protection. Si vous en voyez en vous promenant dans la nature, ne les cueillez pas : contentez-vous d'admirer leur beauté délicate, et leur ressemblance avec leurs grandes cousines exotiques...

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:41

 

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Dans notre jardin faisons entrer la noblesse délicate du chrysanthème, une fleur sacrée en Extrême-Orient. J'aime sa beauté raffinée, délicate, loin des habitudes commerciales et hypocrites de notre Toussaint... auxquelles on l'associe hélas trop souvent. Il faut oser dire qu'on aime le chrysanthème, briser le tabou et l'admirer pour lui-même dans toute la noblesse de ses pétales graciles...

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 00:00

 

 

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:07

Après des mois de froid et de grisaille auxquels les rivages de Méditerranée ont toujours du mal à se faire, voici qu'enfin le soleil semble accepter de faire son retour. L'envie de sortir se fait alors irrésistible, pour goûter le bonheur simple des beaux jours retrouvés. Aussi suis-je ce dimanche sorti de ma tanière pour une promenade vers un jardin toulonnais dont il me faut avouer que je ne le connaissais que de l'extérieur et dans lequel je n'avais jamais pris le temps d'aller flâner. Il se situe dans les quartiers ouest de Toulon, au Jonquet1, là où le Las2 a été détourné pour devenir la Rivière Neuve. Le département avait fait l'acquisition de la belle demeure du milieu du XIXe s. et de ce qui subsistait de son vaste parc pour en faire un jardin public départemental. Et récemment, l'idée s'est concrétisée d'y transférer le Museum d'Histoire Naturelle3, dont les travaux sont en cours depuis un an et devraient se terminer cet été. Pas étonnant, quand on découvre les merveilles que referme déjà ce parc, comme je vous laisse en juger en images. Une promenade bien agréable que je vous recommande si vous êtes dans la région.



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Incontournable depuis le XVIIe s. dans les demeures de campagne provençales, la grande allée de platanes menant à la façade principale de la maison. Ces vénérables platanes remontent à la création de la maison actuelle, au milieu du XIXe s.

 

 

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 tronc-magnolia_2.jpgParmi les plus impressionnants des hôtes de ce parc, un énorme Magnolia ( Magnolia grandifolia ) planté lui aussi au milieu du XIXe s. Son tronc et son envergure en font l'un des plus beaux spécimens de la région.

 

 

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Non moins impressionnant par sa taille, et lui aussi incontournable des parcs provençaux depuis longtemps, un énorme Cèdre de la même époque. Majestueux, et dominant tous les autres arbres environnants, une véritable merveille naturelle qui ferait presque pâlir de jalousie nos pins autochtones.

 

 

 

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Familiers aux Méridionaux, des Dattiers des Canaries ( Phoenix canariensis ) devenus à leur tour à partir du XIXe s. des incontournables des jardins de toute la côte ; pas une  " villa " ou une " campagne "4, pas un jardin public ou une place qui n'aient dès lors eu ce type de palmier, cultivé par centaines de milliers sur la " Côte d'Azur " pour satisfaire la demande croissante dès le début du XXe s.

 

 

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Plus surprenant, avec ce qui ressemblerait presque à un pagne polynésien, un Washingtonia ou Palmier Jupon ( Washingtonia filifera ) ; originaires de Basse Californie, les Washingtonia ont été pour la première fois plantés en pleine terre à Cannes dans les années 1870. 

 

 

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Diverses essences se côtoient dans le parc, mêlant aux variétés exotiques acclimatées de vieux autochtones comme les pins ( ici au premier plan, un pin d'Alep ) ; vous y trouverez d'ailleurs également un superbe pin parasol au tronc énorme, que je n'ai pu photographier mais qui est magnifique. En cette saison, c'est un régal de nuances de verts, les verts tendres des arbres à feuillage caduc qui commencent à retrouver leur parure et les verts sombres des conifères.

 

 

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Un mot sur la villa Burnett, qui avait pour écrin ce beau parc dont le jardin actuel est un vestige ; la propriété portait en fait le nom donné au quartier : le Jonquet. Elle a été construite dans les années 1850, dans un style totalement étranger aux traditions provençales et mêlant diverses influences, comme nombre de maisons de cette époque. Elle a appartenu aux Burnett, famille britannique installée à Marseille et Toulon au XIXe s. Lorsque la propriété a été mise en vente, elle fut acquise par le Conseil Général du Var en raison de son intérêt, ce qui a permis d'ouvrir le jardin au public et permettra bientôt de constituer un lieu idéal pour le Museum Départemental d'Histoire Naturelle. Le projet de réhabilitation de cette demeure restée longuement à l'abandon affirme entendre respecter son architecture ; espérons-le, mais il m'a semblé par un coup d'oeil furtif au-delà des barrières que ce ne sera hélas pas totalement le cas, puisqu'on a la fâcheuse manie d'introduire de discutables éléments " contemporains " auxquels le projet ne semble pas devoir échapper hélas... Mais au moins, contrairement à d'autres, cette demeure-là aura-t-elle échappé à une défiguration pitoyable ou pire à la démolition, comme nombre d'anciennes résidences de campagne du quartier5...

 

 

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Le charmant petit portail latéral de brique, avec ses réminiscences romaines et ce goût du détail qu'avait le XIXe s., envahi de vigne vierge.

 

 

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Notes :


1 - En provençal, " jounquet " signifie " jonc " ; ce nom vient sans doute de ce qu'ils poussaient ici en abondance au bord du Las.

2 - Dont je vous avais déjà parlé dans l'article :  Quelques aspects de mon quartier, à Toulon .

3 - Qui jusqu'à présent se trouvait au centre ville, dans le Musée-Bibliothèque construit au XIXe s. dont nous reparlerons bientôt.

4 - Au XIXe s. , on abandonne le terme provençal maritime traditionnel de " bastide " au profit de celui de " campagne " et surtout de " villa ", en référence à l'Italie. Une maison individuelle, dans une quartier résidentiel ou surtout à la campagne, est toujours appelé ici " villa " depuis, quelle que soit sa taille.

5 - Je pense en particulier à la pauvre bastide des évêques de Toulon, datant du XVIIe s., à jamais saccagée et défigurée, dont nous parlerons prochainement.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 08:00


Au cours d'une promenade, sur les pentes du Coudon aux environs de Toulon, prenant de la hauteur pour contempler ce paysage familier qui allie si théâtralement minéral, végétal, ciel et mer, je goûtais autant les odeurs subtiles des plantes de la garrigue que les formes étonnantes des calcaires érodés par le vent et l'eau. C'est là que j'ai rencontré ce superbe genévrier, qui se couvrait de baies d'une couleur allant du vert tendre à l'orange et au brun rouge. En Provence, nous l'appelons " cade " 1, son nom français étant " genévrier oxycèdre " ou " genévrier cade2 ; quant à son nom scientifique latin, c'est " Juniperus oxycedrus ". A n'en pas douter, un indispensable dans notre jardin imaginaire car il est l'un des plus courants des rivages méditerranéens.


Les baies du genévrier cade sont comestibles, mais il ne faut pas les confondre avec les baies de genièvre.

Il y a en Provence plusieurs variétés de genévriers3. Il ne faut pas confondre le genévrier cade avec le genévrier commun ( " Juniperus communis " ), qui donne la fameuse baie de genièvre que nous connaissons tous en cuisine et qui est géographiquement beaucoup plus répandu. A première vue, ils se ressemblent beaucoup, avec leurs feuilles étroites en forme de piquants ; cependant il y a un moyen très facile de les différencier : d'abord, la face interne de la fine feuille du genévrier commun n'a qu'une bande claire, alors que celle du genévrier cade en a deux. Ensuite, les baies sont différentes : celles du genévrier commun sont d'un bleu foncé, presque noir, à maturité, alors que celles du genévrier cade sont plus grosses et brun rouge à maturité. Les deux variétés sont les seules dont les baies sont comestibles.

Deux planches permettant de comparant le genévrier cade ( à gauche ) et le genévrier commun ( à droite ).

Le genévrier cade est présent sur tout le pourtour méditerranéen. Il pousse sur les sols arides et rocailleux, formant l'une des plantes caractéristiques de la garrigue ; on l'y trouve souvent associé aux chêne kermès et au chêne vert. Dans ce contexte, cet arbuste ne dépasse pas 1 à 2m de haut, bien qu'il puisse y avoir des spécimens plus importants. 

Coupe d'un four à cade, qui servait autrefois à fabriquer l'huile de cade à partir du bois de la plante. 1) Couloir, ou  " voûte " ; 2) Dalle inclinée par laquelle s'écoulait l'huile ; 3) Chambre de combustion, à laquelle on accédait par deux ouvertures latérales ; 4) Chambre dans laquelle était placé le bois de cade, enfourné par un trou circulaire au sommet de l'ensemble.

Il fait pleinement partie de la culture provençale, car on rencontre en se promenant dans la campagne de nombreuses ruines de fours à cade, les plus nombreux de ceux conservés et réhabilités se trouvant d'ailleurs dans le Var4. Dans ces fours, on fabriquait autrefois l'huile de cade, dont les vertus sont multiples : cicatrisante et antiseptique, elle était en particulier utilisée pour soigner certaines maladies des animaux domestiques, mais aussi chez les humains pour des maladies de peau. Les fours à cade se sont multipliés dans les garrigues provençales5 au XIXe s. et ont été définitivement abandonnés vers le milieu du XXe s. au profit d'une fabrication industrielle. L'huile de cade est aujourd'hui encore utilisée pour soigner certaines maladies de peau, intervenant dans la composition de savons ou de shampoings.

L'occasion au passage de vous montrer l'un de ces témoignages des activités d'autrefois dans les campagnes provençales, et de l'ingéniosité des anciens pour construire des structures en pierre sèche. Voici un vieux four à cade se trouvant sur la commune d'Evenos, au nord-est de Toulon, restauré par les bénévoles d'une association passionnés de patrimoine rural.

Vue générale du four à cade d'Evenos : le couloir aux pans inclinés en pierre sèche, au sol creusé dans la terre...


... à l'extrémité du couloir, l'ouverture et les dalles inclinées par lesquelles l'huile de cade était recueillie...

... vue de dessus, la chambre dans laquelle on plaçait le bois de cade, garnie de briques réfractaires ; à l'arrière, la chambre de chauffe....

... l'un des accès latéraux de la chambre de chauffe, par lesquels on pouvait la charger


Attention à ne pas conforme non plus le " cade " avec la cade, une délicieuse galette de farine de pois chiche et d'huile d'olive dont nous reparlerons, car elle fait partie elle aussi du patrimoine de Basse-Provence.



Notes :

1- En provençal, il existe bien le mot " genebrié " pour désigner le genévrier en général. Mais on parle plus volontiers de " cade " : " cade " tout court pour le genévrier oxycèdre, " cade pougnent " pour le genévrier commun, ou encore " cade mourven " pour le genévrier de Phénicie.
2- Le français reprenant souvent, sans qu'on le sache, l'appellation provençale, en tout cas dans l'appellation courante. Oxycèdre est plutôt l'appellation savante.
3- Genévrier commun, genévrier oxycèdre, genévrier nain, genévrier de Phénicie, genévrier thurifère...
4- Le patrimoine rural a souvent été délaissé, mais de nombreuses associations se sont mobilisées pour que ne disparaissent pas, quand il n'était pas déjà trop tard, ces éléments de la vie quotidienne d'autrefois : fours à cade ou à chaux, norias, séchoirs, restanques, systèmes d'irrigation, moulins...
5- On implantait les fours en pleine garrigue, là où les cades étaient nombreux. 

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 08:00

Devant l'appartement, j'ai pu faire quelques plantations, un petit jardin citadin qui se niche sur le perron et commence à prendre tournure. Comme toujours, un choix qui n'est pas totalement dû au hasard. Je vous montre ?


Je suis assez fier de mon Impatiens de Nouvelle-Guinée, qui a bien grossi et a commencé à se couvrir de fleurs impressionnantes.


Bien entendu, plusieurs jasmins, pour leurs fleurs odorantes qui évoquent l'Orient. La floraison est passée, maintenant on pousse et on s'accroche où on peut. L'impatiens de Nouvelle-Guinée, et, au premier plan à droite, des papyrus - hélas pas des papyrus d'Egypte, mais le symbole est là quand même ; et derrière, quelques plantes aromatiques...



Cachés derrière le plus grand des jasmins, des oeillets d'Inde, pour leurs couleurs extraordinaires, et quand ce sera le moment pour confectionner une guirlande à offrir en puja à Ganesh. Derrière, le surprenant thym-citron aux saveurs délicates et la verveine des souvenirs d'enfance. En bas, la menthe, indispensable bien sûr pour la préparation du thé.




Pour finir, un cactus, parce que nous sommes quand même en Méditerranée. Un basilic qu'il faudrait que je replante, un incontournable de nos saveurs provençales - très petits par rapport à ceux d'Egypte, je vous montrerai à l'occasion la différence de taille ! Et au fond, un autre jasmin qui voisine avec un chèvrefeuille, là encore pour les senteurs...




Voilà mon embryon de petit jardin, j'avais envie de le partager. Le soir, l'arrosage est un moment de détente, la présence de ces plantes est un plaisir. Toutes ces senteurs et ces couleurs sont là pour le plaisir des sens, avec des accents d'ailleurs, et souhaiter la bienvenue aux visiteurs...

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 07:25




Après un hiver froid et pluvieux - je sais, vous me direz que nous autres Méditerranéens avons froid quand pour beaucoup il fait doux et que deux jours de pluie nous semblent une éternité... - , voici enfin le printemps qui arrive, avec l'espoir du retour du soleil et de la chaleur. La campagne des côtes provençales, qu'on pourrait penser éternellement sèche, se couvre elle aussi de fleurs. Parfois dans des lieux insolites, par exemple au beau milieu d'une pinède. Comme ce petit arbre qui, à l'abri des grands pins du massif de Sicié, célèbre le retour de la belle saison en se parant de fleurs blanches.




Au sommet, on dirait qu'une couronne se forme pour rendre hommage à une antique déesse du renouveau végétal, Chloris ou Flora. Un clin d'oeil de la nature à notre héritage gréco-romain ?

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Papyrus D'identité

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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