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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:03

 

DSCN1973.JPG

 

Portail d'entrée d'un immeuble Art Déco des années 1930 dans le quartier du Pont-du-Las, à Toulon...

 

 

Egypte_0177.JPG 

 

... et pour comparaison le portail d'entrée du temple d'Edfou, au centre du pylône ; l'entablement est endommagé, mais on peut encore en identifier la forme caractéristique.

 

 

 

 

Lors d'une récente promenade, je suis tombé par hasard sur cet étonnant portail d'entrée d'un immeuble Art Déco, devant lequel j'étais passé des dizaines de fois sans jamais y faire attention. Quelle n'a pas été ma surprise d'y trouver un accent d'Egypte, et bien entendu j'ai immédiatement eu envie de partager cette découverte avec vous.

 

Dans les années 1930, l'égyptomanie connaît un regain de vigueur, notamment en raison de la découverte retentissante de la tombe de Toutankhamon. L'Art Déco va s'emparer de cette vogue, aussi bien dans les arts décoratifs qu'en joaillerie, et bien sûr aussi dans son répertoire architectural. C'est le cas ici, avec ce portail d'entrée monumental, qui reprend en les épurant les lignes des portails d'entrée des monuments égyptiens ; le traitement de l'entablement, ou partie supérieure, est particulièrement significatif. Les ferronneries elles-mêmes, ausi bien celles qui protègent les vitres de la porte que celles des fenêtres, reprennent en les simplifiant et en les géométrisant, des motifs végétaux égyptiens. On retrouve fréquemment de tels emprunts dans l'architecture de cette période, et Toulon en conserve quelques beaux exemples sur lesquels un relevé exaustif resterait à faire ; je vous en montrerai d'autres à l'occasion.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Horizons architecturaux
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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 08:00

Il existe en arabe plusieurs mots pour désigner la maison : bayt ( ar. بَيـت , prononcé " beyt " en égyptien et dans de nombreux dialectes ), manzil ( ar. مَنْـزِل ) ou encore dâr ( ar. دار ). Dans la langue courante, on peut généralement utiliser aujourd'hui l'un des trois pour signifier l'idée de domicile, d'habitation ; une telle variété surprend au premier abord quand on apprend l'arabe, et on en vient souvent à se demander lequel de ces termes est le plus approprié. En réalité, à l'origine et en architecture islamique, il existe quelques nuances entre ces diverses appellations qu'il n'est pas inintéressant de connaître.

 

chameau beyt manzil dar 

 

Bayt désigne une maison en général, c'est en quelque sorte le terme le plus neutre. Cependant, il a également, en arabe comme en français, le sens de maison avec la notion historique de " dynastie / famille " ; de sorte que le mot Beyt associé à un nom de famille sert souvent à désigner une demeure de famille, restée dans la même famille durant plusieurs générations, ou encore appartenant ou ayant appartenu à une famille de notables. Dans l'architecture omeyyade et abbasside enfin, plus particulièrement, le terme " bayt " est également employé pour signifier les espaces d'habitation d'un palais, par opposition aux espaces officiels et de réception.

 

Exemples cairotes : Beyt es-Suhaymi ( XVIIe-XVIIIe s. , époque ottomane ) ; ou encore Beyt el-Kiritleyya / Beyt Amna Bint Salim ( XVIe - XVIIe s. , époque ottomane ) qui ont été réunies pour former l'actuel musée Gayer-Anderson.

  maq-ad-gayer-anderson.pngMaq'ad* à Beyt el-Kiritleyya / Beyt Amna Bint Salim, aujourd'hui musée Gayer-Anderson, près de la mosquée Ibn Tûlûn au Caire. 

 

 

Manzil désigne plutôt, à l'origine tout au moins et au sens strict, une maison organisée autour d'une cour intérieure, type d'habitation très répandu dans le monde arabe. Dans certaines régions du Mashreq, en particulier en Palestine, on désigne aussi ce type de maison par le terme " Hôsh " ( ar. حَوْش , Hawsh en arabe littéral ), qui signifie en principe la cour elle-même ; en Egypte par exemple, c'est la cour intérieure qu'on appelle " Hôsh ".

 

Exemples cairotes : Manzil Zeynab Khatoon ( XVe-XVIIIe s. , époques mamluk et ottomane ), dans le quartier de la mosquée el-Azhar ; ou Manzil Gamal ed-Deen ed-Dahab ( XVIIe s. , époque ottomane ), près de Bab Zuweyla.

 

  

Ce sont dans les deux cas des maisons individuelles, en tout cas initialement au moment de leur construction - les immeubles et habitations collectives portent d'autres noms. Il est en fait bien difficile, au-delà de la théorie, de faire une réelle distinction entre " bayt " et " manzil ". Très souvent, on appelle également " bayt " des demeures à cour centrale dans les régions où ce type de maison est la règle. Il n'y a pas clairement de distinction d'origine sociale. Les demeures qualifiées de " bayt " ou de " manzil " ont souvent été construites ou ont appartenu à des familles de riches notables, en particulier de marchands comme c'est le cas pour les exemples cairotes mentionnés ci-dessus ; il semblerait cependant que le terme de " manzil " soit quelque peu plus prestigieux, même si ce n'est pas toujours le cas. Pas de véritable distinction non plus concernant les dimensions : une très vaste demeure à plusieurs cours intérieures peut tout aussi bien être qualifiée de " bayt " que de " manzil ".

 

 

plan-manzil-zeynab-khatoon-1er-copie-1.pngPlan du 1er étage de Manzil Zeynab Khatoon, au Caire, avec ce qu'on appelle le haramlik*, ou espace réservé aux seuls membres de la famille ; le salamlik*, espace de réception publique réservé aux hommes, se trouve au rez-de-chaussée, juste en-dessous du qâ'a* principal ( montage d'après un plan du site Touregypt ).

 

   

Dâr, par contre, est en terme architectural plus facile à distinguer des deux autres. Ce mot a à l'origine la connotation spécifique de demeure aisée de la haute société, de vaste demeure, voir même de palais. Il qualifie les vastes demeures appartenant à de hauts personnages. C'est en quelque sorte le terme arabe le plus proche de l'idée occidentale d' " hôtel particulier " ou de " palais " en contexte urbain. Pourtant, on emploie aussi souvent en arabe, surtout aujourd'hui, pour traduire " palais " le mot " qasr " ( ar. قَصْر ) ; à l'origine cependant, " qasr " désignait plus particulièrement un palais fortifié, pratiquement synonyme dans ce sens de " qal3a " ( ar. قَلْعَة ) signifiant " forteresse " et ainsi équivalant à la notion occidentale de " château-fort ". " Qasr " désigne en fait plus particulièrement les palais des dirigeants, sultans ou autres.

 

Exemples cairotes : Dâr Taz ( XIVe s. , époque mamluk ) , palais construit pour un notable ayant épousé la fille du sultan ; pour les palais, on trouve aussi dans l'enceinte de la Citadelle du Caire Qasr el-Gawhara ( construit par Mohammed Ali au début du XIXe s. ), ou encore l'ancien Qasr el-Ablaq ( XIVe s. , époque mamluk ).

 

 

Liens :

 

Vous pourrez, en attendant que nous revenions plus particulièrement sur certains de ces édifices, en trouver des photos sur les sites Archnet et Touregypt .

 

 

 

* Nous reviendrons dans de prochains articles sur les termes désignant les différentes pièces et autres éléments de la maison en contexte islamique. 

 

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Horizons architecturaux
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 08:00

Au cours d'une promenade dans Toulon, j'ai découvert dans l'entrée presque intacte de cet immeuble daté de 1909-1910 un superbe sol de carreaux de ciment de style Art Nouveau. Comme c'est le plus souvent le cas, les carreaux sont disposés de façon à former un décor en tapis : une frise, bordée de petits carreaux à motif géométrique, entoure le décor central où alternent carreaux ornés et carreaux unis disposés en losanges. On retouve les motifs floraux et les courbes végétales caractéristiques du style Art Nouveau. Ici, l'association des couleurs est particulièrement harmonieuse.


Tout comme dans les rues je vous invitais à lever les yeux vers le sommet des façades, dans les intérieurs je vous invite à ne pas manquer d'observer les décors de sol. Les carreaux de ciment, nous n'y faisons souvent plus attention ; pourtant ils ont marqué toute une époque et certains présentent de magnifiques compositions. La technique de fabrication des carreaux de ciment est apparue vers le milieu du XIXe s. , mais le véritable engouemment généralise leur emploi à partir des années 1880. Ils sont essentiellement fabriqués dans le sud-est, notamment dans la région de Marseille. Ils servent dès lors à réaliser avant tout des décors de sols dont on retrouve aujourd'hui encore de superbes exemples ; on pouvait aussi les utiliser pour des décors muraux.

Magnifique sol de carreaux de ciment de la fin du XIXe s. dans l'entrée d'un immeuble du quartier de la gare à Toulon. On peut voir ici la vigueur préservée des coloris, un siècle plus tard, et la variété des motifs et des formes possibles. L'association des coloris, dans cet immeuble que nous retrouverons pour son exceptionnel décor mural à la grecque antique, est plus audacieuse que dans l'exemple précédent.


Les carreaux étaient teintés dans la masse avec des pigments divers en fonction de leur qualité, les plus soignés étant réalisés avec des sables de silice, de la poudre de marbre, etc. Les motifs réalisés à la main présentent  de ce fait de légères irrégularités ou différences quand on les observe en détail, ce qui rend sensible la main de celui qui les a peints. Au final, les carreaux ont un aspect satiné et sont extrêmement résistants ; leurs couleurs résistent très bien au temps.


Sol de carreaux de ciment dans l'église St-Laurent d'Ollioules, datant des années 1890. Dans cet exemple, les carreaux adoptent la forme hexagonale des tomettes provençales. Les motifs géométriques en trompe-l'oeil permettent de donner de la profondeur à l'ensemble. La sobriété des couleurs s'adapte à la vocation de l'édifice.


Ils ont été très en vogue de la fin du XIXe s. aux années 1950, s'adaptant aux styles et modes successifs. Sacrifiés durant la période de grande sévérité décorative de la seconde moitié du XXe s., malheureusement souvent alors détruits ou endommagés, ils font aujourd'hui leur retour comme d'autres éléments décoratifs. Des entreprises, dont certaines ont survécu à l'époque d'appauvrissement du décor intérieur, reproduisent des modèles anciens, surtout utilisés pour la restauration, mais réalisent aussi des créations avec une gamme de couleurs plus étendue.

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 14:30


Au premier plan, une maison noble du XVIIe s. avec une génoise à trois rangs ; à l'arrière, une maison roturière de la même époque avec ses deux rangs de génoise ( vieille ville de Belgentier, Var ).


La génoise est un élément caractéristique des maisons provençales : il s'agit d'un ou plusieurs rangs de tuiles canal maçonnées faisant déborder le toit par rapport aux murs de façade. Sa fonction est avant tout pratique, permettant d'éloigner des murs les eaux de pluie. Mais avant la Révolution, elle avait également une fonction sociale : les roturiers n'étaient autorisés à avoir au maximum que deux rangs de génoise au sommet de leur façade ; au-delà de deux rangs, c'était un privilège nobiliaire. Les maisons nobles comportent en général en contexte urbain trois rangs de génoise, mais on les voit parfois se multiplier pour souligner l'importance du propriétaire, comme certains hôtels particuliers ou certaines bastides présentant jusqu'à cinq rangs de génoise ! Après la Révolution, cette fonction sociale disparaît et les maisons n'ont plus que deux rangs de génoise au maximum ; certaines maisons étant alors rehaussées ou restaurées, la génoise noble d'origine a pu disparaître.



Exemple de toit à chevrons apparents sur une maison de la fin XVIe s. - début XVIIe s. ( Riez, Alpes de Haute Provence ) ; après l'apparition de la génoise, ce type ne perdurera que dans les maisons les plus modestes.


La génoise s'impose en Provence au XVIIe s. , sans doute venue d'Italie comme semblerait l'indiquer son nom. Auparavant, l'avancée du toit était couverte sur sa face inférieure par des éléments de bois et chevrons apparents, ce qui perdurera d'ailleurs dans les demeures modestes. La génoise n'éclipsera pas non plus totalement les corniches moulurées et ornées dans les demeures nobles et bourgeoises.



Une petite maison noble du XVIIe s. , identifiable à ses trois rangs de génoise ; elle est la seule dans la vieille ville d'Ollioules à avoir conservé sa génoise noble. On n'est pas surpris, à l'intérieur, de trouver un superbe escalier Louis XIII à décor de gypseries...


Toujours dans la vieille ville d'Ollioules, une maison roturière du XVIIIe s. , avec sa génoise tournante.



Les deux types de traitement des angles face à face : à gauche, un traitement anguleux du XIXe s. ; à droite, l'élégante génoise tournante du XVIIe s. ( Ollioules, Var ). 


La maîtrise des couvreurs se révèlent dans le traitement des angles. Du XVIIe s. jusqu'au début du XIXe s. , les angles sont adoucis par ce qu'on appelle une génoise tournante, qui forme un élégant arrondi obligeant à une savante disposition des tuiles de la toiture. Par la suite, une simplification amènera un modèle plus anguleux.




Au XIXe s. continuent de voisiner génoises et corniches ornées ( Quartier du Pont-du-Las, Toulon ).


Vous l'aurez compris : pour savoir à qui vous avez affaire lorsque vous observez la façade d'une vieille maison provençale, il faut commencer entre autres par lever la tête et compter les rangs de génoise ! Ensuite, d'autres indications sont également données par les dimensions et l'ornementation du portail ; pour le reste, comme toutes les maisons méditerranéennes, c'est le plus souvent à l'intérieur que la demeure provençale cache ses véritables trésors...




Notes :

1- en provençal « genouveso  ».

2- grâce également à la pente faible des toitures.
3- Des détails sont visibles en complément dans l'album, afin de ne pas alourdir l'article.


Voir un
article sur la publication de Jean BOYER, L'origine de la génoise dans l'architecture provençale du XVIIe s.

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 12:30







Pour inaugurer cette nouvelle catégorie, un exemple de décor architectural du début du XXe s. à Toulon. Nous y reviendrons à l'occasion, Toulon compte un certain nombre de constructions de style art nouveau et art déco de qualité, avec des décors qui réservent parfois de belles surprises. Au cours de l'une de mes promenades récentes, voici ce que j'ai découvert. Un immeuble devant lequel je suis passé des centaines de fois sans vraiment lui prêter attention, et dont le portail orné est en partie caché par un parc qui le sépare de l'artère principale. L'inspiration égyptienne est fréquente dans les immeubles art déco ; mais elle est particulièrement évidente dans ces mosaïques datées de 1931, qui ont gardé toute leur fraîcheur.






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