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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 19:58

    caf-saud-4.jpg

 

Voici un objet auquel je suis très attaché : une authentique cafetière saoudienne que ma mère a chinée dans les soukhs de Jeddah quand elle vivait en Arabie Saoudite, et qu'elle m'a gentiment offerte. En arabe, on l'appelle dallah ( دلة ) , ou encore ibrîqu l-qahwa ( ابريق القهوة ), ou tout simplement ibrîq ( ابريق ). Les cafetières ont des formes diverses selon les régions du monde arabe, et elles sont encore différentes en Turquie ( bien qu'on trouve des cafetières turques anciennes influencées par la forme des cafetières saoudiennes ) et en Iran. Les cafetières de la péninsule arabique se caractérisent par leur forme, mais surtout par le long bec verseur étroit et recourbé qui leur donne une élégance particulière. Elles sont en général réalisées en cuivre ou en laiton. Le dallah dans sa forme actuelle remonterait au XVIIe s.


 

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Les fixations de l'anse.

 

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Détail du couvercle, élégant comme un dôme...

 

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 Les cafetières authentiques sont estampillées de la marque de l'artisan qui les a fabriquées.

 

Le café que l'on boit dans la péninsule arabique est différent de celui que nous connaissons. On fait d'abord griller les grains de café avant de les piler dans un mortier. Ensuite, on ajoute de l'eau chaude, comme pour le thé, et cela donne un liquide beaucoup plus clair que notre café. Les Saoudiens apprécient d'ajouter à leur café des graines de cardamome, qui viennent le parfumer. Ceci est le vrai café bédouin. Il est un signe de bienvenue, d'amitié et de paix.

 

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A côté de ce Bédouin, vous pouvez voir un dallah du même type.

 

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Bédouin versant le café avec une cafetière identique.

 

Pour terminer, voici pour le plaisir les dallah de ma mère, quant à eux décorés au poinçon.

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Deux dallah, un grand et un petit, avec leur bec verseur caractéristique ; ils sont ornés sur le col et sur le couvercle, contrairement au mien qui est tout simple.

 

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Le décor du grand....

ibriq_ummi_3.jpg

... et celui du petit, réalisés par martelage au poinçon ; ils portent un décor géométrique autour du couvercle, et un autre en deux bandes sur le col, avec le poinçon du fabricant .

 

dirham_imarat_2.jpg dirham_imarat_1.jpg

Le dallah est si emblématique de la culture bédouine et de la Péninsule Arabique qu'il figure sur une pièce d'un dirham emirati.

 

 

 

Un lien intéressant sur le café bédouin.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 08:30


Le Caire - La mosquée de Mohammed Ali ( photographie montée en vue stéréscopique, Underwood & Underwood, imprim. J. F. Jarvis à Washington, datée 1896 ).



Détail de l'une des deux vues, par lequel on voit l'excellent état de conservation de cette photographie malgré son grand âge ; il est toujours très émouvant de l'avoir entre les mains...



Un bel élément de ma collection de photographies anciennes d'Egypte auquel je tiens particulièrement, et que je suis heureux de partager  avec vous. Nous reparlerons prochainement de cette magnifique mosquée, qui est comme un écho d'Istanbul dans la capitale égyptienne.

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 12:30



" Groupe de danseuses " ( carte postale colorisée du début du XXe s. , datée 1914 par le cachet postal, coll. Kaaper )


Nous avions vu dans un précédent article le costume traditionnel des Ghawazee avant leur exil forcé en Haute-Egypte au milieu du XIXe s.  Sur cette carte postale du début du XXe s. , voici un groupe de Ghawazee dans le costume que ces danseuses portaient à la fin du XIXe s. et qu'elles conservèrent jusqu'à ce que la tenue actuelle soit créée sous l'impulsion des cabarets et du cinéma entre 1930 et 1950.


Du costume d'autrefois, elles ne conservent qu'un gilet court, s'arrêtant sous la poitrine et rappelant l'anteree, mais sans manches. Dessous, elles portent un chemisier moulant en étoffe légère qui couvre la poitrine, le ventre et les bras, afin de ménager la pudeur - n'oublions pas qu'elles avaient essuyé au XIXe s. les foudres des religieux. Le principal changement réside dans l'abandon du shintiyan au profit d'une jupe ample descendant jusqu'aux chevilles, rehaussée de longs rubans brodés terminés par une passementerie ; les étoffes sont le plus souvent colorées et chargées de motifs végétaux de couleurs vives. Au cou et aux poignets, de nombreux bijoux selon la tradition des Ghawazee. Les deux femmes qui sont de chaque côté à l'arrière tiennent à la main les sagattes, ces petites cymbales ponctuant leur danse.


Les femmes photographiées ici apparaissent tête nue, comme c'est le cas la plupart du temps. Quelques-unes, sur d'autres documents, portent encore le tarboush et le turban. Autant dire qu'elles sont de ce fait toujours considérées comme des marginales, dans une Egypte où la plupart des femmes sont encore voilées avec le niqab égyptien noir ou blanc dont nous reparlerons.


Grand contraste avec le costume habituel de la plupart des femmes égyptiennes à la même époque ( " Native woman - Cairo ", carte postale du début du XXe s. , Zogos & Co., Le Caire, coll. Kaaper )







Post-Scriptum : Je viens d'acquérir une nouvelle carte postale ancienne représentant une Ghazeyya, sensiblement de la même époque que celle qui a servi de support à cet article. Il m'a donc semblé intéressant de l'ajouter. Ici, il s'agit d'une photo de studio, devant un faux décor de toile figurant l'intérieur d'un palais égyptien européanisé de l'époque : là encore, confusion, puisque les Ghawazy, comme nous l'avons vu, ne se produisaient pas auprès de la haute société - même si les authentiques Almées ont pour l'essentiel déjà disparu au début du XXe s.


Une Ghazeyya dans le costume intermédiaire entre le costume ancien et celui des danseuses d'aujourd'hui ( " Danseuse arabe ", carte postale du tout début du XXe s., Arougheti Bros, Suez, coll. Kaaper )

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 08:00


" Saïs courant "  ( carte postale début XXe s. , Papeterie & Imprimerie Au Cartosport, Max H. Rudman, Le Caire, n° 728, coll. Kaaper ).



Les Saïs faisaient partie des personnages que l'on apercevait dans les rues des villes égyptiennes, en particulier au Caire, et qui marquèrent les voyageurs. Ces coureurs, en général au nombre de deux, couraient devant les équipages des notables pour leur ouvrir le passage. Leur tenue était caractéristique : une chemise blanche rehaussée d'un gilet court brodé et un pantalon bouffant blanc s'arrêtant au niveau des genoux, avec une large ceinture en étoffe. Comme on le voit sur ce cliché du début du XXe s. et d'autres, ils couraient toujours  pieds nus. Ils tenaient à la main droite ce que les voyageurs étrangers appellent le " courbach1 pour les francophones, ou " kurbash " pour les anglophones : une sorte de grand fouet traditionnellement fait de cuir d'hippopotame avec lequel ils dispersaient le cas échéant la foule sur le passage de leur employeur. Le cocher porte pour sa part le tarboush mis à la mode sous l'influence ottomane dans la bourgeoisie et les classes aisées.


Détail sur les Saïs, avec leur costume caractéristique, courant les pieds nus et portant à la verticale le long kurbâj.




1- En arabe  كرباج ( kurbâj ), signifiant " fouet " ou  " cravache ". Il était également utilisé pour administrer les châtiments corporels à l'époque ottomane, usage aboli en Egypte au moment de la domination britannique.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 21:50

Pami les monnaies qui me tiennent le plus à coeur dans ma modeste collection numismatique, deux monnaies romaines impériales provinciales de Trajan (empereur 98-117). Ce sont de toutes petites monnaies de bronze1, au revers desquelles figurent des symboles égyptiens, puisqu'elles furent frappées à Alexandrie au début du IIe s. de notre ère. Il s'agit de dichalkon2, une monnaie courante divisionnaire de l'obole. En Egypte comme dans les autres provinces d'Orient, les empereurs romains ont perpétué le système monétaire hellénistique. La monnaie d'argent grecque, la drachme, se divisait en de nombreuses petites monnaies, dont l'obole et le chalque3. Les Lagides multiplièrent les frappes de petites monnaies de bronze pour pourvoir aux dépenses courantes. Ce sont donc les monnaies qui circulaient le plus, d'où leur état de conservation souvent médiocre.

Dichalkon de Trajan, frappé à Alexandrie en l'an 17 du règne, portant au revers la couronne d'Isis.

La couronne d'Isis est de longue date associée à la royauté en Egypte. Cléopatre VII est elle-même représentée portant cette couronne à l'arrière du temple de Denderah. Chez les Romains, le culte d'Isis connaît un grand succès et des sanctuaires de la déesse égyptienne sont érigés dans tout l'Empire, y compris à Rome même.


Cleopatre VII sous les traits d'Isis, à l'arrière du temple de Denderah, sur un relief la représentant avec son fils Ptolémée XV - Césarion. Elle porte la couronne que l'on retrouve sur la monnaie de Trajan, avec les cornes hathoriques entourant le disque solaire et les deux hautes plumes. 



Dichalkon de Trajan, frappé à Alexandrie en l'an 17 du règne, portant au revers la couronne hemhem.

La couronne hemhem était portée dans les représentations à la fois par le roi et par les dieux enfants, en particulier Horus-Harpocrate. Le culte d'Harpocrate, associé à sa mère Isis, a dépassé le monde hellénistique et a suivi la déesse dans le monde romain.


Détail du roi coiffé de la couronne hemhem, sur un relief d'époque ptolémaïque du temple de Kom Ombo. Elle est formée de trois couronnes atef flanquées de cobras et se dressant sur des cornes horizontales.

 


C'est la marque " LI Z " qui indique l'année de règne durant laquelle la monnaie fut frappée ; il ne s'agit donc pas d'une marque d'atelier, comme on peut l'observer sur d'autres monnaies. Cet usage permet de connaître de façon précise l'époque à laquelle les monnaies ont été émises.


Trajan a fait construire sur l'île de Philae, haut lieu du culte d'Isis en Haute-Egypte, le célèbre kiosque auquel son nom reste associé.



Notes :

1- environ 12 à 14mm de diamètre.
2- en grec " δίχαλκον ", c'est-à-dire double chalque ; il correspond en principe à 1/4 d'obole.
3- en grec " χαλκον ", ce qui semble indiquer qu'il s'agissait à l'origine d'une monnaie de cuivre ; à l'époque hellénistique, c'est une monnaie de bronze.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 06:24

Voici deux éléments de ma collection de photographies et cartes postales anciennes sur l'Egypte qui me tiennent particulièrement à coeur, comme vous l'imaginez volontiers, et que je souhaiterais partager avec vous. Les trouver et pouvoir les acquérir a été un grand moment d'émotion, presque autant que lorsque j'ai vu cette statue pour la première fois au Musée du Caire.




Vue stéréoscopique de la statue de Kaaper dans sa vitrine au Musée du Caire ( datée 1904, éd. Underwood & Underwood )

La photo est intitulée " The famous wooden statue called the Shehk el-Beled in the Museum, Cairo, Egypt " ( " La célèbre statue en bois appelée le Sheykh el-Beled au Musée, Le Caire, Egypte " ). On voit ici la statue dans la vitrine dans laquelle elle se trouve encore, pour quelque temps tout au moins, celle d'origine remontant à la fondation du musée ; sans doute appelée à disparaître lors de la modernisation du musée. Le détail de l'une des deux vues permet de voir l'excellent état de conservation de cette photo.

La maison d'édition américaine des frères Underwood a réalisé de nombreuses vues stéréoscopiques entre 1882 et 1920.




Carte postale colorisée de la statue de Kaaper, cette fois sans sa vitrine ( début du XXe s. ).


Pour ce qui est de l'histoire de cette statue, vous pouvez vous reporter à l'
article qui lui a été consacré dans Beyt Kaaper dans la rubrique Kemet.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 14:50

Je viens d'acquérir une série de photos stéréoscopiques1 du début du XXe s. montrant des sites égyptiens, et je m'empresse bien sûr de venir les partager avec vous.






La première montre le temple de Louqsor, vu à partir du pylône de Ramsès II en direction du sud-ouest. On reconnaît au premier plan la mosquée Abu l-Haggag2, avec ses deux minarets et la coupole qu'on aperçoit derrière le premier, et la grande cour de Ramsès II.  Derrière le 2e minaret, la colonnade d'Amenhotep III3, puis au fond la cour d'Amenhotep III3. Et bien entendu, en toile de fond, le Nil. Vous remarquerez à gauche, sur le côté de la cour d'Amenhotep III, des habitations qui n'ont pas encore été abattues à l'époque où la photo a été prise.








La seconde nous montre le temple de Philae tel qu'il se présentait avant la construction du barrage4. On peine à reconnaître le site, qui a d'abord été en partie immergé avant d'être finalement déplacé sur une île voisine. Au centre, on aperçoit le temple d'Isis et son grand pylône, et sur la gauche les colonnes du kiosque de Trajan. Emouvant témoignage de ce qu'ont pu voir les voyageurs d'autrefois.







La dernière fait partie de ces " scènes ethniques " qui étaient tant appréciées au début du XXe s. , mises en scène par les photographes pour satisfaire le goût d'exotisme du public sans toujours refléter ou comprendre la réalité du pays5. La photo a ici pour sujet principal un certain Tigran Bey, présenté comme un aristocrate local de Saqqarah ; monté sur superbe cheval arabe et richement vêtu, il est suivi par un second personnage présenté comme son serviteur. La scène se déroule dans les champs, à l'orée d'une palmeraie. Mais si on regarde plus attentivement, on distingue au lointain un autre élément : la pyramide à degrés de Djoser, symbole majeur de la nécropole de Saqqarah.





Notes
:


1- Une page est en préparation sur l'historique de la photographie stéréoscopique et son principe.
2- Nous reparlerons prochainement de cette mosquée.
3- Ou Amenophis III, selon l'appellation grecque ; je préfère celle d'Amenhotep, adoptée par les pays anglophones, car elle est plus proche du nom égyptien originel.
4- Construit de 1902 à 1908, puis réhaussé en 1912 et 1933.
5- Certaines de ces scènes mettent d'ailleurs aujourd'hui très mal à l'aise, car elles reflètent un état d'esprit qui ne fait pas honneur à la civilisation occidentale - c'est l'époque où on " reconstitue " aussi des " scènes ethniques " lors des expositions universelles ou coloniales, exhibant des êtres humains à la curiosité malsaine des badauds en mal d'exotisme... Même si certaines photos de ce type constituent de vrais documents sur la vie d'autrefois, beaucoup sont des mises en scène qui montrent le décalage entre le regard porté sur le pays et sa réalité : voilà qui nous incite aujourd'hui encore à réfléchir, non ?


(photos : collection de l'auteur)


PS : mon amie Michelle m'a indiqué en commentaire des photos de sa galerie qui permettent de faire le parallèle entre l'Egypte des photos anciennes et celle d'aujourd'hui, en particulier avec le précédent article sur les pyramides de Gizeh telles qu'on ne les voit plus. Vous trouverez ces photos ici et ici , et ne manquez pas de parcourir les galeries et le blog de Michelle, dont nous reparlerons bientôt.  

 

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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 18:56

Voici quelques images issues de ma collection sur l'Egypte, cartes postales et photos, qui nous montrent les pyramides de Gizeh telles qu'on pouvait les voir au début du XXe s. L'inondation, qui venait apporter l'eau du Nil à proximité de ces monuments grandioses, comme c'était le cas dans l'Antiquité et comme on a du mal à l'imaginer aujourd'hui. Mais aussi des scènes de vie agricole, qui semblent sorties des bas-reliefs ou des fresques des tombeaux. Une vie rurale qui tend aujourd'hui à disparaître à grands pas, et on ne peut que s'en féliciter pour les paysans égyptiens, il ne faut pas considérer que ce qui nous semble pittoresque. La vie du fellah égyptien n'évolue cependant pas autant qu'il le faudrait, il reste difficile pour les fellahîn  de moderniser l'exploitation de leurs parcelles, à la fois parce que l'outillage moderne est très cher et parce que la taille des parcelles ne s'y prête que difficilement.

 

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Les pyramides au temps de l'inondation, se reflétant dans les eaux du Nil : une vision qu'on imagine mal aujourd'hui et qui permet de rectifier l'idée que nous pouvons en avoir, en leur rendant l'aspect qu'elles pouvaient avoir à cette saison dans l'Antiquité. (Carte postale colorisée, début XXe s., coll. Kaaper)

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Trois scènes de vie agricole à deux pas des pyramides, la dernière étant une vue stéréoscopique qui permettait grâce à un appareil de voir des images en relief. Documents précieux sur la vie dans les campagnes égytpiennes, et scènes qu'on a du mal là encore à imaginer aujourd'hui tant l'urbanisation s'est développée à Gizeh, qui compte aujourd'hui plus de 2 millions d'habitants.
(Cartes postales photographiques en noir et blanc , vers 1920 ? , coll. Kaaper ; & photo stéréoscopique noir et blanc, années 1900, coll. Kaaper)

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 22:16

Parmi mes passions numismatiques, celle des monnaies islamiques médiévales, principalement d'Egypte, bien sûr. Ce qui m'a amené à faire quelques recherches. Voici donc, comme nous l'avions vu pour les monnaies romaines, un aperçu rapide du monnayage arabe ancien, ou plutôt arabo-turc puisque les Turcs arrivent dans la région au Moyen Age et adoptent dans un premier temps le monnayage arabe. Il ne sera pas question ici des monnaies islamiques de l'Inde ou d'Asie.


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On trouve essentiellement dans le monde musulman ancien trois types de monnaies :

- une monnaie d'or, le dinar (arabe دينار ), dont le nom vient du denier d'argent romain (denarius) et qui est encore la monnaie de nombreux pays musulmans. Mais elle est plus rare que les suivantes.

- une monnaie d'argent, le dirham (arabe دِرْهَم ), dont le nom vient de la drachme gréco-romaine. Il est encore aujourd'hui la monnaie de certains pays musulmans, comme le Maroc ou les Emirats.

- une monnaie de cuivre, le fals (arabe فَلس ), qui signifie aujourd'hui en arabe "pièce de monnaie et dont le pluriel "fulûs" (arabe فُلوس ) désigne encore l'argent en arabe dialectal égyptien de nos jours.



Les Origines :


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Dirham arabo-sassanide (VIIe s.).


Les toutes premières monnaies islamiques reprennent les modèles sassanides et byzantins. Pour les monnaies d'argent, on imite d'abord le modèle des drachmes sassanides et les premières monnaies arabo-sassanides apparaissent dès 652 : ce sont des dirham d'argent avec à l'avers le portrait du souverain et à l'avers des représentations variables ; ce qui les distingue des monnaies sassanides est l'emploi de caractères arabo-persans dans les inscriptions qui figurent à côté du portrait du souverain et sur le pourtour. On imite également les dinars d'or sassanides.


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Fals arabo-byzantin, frappé à Emèse (VIIe s.) : l'iconographie reste chrétienne comme sur les monnaies des empereurs byzantins (remarquer la croix sur la tête et souverain et le globe surmonté d'une croix), seules les inscriptions en arabe permettent d'identifier la monnaie comme arabo-byzantine.


Dans le même temps émerge le fals, qui reprend pour sa part les modèles du nummus de cuivre des empereurs byzantins du VIIe s. On les qualifie donc de monnaies arabo-byzantines. Très souvent, l'iconographie reste chrétienne et le fals se différencie par la présence d'inscriptions en caractères arabes, ce qui produit des monnaies étranges qu'on pourrait prendre au premier abord pour byzantines.



Les Omeyyades (661 - 750) :

Les Omeyyades opèrent en 696-698 une réforme importante du monnayage arabe.


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Dirham omeyyade d'Umar, frappé à Damas (719).


Le dirham d'argent voit disparaître toute représentation et ne porte plus que des inscriptions calligraphiques ; disparaît aussi le nom du calife. La monnaie porte alors des inscriptions d'inspiration religieuse, souvent un élément de datation et le nom de l'atelier de frappe. Ce modèle de dirham mis en place par les Omeyyades restera la référence de la monnaie arabe durant des siècles, les dynasties suivantes n'apportant que des variantes.



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Fals omeyyade, frappé à Damas (700).


Quant aux fals de cuivre, leurs formes encore très variées.





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Demi-dirham arabo-sassanide du Tabaristan, qui montre comment on évolue vers une disparition de la représentation hmaine : ici le visage du souverain est remplacé par un losange (VIIIe s.).



C'est à la fin du VIIe s. qu'apparaît le dinar d'or, de forme circulaire, avec d'un côté une inscription calligrahique religieuse et de l'autre le nom et les titres du prince qui le faisait frapper ; on n'y trouve en général pas de marque d'atelier ni de date. Son poids restera fixé autour de 4,50 g. Il restera tout au long de son histoire semblable au dirham, dont il suivra les évolutions.




Les Abbassides (750 - 1258) :





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Dirham abbasside d'al-Mansûr, frappé à al-Kufa (761).



La grande caractéristique des monnaies abbassides est l'allongement des lettres horizontales dans les inscriptions calligraphiques. Si le nom du calife n'est toujours pas présent sur les premières monnaies abbassides, il commence à apparaître sur certaines monnaies du règne d'al-Mahdi (775-785) ; il s'imposera par la suite et deviendra de règle.

Le monnayage proprement abbasside cesse au début du XIe s. , quand les Buwayhides réduisent les califes abbassides à l'état de chefs religieux de principe. Ainsi, le nom du calife abbasside est mentionné sur certaines monnaies d'autres souverains effectifs, par référence à son rôle de chef spirituel des croyants. 

Dès le début du IXe s. , l'empire abbasside commence lentement à se désagréger, avec des provinces qui se déclarent indépendantes et un calife dont le pouvoir n'est plus que purement formel. Les monnaies comprises entre le IXe et le XIe s. sont elles aussi strictement calligraphiques. Les dénominations se multiplient, avec en particulier des fractions   ou des multiples du dirham et du dinar (par exemple le demi-dirham, le double dirham ou le double dinar). Les inscriptions deviennent plus longues qu'auparavant, car elles comprennent le nom de celui qui fait frapper la monnaie, celui de son suzerain et celui du calife.




Les Seldjoukides et les Ayyoubides (IXe - XIIIe s.) :



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Fals seldjoukide, frappé à Ispahan (XIe s.).





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Dirham seldjoukide de Rum, frappé à Siwas (1241), sur lequel on voit apparaître un lion et le soleil, ainsi que l'inscription dans un carré au revers.


Les Turcs seldjoukides sont en pleine expansion au IXe s. et entrent en conflit avec les Abbassides. L'empire qu'ils fondent s'effondre cependant dès le XIIe s. et ne survit plus que sur le territoire de l'actuelle Turquie avec les Seldjouks de Rum. Les Seldjoukides ont de nombreux vassaux (atabeg), comme les Zangides d'Iraq et de Syrie ou les Artouqides de Turquie orientale ; ces vassaux frappent eux-mêmes de nombreuses monnaies.



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Dirham ayyubide de Salah ad-Dîn, frappé en Egypte (XIIe s.).





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Fals ayyubide d'al-Aziz Uthman, frappé en Egypte (XIIe s.).



Dans le même temps, l'Egypte, qui était sous la domination des Fatimides d'Afrique du Nord, est conquise par les Ayyoubides qui créent un état indépendant dont le célèbre Salah ad-Dîn (connu sous le nom de "Saladin" en Occident) est le fondateur.

Des Etats chrétiens de cette période frappent eux aussi des monnaies avec des inscriptions et selon des modèles arabes, comme les Normands de Sicile, les Croisés du Levant, ou encore les rois de Géorgie ou de Hongrie. Les chrétiens d'Espagne eux-mêmes copient des monnaies arabes.



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Dirham de cuivre zangide , frappé à Mosul, avec un portrait de profil qui n'est pas sans rappeler les monnaies antiques nabatéennes, inscrit dans un carré, et au revers des inscriptions plus traditionnelles (1234).



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Dirham de cuivre artouqide, frappé à Mardin, avec à l'avers un portrait repris des monnaies antiques et au revers une inscription arabe (XIIe s.).


Durant cette période, les monnaies évoluent, avec un développement des thèmes figuratifs, en particulier chez les vassaux des Seldjoukides. Les encadrements et bordures non circulaires se multiplient, comme le carré des Ayyoubides de Damas. L'étoile, comme l'étoile à six pointes des Ayyoubides d'Alep, est également un motif très courant.




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Dirham ayyoubide d'al-Kamil Muhammad, frappé à Damas, avec le carré caractéristique (XIIIe s.).




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Dirham ayyoubide d'az-Zahir Ghazi, frappé à Alep, avec l'étoile à six branches caractéristique.





Les Mamlouks (XIIIe - XVIe s.) :

Les Mamlouks renversent la dynastie Ayyoubide et constituent un Etat indépendant englobant l'Egypte, la Palestine et la Syrie. On distingue deux dynasties : les Bahrides (mlieu XIIIe s. - fin XIVe s.) et les Burgides (fin XIVe s. - début XVIe s.).


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Dirham bahride d'an-Nasir Muhammad (début XIVe s.).


Leur monnayage est très varié en fonction du lieu de frappe et se distingue largement des modèles antérieurs. On abandonne par exemple en général les bordures qui étaient jusque là de rigueur. Le nom du sultan apparaît sur ces monnaies. Nous n'en parlerons pas plus pour le moment, puisque nous les rencontrerons à nouveau au sujet de l'Egypte.



Les Ottomans (à partir du XIVe s.) :

Les Seldjouks de Rum, qui s'étaient maintenus, disparaissent en 1307. Il en résulte que l'Anatolie se trouve divisée en un grand nombre de petites principautés (beylik). Parmi celles-ci, les Ottomans vont progressivement prendre le contrôle de l'Anatolie, avant de prendre pied en Europe. L'expansion de leur empire est inexorable à partir de la prise de Constantinople (1453), avec la conquête de l'Egypte (1517) puis du Maghreb.



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Akcheh Isfandiyaride (beylik) (fin XIVe s.).



La principale monnaie des beylik et des premiers ottomans n'est plus le dirham arabe, mais l'akcheh d'argent, à côté de laquelle on trouve le manghir de cuivre. Au XIVe s., les inscriptions varient. Puis au XVe s., les Ottomans prennent l'habitude de mentionner sur leurs monnaies d'argent la date d'accession au trône, le lieu de frappe et le nom du sultan.




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Akcheh ottomane de Mehmet II, frappée à Istanbul (1470).



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Manghir ottoman de Mehmet II (fin XVe s.).



Vous retrouverez dans une page spécifique une liste des différents royaumes et états arabes ou turcs ayant frappé des monnaies durant ces différentes périodes et leur localisation géographique, avec des informations complémentaires sur les spécificités de leur monnayage. 



Une astuce pour distinguer les monnaies islamiques :

Il est évidemment plus pratique de pouvoir lire l'arabe quand on s'intéresse aux monnaies islamiques anciennes. Mais ce n'est pas toujours le cas, et quand bien même les différentes calligraphies ne facilitent pas toujours la lecture, d'autant que les monnaies sont souvent de petit diamètre.



dirham-omeyy-al-walid-damas-90ah.gif
Dirham omeyyade d'al-Walid, frappé en 709 à Damas ; on peut lire au centre l'inscription :  
لا اله الا الله وحيد
lâ ilaha illâ l-llah waHîd.




fals-omeyy-v-700-ad.gif
Fals omeyyade frappé vers 700 sur lequel on peut lire sur l'avers (à gauche) :
لا اله الا الله وحيد
lâ ilaha illâ l-llah waHîd.

et au revers (à droite) :
محمد رسول الله
Muhammadu rasûlu l-llah.


Une astuce consiste à connaître un certain nombre d'inscriptions courantes d'inspiration religieuse que l'on retrouve sur la plupart des monnaies arabes médiévales. Voici les plus courantes, avec leur graphie arabe vocalisée et non vocalisée (les voyelles brèves n'étant pas obligatoires à l'écrit en arabe, et elles ne le sont en général pas dans les inscriptions ; mais on peut trouver des inscritpions vocalisées), leur translittération et leur signification :


- لا إلَهَ إلاَّ الله
لا إله إلا الله


lâ ilaha illâ l-llah
"il n'y a de dieu que Dieu" *




- مُحَمَّدُ رَسُولُ الله
محمد رسول الله
muHammadu rasûlu l-llah
"Muhammad est le Messager de Dieu" *





- ألله وَحِيد
الله وحيد
Allah waHîd
"Dieu est Unique" **

* ce sont des passages de ce que les musulmans appellent la shahâda, ou profession de foi musulmane, l'un des Piliers de l'Islam.

** c'est un des 99 noms d'Allah.



Si vous lisez l'arabe, vous pourrez ensuite essayer de déchiffrer sur votre monnaie le nom du souverain, qui se trouve sur l'une des faces.



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Liens :


Sur les monnaies islamiques anciennes, je vous recommanderais particulièrement deux sites qui sont très bien faits et illustrés, dont sont tirées les illustrations de cet article :

- le
site de James N. Roberts sur les monnaies islamiques anciennes (en anglais), .

-
The Maskukat Collection, site consacré aux monnaies islamiques et méditerranéennes médiévales (en anglais et en arabe).

Enfin, vous pouvez également consulter le site de l'
Islamic Coins Group, qui fournit de nombreuses informations et des liens. 

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 11:56

Les Romains utilisent d'abord les monnaies grecques et développent dès le IVe s. un embryon de monnaie avec la tradition des lingots de bronze. Pour les premières véritables monnaies romaines, on commence par copier les monnaies grecques, drachmes et didrachmes.  C'est à l'époque des guerres puniques, sous la République, que se met en place un véritable système monétaire proprement romain. A l'origine, les monnaies sont frappées à Rome dans le temple de Juno Moneta, au Capitole.


junomoneta_denier_sc1av.gif
Juno Moneta représentée sur un denier du Ier s. av. JC, comme l'indique l'inscription à gauche.



A l'époque républicaine, on trouve dans un premier temps diverses monnaies de bronze :

- le quadrans valant 1/4 d'as
-le semis valant 1/2 as
- l'as, qui sert de référence
- le dupondius valant 2 as
- le sesterce valant 2,5 as



denarius.gif

Un denier (denarius) du IIIe s. av. JC, avec Rome casquée à l'avers et les Dioscures à cheval au revers ; le X à gauche du buste de Rome est le symbole du denier, car il valait à l'origine 10 as.


Le système est réformé au cours du  IIIe s. av. JC avec l'apparition d'une monnaie d'argent, le denier, qui a une valeur de 10 as. Et c'est au IIe s. av. JC que le système se fixe, avec ces nouvelles valeurs, le sesterce devenant la monnaie de référence :

- l'as, valant d'abord 1/2 sesterce, puis passe à 1/4 de sesterce
- le sesterce, qui vaut d'abord 2,5 as, puis 4 as
- le quinaire, qui vaut 2 sesterces (mais doit son nom au fait qu'il vaut 5 as)
- le denier d'argent, qui vaut 4 sesterces



augustus_aureus.gif

Aureus, ou monnaie d'or, de l'empereur Auguste, initiateur du système monétaire de la Rome impériale.



C'est avec l'empire, au Ier s. av. JC, qu'apparaît une monnaie d'or, l'aureus, dont les premiers exemplaires sont frappés sous César. Auguste met au point un système monétaire plus complexe, avec des monnaies de différents métaux. On trouve ainsi :



col-nem.gif

Le célèbre "Col-Nem", as de Nîmes d'époque augustéenne, avec à l'avers Auguste et Agrippa placés dos à dos comme les représentations de Janus, et au revers le crocodile et le palmier avec l'inscription COL NEM signifiant "Colonia Nemausus" (nom latin de Nîmes).


* les monnaies de cuivre :
- le quadrans, de la valeur de 1/4 d'as
- le semis, de la valeur de 1/2 as
- l'as




sesterce-lyon.gif

Sesterce augustéen frappé à Lyon, avec à l'avers le buste d'Auguste et au revers le grand autel de Lugdunum.

* les monnaies de bronze ou de laiton :
- le dupondius, de la valeur de 2 as et de 1/2 sesterce
- le sesterce, de la valeur de 4 as et de 1/4 de denier




den_aug.gif

Denier d'époque augustéenne frappé à Lyon, avec à l'avers Auguste et au revers deux soldats présentant des branchages à l'empereur assis sur une estrade à droite.

* les monnaies d'argent :
- le quinaire d'argent, de la valeur de 1/2 denier
- le denier



quinarius-or.gif
Quinaire (quinarius) d'or d'époque augustéenne frappé en Espagne, avec à l'avers l'empereur et au revers la Victoire juchée sur un globe.

* les monnaies d'or :
- le quinaire d'or, de la valeur de 12,5 deniers
- l'aureus, de la valeur de 25 deniers





antoninianus-caracalla.gif
Antoninianus de Caracalla, avec à l'avers le buste de l'empereur à couronne radiée et au revers Diane conduisant un bige de taureaux.


Au cours de la période impériale, le denier se dévalue et perd de sa teneur en argent, celui-ci étant mélangé à d'autres métaux. Caracalla, au IIIe s. , crée une nouvelle monnaie d'argent, l'antoninianus, qui a la valeur de 2 deniers et ne compte plus que 50% d'argent. Cette teneur en argent de l'antoninien ne cessera de décroître, tandis que le sesterce aura tendance à s'éclipser. L'aureus, quant à lui, n'est frappé qu'en petites quantités. A la fin du IIIe s. Dioclétien lance une nouvelle réforme monétaire et crée deux monnaies : le follis, alliage d'argent qui remplace l'antoninien, et l'argenteus, monnaie d'argent. La dernière grande réforme est opérée par Constantin, qui crée une nouvelle monnaie d'or, le solidus, et ses divisions que sont le semissis (1/2 solidus) et le tremissis (1/3 de solidus).


antioch_solidus-constantin.gif
Solidus de Constantin frappé à Antioche, en Syrie, avec à l'avers le buste impérial lauré et au revers l'empereur à cheval tenant un sceptre.



Provenance des illustrations : base de données Wildwinds.

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