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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 07:33

On ignore souvent le rôle joué par le célèbre Champollion1 dans l'affaire de l'obélisque de Louqsor : et pourtant il fut décisif.


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Jean-François Champollion, auquel son travail sur les hiéroglyphes égyptiens a apporté la renommée.



En août 1828, J.-F. Champollion, qui vient de percer le mystère de la langue égyptienne antique, arrive à Alexandrie dans le cadre d'une mission scientifique. Il examine aussitôt les fameuses "aiguilles de Cléopâtre" : "J'arrivai enfin auprès des obélisques, situés devant le mur de la nouvelle enceinte qui les sépare de la mer dont ils sont éloignés de quelques toises seulement. De ces monuments, au nombre de deux, l'un est encore debout et l'autre renversé depuis fort longtemps. Tous deux sont en granit rose, comme ceux de Rome, et à peu près du même ton, ils ont environ soixante pieds de hauteur, y compris le pyramidion." 2


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L'une des "aiguilles de Cléopâtre" et la colonne de Pompée, à Alexandrie (in abbé Le Mascrier, Description de l'Egypte, Paris, 1735).


En les examinant, il découvre qu'ils ne datent pas de Cléopâtre, comme on le prétend, mais du règne de Thoutmosis III et qu'ils proviennent du temple d'Héliopolis3. Ce sont les Ptolémées qui les ont déplacés à Alexandrie. Champollion conclut que la France devrait se hâter de venir chercher l'obélisque qui lui a été offert, et son choix se porte sur celui qui est encore debout. De leur côté, les Anglais renoncent à emporter l'obélisque couché, car l'opération est jugée trop onéreuse.


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Les obélisques de Louqsor (in Champollion-Figeac, Egypte ancienne, 1839).


Et Champollion quitte Alexandrie pour remonter le Nil en direction de la Haute-Egypte afin d'étudier divers monuments dans le cadre de sa mission. A Louqsor, l'ancienne Thèbes, il tombe littéralement en admiration devant les deux obélisques du temple. "Un palais immense, précédé de deux obélisques de près de quatre-vingts pieds, d'un seul bloce de granit rose, d'un travail exquis, accompagnés de colosses de même matière, et de trente pieds de hauteur environ, car ils sont enfouis jusques à la poitrine. C'est encore là du Rhamsès le Grand." (Lettre du 24 novembre 1828). Il estime aussitôt qu'il est de loin préférable de demander à Mohammed Ali les deux obélisques de Louqsor plutôt que celui d'Alexandrie : "pauvres obélisques d'Alexandrie ; ils font mal depuis que j'ai vu ceux de Thèbes. (...) C'est un des deux obélisques de Louqsor qu'il faut transporter à Paris ; il n'y a rien de mieux, si ce n'est de les avoir tous les deux." (lettre du 4 juillet 1829). Enthousiaste, il écrit dans cette même lettre : "une seule colonne de Karnac est plus monument à elle seule que les quatre façades de la cour du Louvre4."


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Jacques Joseph Champollion, surnommé Champollion-Figeac, le frère aîné du célèbre déchiffreur des hiéroglyphes.


Champollion charge son frère5 d'intervenir au plus vite dans ce sens auprès du gouvernement en France. "Insiste pour cela, et trouve un ministre qui veuille immortaliser son nom en ornant Paris d'une telle merveille : 300 000 francs feraient l'affaire." (Lettre du 25 mars 1829). 

Lui-même, une fois rentré en France, dans un rapport officiel daté du 29 septembre 1830 6, souligne que Paris n'a pas de monument commémorant cet événement qu'a été l'Expédition d'Egypte et que l'érection d'un obélisque égyptien serait tout à fait appropriée pour cela. Il cherche à démontrer combien il est préférable de choisir au moins l'un des obélisques de Louqsor plutôt que l' "aiguille d'Alexandrie" promise par Mohammed Ali. Cette dernière est beaucoup plus petite que les obélisques de Rome7 et surtout elle est en mauvais état de conservation, en partie rongée par l'air marin qui en a fait disparaître pratiquement tous les reliefs ; enfin, son déplacement et son embarquement présenteraient plus de difficultés que pour l'obélisque de Louqsor.


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Mohammed Ali, wâli d'Egypte, est disposé à donner à la France les deux obélisques de Louqsor, ce qui ne sera pas sans provoquer la jalousie des Anglais.


Mohammed Ali semble d'accord pour donner les deux obélisques de Louqsor à la France8. A Paris, malgré les rivalités qui les opposent, le projet de Champollion a trouvé le soutien du minsitre de la Marine, le baron d'Haussez9. Désormais, Champollion suivra l'affaire, et continuera se suggérer des solutions pour faire aboutir le projet. De sorte qu'on lui doit en grande partie la présence du fameux obélisque sur la place de la Concorde.

On peut s'étonner de ce qu'un amoureux de l'Egypte ancienne tel que Champollion soit mêlé à
 ce qu'on peut considérer comme le pillage des richesses culturelles de l'Egypte. D'autant qu'il a pris en 1829, lors de son séjour en Egypte, l'initiative de recommander à Mohammed Ali de prendre des mesures strictes pour interdire l'exportation de fragments de monuments égyptiens, dont le temple de Louqsor10. On sait qu'il sera écouté, puisque Mohammed Ali décrète en 1835 l'interdiction de l'exportation d'éléments de monuments antiques11.


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La statue de Karomama, grande adoratrice d'Amon, achetée par Champollion en Egypte pour le musée du Louvre.


Il faut prendre en compte la mentalité de l'époque, qui n'a pas encore conscience de la notion de patrimoine, ni de la relation intime du patrimoine avec l'identité d'un peuple. Il faut également avouer qu'une vision européo-centrée, pour ne pas dire raciste, prévaut encore largement, même chez des lettrés qui sont sincèrement amoureux de l'Egypte : l'Europe est sensée incarner la civilisation, qu'elle apporte ou plutôt impose aux autres peuples du monde. Rien de plus naturel, dès lors, que des vestiges archéologiques du monde entier viennent enrichir les collections des musées européens, lesquels se livrent des batailles féroces à ce sujet. La mode est à la constitution de collections, publiques ou privées ; avec la vague d'égyptomanie qui enthousiasme l'Europe, le marché des antiquités égyptiennes est en plein essor. Comme les autres, Champollion achète en Egypte des pièces d'archéologie antique12, même si c'est dans un but scientifique. 

Les Egyptiens eux-mêmes, dont la "conscience nationale", la conscience de leur identité propre, ne fait qu'émerger sous Mohammed Ali en réaction à la domination ottomane, ne réalisent pour l'essentiel pas ce que représente la perte de tels éléments de leur patrimoine. 

Il semble que dans l'esprit de Champollion, il s'agissait avant tout d'assurer la préservation de ces oeuvres et qu'il était sincère dans sa démarche. On n'en est pas encore à l'évolution qui mènera à l'oeuvre de Mariette Pacha... Son autre souci était d'instruire le public français, comme il l'explique dans ses lettres.



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Notes :

1- Jean-François Champollion (1790-1832). De 1807 à 1824, il travaille au déchiffrement de la langue égyptienne antique, qui fera sa renommée.

2- Extrait du journal de Champollion en Egypte, 19 août 1828.

3- A Matariyeh, près du Caire.

4- En 1826, Champollion a été nommé conservateur des collections égyptiennes du musée du Louvre. Cette comparaison n'est donc pas anodine.

5- Jacques Joseph Champollion (1778-1867), dit Champollion-Figeac, frère aîné de Jean-François et lui aussi "archéologue".

6- "Obélisques égyptiens à transporter à Paris", Archives Nationales, Marine BB41029.

7- L'exemple de Rome sert toujours de référence, voir le premier article de la série sur le blog.

8- Voir l'article du blog sur l'affaire de l'obélisque de Charles X à Louis-Philippe.

9- Charles Lemercier
de Longpré, baron d'Haussez (1778-1854), nommé ministre de la Marine par Charles X en 1829.

10- "Note remise au vice-roi pour la conservation des monuments de l'Egypte", Alexandrie, novembre 1829.

11- Le 15 août 1835.

12- Il achète à Mahmoud Bey, ministre de la Guerre de Mohammed Ali, le sarcophage de Zeher, ainsi que la stauette de Karomama et fait détacher un relief de la tombe de Sethi Ier ; il destine tout cela au musée du Louvre.


Liens et références :

- Lettres d'Egypte de Champollion disponibles en ligne ou téléchargeables sur la base Gallica de la BNF.

- Le fonds Champollion de la bibliothèque de Grenoble, consultable en ligne.

Et comme pour les autres articles de la série, je vous recommande particulièrement un livre passionnant, disponible en format de poche :
Robert SOLE, Le Grand Voyage de l'obélisque, éd. du Seuil , coll. Points Histoire n° H360, Paris, 2004.

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:28

Ce fragment du temple de Louqsor qui se trouve sur la place de la Concorde, à Paris, le plus fameux des obélisques de France, aurait très bien pu ne jamais finir là, loin de sa terre d'origine. Ils auraient pu être deux, les deux obélisques qui précédaient le pylône du temple auraient pu quitter ensemble l'Egypte et ne pas être séparés comme le décrit Théophile Gautier dans les poèmes qu'il leur consacre. Il aurait pu s'agir d'un autre obélisque égyptien, ou encore de l'un de ces faux obélisques qui furent employés dès le XVIIIe s. dans le décor des jardins et des villes. Examinons comment on en est venu à arracher l'un de ses obélisques au temple de Louqsor pour l'installer dans la capitale française.



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Le faux obélisque provençal dressé en 1772 par le comte Omer de Valbelle dans le parc de son château de Tourves (Var) témoigne du goût des lettrés du XVIIIe s. pour ce motif égyptien.


Comme nous l'avons vu à travers la peinture en abordant le
thème de Moïse sauvé des eaux, la pyramide et l'obélisque sont dans l'esprit européen les symboles mêmes de l'Egypte. Tant et si bien qu'on érige des obélisques de fantaisie aussi bien pour orner les parcs des riches demeures que les places des villes. Ils sont les premiers éléments d'égyptomanie à entrer dans l'architecture européenne, et ceci d'ailleurs depuis fort longtemps, puisque les Romains en construisaient déjà ou en faisaient venir d'Egypte. Le XVIIIe s. marque une étape importante avec la multiplication de ce type de décor. En contexte urbain, on l'utilise volontiers comme monument commémoratif, car il se prête bien mieux que la colonne à l'application d'inscriptions ou d'ornements ; cette fonction demeurera d'ailleurs durablement, et le fera même souvent utiliser plus tard en contexte funéraire et pour les monuments aux morts.



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Trois exemples d'obélisques égyptiens réemployés à Rome : 1- L'obélisque du Latran, provenant de Karnak, ramené par Constance II pour orner le Circus Maximus, redécouvert en 1587 et dressé sur la place St-Jean de Latran par le pape Sixte Quint ; 2- L'obélisque du Panthéon, provenant du temple d'Héliopolis, ramené à Rome par Dioclétien pour orner le temple d'Isis au Champ de Mars, redécouvert au Moyen Age et placé en 1711 sur une fontaine devant le Panthéon ; 3- L'obélisque de la Piazza del Popolo, provenant lui aussi d'Héliopolis, ramené à Rome par Auguste pour la spina du Circus Maximus, redécouvert en 1587 et installé en 1589 sur la Piazza del Popolo.



Les Français connaissent depuis longtemps les obélisques de Rome, ramenés d'Egypte dans l'Antiquité par les Romains, puis ensevelis durant plusieurs siècles et redécouverts à la Renaissance ; ces ornements urbains, la France rêve d'en posséder aussi. Si la flotte française n'avait pas été anéantie par les Anglais lors de la terrible bataille d'Aboukir en 1798, Bonaparte aurait volontiers ramené des obélisques : " Les obélisques et la colonne d'Alexandrie me suivront dans la capitale de l'Europe pensante, pour lui apprendre que j'ai été là, où vinrent Alexandre et César." (propos rapportés par R. de Verminac St-Maur). Une fois devenu empereur, Napoléon n'a pas abandonné l'idée d'ériger un obélisque à Paris ; il lance le projet de faire construire sur le terre-plein du Pont-Neuf, à la pointe de l'île de la Cité, un obélisque monumental de plus de 58m de haut. Mais à la chute de l'empire, seul le socle en est achevé et on y placera finalement une statue équestre d'Henri IV !



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Louis XVIII, lors de la Restauration, poursuit le projet de faire venir à Paris un obélisque égyptien.


Sous la Restauration, Louis XVIII poursuit lui aussi l'idée de faire venir un obélisque d'Egypte. La France souhaiterait acquérir les deux obélisques alexandrins qu'on connaît alors sous le nom d' "aiguilles de Cléopâtre", ceux là même que Bonaparte voulait ramener en 1798. L'un des deux, celui qui est tombé à terre, a failli être emporté en 1801 par les Anglais alors qu'ils venaient de vaincre l'armée française en Egypte. Mohammed Ali, vice-roi (wâli) de l'Egypte ottomane, est d'accord sur le principe de céder à la France l'une des deux "aiguilles". La France aura enfin son obélisque égyptien ?



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Mohammed Ali, vice-roi d'Egypte, est prêt à offrir à la France l'une des deux "aiguilles de Cléopâtre" qui se trouvent à Alexandrie



Références :

Sur le sujet de l'obélisque de Louqsor transporté à Paris, je vous recommande particulièrement un livre passionnant, disponible en format de poche :
Robert SOLE, Le Grand Voyage de l'obélisque, éd. du Seuil , coll. Points Histoire n° H360, Paris, 2004.

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:22

Tout le monde a entendu parler de l'Expédition d'Egypte, mais combien savent d'où elle est partie ? C'est à Toulon que s'est regroupée la plus grande partie de la flotte et que se sont embarqués Bonaparte et les scientifiques de l'Expédition. Retour sur l'événement...


Depuis longtemps déjà, le commerce avec le Levant est centralisé en Provence, dans le port de Marseille et les villes du voisinage sous influence marseillaise. Dès le Moyen Age, les échanges commerciaux entre la Provence et le Mashreq, Alexandrie en particulier, sont intenses et les marchands provençaux bien implantés en Orient. Marseille et Toulon resteront longtemps les portes du Levant. Rien d'étonnant donc à ce que l'on ait choisi les côtes provençales pour l'expédition française en Egypte.


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C'est ici, sur le Carré du port de Toulon, que se sont embarqués Bonaparte et les savants qui l'accompagnaient pour l'expédition d'Egypte, en mai 1798.


L'essentiel de la flotte se concentre en effet dans le port de Toulon, devenu depuis Louis XIV le principal port de guerre français en Méditerranée. Pour l'arsenal, c'est une véritable aubaine. Des flottes secondaires se rassemblent également à Ajaccio, Gênes et Civitavecchia, car il s'agit jusqu'au dernier moment de tromper les Anglais sur la destination de cette armada et de faire croire à une possible attaque vers l'Angleterre.


Dans un premier temps, on ordonne d'armer les côtes de la Provence et les troupes reçoivent en mars 1798 l'ordre de se mettre en route vers Toulon. La flotte de l'Adriatique, dirigée par l'amiral Brueys1, arrive dans le port dès le 2 avril. Brueys commence à organiser les préparatifs, tandis que Bonaparte est encore à Paris. Il réorganise les équipages et opère des recrutements supplémentaires, ce qui fait que de nombreux Provençaux de la région participeront à l'expédition. Il interdit aux équipages de descendre à terre, par peur des désertions et des débordements possibles. Dès le 6 mai 1798, les troupes venues par voie de terre ont commencé à embarquer sur les navires.


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Ce quai toulonnais a été témoin du départ de l'expédition d'Egypte...


Ce n'est que le 4 mai que Bonaparte quitte Paris et il arrivera à Toulon 5 jours plus tard, pour superviser les derniers préparatifs et l'embarquement des troupes et du matériel. A son arrivée, il lance une proclamation aux soldats, dont voici un extrait car elle est représentative de l'état d'esprit de l'époque :


"
Soldats !
(...) Les légions romaines, que vous avez quelquefois imitées, mais pas encore égalées, combattaient Carthage tour à tour sur cette même mer et aux plaines de Zama. (...)
Soldats ! L'Europe a les yeux sur vous. Vous avez de grandes destinées à remplir, des batailles à livrer, des dangers, des fatigues à vaincre. Vous ferez plus que vous n'avez fait pour la prospérité de la patrie, le bonheur des hommes et votre propre gloire.
(...) Le génie de la Liberté, qui a rendu la République dès sa naissance l'arbitre de l'Europe, veut qu'elle le soit des mers et des contrées les plus lointaines
."

 
La flotte est impressionnante. A Toulon se concentrent 36000 soldats, dont 2200 officiers, venus surtout des armées du Rhin et d'Italie ; au total, sur les quatre points de rassemblements, l'armée rassemble 50000 hommes2. Pour les bateaux, 15 vaisseaux de guerre13 frégates, 1 corvette, 35 bâtiments divers, auxquels s'ajoutent pas moins de 300 bâtiments de transport  - sur lesquels 200 sont à Toulon ! C'est l' " Orient " qui est choisi comme vaisseau amiral et sur lequel embarqueront Bonaparte et la centaine de savants qui l'accompagnent ; il est amarré au Carré du port, devant l'hôtel de Ville, lieu réservé traditionnellement aux navires officiels ou de prestige. Ce vaisseau, lancé en 1791, fort de 118 canons, est le plus grand navire de guerre de son époque 3. A signaler aussi le " Franklin " 4, récemment achevé, qui est de loin supérieur en puissance aux navires anglais. Sous le poids du matériel entreposé, le Carré du port s'affaissera et il faudra le restaurer.


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Voici la vue qu'ont eu ceux qui faisaient partie de la flotte d'Orient, en sortant de la Darse Vieille de Toulon, le 19 mai 1798.


La flotte appareille finalement de Toulon le 19 mai 1798 en direction de Gênes, où se fait la première jonction avec les autres éléments de l'escadre. Puis elle se dirige vers la Corse et la Sardaigne, où la rejoignent les flottes d'Ajaccio et Civitavecchia, puis se lance à la conquête de l'île de Malte, qui est prise du 9 au 18 juin 1798. Et c'est au début du mois de juillet que la flotte française arrive en vue des côtes égyptiennes. Mais c'est une autre histoire...



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Et voici ce qu'ils ont pu voir en s'apprêtant à sortir de la petite Rade.


Joséphine de Beauharnais
a accompagné Bonaparte à Toulon 5. La tradition raconte que, le jour du départ de la flotte, elle avait pris place dans la Tour Royale et agité son mouchoir pour faire ses adieux à Bonaparte.



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C'est de cette tour vue de puis la mer au sortir du port, la Tour Royale construite au début du XVIe s. , que Joséphine aurait fait ses adieux à adieux à Bonaparte : a-t-il pu la voir ? Pour le côté romantique, nous dirons oui...



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Notes et références :

1- François Paul de Brueys d'Aigalliers (1753-1798), lieutenant de la Marine royale sous l'Ancien Régime qui a participé à la guerre d'Indépendance des Etats-Unis, puis amiral sous la Révolution. Il est remarqué par Bonaparte, qui demande à ce qu'il soit chargé du commandement de la flotte pour l'expédition d'Egypte. Il est mort lors d'une bataille navale contre les Anglais à Aboukir, en août 1798.

2- 40000 soldats et 10000 marins.

3- L' "Orient", à l'origine appelé le " Dauphin Royal " et ensuite rebaptisé le "Sans-Culotte", a été construit et lancé dans l'arsenal de Toulon en 1791. Il explosera durant la bataille d'Aboukir, le 2 août 1798, Nelson cherchant à priver les Français de toute retraite possible en coulant leurs navires les plus puissants.

4- Le " Franklin ", vaisseau de 80 canons, sera capturé par les Anglais durant la bataille d'Aboukir.

5- Ils étaient mariés depuis 1796.


Pour les références :

Henry LAURENS, L'Expédition d'Egypte 1798-1801, coll. Points Histoire n°H244, éd.du Seuil, Paris, 1997.

et les ouvrages sur l'histoire de Toulon mentionnés dans la page  "Bibliothèque : Toulon et sa région - Le Var ", en particulier ceux de M. AGULHON et Y. MESCHI.

 

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 18:42

Tout le monde connaît le roman de Gustave Flaubert, Mme Bovary. Mais combien savent que la gestation de ce roman et surtout le nom de son personnage principal ont été conçus sur les rives du Nil ? De 1849 à 1851, Flaubert se rend en effet en voyage au Mashreq avec son ami Maxime Du Camp, voyage qui commence par l'Egypte et la Nubie. C'est au retour de ce voyage que Flaubert entame la rédaction de son fameux roman, qui sera publié en 1856. Et il a trouvé le nom de son héroïne lors de son séjour en Egypte, à partir de celui de M. Bouveret, propriétaire d'un hôtel dans lequel il logea au Caire ! 


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Gustave Flaubert.



On peut donc dire que Mme Bovary est née sur les rives du Nil ! Surprenant, non ?


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Mme Bovary (gravure d'Alfred de Richemont, 1905).



Nous reparlerons de ce voyage de Du Camp et Flaubert, car il a eu son importance. D'une part parce que les deux hommes en ont laissé un récit très intéressant, et d'autre part parce que Du Camp en a ramené ce qui fut la matière du  premier ouvrage de photographies de l'Egypte. Un article en donne déjà l'itinéraire détaillé.
 

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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