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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 20:33

 

sphinx de memphisLe sphinx d'albâtre de Memphis, l'un des plus beaux de l'Egypte antique (Mit Rahineh, Nouvel Empire).

 

 

Nous allons entreprendre une promenade qui nous mènera d'Egypte à travers une grande partie de la Méditerranée, et même au-delà, et qui se développera dans diverses rubriques de Beyt Kaaper. Le fil conducteur en sera la figure du sphinx, élément mythique qui a connu un développement formidable dans diverses civilisations et à diverses époques. Ce sphinx qui a fasciné et fascine encore, parfois jusqu'au délire il faut bien l'avouer. Pourquoi avoir choisi, me direz-vous, de placer l'article d'introduction dans les Horizons Méditerranéens ? J'avoue que j'ai longtemps hésité à propos de l'angle sous lequel aborder le sujet. Mais au fil de mes recherches documentaires, une idée s'est imposée : l'image du sphinx, à travers tous ces avatars, est à l'origine un thème qui a circulé parmi les peuples méditerranéens. Le nom est grec, comme nous le verrons, mais l'invention du sphinx semble s'être faite en Egypte. De là, il se répand en même temps que l'influence égyptienne dans le Levant, en particulier chez les Phéniciens, les Syriens et les Hittites. C'est à travers le filtre des civilisations de Méditerranée orientale que le sphinx devient sphinge en Grèce. Et de la Grèce, par l'intermédiaire des Etrusques et des Romains, il est entré dans la culture collective des peuples occidentaux - bien que l'influence levantine, nous le verrons, ait été par endroits directe. Le motif du sphinx ou de la sphinge conservera un grand succès jusqu'à nos jours, avec des interprétations diverses, et des aller-retour assez surprenants entre aspect masculin et aspect féminin.

 

 

sphinx nimrudUn sphinx phénicien égyptisant sur l'un des ivoires de Nimrud (période néo-assyrienne, ivoire, ca. VIIIe-VIIe s. av. JC, trouvé à Nimrud en Mésopotamie, Metropolitan Museum, New York).

 

 

sphinx de spata

Le sphinx de Spata, l'un des plus anciens sphinx grecs, au visage de jeune fille (art grec archaïque orientalisant, marbre pentélique, VIe s. av. JC, musée archéologique, Athènes).

  

 

Ce thème est tout d'abord un exemple très intéressant de la circulation des motifs et des idées entre les peuples depuis les époques les plus anciennes jusqu'à nos jours. Un sujet qui convient donc à nos Horizons, dont l'un des leitmotiv est d'établir des passerelles. Sous un même nom, nous regroupons des réalités très diverses : le sphinx est multiple, il n'a pas la même signification en Egypte qu'en Grèce, au-delà même des variations d'apparence. Nous l'aborderons sous divers angles, aussi bien symbolique qu'artistique ou historique. Comme nous l'avons déjà fait pour d'autres thèmes, nous décrypterons à travers certaines oeuvres l'évolution de cette figure fabuleuse, mi-humaine et mi-animale. Nous verrons aussi ce qu'elle nous révèle des échanges qui font que de nombreuses cultures se le sont approprié. Bien entendu, ce sera aussi l'occasion d'aborder le plus célèbre des sphinx, celui de Gizeh, et à travers lui ce qu'il représente dans l'imaginaire collectif.

 

 

sphinge hotel sully Le motif de la sphinge sera très en vogue en Europe à partir de la Renaissance, comme ici l'une des sphinges de l'Hôtel de Sully (calcaire, vers 1630, hôtel de Sully, Paris).

 

 

Le Sphinx, F. von stuck

La sphinge sera également très présente dans la peinture symboliste, comme ici chez le peintre allemand Franz von Stuck, où elle se réduit à une femme allongée en position de sphinx (huile sur toile, 1889, coll. part.).

 

 

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Le sphinx de Gizeh est si emblématique qu'il a souvent été repris par les caricaturistes lors de la récente révolution égyptienne. 

 

 

 

Ses origines nous amèneront à commencer le voyage très tôt, puisque c'est dans la préhistoire qu'il faut en chercher les prémices. Bovin et félin connaissent une évolution pour ainsi dire parallèle chez de nombreuses populations préhistoriques, et se retrouveront côte à côte, voire mêlés, dans de nombreuses civilisations ultérieures ; plus particulièrement dans les civilisations de Méditerranée orientale.

 

 

Amulette lion Amulette égyptienne prédynastique sculptée d'un lion (période prédynastique, cornaline, coll. part. avec l'aimable autorisation de Mr. L. G.).  

 

 

 

Prêts à suivre le sphinx dans cette promenade ? Nemshy ! 

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 15:13

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Galère Réale française d'époque moderne ; remarquer les voiles triangulaires, qui sont un apport de la marine arabe médiévale et différencient les galères médiévales et modernes de leurs ancêtres antiques.



Les galères ont sillonné la Méditerranée depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe s. Elles ont été les navires de guerre des Grecs, des Romains, des Byzantins, mais aussi des Arabes et des Turcs en Méditerranée. Dotées de voiles, leur force motrice principale était cependant la rame, d'où la multiplication de rangs de rames au fil du temps. Leur arme la plus redoutable est à l'origine l'éperon1 situé à l'avant et des manoeuvres complexes caractérisaient les batailles navales opposant des galères. L'autre technique était l'abordage, car des troupes étaient embarquées. Dès l'Antiquité, on eut l'idée d'y embarquer aussi des engins de guerre. Plus tard, elles furent dotées d'artillerie légère. Les galères ont survécu durant des siècles, même après l'invention d'autres navires plus puissants et rapides. La dernière grande bataille navale de galères en Méditerranée est la fameuse bataille de Lépante (1571), opposant une coaltion chrétienne à la flotte ottomane. Après Lépante, elles servent surtout de démonstration de puissance et pour l'apparat. Enfin, les galères, c'est aussi l'histoire de l'esclavage naval, le sort terrible qu'ont connu des milliers d'hommes tant en terre chrétienne que dans l'empire ottoman.



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Restitution d'une trière grecque, avec sa grande voile carrée et l'oeil protecteur caractéristique peint sur la proue.


Ce sont les Grecs qui sont à l'origine de la galère méditerranéenne. A partir du VIe s. av. JC, c'est la trière2 qui s'impose comme navire de guerre par excellence en Méditerranée ; elle mesure plus de 30 m pour environ 5 m de large, avec 170 rameurs répartis sur 3 rangs, et un équipage total autour de 200 hommes. La victoire navale grecque de Salamine (480 av. JC) sur une flotte perse pourtant supérieure en nombre prouve l'efficacité des galères grecques. Durant la période hellénistique, on expérimente des types de galères lourdes pouvant aller jusqu'à 16 rangs de rames, et Alexandre le Grand est le premier  à embarquer des catapultes



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Restitution d'une trirème romaine, avec à l'avant son corbeau, sa grande voile carrée et le "château" situé vers l'arrière.


Les Romains, quant à eux, reprennent dès l'époque des guerres puniques le modèle de la trière, plus rapide et plus mobile : lors de la bataille navale d'Actium (31 av. JC), la victoire des trirèmes d'Octave sur les galères lourdes ptolémaïques de Marc-Antoine démontre la supériorité de la trirème romaine. La principale invention romaine est le corbeau, pont mobile qui peut être abattu sur le navire ennemi pour faciliter l'abordage. Si les rameurs grecs étaient des hommes libres, les Romains, eux, sont les premiers à employer pour cet usage des esclaves ou des condamnés





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Restitution d'un dromon byzantin antérieur à l'introduction de la voile triangulaire d'origine arabe, avec ses deux rangs de rames, ses deux voiles et son "château" situé au centre.


Les Byzantins conservent eux aussi les galères jusqu'au XIIe s. , en développant plusieurs types. Le plus courant est le dromon, avec des dimensions de 30 à 50 m de long pour 5 à 7 m de large, 2 rangs de rames, pour un équipage total de 300 hommes. Il est souvent équipé de feu grégeois3 et de catapultes, qui en font un navire de guerre redoutable, et blindé de plaques de métal contre les tentatives d'éperonnage. C'est d'ailleurs du byzantin " galea ", qui désigne un dromon de taille moyenne, que vient le nom " galère ". Dans un même temps, les villes italiennes constituent leurs propres flottes de galères, birèmes4 ou trirèmes.




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Notes :

1- Appelé rostre.
2- Trière est le nom grec, appelée trirème en contexte romain. Le nom lui vient des 3 rangs de rames.
3- Mélange très inflammable de naphte, se salpêtre, de soufre et de bitume, qui brûle même sur l'eau. Il a assuré la suprématie de la flotte byzantine jusqu'à l'apparition de l'artillerie.
4- A deux rangs de rames.



Références et liens :

- Jean MEIRAT, Marines antiques de la Méditerranée, éd. Fayard, Paris, 1964.
- Martine ACERRA & Jean MEYER, L'Empire des mers - Des Galions aux Clippers, éd. Office du Livre, Genève, 1990.
- Une excellente série d'
articles sur Wikipedia (il suffit de suivre les liens à partir de l'article principal).
- le
site de Michael LAHANAS sur les trières et trirèmes (en anglais).
- les illustrations sont empruntées au très intéressant site
Mandragore II consacré à la marine. 

 

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 11:23

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Homère, poète grec semi-légendaire qui a laissé des récits représentant un des fondements de la culture méditerranéenne.

Nous avons tous en tête les récits épiques de l'Illiade et de l'Odyssée, qui auraient été composées par Homère au IXe ou VIIIe s. av. JC. L'existence historique d'Homère est souvent mise en doute, et les personnages qu'il évoque sont sans doute légendaires. Cependant, la découverte par Schliemann des vestiges de Troie a suscité une fièvre qui a laissé entendre qu'une partie du récit pouvait être basée sur des faits historiques réels. Quant au voyage d'Ulysse durant 10 ans à travers la Méditerranée, que raconte l'Odyssée, il pourrait renvoyer à des connaissances du monde méditerranéen acquises par les Grecs de l'époque archaïque lors d'explorations maritimes. Dans les années 1920, Victor BERARD a proposé de localiser  les différents sites évoqués dans l'Odyssée. Sa théorie a longtemps prévalu, avec quelques adaptations et variantes, puis a été contestée par d'autres chercheurs qui ont proposé de situer certains épisodes au-delà de Gibraltar.



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Carte localisant les différents épisodes de l'Odyssée d'après Bérard, qui les situait tous en Méditerranée.



Ulysse, roi d'Ithaque, une île de l'ouest de la Grèce, et ses compagnons quittent Troie (n° 1 sur la carte) après la prise de la ville et se rendent d'abord dans le pays des Ciconiens (n° 2) , qu'on peut situer en Thrace, non loin de Troie.  Puis en passant l'île de Cythère, ils sont détournés de leur route maritime vers Ithaque et se retrouvent dans le pays des Lotophages (n° 3) , que BERARD situe sur la côte 


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Djerba, aujourd'hui gravement menacée par le tourisme de masse, pourrait être le pays des Lotophages, les mangeurs de fleurs.


tunisienne et plus précisément sur l'île de Djerba. Vient ensuite l'épisode fameux du pays des Cyclopes (n° 4), que cet auteur situerait dans la baie de Naples, le Vésuve projetant des roches ayant pu donner naissance à la légende de géants jetant des roches dans la mer ; d'autres y voient l'Etna et non le Vésuve. 


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Stromboli et les îles Eoliennes pourraient être l'île d'Eole, le dieu des Vents, qui offrit à Ulysse l'outre contenant les vents.


L'étape suivante, l'île d'Eole (n° 5) , dieu des Vents qui remet à Ulysse une outre contenant les vents, serait une des îles Eoliennes, et plus précisément Stromboli. Après avoir ouvert l'outre contenant les vents, les marins sont à nouveau détournés d'Ithaque et se retrouvent au pays hostile des Lestrygons (n° 6), qui correspondrait au nord de la Sardaigne


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Les côtes déchiquetées du nord de la Sardaigne ont fait penser au pays des Lestrygons évoqué dans l'Odyssée.


La présence en Italie du mont Circeo a laissé penser à BERARD que c'est là que se placerait l'épisode du séjour chez la magicienne Circé (n° 7), bien que ce ne soit pas une île ; on a évoqué aussi l'île de Capri pour ce récit. De là, Ulysse doit affronter les Sirènes (n° 8) , puis les terribles rochers de Charybde et Scylla (n° 9) , qui se trouveraient dans le détroit de Messine. Lui et ses compagnons font ensuite escale sur l'île d'Hélios, Trinacrie (n° 10), qui serait la Sicile, où les marins tuent les boeufs du Soleil et ajoutent ainsi un nouveau dieu à leur ennemis. 


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C'est à Gibraltar qu'Ulysse aurait été retenu par la nymphe Calypso et d'où il ne pourra repartir que grâce à l'intervention de Zeus.


C'est seul qu'Ulysse dérive ensuite vers le pays de la nymphe Calypso (n° 11), que BERARD situe dans le détroit de Gibraltar, mais pour lequel on a aussi proposé les Baléares ou Malte. A la demande de Zeus, Calypso le laisse finalement repartir, mais Poséidon le fait échouer sur l'île des Phéaciens (n° 12), qui serait Corfou. Chez les Phéaciens, Ulysse rencontre la fameuse Nausicaa et fait le récit de ses pérégrinations. De là, il peut enfin regagner Ithaque (n° 13) et retrouver sa chère Pénélope.


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L'épisode d'Ulysse attaché au mât de son bateau pour résister au terrible chant des Sirènes, qui poussaient les marins à faire naufrage, représenté sur un vase grec.



D'autres auteurs ont proposé une vision toute différente de l'interprétation de l'Odyssée, en particulier Gilbert PILLOT et Alain BOMBARD. Une grande partie des épisodes du récit prendraient ainsi place au-delà des Colonnes d'Hercule (Gibraltar) et montreraient une connaissance très ancienne par les marins grecs de l'existence de l'Atlantique. Les Lotophages seraient ainsi sur la côte atlantique du Maroc, le pays des Cyclopes aux Canaries, l'île d'Eole à Madère, le pays des Lestrygons en Irlande, Charybde et Scylla entre l'Irlande et les Hébrides, Circé dans les Hébrides et Calypso en Islande.




Quel intérêt, me direz-vous, de chercher à situer des lieux appartenant à un récit légendaire ? Ils nous montrent combien des peuples méditerranéens comme les Grecs, dès la plus haute Antiquité, avaient appris à dompter cette mer intérieure et connaissaient des lieux très éloignés. L'archéologie a d'ailleurs prouvé que des échanges existent très tôt entre Méditerranée orientale et Méditerranée occidentale. Ainsi, ce cher Ulysse nous fait voyager, à travers les légendes, dans la Méditerranée de l'époque mycénienne, qui n'est à l'évidence pas pour les hommes de l'époque un monde si inconnu que ça.

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 07:21

Les peuples antiques du pourtour méditerranéen, nous en connaissons un certain nombre, mais d'autres sont beaucoup plus obscurs. Aussi, nous entamerons un petit tour d'horizon des peuples anciens de Méditerranée, en commençant aujourd'hui dans les premiers siècles du IIe millénaire av. notre ère.



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Carte schématique des peuples de Méditerranée vers le début du IIe millénaire - Légende : a- Ibères ; b- Ligures ; c- Etrusques ; d- peuples italiques ; e- Illyriens ; f- Thraces ; g- Grecs ; h- Minoens (ou Crétois) ; i- Louwites ; j- Hittites ; k- Amorites et Hourrites ; l- Egyptiens ; m- Berbères. (Carte : Kaaper)



Les Ibères occupaient la péninsule ibérique, mais aussi le sud-ouest de la France actuelle. Le nom d'Ibères est celui qui nous a été transmis par les Grecs. Ils comprenaient de nombreuses tribus, comme nous auronsl'occasion d'en reparler. Ils sont les premiers habitants de la péninsule, descendants des peuples de la préhistoire. Dans la zone de contact avec les Ligures, on parle parfois d'Ibéro-Ligures. Après les invasions celtiques, le mélange avec les Celtes leur vaudra le nom de Celtibères.


Les Ligures occupaient pour leur part le sud-est de la France et une partie du nord de l'Italie, mais aussi la Corse et la Sardaigne, peut-être même la Sicile. Dans le sud-ouest de la France actuelle, ils se mêlent aux Ibères, avec lesquels ils étaient peut-être d'ailleurs apparentés. Comme pour les Ibères, leur nom est celui que nous ont transmis Grecs et Romains. Et comme eux aussi, ils se mêleront aux envahisseurs celtes pour former ce qu'on appelle les Celto-Ligures.



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Mystérieux Etrusques, qui gardent une partie de leurs secrets et ont développé une culture remarquable qui exerça une influence décisive en Méditerranée.


Les Etrusques font partie des peuples antiques connus de tous, même si un certain nombre de zones d'ombre persistent à leur sujet, en particulier quant à leurs origines. Ils vivent au nord de l'actuelle Italie et développeront une civilisation brillante dont les Romains recueilleront largement l'héritage.


On regroupe sous le nom de "peuples italiques" des peuples qui apparaissent en Italie justement à cette période, mais qui sont de langues et d'origines diverses. Les plus connus sont bien entendu les Latins, mais on trouve également les Sabins, les Osques, les Lucaniens, les Samnites, les Sicules, les Vénètes, et de nombreux autres encore. Autant de peuples mystérieux qui mériteront bien qu'on s'intéresse à eux dans des articles spécifiques.


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Des Sabins, on a surtout retenu le récit légendaire romain de l'enlèvement des Sabines... Légende qui révèle la parenté entre Latins et Sabins.



Les Illyriens occupaient une grande partie de l'ouest des Balkans. Il s'agit plus d'une unité linguistique que d'une véritable ethnie ; cela a d'ailleurs donné lieu à de nombreuses controverses et erreurs. Ils sont apparentés aux Thraces et aux Daces, peuples voisins.


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Les Thraces étaient passés maîtres dans la fabrication d'objets précieux en or.



Les Thraces seraient présents au nord des Balkans dès le Néolithique ; c'est un ensemble de tribus au territoire très étendu, sans doute venues d'Asie Centrale, qui sont encore mal connus. Ils ont des parentés étroites avec les Daces et les Phrygiens.


Les Grecs, évidemment, cela dit quelque chose à tous, puisqu'ils développèrent l'une des grandes civilisations de Méditerranée et s'y répandirent largement par la suite.  Les Grecs d'alors, ce sont les fameux Achéens dont nous parle Homère, les Mycéniens pour l'histoire et l'archéologie. Ils auraient chassé les premiers habitants que la tradition appelle les Pélasges.


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Passionnante et étonnante civilisation minoenne, qui doit son nom à la légende du célèbre roi Minos.



En Crète se développe la civilisation minoenne. Les Minoens, aussi appelés couramment Crétois, font partie des peuples les plus fascinants de cette période, et nous aurons l'occasion de revenir là encore largement sur leur culture et les vestiges qu'ils nous ont légués.


Les Louwites sont beaucoup moins bien connus. Ils avaient précédé leurs voisins Hittites, avec lesquels ils ont d'étroites parentés, en particulier linguistiques, en Asie Mineure, dont ils habitaient l'ouest et le sud.


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Les Hittites ont développé eux aussi une culture d'une grande richesse et joué un rôle dans l'histoire de la région.



Les Hittites, arrivés par vagues successives, s'installèrent dans la partie orientale de l'Asie Mineure, remplaçant semble-t-il la population d'origine, les Hatti. La civilisation hittite sera une des plus brillantes de la région, et se révèle extrêmement intéressante.


Les Amorites font partie des peuples dont on connaît mal les origines. Ils semblent avoir d'abord été des nomades, se sont répandus en Mésopotamie, puis ont gagné vers l'ouest les rives de la Méditerranée en occupant la Syrie et la Palestine. Dans le nord de la Syrie, ils voisinent avec les Hourrites.



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En Egypte règnent des rois comme ici Sesostris Ier, de la XIIe Dynastie.


Les Egyptiens, bien entendu, appartiennent aux peuples bordent la Méditerranée. Ils sont sans aucun doute la grande civilisation de cette époque, qui rayonne largement sur toutes les cultures voisines et étend également sa domination sur une partie du Proche-Orient. Dans l'histoire égyptienne, cette époque correspond à la fin du Moyen Empire et à la IIe Période Intermédiaire, ainsi qu'à l'arrivée des fameux Hyksôs.


Enfin, les peuples de l'ensemble du littoral de l'Afrique du Nord, entre l'Egypte et l'Atlantique, sont regroupés sous le terme générique de Berbères, bien que ce terme ne s'impose véritablement que bien plus tard.


Ce tour d'horizon des peuples antiques de la Méditerranée au IIe millénaire est certes rapide, mais il nous permet déjà de constater leur grande diversité. Le contraste également entre ceux qui ont marqué durablement l'histoire de cette région du monde et ceux qui sont tombés dans l'oubli, ou dont le souvenir reste très flou. Tous ont cependant façonné ce que sera la culture méditerranéenne. Dès cette époque ancienne, les échanges commerciaux et culturels, les influences diverses, s'exercent déjà d'un bout à l'autre de la Méditerranée, d'une façon qui nous surprend parfois. Nous reparlerons de chacun de ces peuples de façon plus détaillée.

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