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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 07:37

"Pregaren Diou, nouestre bon paire,

Que, per sa graci, vueille faire

Vous preservar de mau su mau,

De mourduro de chivau,

De caussigaduro de niero

Et deys favours de la Ribiero."

 

(Claude BRUEYS, poète marseillais)

(fin XVIe - début XVIIe s. )

 (Traduction : "Prions Dieu, notre bon père, / De vouloir bien, par sa grâce, / Vous préserver de tous les maux, / Des morsures de chevaux, / Des piqûres de puces / Et des faveurs de la Ribière." )

 

Voici, avec ces quelques vers de Brueys, un bon exemple de l'humour provençal, lequel d'ailleurs perd beaucoup en saveur à la traduction, puisque certains aspects imagés ne peuvent être rendus en français. "La ribiero", en provençal, signifie "la rivière" ; mais ici, il s'agit d'un jeu de mots : Brueys fait référence à une demoiselle Ribier (l'usage provençal veut qu'on féminise les noms propres pour les femmes : ainsi, le nom de famille Ribier, pour une femme,  devient "Ribière" ), qui fut au début du XVIIe s. une célèbre libertine marseillaise. Or il semble que la demoiselle, qui était dit-on fort belle, transmettait à ses amants quelque maladie "honteuse"... d'où le trait d'humour de Brueys !


 

Un petit mot sur la langue de ces vers. Il s'agit de vers en dialecte marseillais du début du XVIIe s. Il surprendra sûrement les Provençaux d'aujourd'hui, car il diffère de ce qu'est devenue la langue après la réforme des Félibres. On remarque en particulier la vieille terminaison des verbes à l'infinitif en -ar, héritée du latin -are, ainsi que la présence du -s au pluriel, qui se prononçait (en provençal, toutes les lettres se prononcent)  ; en provençal moderne, le -r de l'infinitif a disparu ( "preservar" est devenu "preserva" ), ainsi que le -s au pluriel ( "deys favours" est devenu "dei favour" ).

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Mon Horizon de Provence
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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 07:10

L'égyptomanie commence bien avant l'expédition d'Egypte, contrairement à ce qu'on pense souvent. Le XVIIIe s. multiplie déjà les allusions à l'art de l'Egypte antique. Et on la trouve aussi ici en Provence, au détour des fantaisies d'illustres personnages. Je vais vous montrer aujourd'hui un des plus beaux exemples de ce goût au XVIIIe s., qui se trouve dans la petite ville de Tourves, près de St-Maximin, dans le Var : l'obélisque de l'ancien parc du château du comte de Valbelle.

 

 

 

 DSCN9050.JPG


Un peu d'histoire, d'abord, pour situer ce monument dans son contexte. C'est le comte Joseph Alphonse Omer de Valbelle-Meyrargues qui, de 1770 à sa mort en 1778,  a fait embellir cette résidence, qu'il conçoit comme un lieu de fête et de plaisir et où il abrite ses collections 1.  Aujourd'hui en ruines 2, ce château fut en son temps l'un des plus luxueux de toute la Provence. Il fait aménager les éléments néoclassiques et surtout le vaste parc à l'anglaise 3 dont subsistent de nombreux vestiges, parmi lesquels notre fameux obélisque. Pour réaliser ces travaux, il fait appel à l'un des plus fameux architectes de l'époque en Provence, Vallon

 

 

DSCN9056.JPG 

L'obélisque se dresse au centre de la vaste esplanade du parc qui fait face à la grande colonnade néoclassique du château.

 

 

L'obélisque de pierre calcaire,  haut de 24 m, a été érigé en 1772 par Omer de Valbelle en hommage à son grand-père maternel, Cosme de Valbelle-Tourves 4, comme nous le rappelle l'inscription sur la plaque de marbre. L'une des raisons d'être de cet obélisque, qui trône au milieu de l'esplanade principale du château où avaient lieu les fêtes,  est donc de rendre hommage à celui dont il tient la seigneurie de Tourves et ce château.

 


DSCN9053.JPG

L'inscription sur marbre à la mémoire du grand-père du comte, sur le piédestal de l'obélisque (elle a comme on le voit été mutilée à la Révolution), dont voici le texte :

"MONUMENT

DE RECONNOISSANCE ET DE

PIETE FILIALE

ELEVE EN 1772

PAR JOSEPH ALPHONSE OMER

DE VALBELLE MERARGUES

A LA MEMOIRE

DE COSME MAXIMILIEN

JOSEPH LOUIS DE VALBELLE

TOURVES SON AYEUL

MATERNEL."

 

 

DSCN9054.JPG

La seconde inscription, à la base de l'obélisque lui-même :

"CONSERVES MA DEVISE, ELLE EST CHERE A MON COEUR.

LES MOTS EN SONT SACRES, C'EST L'AMOUR ET L'HONNEUR."

 

 

Mais une autre inscription figure sur l'obélisque, qui lui donne une seconde signification : Omer de Valbelle y rappelle la valeur aristocratique de l'honneur, mais surtout il y fait allusion à l'amour, lui qui fut grand libertin et qui vécut dans ce château avec sa maîtresse, la célèbre actrice Clairon... C'est donc également une certaine provocation non dénuée d'humour, un pied de nez envers les esprits étroits qui lui reprochaient sa vie dissolue...  Nous comprenons ainsi le sens de cet obélisque : au-delà de l'élément à la pointe de la  mode, c'est un monument aristocratique à la gloire de sa famille et l'affirmation de ses facéties de grand seigneur à l'esprit libre à la barbe des bien-pensants. Cher Valbelle !

 

 

 

omer_de_valbelle.gif

Le facétieux comte Omer de Valbelle.

 

 

L'obélisque n'était pas la seule fantaisie égyptisante de ce parc. Il y avait également une pyramide, dans laquelle se trouvait une petite pièce ornée d'un sarcophage à l'égyptienne. Ses vestiges, envahis par la végétation, existent toujours, mais elle est assez difficile à localiser 5 car très endommagée.

 

 

 

DSCN9055.JPG

 

 

Notes :


1- Il achète le château à sa mère en 1765 ; c'est alors un château médiéval et Renaissance édifié par les Arcussia et les Vintimille d'Ollioules. A l'emplacement de l'esplanade du château du comte de Valbelle, où se trouve l'obélisque, se trouvaient les vestiges du village médiéval fortifié.

2- A partir de 1792, le château fut utilisé comme hôpital militaire ; il finira par être incendié.

3- En tout, le château était entouré de 6 parcs à fabriques, comme le « parc d'Auguste » ou le « jardin d'été », avec des buis et rosiers taillés, un rond de danse, un labyrinthe végétal et une oisellerie, des copies de statues antiques et des fontaines. Ce parc, contemporain des premiers grands jardins princiers à l'anglaise du nord de la France, est un exemple exceptionnel et pratiquement unique en Provence en même temps qu'il montre que la noblesse provençale était au fait des modes de son temps. L'ensemble s'étendait sur tout le plateau et les pentes de la colline ; la totalité du site est aujourd'hui protégée, mais libre à la visite.

4- Cosme de Valbelle, marquis de Tourves, fut président au Parlement de Provence en 1718. En mariant sa fille Marguerite Delphine de Valbelle, en 1723, à son cousin André Geoffroy de Valbelle, marquis de Rians et baron de Meyrargues, il réunit les deux principales branches de la famille. C'est de cette union qu'est né, en 1729, Omer de Valbelle.

5- Je dois vous avouer humblement que je ne l'ai jamais trouvée, c'est pourquoi je n'ai pas de photo à vous proposer. Dès que je le pourrai, je retournerai à Tourves et me mettrai en quête de cette fameuse pyramide.

 

 

Addendum : je viens de trouver sur Wikipedia une photo de S. Everz représentant la fameuse pyramide dégagée de la végétation ; j'en ai également trouvé deux autres, dont une de l'intérieur, sur un blog dans un article de 2007 parlant du château.

 

 

800px-La_Pyramide_-3--_Tourves-_Parc_Valbelle.JPG

 

La pyramide du parc du château de Valbelle en 2012. Elle est totalement dépourvue de son parement vraisemblable d'origine.

 

 

 

Cliche--2007-05-08-19-36-39.jpg

La pyramide en 2007, monticule érodé encore envahi par la végétation.

 

 

 

Cliche--2007-05-08-19-36-55.jpg

L'intérieur de la pyramide en 2007. La qualité de la maçonnerie laisse imaginer ce que devait être la pyramide avec son parement d'origine à l'extérieur.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 13:15

Au cours d'une promenade dans le vallon de Vallaury, un hameau de Solliès-Toucas qui est un de ces lieux magiques que j'adore dans " moun païs " - en français, cela n'a pas la même saveur - , je suis tombé en admiration devant une vieille oliveraie que des mains patientes avaient commencé à réhabiliter. Bien entendu, j'ai pris des photos pour partager ce moment avec vous, et je saisis l'occasion pour parler des restanques, qui sont un élément incontournable de nos paysages de Basse-Provence.

 

 

 imag1842

La vieille oliveraie de Vallaury, avec ses arbres vénérables dressés sur leurs terrasses aux murs de pierres sèches...

 

La restanque est une terrasse de culture aménagée sur la pente d'une colline. Elle est faite d'un mur de pierres sèches, des pierres ramassées sur place donc le plus souvent du calcaire ; mais selon les terrains, on trouve aussi du basalte, du granit, etc. Les cultures en terrasses se retrouvent dans le monde entier, chacun ayant développé une technique adaptée à sa région et à son climat. Leur origine remonte à la nuit des temps et elles existaient déjà dans l'Antiquité. D'après ce qu'en disent les textes romains, il semblerait que déjà les Celto-Ligures d'avant la conquête pratiquaient la culture en terrasses.

 

 

 

imag1873 

Sur cette restanque endommagée par le temps, on distingue très bien la structure de l'épais mur de pierre sèche qui retient la terrasse.

 

 

imag1884 

Bloquée par son mur de pierre, la terrasse est plus ou moins large selon les besoins et la nature du terrain.

 

L'intérêt premier de la restanque est de pouvoir utiliser les pentes des collines, dans un pays où les grandes plaines sont rares - ceux qui connaissent la région le savent - et de conserver les terrains les plus riches, proches des points d'eau, pour les réserver de ce fait aux cultures qu'on ne peut pratiquer ailleurs. Sur les restanques, on pratiquait autrefois les cultures qu'on appelle " sèches ", c'est-à-dire celles nécessitant le moins d'arrosage possible. Pour assurer leur subsistance en exploitant au mieux le terrain, les paysans d'autrefois cultivaient sur ces terrasses vignes, oliviers, figuiers et autres arbres fruitiers nécessitant peu d'arrosage, mélangeant les cultures pour étaler sur toute l'année les récoltes autant que pour se mettre à l'abri des aléas climatiques. Il est fréquent de trouver aussi des ruches de pierre aménagées dans les murs de restanque, qu'on appelle " apié " en provençal.

 

 imag1877.jpg

   dscn8201.jpg

 

 imag1676

Les restanques en calcaire de Vallaury, d'autres en roches granitiques dans un quartier d'Ollioules, ou encore une extraordinaire restanques mêlant des roches de diverses natures et couleurs sur la colline du vieux Six-Fours pour former une véritable mosaïque aux tons savoureux.

 

 

Autre intérêt de la restanque, celui de retenir les eaux de pluie et surtout d'éviter le ravinement des terres des collines. Dans une région où les pluies sont rares durant des mois, mais où les orages sont violents, cela n'est pas inutile. Pour pouvoir palier au manque d'eau les années particulièrement sèches, on aménageait des bassins dans lequels était stockée l'eau de pluie, ou encore on faisait monter l'eau jusqu'aux terrasses par un ingénieux  système de norias.

 

dscn7758.jpgUne colline à Ollioules, au quartier du Plan, a été restaurée pour retrouver son oliveraie étagée jusqu'au sommet.

 

Le mot " restanque " est la forme francisée du mot provençal " restanco ", qui vient des verbes " restanca " (arrêter, bloquer, mais aussi retenir l'eau) et " tanca " (arrêter, étayer). On l'appelle aussi chez nous " bancau " (prononcé " bancaou " : gradin, plate-forme). Dans les textes anciens, on trouve en général le terme de " fayssa ", qui a ensuite évolué pour ne plus désigner en provençal moderne que les tables de culture. Celui qui bâtit les restanques, ou en dirige les travaux, est le " restancaire ".

 

 

imag1864.jpg 

On pourrait penser qu'il est facile de construire une restanque, mais il n'en est rien : c'est tout un art que des siècles de pratique ont porté à la perfection. En l'absence de mortier, les pierres sont agencées avec précision, les petites venant bloquer les grosses et les grosses stabilisant le tout par leur poids.

 

 

imag1717A Ollioules, au sommet du Gros Cerveau, dans un endroit aujourd'hui sauvage, on devine encore les vieilles restanques qui défient le temps...

 

On est souvent étonné de deviner, sous la végétation d'une nature qui a repris ses droits et devant le recul de l'agriculture traditionnelle, des restanques se déployant jusqu'au sommet des collines ou dans les endroits aujourd'hui les plus isolés. Témoignages muets du dur labeur des paysans d'autrefois, qui avaient su dompter une nature souvent rude et tirer de leur terroir le meilleur parti au prix de leur effort et de leur ingéniosité. Lorsque vous voyez ces vieilles restanques qui ont défié le temps ou font le ventre, s'effondrent lentement dans l'indifférence de notre temps, ne manquez pas d'avoir une pensée pour ces hommes et ces femmes qui y ont travaillé sous le chaud soleil de Provence...

 

imag1901La vieille oliveraie de Vallaury, avec ses arbres plusieurs fois centenaires, a été peu à peu envahie par la pinède. Le souvenir des paysans d'autrefois s'endort à l'ombre des pins et des genévriers... 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 09:30

Bouan Nouvè

Joyeux Noël à toutes et tous



creche-joyeux-noel.jpg


et selon la formule traditionnelle provençale :

" Alègre, Diéu nous alègre !
Cachafiò1 vèn.
Diéu nous fague la gràci de vèire l'an que vèn !
Se sian pas mai, que fuguen pas mens.
"

" Dieu nous réjouit !
Le cacho-fiò vient.
Dieu nous fasse la grâce de voir l'année qui vient !
Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.
"


1- Cachafiò / cacho-fiò : une grosse bûche qui était placée lors d'une cérémonie familiale dans la cheminée lors de la " vihado calendalo ", le soir du 24 décembre. Sur les traditions de Noël provençales, vous trouverez de très nombreuses informations sur le blog de mon amie et voisine varoise Nadine.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 08:30

Noël est sans doute l'une des fêtes provençales les plus importantes, celle à laquelle, en tout cas, restent attachées le plus de traditions très anciennes1 - même si beaucoup ont hélas totalement disparu au cours des dernières décennies. Pour commencer cette semaine de Noël, je vous propose donc de découvrir parmi ces traditions , en suivant l'horizon linguistique que nous avions ouvert dans un précédent article, des chants traditionnels en langue provençale. Il y en a beaucoup, dont la plupart des Provençaux connaissent au moins l'air et le refrain. Mais j'ai opté pour deux des plus anciens, puisqu'ils ont été écrits et composés au XVIIe s. : " La Cambo me fai mau " et " Canten Nouvè ".

PortraitTambourinaire
Un tambourinaire du XVIIIe s., frappant le tambourin de la main droite et jouant du galoubet de la main gauche - différent du fifre, qui se joue seul, puisque c'est une flûte traversière.

Leur auteur, Nicolas Saboly ( 1614 - 1675 ), est sans doute le plus illustres des auteurs de chants de Noël provençaux ; ils se sont transmis dans les traditions populaires et familiales depuis bientôt quatre siècles, et sont toujours joués et chantés à cette période. C'est en 1655 que Saboly semble commencer à concevoir ses premiers noëls2, publiés pour la première fois en 1668. De cette date à 1674, pas moins de sept autres publications verront le jour de son vivant. En 1699, l'imprimeur Michel Chastel réunit l'ensemble des 62 noëls qui avaient été publiés du vivant de leur auteur ; deux autres seront ajoutés à l'édition de 17043.

Un mot, pour terminer ce préambule, sur leur portée linguistique. La langue de Saboly est un mélange de dialectes rhodanien et maritime4 ; il adopte par exemple le pluriel en " -ei " du provençal maritime ( " lei / dei " au lieu de la forme rhodanienne, aujourd'hui considérée comme classique, " li / di " ), ou encore le pronom maritime " li " au lieu du rhodanien " éi ". Cela s'explique par le fait qu'il soit originaire d'une zone de contact entre les deux dialectes, puisqu'il est né à Monteux et a passé l'essentiel de sa vie en Avignon et à Carpentras. Au-delà de la tradition de Noël, il s'agit donc aussi d'un témoignage d'une époque où la langue provençale est encore pour peu de temps une langue écrite, avant de se voir définitivement supplantée par le français.

Tambourinaire-XVIII 2


Mais place à présent aux textes de ces chansons. Je vous donne le texte en provençal selon la graphie de Saboly et non leur transcription en rhodanien comme c'est souvent le cas, et en regard la traduction en français, comme toujours délicate : on perd beaucoup, comme dans toute traduction. Certaines expressions provençales sont difficiles à rendre en français, car elles n'y ont pas d'équivalent ; de même certains jeux de mots sont impossibles à rendre, et pourtant le provençal est savoureux à cet égard. Cependant, j'ai fait de mon mieux pour que vous ayez l'essentiel du sens ; quelques précisions seront données en notes de fin d'article. Le premier texte témoigne du goût des Provençaux pour l'humour, dans la veine de la littérature burlesque de cette époque, même dans ce contexte religieux ; la religiosité provençale n'a rien d'austère. Dans le second, on retrouve l'esprit qui préside à l'élaboration de la crèche provençale : mêler la culture populaire et le religieux. Malheureusement, à mon grand regret, je ne vous ai pas trouvé sur le net d'interprétation satisfaisante de ces chants pour illustrer de façon sonore l'article : il ne vous reste donc qu'à venir en Provence nous entendre les chanter...



la-cambo.jpg





 

Texte provençal Traduction en français


Li a proun de gènt

Que van en roumavage5,

Li a proun de gènt

Que van en Betelèn.

Li vole ana,

Ai quàsi proun courage,

Li vole ana,

S'iéu pode camina.


La cambo me fai mau,

Bouto sello, bouto sello ;

La cambo me fai mau,

Bouto sello à moun chivau.


Tous lei bergié

Qu'èron sus la mountagno,

Tous lei bergié

An vist un messagié

Que li a crida :

Metès-vous en campagno6 !

Que li a crida :

Lou Fiéu de Diéu es na !


La cambo me fai mau, ...
 

En aquest tèms

Lei fèbre soun pas sano ;

En aquest tèms

Lei fèbre valon rèn ;

Ai endura

Uno fèbre quartano,

Ai endura

Senso me rancura.


La cambo me fai mau, ...
 

Un gros pastras7

Que fai la catamiaulo8,

Un gros pastras

S'envai au pichot pas ;

S'èi revira,

Au brut de ma paraulo ;

S'èi revira,

Li ai di de m'espera9.
 

La cambo me fai mau, ...
 

Aquéu palot

Descausso sei sabato,

Aquéu palot

S'en vai au grand galop ;

Mai, se'n-cop l'ai,

Li dounarai la grato,

Mai, se'n-cop l'ai,

Iéu lou tapoutarai10.
 

La cambo me fai mau, ...
 

Ai un roussin11

Que volo dessus terro,

Ai un roussin

Que manjo lou camin !

L'ai acheta

D'un que vèn de la guerro :

L'ai acheta,

Cinq escut de pata12.
 

La cambo me fai mau, ...
 

Quand aurai vist

Lou Fiéu de Diéu lou Paire,

Quand aurai vist

Lou Rèi de Paradis,

E quand aurai

Felecita sa maire,

E quand aurai

Fa tout ço que déurrai,
 

N'aurai plus ges de mau,

Bouto sello, bouto sello,

N'aurai plus ges de mau,

Bouto sello à moun chivau.


Il y a beaucoup de gens

Qui vont en pèlerinage,

Il y a beaucoup de gens

Qui vont à Bethléem.

Je veux y aller,

J'ai presque assez de courage,

Je veux y aller,

Si je peux cheminer.


La jambe me fait mal,

Mets la selle, mets la selle ;

La jambe me fait mal,

Mets la selle à mon cheval.


Tous les bergers

Qui étaient dans la montagne,

Tous les bergers

Ont vu un messager

Qui leur a crié :

Mettez-vous en route !

Qui leur a crié :

Le Fils de Dieu est né !


La jambe me fait mal...
 

En ce moment,

Les fièvres ne sont pas guéries ;

En ce moment,

Les fièvres ne valent rien de bon ;

J'ai enduré

Une fièvre quarte,

J'ai enduré

Sans me plaindre.


La jambe me fait mal...
 

Un gros pâtre lourdaud

Qui marche en catimini,

Un gros pâtre lourdaud

S'en va à petits pas ;

Il s'est retourné,

Au son de mes paroles ;

Il s'est retourné,

Je lui ai dit de m'attendre.
 

La jambe me fait mal...
 

Ce lourdaud

Déchausse ses souliers,

Ce lourdaud

S'en va au grand galop ;

Mais si je l'attrape,

e lui donnerais une frottée,

Mais si je l'attrape,

Je le tapoterais.
 

La jambe me fait mal...
 

J'ai un roussin

Qui vole au-dessus de la terre,

J'ai un roussin

Qui dévore le chemin !

Je l'ai acheté

A un qui revient de la guerre :

Je l'ai acheté

Cinq écus de patac.
 

La jambe me fait mal...
 

Quand j'aurai vu

Le Fils de Dieu le Père,

Quand j'aurai vu

Le Roi du Paradis,

Et quand j'aurai

Félicité sa mère,

Et quand j'aurai

Fait tout ce que je dois,
 

Je n'aurai plus mal,

Mets la selle, mets la selle ;

Je n'aurai plus mal,

Mets la selle à mon cheval.

( traduction Kaaper Nefredkheperou )
Avec une pensée particulière pour ma pauvre Marthe, ma " grand de couer " ( ma grand-mère de coeur ), avec laquelle je la chantais...


santon tambourinaire


canten-nouve-copie-1.jpg





Texte provençal Traduction en français


Pèr noun langui13 long dóu camin,

Counten quauco sourneto ;

Sus lou fifre e lou tambourin,

Disen la cansouneto.

 

Canten Nouvè Nouvè Nouvè

Nouvè sus la museto,

Canten Nouvè Nouvè Nouvè

Nouvè sus la museto


Lou tèms nous a gaire dura.

Ves' eici la granjeto :

Lou bèu premié que li intrara,

Que lève la barreto.


Canten Nouvè...


Helas ! moun Diéu ! lou bel Enfant !

Coume pren la pousseto!

Dirias avis que mor de fam :

Regardas coume teto !


Canten Nouvè...

 

Ai d'iòu de farino e de la

Emai uno casseto15 ;

S'avièu de fiò li aurièu lèu fa

Uno bono poupeto.

 

Canten Nouvè...


Lou pichot es mai mort que viéu ;

Jóusè fai lei tacheto :

Dounas-me vite lou fusiéu,

La sinso15 e lei brouqueto.


Canten Nouvè...

 

L'enfant es fre coume de glas :

Pourgès-me l'escaufeto ;

Tenès, cauffas-li soun pedas,

Coumaire Guihaumeto.

 

Canten Nouvè...


Aquesto crùpi vai au sòu,

Coucha 'quelo saumeto16.

Venès qu'estacaren lou biòu :

Prestas-me vòstei veto.


Canten Nouvè...

 

Bono Vierge, Maire de Dièu,

Bello e jouino bruneto,

Nàutrei vous anen dire adiéu,

Vous leissen pas souleto !

 

Canten Nouvè...


Pour ne pas nous languir en chemin,

Nous racontons quelques histoires ;

Au son du fifre et du tambourin,

Nous poussons la chansonnette.

 

Chantons Noël, Noël, Noël,

Noël sur la musette,

Chantons Noël, Noël, Noël,

Noël sur la musette


Le temps ne nous a guère semblé long.

Voici la petite grange :

Le tout premier qui y entrera,

Qu'il enlève la barre.


Chantons Noël...


Mon Dieu ! le bel Enfant !

Comme il prend le sein !

Je suis d'avis qu'il est mort de faim :

Regardez comme il tête !


Chantons Noël...

 

J'ai des oeufs, de la farine et du lait,

Avec un petit poêlon ;

Si j'avais du feu je lui aurais vite fait

Une bonne petite soupe.

 

Chantons Noël...


Le petit est plus mort que vif ;

Joseph grelotte de froid :

Donnez-moi vite le fusil,

La sinse et les allumettes.

Chantons Noël...

 

L'enfant est froid comme la glace :

Faites-moi passer la chaufferette ;

Tenez, chauffez-lui son berceau,

Commère Guillaumette.

 

Chantons Noël...


Cette crèche s'écroule,

Couchez cette petite ânesse.

Venez qu'on attache le boeuf :

Prêtez-moi vos liens.


Chantons Noël...

 

Bonne Vierge, Mère de Dieu,

Belle et jeune brunette,

Nous autres nous allons vous dire adieu,

Nous ne vous laissons pas toute seule !

 

Chantons Noël...

( traduction Kaaper Nefredkheperou )


Tambourinaire-XVIII


Notes :

1- Par exemple la tradition du blé et des lentilles de la Ste Barbe, dont nous avions parlé précédemment et dont l'origine remonte à l'Egypte antique à travers la diffusion du culte d'Isis dans le monde romain.
2- Un poème ou chant de Noël est appelé " noël " sans majuscule. En provençal, Noël se dit " Nouvè ".
3- Certains noëls longtemps attribués à tort à Saboly ont été enlevés du corpus de son oeuvre.
4- Pour les dialectes provençaux, voir l'article d'introduction à la langue provençale.
5- Roumavage, comme Roumiéu ( " pèlerin " ) viennent du nom de Rome, qui était la principale destination de pélerinage pour les chrétiens provençaux.
6- Difficile de rendre le sens du jeu sur les mots qui existe ici en provençal.
7- Le suffixe -as ( masculin ) / -asso ( féminin ) est un augmentatif qui donne le sens de gros, grand ; par exemple, une " bestiasso " c'est une grosse bête. Mais pastras signifie aussi " lourdaud " ; pour traduire en français en conservant tout le sens, il faut donc parler ici de  " gros berger lourdaud ".
8- Expression très difficile à rendre en français, là encore, et les Félibres eux-mêmes peinent à en donner le sens exact ; c'est à la fois se déplacer comme un chat qui se faufile, mais aussi selon le contexte être pleurnichard...
9- Si un Provençal vous " espère ", c'est qu'il vous attend...
10- Tapoutara signifie " tapoter ", mais aussi " malmener, maltraiter " ; après avoir hésité, j'ai gardé en français " tapoter " même s'il n'est pas totalement satisfaisant, car " rosser " aurait été un sens trop fort dans ce contexte humoristique, dans un chant de Noël, et n'aurait pas rendu le sens provençal.
12- Le patac, une ancienne petite monnaie de billon provençale valant 1/7e de sou. Le système monétaire provençal, encore conservé sous Louis XIV dans cette province à côté des monnaies françaises, était relativement complexe.
13- Le verbe langui en provençal signifie précisément " s'ennuyer dans l'attente de " ; c'est pourquoi j'ai conservé " se languir " dans la traduction car le sens est assez proche.
14 - Un petit poëlon de laiton provençal.
15- Une " sinso " ( orthographié " cinso " par la graphie rhodanienne moderne félibréenne ) en provençal, c'est un chiffon, avec divers usages ( par exemple pour nettoyer, faire la poussière, car cinso peut aussi signifier la poussière ), un mot impossible à traduire exactement. Ici, à cette époque, c'était un linge charbonné qui servait à allumer le feu, comme ailleurs l'amadou.
16- Le suffixe -et ( masculin ) / -eto ( féminin ) sert à former des diminutifs et est le contraire de -as / -asso. Une " saumo ", c'est une ânesse et une " saumeto " une petite ânesse en âge d'être sevrée ( avec l'équivalent masculin " saumet " ) ; " saumetoun " désigne un ânon mâle ou femelle qui tête encore.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 10:30

Ma Provence, c'est aussi celle de la langue. Dans toute culture, la langue a son importance ; la disparition d'une langue, par exemple, prive un peuple de tout un pan de sa culture et de son identité. C'est pourquoi j'aimerais vous faire (re-)découvrir cet aspect de ma région à travers une série d'articles dans lesquels nous verrons des exemples de textes provençaux, mais aussi des expressions du quotidien encore d'usage courant aujourd'hui. Nous commencerons dans cet article par un préambule personnel et un bref aperçu historique.


Citation extraite du Calendal de Frédéric Mistral qui évoque Toulon vu depuis la mer, en dialecte rhodanien ( voir la traduction en fin d'article ).

Je ne suis pourtant pas Provençal de souche, mais Provençal de naissance. Ce n'est donc pas en contexte familial que j'ai appris le provençal. Il y a d'abord ce provençal de tous les jours, celui que nous parlons ici sans même nous en rendre compte ; une prononciation1, des expressions2, qui nous sont naturelles et dont nous ne réalisons qu'elles sont propres à notre région que lorsque nous sommes en contact avec des « estrangié du dehors » 3. Je voyais bien, lorsque je retrouvais des membres de ma famille de Paris ou de Picardie, qu'ils ouvraient de grands yeux interrogatifs lorsque j'employais certaines expressions4 ; sans plus. Mais c'est surtout lorsque je suis « monté à Paris » 5 pour mes études que je m'en suis véritablement rendu compte, et que j'ai réalisé du même coup que cela faisait partie aussi de mon identité. De retour au « païs », il m'est apparu évident de prendre des cours de provençal à l'Escolo de la Targo de Toulon ; il faut avouer que, pour les recherches historiques que j'avais entreprises, l'apprentissage de la langue s'imposait - même si c'était du provençal moderne 6, mistralien, et qu'il a fallu ensuite apprendre seul le provençal ancien pour étudier les textes d'archives. Et c'est depuis un plaisir de pratiquer à l'occasion la « lengo nostro » 7, tout autant que de pouvoir accéder à des textes anciens mêlant français et vieux provençal.



Dans les cahiers de délibérations des Conseils de Ville et autres textes d'archives du XVIe s., il est fréquent que les textes soient rédigés dans un mélange de provençal et de français, ce qui montre que la bourgeoisie n'est pas alors totalement francisée ( ici, un extrait du cahier de délibérations du Conseil de Ville d'Ollioules pour l'année 1580, conservé aux Archives communales ; transcription, pour vous donner une idée du curieux mélange, en fin d'article ).

Mais attention : il ne s'est absolument pas agi de repli culturel, bien au contraire. Et il ne s'agit nullement de faire l'apologie du repli identitaire. Mon identité linguistique est autant faite de ce provençal appris ou quotidien, que des expressions parisiennes reçues de ma famille paternelle et des expressions picardes de ma famille maternelle. Sur les rives de Méditerranée, plus encore peut-être qu'ailleurs, l'identité est souvent faite d'éléments multiples, et c'est comme toujours une formidable richesse.



Le provençal est né du latin pratiqué dans la région à la fin de l'époque romaine, avec sans doute des éléments issus de ses origines autochtones8 et des apports successifs9 liés à son histoire. C'est une langue à part entière, qui a été au Moyen Age l'une des langues littéraires des pays d'oc. Les choses sont un peu confuses aujourd'hui, car certains étendent l'appellation d' « occitan » à toutes les langues et tous les dialectes de langue d'oc10. Cette langue se subdivise en plusieurs dialectes : le Rhodanien dans la vallée du Rhône ; le Maritime dans la majeure partie des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et dans le Var ; le Gavot dans les Alpes ; et le franco-provençal dans la Drôme11. Avec de nombreuses variantes locales dans la langue parlée, parfois même d'un village à l'autre. Bien que le dialecte le plus répandu ait été historiquement le Maritime, c'est le Rhodanien qui a été choisi au XIXe s. comme dialecte de référence par les Félibres, pour diverses raisons.


Raimbaut de Vacqueyras ( vers 1165-1207 ), l'un des plus célèbres troubadours provençaux de son temps, représenté dans un manuscrit médiéval.


Dès le milieu du XIIIe s., l'usage du français s'installe dans l'aristocratie, puisque les princes régnant sur la Provence encore indépendante sont d'origine française et ont amené de nombreux Français dans leur sillage. Toutefois, pour plusieurs siècles encore, la grande majorité de la population continue de pratiquer sa propre langue. Après la réunion à la France, à la fin du XVe s. , la francisation s'accentue progressivement12 et gagne surtout la bourgeoisie, qui est alors plus ou moins bilingue à partir du XVIe s. ; la noblesse quant à elle, à de rares exceptions près, est devenue exclusivement francophone. Cette situation se maintient jusque très avant dans le XIXe s. Ce seront ensuite les armées d'instituteurs de la fin du XIXe s. et du début du XXe s., certes en général bien intentionnés, qui participeront sans le réaliser à l'éradication de la langue, comme dans de nombreuses régions de France13. Et relativement récemment, la conscience de la portée culturelle du provençal dans l'identité régionale a favorisé son retour en grâce et la levée de certaines interdictions.


Tout comme le drapeau provençal est aujourd'hui autorisé à flotter à la façade des mairies aux côtés du drapeau national, nombre de nos villes et villages ont à nouveau leurs noms inscrits dans les deux langues, parfois même les noms de rues. C'était il n'y a pas si longtemps encore inimaginable...


La littérature de langue provençale est très riche au Moyen Age, l'époque des fameux troubadours. Elle se maintient sous les deux dynasties angevines, ainsi qu'après la réunion à la France en 1480. Les dernières grandes oeuvres sont écrites à la fin du XVIe s. Malgré quelques écrits en provençal au XVIIe s., les auteurs provençaux s'exprimeront désormais en français. Au XIXe s., réalisant que la langue est menacée de disparaître totalement, les Félibres la réhabilitent et de nouvelles oeuvres paraissent. L'expérience, du point de vue littéraire, connaîtra à vrai dire des hauts et des bas. Le provençal renaît aujourd'hui à la fois dans l'oralité et dans l'écriture ; les associations félibréennes n'en sont plus le seul refuge, puisqu'il est à nouveau enseigné dans certaines écoles pour ceux qui le souhaitent.



Frédéric Mistral, l'un des principaux Félibres, qui contribua au XIXe s. à la renaissance de la littérature de langue provençale et oeuvra pour la sauvegarde de celle-ci.


Notes :

1- Au grand dam parfois de mon père de souche parisienne, ma soeur et moi ne parlions pas « pointu » et avons toujours eu cette prononciation qui fait la différence entre Nord et Sud ; vous savez, cette façon différente de prononcer des mots comme « rose », par exemple – je donne cet exemple car mon père me reprenait toujours quand j'étais enfant...

2- Le provençal de Toulon, nous aurons l'occasion d'en reparler, est un mélange de provençal maritime varois et de parler marseillais.
3- « estrangié du dehors » : ne soyez pas choqués, en provençal « estrangié » n'a pas du tout de connotation péjorative. Un « estrangié », c'est quelqu'un qui n'est pas du lieu ; celui qui vient d'une autre ville, pas forcément éloignée, est un « estrangié ». L'expression « estrangié du dehors » désigne quelqu'un qui n'est pas Provençal, qui ne vit pas en Provence ; mais ce n'est pas méchant même si on s'en amuse.

4- A vrai dire, quand j'allais dans le Nord* et que mes oncles me parlaient en picard, je faisais la même chose. (* le vrai, très au nord, pas seulement le nord tel qu'on le définit normalement en Provence : pour un Provençal de la côte, l'arrière-pays c'est déjà le nord, et le « grand nord » commence aux confins du Vaucluse ! )

5- Oui, ici on « monte »  à Paris...
6- Le provençal considéré comme provençal littéraire, ou de référence, est depuis les Félibres le dialecte rhodanien. Mais on met aussi en avant aujourd'hui un provençal de référence issu du provençal historique avant l'assimilation française.

7- « lengo nostro » ( littéralement « notre langue » ) : expression traditionnellement utilisée de préférence à « prouvençau » pour désigner la langue.

8- Sans qu'on sache exactement ce qu'il peut rester de la langue que parlaient les Ligures avant la conquête romaine.
9- Sans doute déjà l'influence des Grecs, arrivés bien avant les Romains, puis plus tard les peuples germaniques du Haut Moyen Age ainsi que les Arabes ; et bien entendu aussi l'influence française.

10- Ce contre quoi les Provençaux s'insurgent et qui est loin de faire l'unanimité chez les linguistes.
11- Le Nissart de la région de Nice est en général considéré comme à part de ces dialectes provençaux, même si la parenté est évidente, tout comme avec des dialectes transalpins.
12- Au passage, plusieurs centaines de mots provençaux entrent en français. Vous verrez lorsque nous parlerons que parfois on a à ce sujet des surprises.
13- Même s'il faut reconnaître qu'un effort d'unité linguistique a pu être plus ou moins nécessaire, il faut avouer que les choses se sont souvent faites de façon assez brutale ; ici comme ailleurs, les anciens vous racontent encore les brimades subies à l'école s'ils avaient le malheur de parler "patois"... D'autres pays européens n'ayant pas connu une telle centralisation ont échappé à ce genre de phénomène.



Une plaque apposée sur la façade de l'Hôtel de Ville d'Ollioules porte une citation du Calendal de Frédéric Mistral ( voir la traduction en fin d'article ).


Traductions :

La citation de Mistral sur Toulon : " Tout à coup, dans l'accalmie, / Au loin, sur l'onde qui s'encaisse, / S'estompe, sourcilleux, le Caume de Faron : / Au pied, Toulon avec sa rade / Fortifiée terriblement / Avec sa flotte pavoisée, / Son arsenal de guerre, ses ateliers farouches / Où se construisent et se mâtent, / Se carènent et se lancent / Les grandes nefs du Roi... " (Calendal, Chant XII, traduction de Frédéric Mistral lui-même dans une édition du XIXe s.)


Transcription du texte extrait des délibérations du Conseil de Ville d'Ollioules (1580) : " Item que tal trezorier sera tengut a ses despens perilh et fortune portar largent que la vilo deura aux trezoriers dau rey et dau talhon per lous cartons et termes quilz seran degus. Sera aussi tengut pagar toutes charges et deutes degus per la villo suivant lous mandatz que ly seran fachs pourveu quel aye fondz per aquo fayre a pene de tous despans domaiges et interestz " ( transcription Kaaper ) Pas de traduction, il s'agit juste de montrer le mélange de français et de provençal - et dans ce texte le provençal domine, comme vous le constatez...

Sur la plaque de l'Hôtel de Ville d'Ollioules, on n'a reproduit que partiellement le premier vers, qui est en réalité : « D'Ouliéulo, de Siès-Four e d'Èbro ». Traduction  : « D'Ollioules, de Six-Fours et d'Evenos / Les crêtes calcinées, abruptes, / Découvrent leurs escarpements d'azur... Salut aux vieux Ligures ! / Ces roches étaient leurs remparts, / Et de là-haut ils criaient : Hue ! / A quiconque subissait le bât » (Calendal, Chant XII, traduction de Frédéric Mistral lui-même dans une édition du XIXe s.)

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 15:45

Je vous avais promis de vous montrer un monument toulonnais en rapport avec la commémoration du 14 juillet, le voici : il s'agit de la Fontaine de la Fédération, située au coeur de la ville, sur la place de la Liberté. Cette place, créée en 1858 lors de l'agrandissement de la ville décidé par Napoléon III et donnant sur l'artère principale qui traverse Toulon, le boulevard de Strasbourg, fait la jonction entre ce que l'on appelle la ville haute, créée au XIXe s., et la basse ville, qui correspond à la ville ancienne. Quasiment contemporaine de la Tour Eiffel de Paris, cette fontaine fut construite en 1889 par la ville de Toulon et la Fédération républicaine du Var à l'occasion du centenaire de la Révolution française. Elle est consacrée à la Fédération, car rappelons-le la commémoration de la fête de la Fédération ( Paris, 14 juillet 1790 ) avait été choisie conjointement à la célébration de la prise de la Bastille comme fête nationale française en 1880.


Cette fontaine monumentale se dresse devant le Grand Hôtel, achevé en 1870 ; un groupe sculpté se dresse au centre d'un grand bassin ovale agrémenté de cascades et de jets d'eau. L'ensemble est réalisé en pierre de Calissane, matériau typiquement provençal. Le projet a été conçu par l'architecte Gaudensi Allar et sculpté par André Allar, artiste toulonnais qui a été grand prix de Rome et a travaillé à cette époque sur de nombreux projets dans la ville.


Le groupe central est formé de trois figures principales à l'antique : la Liberté, dressée sur un piédestal marqué des initiales RF ; elle est flanquée à gauche d'un personnage masculin symbolisant la Force ; et à droite d'un  personnage féminin représentant la Justice. Tous trois prennent place sur une proue de navire à l'antique, dont le rostre est orné d'une guirlande de fleurs. Aux extrémités, des chevaux marins jaillissent des flots, chevauchés par des putti.

La Liberté est casquée et une épée est attachée à sa ceinture ; c'est une liberté combattante, qui lève fièrement un flambeau et tient dans l'autre main la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. La Force, au lieu de l'habituelle massue faisant référence à l'Hercule antique, tient ici un faisceau de licteur, l'un des symboles révolutionnaires. Par contre, la Justice tient ses symboles habituels, l'épée et la balance ; mais au lieu d'être pointée vers le bas comme c'est souvent le cas, son épée est levée et posée sur son épaule : encore une allusion à la Révolution.


Le groupe sculpté central prend place sur une série de bassins semi-circulaires formant cascades, et de chaque côté un mascaron fantastique déverse de l'eau dans une vasque en forme de coquille.


L'arrière du monument, qui est tourné vers le boulevard de Strasbourg, comporte au centre un édicule classique dans lequel sont placées les plaques commémoratives. Dans le médaillon central prenaient place les armoiries de la ville, surmontées de tours et créneaux. Les côtés s'incurvent de façon élégante, pour rappeler les courbes du bassin. L'arrière lui aussi fourmille de détails, puisque l'ensemble est conçu pour être vu sur toutes les faces...
 
... Ainsi, le putto situé à gauche du groupe central porte le bonnet phrygien et on peut voir derrière lui une pierre sur laquelle est représentée la Bastille, allusion aux événements du 14 juillet 1789. Vous remarquerez aussi les éléments aquatiques, de gauche à droite : un murex ( le coquillage typique de Toulon ), une anguille et une grenouille.


L'inscription sur marbre blanc rappelle que le monument a été érigé en 1889 et qu'il a été inauguré officiellement le 20 avril 1890 en présence du président de la République Sadi Carnot.

Au-dessus de la plaque dédicatoire se trouve un bas-relief sur bronze représentant la Fête de la Fédération, qui fut célébrée au Champs de Mars à Paris le 14 juillet 1790. Le sculpteur s'est inspiré des représentations sur toile. Malheureusement, des vandales stupides, insconscients sans doute de la notion même de patrimoine, ont endommagé cette sculpture âgée de plus d'un siècle...

Pour le plaisir des yeux, la fontaine vue de côté, avec ses jets d'eau. A l'arrière-plan, à gauche, la " maison aux citrons ", dont nous reparlerons, car elle est une des plus belles maisons art Nouveau de Toulon.

Une autre vue latérale du monument, avec les palmiers qui bordent la place et les immeubles haussmanniens épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 19:00



Yalla, faisons-nous moins paresseux et partageons des images glanées au gré des récentes promenades. J'ai choisi de vous montrer aujourd'hui un aspect de la rade de Toulon. Cette photo a été prise depuis le fort de Six-Fours1, une fortification perchée sur une colline qui permet de dominer la rade et de vous en donner une idée générale. C'est d'ailleurs en montant à cet endroit que Bonaparte aurait conçu ses plans pour la reprise de Toulon en 1793. Au premier plan, au pied de la colline, un quartier de Six-Fours puis le port de La Seyne. Au-delà à gauche, le mont Faron2, avec à ses pieds la ville de Toulon ouverte sur la Petite Rade. A droite, la presqu'île de St-Mandrier3 qui cantonne la Grande Rade.  En face, dans le prolongement de Toulon, la pointe de la Mitre où se trouve la Tour Royale4, première fortification de la rade.





Un spectacle toujours aussi beau, dont on ne lasse pas même quand on est Toulonnais. Et cela bien que, comme vous pouvez le constater, l'ensemble est hélas très urbanisé ( seule la presqu'île de St-Mandrier a été en partie préservée de l'urbanisation, car elle est en zone militaire ) ; et de façon pas toujours heureuse, c'est vrai. Mais il n'en reste pas moins le paysage grandiose. La rade de Toulon est considérée comme l'une des plus belles d'Europe et son intérêt a déjà attiré l'attention des Romains5. C'est elle qui a déterminé le destin de la ville, surtout après la réunion à la France6. La Petite Rade, doublée par la Grande Rade, offre en effet un abri sûr pour les navires, ce qui explique que les rois de France aient songé à créer ici ce qui reste aujourd'hui encore le plus grand port militaire français en Méditerranée7 . En dehors de ce rôle militaire, le port jouait depuis l'Antiquité un rôle commercial, qui s'est accru à partir du Moyen Age - des navires marchands en partaient déjà pour Alexandrie au XIVe s. C'était aussi l'un des points de départ pour les voyageurs, que ce soit vers l'Italie ou vers l'Orient. 





On a du mal, il est vrai, à imaginer qu'autrefois ici on pêchait le murex8, le thon dans les madragues, ou encore le corail rouge9 ; qu'on exploitait des salines depuis longtemps disparues... A regarder ce paysage, on se prend à imaginer toutes les pages d'histoire écrites en ces lieux au fil des siècles. Les navires romains10 chargés de marchandises, dont la précieuse pourpre ; la flotte de Louis XII partant pour les guerres d'Italie, ou encore les galères turques de Khayr ed-Deen Barberousse hivernant dans le port sous François Ier ; la flotte flamboyante amenant d'Italie la jeune Marie de Médicis venue épouser Henri IV ; le fourmillement du port créé par Henri IV et Louis XIV ;  le terrible épisode du siège de Toulon en 1793, puis le départ de l'expédition d'Egypte en 1798 ; les escadres coloniales du XIXe s. partant à la conquête de l'Algérie ou en expédition vers l'Asie ; les paquebots luxueux sortis des chantiers navals de La Seyne ; le sabordement de la flotte française en 1942... Mais aussi les voyageurs illustres qui y ont transité ou séjourné, artistes et savants, Pierre Mignard en route vers l'Italie, Pierre Puget et les Van Loo, Champollion vers l'Egypte, Dumont d'Urville marié à une Toulonnaise, Victor Hugo, George Sand, Pierre Loti... Il s'en est passé des choses dans cette rade à l'origine bordée de marécages inhospitaliers... 



Notes :

1- A l'origine, il y avait sur cette colline le château-fort des seigneurs de Six-Fours, de la famille des vicomtes de Marseille, ainsi que la vieille ville dont il ne subsiste que la magnifique collégiale St-Pierre et quelques ruines éparses. L'ensemble a en effet été rasé au XIXe s. pour la construction du fort actuel.
2- Cette montagne dont nous avions déjà je crois parlé.
3- Une ancienne île faisant partie des Stoechades, ou îles d'Hyères, rattachée par la suite au continent par la bande des Sablettes.
4- Que nous Toulonnais appelons depuis toujours " Grosse Tour ", construite au début du XVIe s. sur ordre de Louis XII.
5- Ce sont eux qui fondent Toulon, sous le nom de Telo Martius, et y exploitent la pourpre extraite du murex destinée à la teinture des uniformes de l'armée romaine.
6- Ne dites pas à un Provençal que la Provence a été conquise ou annexée ; selon la volonté du dernier comte de Provence, le célèbre Roi René, elle a été réunie à la France comme un Etat souverain à un autre Etat souverain, faute d'héritier.
7- Si Louis XII a été le premier à remarquer l'intérêt stratégique du site, il faut attendre Henri IV pour que soit créé l'embryon du futur arsenal ; idée poursuivie par Richelieu, mais réellement mise en place sous Louis XIV.
8- Appelé " biòu " en dialecte provençal varois, il fit longtemps partie des ingrédients de l'aïoli toulonnais.

9- Murex, thon et corail rouge ont totalement disparu. La madrague était une technique de pêche au filet qui trouverait son origine à l'époque de l'arrivée des Grecs dans la région.
10- Les fouilles ont permis d'en retrouver plusieurs en excellent état de conservation, qui reviendront peut-être à Toulon le jour où le musée archéologique espéré depuis longtemps sera créé. 

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 21:12


Quand on se promène dans le quartier toulonnais de Bon-Rencontre, entre le grand rond-point et le passage sous l'autoroute ouest pour rejoindre Malbousquet, on a la surprise d'apercevoir soudain, au milieu des maisonnettes du quartier, l'abside d'une petite église. A vrai dire, peu de Toulonnais eux-mêmes savent qu'il y a ici une église orthodoxe grecque ; je l'avais moi-même découverte tout à fait par hasard quand je vivais adolescent dans le quartier...


La façade latérale, avec son porche ; les trois fenêtres de l'étage, ainsi que les trois baies du rez-de-chaussée (porte et deux fenêtres) sont une allusion à la Trinité, à laquelle l'église est consacrée.


La façade principale, avec son clocher, son porche à fronton triangulaire protégeant l'entrée à laquelle mène un escalier, et à nouveau les trois fenêtres.


C'est un édifice très sobre, aux façades blanches, que rien de spectaculaire ne signale. Une petite nef terminée par une abside semi-circulaire, un porche latéral en saillie surmonté d'un fronton triangulaire, et en façade principale un escalier menant à l'entrée abritée par un second fronton, ainsi que le petit clocher proche de nos clochers provençaux. Elle est consacrée à la Sainte Trinité ( Αγίας Τριάδος, transcr. Agias Triados) , et on en retrouve d'ailleurs l'allusion dans sa conception.  Je n'ai pas d'informations la concernant, je vous laisserai juste l'admirer et partager cette découverte. Mais si des orthodoxes grecs de la région ont des choses à nous raconter à son sujet, elles seront les bienvenues.


L'entrée, avec sa grille ouvragée et ses inscriptions qui signalent la vocation de l'édifice.

L'inscription sur marbre, en grec, signalant qu'il s'agit d'un sanctuaire orthodox grec et consacrant l'église à la Sainte Trinité...

... et l'inscription sur le pilier du portail d'entrée ; le patriarcat oecuménique orthodoxe est placé sous l'autorité du Patriarche de Constantinople. Il est celui de la diaspora grecque et des pays qui ne sont pas traditionnellement orthodoxes.


La Provence et la Grèce, c'est une très vieille histoire, des liens de parenté et une histoire commune. Bien avant les Romains, c'est avec les Grecs que les habitants de la région eurent des échanges et c'est d'eux qu'ils apprirent la culture de la vigne et de l'olivier, l'arbre d'Athena... Ce sont les Grecs qui ont fondé la première cité de Provence et de Gaule : Massalia, devenue Marseille. Et de nombreuses familles d'origine grecque vivent ici, pas seulement à Marseille où la communauté d'origine grecque est plus connue. Dans la petite église de Bon-Rencontre, on célèbre d'ailleurs le culte, seule occasion pour laquelle elle est ouverte.



Omniprésence du symbolisme du trois dans les baies sur chacune des façades de l'église.


C'est un aspect de la Provence que j'aime particulièrement : ces passerelles entre les cultures, ces brassages permanents de peuples, de traditions et de coutumes, une porte toujours ouverte sur l'ailleurs. Et il suffit de flâner pour entrouvrir la porte... Nous verrons bientôt qu'il y a un autre sanctuaire orthodoxe dans les environs, mais copte égyptien celui-là...

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:49

Pour ce retour dans les Horizons, je choisis de vous présenter quelques vues du quartier toulonnais dans lequel je me suis nouvellement installé, à l'entrée ouest de la ville. Un quartier que je connais bien en fait, puisque j'y ai pour ainsi dire grandi et que j'y ai déjà vécu quelque temps au retour de l'exil parisien. Quartier aussi où mon père, jeune marin, s'est installé en arrivant à Toulon.


La petite portion du Las qui refuse de quitter son lit d'origine, avant qu'il ne soit enfoui sous le sol actuel, au quartier de Rodeillac.



Le Las, c'est un petit fleuve côtier qui émerge au pied des montagnes à côté du village du Revest, dont la vallée longe le mont Faron par l'ouest et qui se jette dans la mer en deux endroits. Son lit d'origine le menait dans la rade au niveau de Castigneau ; mais au XVIIe s., pour les besoins du port militaire, on l'a détourné, de sorte qu'il se sépare  aujourd'hui en deux : le Las de toujours, qui disparaît sous les constructions dans le quartier de Rodeillac et passe hors des regards sous l'église St-Joseph et la place du marché du Pont-du-Las ; et ce qu'on appelle la Rivière Neuve, qui à partir du Jonquet est en partie couverte pour aller se jeter dans la rade du côté de Malbousquet



Au hasard des rues, au milieu des immeubles bien plus tardifs, on rencontre encore quelques vieilles bastides comme celle-ci, avec des vestiges de son ancien parc, dont les incontournables platanes et un beau pin parasol.


Autrefois, un pont enjambait le Las pour permettre à la route de Marseille de rejoindre Toulon. D'où le nom du quartier, tout simplement. A l'origine, le Pont-du-Las était un hameau entouré de jardins maraîchers et de vergers, de quelques maisons de campagne. Au XIXe s., les industries installées dans la vallée du Las et l'Arsenal se développant, beaucoup d'ouvriers s'installent dans le quartier. Rapidement, des commerces s'installèrent aussi. C'est sous le règne de Louis-Philippe que les constructions s'intensifient et qu'apparaît le projet de construire une église, dont je vous parlerai prochainement. Le Pont-du-Las a perdu son aspect champêtre mais a conservé son caractère de quartier populaire, l'un des plus vivants de Toulon, fait de contrastes.


Sur l'artère centrale par laquelle la route gagnait autrefois Marseille, le XIXe s. a élevé des immeubles de style provençal tardif...


... dont certains, comme celui-ci qui date des années 1830-1840, ont une belle façade ordonnancée et décorée.


Dans les rues adjacentes, ces petits immeubles provençaux où les ouvriers de l'Arsenal ou des industries de la vallée du Las louaient leurs logements pour être plus proches de leur lieu de travail.



L'église néo-romane St-Joseph, construite sous Napoléon III, l'un des coeurs du quartier devant laquelle s'étend la place du marché.


Cachées au mileu des immeubles récents, une ancienne maison de campagne bourgeoise...

... ou une charmante petite maison du début du XXe s. avec son jardinet.


Toutes les époques, tous les styles et tous les types d'habitations se mêlent ;  des jardins, du bois, de la pierre, du béton : "contrastes" est vraiment le maître mot du quartier. On passe sans transition du brouhaha et de l'agitation au calme le plus inattendu, d'immeubles serrés les uns contre les autres à des jardinets ou des placettes. Et au loin, au-dessus des plus hauts immeubles, le Faron veille sur nous, depuis des millénaires...

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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