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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 08:30

 


 




Pour ces Horizons musicaux du week-end, nous resterons en Egypte avec une chanson extraite du tout nouvel album de cette chanteuse égyptienne très populaire qu'est Shêreen. Nous avions déjà rencontré Shêreen avec la chanson qui a marqué sa carrière, " ah yâ leyl " (2002).  Je dois avouer que ce nouvel album, intitulé " Habbeyt " ( حبيت ), ne m'a pas convaincu en totalité ; si on y retrouve bien le style de Shêreen tel qu'on l'aime, on est un peu déçu par certaines chansons qui tombent dans la variété internationale occidentalisée médiocre. C'est d'ailleurs, nous en reparlerons prochainement, une tendance générale dans les albums des grands chanteurs égyptiens sortis cette année ( Amr Diab, Hisham Abbas, etc. ) : nouveau goût du public égyptien à la faveur d'une culture mondiale qui nivelle, ou influence croissante des grandes sociétés de production occidentales au Mashreq ? Sans doute un mélange des deux, et la tentation, à la faveur d'un engouement pour la musique orientale en Occident, de promouvoir les artistes égyptiens en occidentalisant leur musique... C'est à mon sens un peu dommage, d'autant que le résultat donne de la variété de mauvaise qualité, y compris chez des artistes de grand talent.
   

Néanmoins, il y a des chansons que j'ai aimées dans cet album - je crois vous l'avoir déjà dit, j'aime beaucoup la musique et la voix de Shêreen. Ma préférée est celle que je vous propose aujourd'hui, " akheeran etgara't ", différente de ce qu'a fait la chanteuse égyptienne auparavant, mais avec un bon équilibre entre ce qui fait l'identité de la musique égyptienne et des formes plus internationales. J'aime beaucoup également  " 'ool le-emta " ( قل لامتتى ), magnifique orientale moderne, et " fâkerni êh " ( فاكرني إيه ), cette dernière avec une intro en clin d'oeil au style classique égyptien. Agréables également à écouter  " kattar kheyri " ( كتر خيري ), " ma-balâsh " ( مابلاش ) ou encore " matHâsebneesh " ( متحاسبنيش ).

Vous pourrez consulter librement le reste de l'album sur le site égyptien Nogomi.
   
Bon week-end à toutes et tous avec Shêreen et cette musique venue d'Egypte !



 

   



 

شيرين ـ أخيراً إتجرأت


أخيراً إتجرأت أخيراً أنا دلوقت

هعلي صوتي عليه

حقوله إن أنا فوقت واني أنا ماصدقت

أخلص من حبي ليه


دلوقت هارتاحم ألحياة إللي كرهتها

دلوقت حاتكلم وها خرج من سكوتي

وإن كان في حاجة زمان في سري قولتها

جه وقتها عشان اقولها بعلو صوتي


أخيراً إتجرأت أخيراً أنا دلوقت

هعلي صوتي عليه

حقوله إن أنا فوقت واني أنا ماصدقت

أخلص من حبي ليه


من كل كلمة حلوة منه أنا أتحرمت

إللي نصفته في ضعفه بإيحه اتظلمت

بس ألنهاردة من دة كل أنا اترحمت

من كل كلمة حلوة منه أنا أتحرمت

إللي نصفته في ضعفه بإيحه اتظلمت

أنا اشتريت نفسي ومنه أنا اترحمت


دلوقت هارتاحم ألحياة إللي كرهتها

دلوقت حاتكلم وها خرج من سكوتي

وإن كان في حاجة زمان في سري قولتها

جه وقتها عشان اقولها بعلو صوتي


أخيراً إتجرأت أخيراً أنا دلوقت

هعلي صوتي عليه

حقوله إن أنا فوقت واني أنا ماصدقت

أخلص من حبي ليه







akheeran etgara't akheeran ana delwaqt

ha3aly Sooty 3aleeh

Haqoollo enn ana fooqt w enny ana ma-Saddaqt

akhlaS men Hobby leeh

x2


delwaqte hârtâHm el-Haya elly k(e)rehtaha

delwaqte Hâtkallim wa hakherH men sokooty

w enn kân fee Hâga zamân fee sery qooltaha

geh waqtaha 3ashân aqoolha ba3loo Sooty


akheeran etgara't akheeran ana delwaqt

ha3aly Sooty 3aleeh

Haqoollo enn ana fooqt w enny ana ma-Saddaqt

akhlaS men Hobby leeh

x2


men kolli kelma Helwa menno ana atHaramt

elly naSefto fee Da3fo bayHo atZalamt

bass en-nahârda men da kollo ana atraHamt

men kolli kelma Helwa menno ana atHaramt

elly naSefto fee Da3fo bayHo atZalamt

ana eshtareet nefsy w menno ana atraHamt


delwaqte hârtâHm el-Haya elly k(e)rehtaha

delwaqte Hâtkallim wa hakherH men sokooty

w enn kân fee Hâga zamân fee sery qooltaha

geh waqtaha 3ashân aqoolha ba3loo Sooty


akheeran etgara't akheeran ana delwaqt

ha3aly Sooty 3aleeh

Haqoollo enn ana fooqt w enny ana ma-Saddaqt

akhlaS men Hobby leeh

x2



Pour le vocabulaire, nous noterons l'expression typiquement dialectale delwaqt , signifiant " maintenant " ; waqt signifie " temps ", " moment ".

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Musiques des Horizons
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:00

 


 


ألشيخ أحمد برين ـ إنشادات صوفية

 

al-Sheykh Ahmad Barrayn – Inshâdât1 sûfiyya



Dans nos Horizons musicaux du vendredi, nous allons aujourd'hui découvrir un autre aspect de la musique égyptienne : celui des chants sai'idi2 d'inspiration sûfi. A travers l'exemple de Sheikh Ahmad Barrayn, dont un excellent CD est disponible3 facilement. Le sûfisme a fortement marqué la culture musulmane égyptienne, comme nous aurons l'occasion d'en reparler de façon plus spécifique ; dans la mystique et la pratique sûfi, le chant et la musique occupent     une place particulière. Le chantre, ou munshid, est d'ailleurs traditionnellement associé à une confrérie sûfi dans laquelle il dirige les chants. 

 

Sheikh Ahmad Barrayn originaire de Deir, dans la région d'Esna, en Haute Egypte, est considéré comme le plus grand maddâh4 de cette région et même l'un des plus grands de toute l'Egypte. Aveugle de naissance et issu d'une famille de tradition sûfi, il a tout d'abord appris l'art de la psalmodie coranique, puis a étudié trois ans à la prestigieuse université islamique d'el-Azhar, au Caire. Ceci lui a donc permis d'acquérir des bases particulièrement solides. Il chante tour à tour, en fonction du type de répertoire, en arabe classique ou en sa'idi , le dialecte de Haute-Egypte.





Le madîh, ou madh, est un des genres chantés les plus anciens de la poésie arabe. Il est en général consacré à la louange du Prophète ou à des saints dont le culte est traditionnel. Mais cette louange peut aussi avoir un aspect profane, destiné par exemple aux invités d'une soirée pour les honorer. Selon la tradition sûfi, on trouve également dans le répertoire le ghazâl, poésie d'amour destinée à la bien-aimée.



Sheykh Ahmad Barrayn, s'accompagnant d'un daff.


Sheikh Ahmad Barrayn se réfère à la tradition ancienne, dite qadîm. Les maddahâhîn égyptiens expriment une religiosité d'inspiration populaire, et les chants qu'ils composent se réfèrent plus particulièrement aux légendes locales ou aux anecdotes traditionnelles, qui sont assorties d'une morale. Le genre a ceci de particulier qu'il laisse une large place à l'improvisation. Traditionnellement, le maddâh égyptien s'installait sur une place publique pour chanter, un peu à la façon d'un conteur. Des particuliers faisaient aussi appel à lui en l'invitant chez eux. Les représentations des maddahâhîn sont moins formelles que celles des munshidîn au cours des rites sûfi.



Enfin, la qasîdah est le genre poétique rythmé le plus prisé, riche en métaphores et proche de la psalmodie coranique par sa métrique. Elle est en général introduite par un mawwâl, forme poétique très ancienne5 qui est chantée en Egypte soit en langue populaire, soit en langue semi-classique.



Un reqq égyptien marqueté, avec ses dix cymbalettes groupées deux à deux.


Très peu d'instruments en principe pour accompagner ce type de chants : le gharb, longue flûte de roseau caractéristique de ce style ; le daff, grand tambour sur cadre d'origine persane ; le riqq, petit tambourin à cymbalettes ; le naqrazân ou naqayrat, timbale en cuivre sur laquelle est tendue une peau qu'on frappe avec deux baguettes en tiges de palmes, percussion caractéristique du chant religieux de Haute-Egypte.

 

 


C'est véritablement très beau, d'un dépouillement et d'une puissance extraordinaires... Un réel moment de sérénité, de plénitude, à savourer au calme, confortablement installé... Quelles que soient ses convictions et même si on ne comprend pas le texte, il faut se laisser emporter par la voix et la musique. Une occasion de partir à la rencontre de la musique traditionnelle sa'idi, de la musique religieuse égyptienne, mais aussi des traditions populaires qui perpétuent un art ancestral. Parmi les autres maddahâhîn égyptiens renommés, vous pourrez aussi découvrir Sheykh Ahmad al-Tûni et Sheykh Yasîn al-Tuhâmi, tous deux originaires de la région d'Assyut et considérés eux aussi comme des maîtres du genre6. La redécouverte de ce patrimoine musical a largement dépassé les frontières de l'Egypte. A découvrir pour les amoureux de l'Egypte, si vous ne connaissez pas déjà, très sincèrement...


Sheykh Ahmad al-Tûni, un autre maddâh égyptien très renommé.


(Edit) Devant votre déception, et très déçu moi-même, j'ai fini par trouver le site Moussika Arabia sur lequel vous pourrez écouter l'album en intégralité : ana mabsoot 'awi *. J'ai également trouvé sur le site Bolingo des enregistrements que vous pouvez écouter librement et qui vous donneront une idée de l'art des maddahâhîn et des munshidîn, dans différents registres ; outre Sheykh Ahmad Barrayn, vous pourrez entendre également Sheykh Ahmad al-Tûni, Sheykh Yasîn al-Tuhâmi et Sheykh Amin al-Dishnawi ( un munshid de Dishna, près de Qena ). Vous y constaterez un fait caractéristique : souvent le public s'exprime lui aussi et interpelle le chanteur, ce qui est traditionnel en contexte sûfi.





Notes :

1- Inshâd désigne le répertoire des chants religieux du munshid, et par extension du maddâh.
2- Souvenez-vous, en égyptien l'adjectif  " sa'idi " signifie " de Haute-Egypte ".
3- Disponible en diverses éditions, par exemple sous le titre " Sufi songs"  (éd. Long Distance France, 1995).
4- Le maddâh ( pluriel maddahâhîn ) est pour simplifier un équivalent populaire du munshid.
5- Il remonterait au VIIIe s.
6- On surnomme parfois Sheykh Ahmad Tûni " le sultan des munshidîn ".


* je suis très content, en égyptien...

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 14:30

Retour en Egypte pour ces Musiques des Horizons du vendredi, avec la chanteuse Yasmeen et sa chanson " 'aleel el-Heela ". Cette chanson, que j'ai beaucoup écoutée, est extraite de son album " shaklak hatewahashny ", sorti en 2007. Vous trouverez la translittération des paroles. De la variété égyptienne agréable, même si l'album dans l'ensemble ne m'a guère convaincu. En bonus, j'ajoute la chanson titre de l'album, " shaklak hatewahashny ".


 

 

 


'aleel el-Heela

ana Hâ3mel feek gameel 3arfak qaleel el-Heela wa begede Sa3bte 3aleya

ana hâTla3 bint aSeela mosh Hânqa ma3ak bakheela wa Hanen qalby shwayya

x2


hârHam 3ayneek men elly m(e)bakeek w elly m(e)khalleek hatmoot 3aleya

w erga3 men tâny asâmHak tâny w aSaddak tâny enn enta leyya

x2


ana Hâ3mel feek gameel 3arfak qaleel el-Heela wa begede Sa3bte 3aleya


Tab aqoollak lêh ana tâny kân momken aqoollak tensâny

laken mâ-t(e)hoonshy 3aleyya ana 3arfa t(e)moot men ghêry

w Allah edakater khêry enna betater feyya

x2


hârHam 3ayneek men elly m(e)bakeek w elly m(e)khalleek hatmoot 3aleya

w erga3 men tâny asâmHak tâny w aSaddak tâny enn enta leyya

x2


ana Hâ3mel feek gameel 3arfak qaleel el-Heela wa begede Sa3bte 3aleya

ana hâTla3 bint aSeela mosh Hânqa ma3ak bakheela wa Hanen qalby shwayya



( Paroles : Mostafa Morsi ; Musique : Tamer Ashoor )



 
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 21:00

Retour au Mashreq pour nos Horizons musicaux, au Liban pour être plus précis. Parmi les chanteuses orientales que j'écoute très souvent figure sans conteste Najwa Karam ( en arabe نجوى كرم ). Cette chanteuse libanaise, très appréciée dans tout le monde arabe et même au-delà, a su conjuguer avec talent musique aux accents typiquement libanais et sons actuels. Sa voix magnifique et chaude sait éviter, malgré une parfaite maîtrise du chant, le piège des prouesses vocales superflues. Présentation de cette artiste à l'occasion de la sortie de son dernier album.


De gauche à droite, ses albums "Yâ Habbayeb" (1989), "Shams el-ghenye" (1992), "Naghmet Hobb" (1994) et "Ma-besmaHlak" (1995)...


Elle est née en 1966 à ZaHleh (en arabe زحلة ), dans la plaine de la Beqâa ( en arabe البقاع ), à l'est du Liban, dans une famille chrétienne maronite et baigne dès son enfance dans le goût de la musique, en particulier les grands noms de la musique égyptienne comme Omm Kalthom, 'Abd el-Halim Hafez et Mohammed 'Abd el-Wahab. Sa famille s'oppose d'abord à ce qu'elle se lance dans une carrière musicale et elle devient enseignante. Elle a quand même étudié la musique à l'école de musique arabe de Beyrouth, ce qui lui donne des bases solides. C'est finalement en 1985 que débute sa carrière artistique. Elle s'impose rapidement comme l'une des grandes chanteuses libanaises et enchaîne albums et tournées au Mashreq, mais aussi au Maghreb, en Europe et en Amérique. Elle compte aujourd'hui parmi les artistes arabes reconnus, avec plus de 4 millions d'albums vendus, et a multiplié les récompenses. Najwa est aussi une femme de coeur, qui s'implique dans de nombreuses actions humanitaires.



... puis "Mâ Hada la Hada" (1997), "Maghrooma" (1998) et "RooH rooHy" (1999)...


Sa discographie est impressionnante, avec pas moins de 17 albums dans lesquels on trouve nombre d'excellentes chansons. Difficile de faire un choix, je vous invite à découvrir toutes les étapes de sa carrière, vous y trouverez sûrement des chansons qui vous deviendront incontournables.



La couverture du dernier album de 2009, "Khalleeni shoofak" : un vrai plaisir de retrouver Najwa dans ce très bon album.

Son dernier album, intitulé « Khalleeni shoofak » ( en arabe خلّيني شوفك ), vient tout juste de sortir en 2009 et c'est encore un véritable petit bijou. Personnellement, j'aime particulièrement et écoute en boucle dans cet album « Allah yeshghello balo » ( arabe الله يشغل باله ), « Harâmy » ( arabe حرامي ) , ou encore d'autres comme « 'Albi masna3 barood » (arabe قلبي مصنع برود ) ; mais l'ensemble est sincèrement excellent.


... viennent encore "3oyoon 'alby" (2000), "Nadmânna" (2001) et "TaHamoony" (2002)...

 

Vous pouvez écouter le dernier album, et d'autres, en libre accès sur le site égyptien Nogomi ( anglais et arabe ). 



... "SaHarny" (2002), " Shoo mghayyara" (2004) et "Kibir el-Hobb" (2005)...


... et enfin un "Live" (2005), "Haydâ Haky" (2007), un "Best of" (2007) et "3am bemzah ma3ak" (2008). 


Pour les Musiques des Horizons, je vous ai concocté une petite sélection parmi mes chansons favorites et les grands succès de Najwa, choix forcément restrictif et très difficile : "SaHarny" (2003), chanson extraite de l'album du même nom ; "RooH rooHy" (1999), de l'album du même nom ; "Khalleek el-arD" (2007), issu du Best of ; "Shoo l-man3a", extrait de "SaHarny" ; "3am bemzah ma3ak" (2008), de l'album du même nom ; "El-3omr meshwar" (2002), de l'album "TaHamoony".


 

 


 

 


 

 


 

 


 

 


 

 


 

 



Bon week-end (puisque le week-end égyptien ce soir commence )  à toutes et tous, aux accents de la musique lebnaneyya !



Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Site officiel de Najwa (
en anglais ou en arabe ), avec des infos, photos, discographie complète, etc...

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 08:00

Il y avait longtemps que nos vendredis ouverts sur les Horizons musicaux pour le week-end égyptien s'étaient faits silencieux. Pour ce retour, ce seront des Horizons à cheval entre Orient et Occident. Je vous invite en effet à explorer les horizons musicaux de Natasha Atlas, une artiste que, quoi qu'on puisse souvent lire ou entendre de peu sympathique à son sujet, j'aime beaucoup, ainsi que les univers qu'elle nous propose.





Née en Europe mais de racines orientales, elle ne cesse à travers ses albums d'établir des passerelles entre Orient et Occident, puisant dans sa double culture ; et c'est une démarche qui d'emblée me plaît beaucoup. Les rencontres sont parfois très étonnantes, déroutantes même, et forcément pas toujours convaincantes en fonction des goûts de chacun - moi-même il y a des expériences auxquelles j'avoue humblement rester hermétique. Car Natasha n'hésite pas devant les expériences les plus audacieuses : s'appuyant sur les courants musicaux égyptiens d'aujourd'hui, sha3abi et jeel, elle les combine avec diverses influences, des courants anglais aux musiques indienne et afro-américaine, en passant par les influences maghrébines ou hispaniques. Certains le lui reprochent avec véhémence ; d'autres la rejettent tout simplement à cause de sa culture du métissage ; d'autres encore lui reprocheront certaines prises de position, et quelques chansons ont été censurées au Mashreq et en Israel ( il existe par exemple deux versions de l'album « Gedida », une pour le marché occidental et une autre pour le Mashreq ). Mais en même temps, chacun peut trouver dans son répertoire des choses qui le touchent, quelle que soit sa culture musicale.




Natasha Atlas
est née en Belgique en 1964, avec des origines arabes ( égyptienne, palestinienne et marocaine ) et britanniques, et grandit entre Bruxelles et Londres ; ce sera bien entendu déterminant dans ses choix artistiques. D'ailleurs, elle a vécu tour à tour dans différents pays : en Belgique et en Grande-Bretagne, mais aussi au Caire pour renouer avec ses racines égyptiennes. A Londres justement, elle rencontre le Transglobal Underground, un collectif d'artistes multi-culturel qui mêle les musiques occidentale, africaine, orientale et indienne. C'est avec eux qu'elle débute véritablement dans la chanson en 1991, pratiquant également le raqs sharqi. En 1995, elle sort son premier album solo sous le titre « Diaspora », avec l'aide du Transglobal Underground. D'autres suivront jusqu'au dernier en date, sorti en 2008. Chacun de ses albums propose un univers différent, des expériences différentes ; par exemple, dans « Diaspora » (1995) se mêlent Orient et Occident dans la lignée du Transglobal ; tandis que « Halim » (1997), titre choisi en hommage au célèbre chanteur et acteur égyptien des années 1950 3Abd el-Haleem Hafez, renoue avec cette période et la musique égyptienne, tout en conservant l'idée de mixité culturelle. En dehors de ses albums personnels, elle participe à de nombreux projets communs avec d'autres artistes.
 



Difficile de faire un choix parmi les chansons de Natasha. Je me suis donc efforcé de sélectionner des morceaux parmi mes favoris, deux par album, qui donnent autant que possible une idée de la diversité de son travail. J'ai très subjectivement retenu mes albums préférés : « Diaspora », « Halim », « Gedida », « Ayeshteni » et « Mish ma'oul ».


 
« Diaspora » (1995)
Beaucoup de bonnes chansons dans ce premier album, éclectique et surprenant. J'y ai sélectionné « Leysh net'arak » et
« Yalla Chant », mais je vous recommande aussi « Iskanderia »,  et la superbe et audacieuse « Dub Yalil », qui témoignent encore de l'influence du Transglobal par le mélange de musique orientale et d'arrangements occidentaux.


 


 

 


 





« Halim » (1997)
Un album, comme je le disais plus haut, toujours dans la lignée du métissage musical, mais avec un accent particulier mis sur la musique égyptienne inspirée des années 1950-1960 mêlée de pop anglaise. L'une de mes favorites, « Moustahil », représentative de cette ambiance, et « Kidda », qui mêle musiques égyptienne et indienne.  Mais je vous conseille aussi d'écouter 
« Marefnaash », d'inspiration maghrébine ; et « Amulet » pour l'ambiance pop rétro assez amusante ; « Ya 'albi ehda », chant classique sharqi, et l'étonnante « Ya weledi », mélange de tango et de musique rétro sharqeyya.

 

 


 

 


 

 






« Gedida » (1999)
Excellent album, dans lequel il a été bien difficile de choisir quelques chansons tant je prends de plaisir à l'écouter. Comme il fallait bien faire un choix, je vous proposerai « Mistanneek », assez inclassable, et la controversée « Bastet », censurée au Mashreq en raison des paroles. Je vous recommande aussi « The Righteous Path », magnifique mélange réussi oriental et pop, chantée en arabe contrairement à ce que pourrait faire penser le titre ; « Kifaya », avec de beaux mélanges rétro sharqi et occidentaux.


 


 

 


 

 




« Ayeshteni » (2001)

Un album plus résolument oriental sha3abi ( malgré une reprise en anglais de « I put a spell on you » et deux chansons en français ) réalisé au Caire, où Natasha a souhaité renouer en direct avec ses racines égyptiennes. Plus intimiste, en émotion - même si je ne trouve pas que les reprises soient des réussites. « Shubra » et
« Rah » ; aussi « Ashwa » et « Mosh fadiya lak ». Toutes sont représentatives du fruit de cette rencontre directe avec la musique égyptienne. Mais l'ensemble de l'album, parfois franchement déroutant, est à découvrir.

 


 

 


 

 




« Mish ma'oul » (2006)
La bonne surprise de 2006, avec là encore une orientation nettement sharqeyya, mais avec des rencontres audacieuses comme des duos étonnants avec des artistes de RnB. « Oully ya sahbii», une magnifique chanson douce en duo avec le chanteur algérien Sofiane Saidi , et
« Wahashni », tout simplement sublime, avec un superbe accompagnement au qanûn ( Natasha a épousé le musicien syrien Abdullah Shadeh, spécialiste du qanûn ). Aussi « Hayati inta », inspiré de la musique sa'ideyya aux accents africains ; « Bathaddak », étonnant métissage de musique anglaise et orientale en duo avec Princess Julianna.

 


 

 


 

 




Pour finir, deux chansons en français, sa célèbre reprise de « Mon amie la rose » ( sur l'album « Gedida », chanson qui lui a valu une Victoire de la Musique en 2000 ) et « Soleil d'Egypte » ( sur l'album « Ayeshteni » ), puis « Eye of the Duck » ( sur l'album « Something Dangerous » de 2005, que par ailleurs je n'ai guère aimé ), savoureux et surprenant mélange de musique afro-américaine et orientale, avec les Britanniques Tuup et Princess Julianna.

 


 

 


 

 


 




J'espère vous avoir donné envie de (re-)découvrir l'univers musical de cette chanteuse atypique, et que vous passerez de bons moments à écouter ces morceaux.

 

 




Bon week-end à toutes et tous !




NB : j'ai respecté pour les titres la graphie adoptée sur les albums, bien qu'elle ne corresponde pas toujours aux règles de translittération de l'arabe et aux conventions adoptées pour translittérer sur le blog... Ca m'a démangé, mais je me suis retenu.

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 08:00

Pour nos Horizons musicaux du week-end égyptien, nous quitterons pour une fois le Mashreq pour la Turquie avec un jeune chanteur : Ozan. Originaire d'Erzincan, dans l'est de la Turquie, il est venu en Europe, aux Pays-Bas, pour ses études. Footballeur professionnel aux Pays-Bas puis en Turquie, il doit abandonner sa carrière sportive suite à un accident. Passionné de musique, il participe à un concours musical télévisé et le remporte. Il tient à revenir en Turquie et y sort en 2006 un premier album, intitulé " Şekerim benim ", qui rencontre un grand succès dans son pays, mais aussi en Europe. C'est cet album que je vous recommande et dont je vous présente ici deux chansons qui sont parmi mes favorites, avec leurs paroles car la langue turque est elle aussi si belle : " Şekerim benim ", la chanson titre typique de la pop turque, et " Boşuna boşuna  ", plus occidentalisée. Mais il y a dans cet album d'autres très bonnes chansons, en particulier des chansons plus douces. En 2008, Ozan a sorti un second album, " Bı gecelik aşk ", dont vous pourrez entendre des extraits sur son site officiel et qui semble très bon lui aussi ; sur ce site, disponible en turc ou en anglais, vous trouverez d'ailleurs vidéos, extraits, paroles, photos, etc.




Nouveau Tarkan ? On y pense en effet - style play-boy oriental, musiques mêlant tradition turque et influences occidentales, etc. - et la musique fait souvent penser à certains albums de Tarkan. En tout cas, on voit dans un cas comme celui-là que de la télé-réalité rayon " concours musical " peuvent parfois sortir de bonnes surprises, la preuve.





J'avoue que j'ai pris le parti de vous montrer l'un des aspects actuels de la musique turque, celle des soirées et des nuits d'Istanbul . Nous verrons une autre fois la musique turque plus classique et l'envoûtante musique ottomane. Et même du rock turc... La Turquie, nous en reparlerons, est comme l'Egypte un pays que j'aime beaucoup pour la richesse de sa culture, la beauté de sa langue et ses nombreux contrastes. J'espère y aller un jour, insha'a l-llah...

Souhaitons que ce voyage musical du côté de la Turquie vous plaira en vous entraînant sur les rives du Bosphore, et bon week-end !


Ozan - Şekerim benim  

 

 

 


ne sağın ne solun belli
bitiri yorsun sen beni
çok cicili bicili bir şeysin
vallaha ham yaparım seni

x2

gel etme eyleme güzel
ver kararını artık ver
nedir seni düşündüren
yaktın beni beni içten

x2

hımmm hımmm şekerim benim
hof hof... o nazını yerim
hadi gel hadi gel

gel bir şeyler içelim
kendimizden geçelim!

x2

 

hadi gel hadi gel

gel bir şeyler içelim
kendimizden geçelim!

 

( espagnol )


artık yeter sabrim taştı
bak sonunda keçilerim kaçtı
biçak sonunda kemiğe dayandı
yaptıkların çizmeyi aştı

 

gel etme eyleme güzel
ver kararını artık ver
nedir seni düşündüren
yaktın beni beni içten

x2

 

hımmm hımmm şekerim benim
hof hof... o nazını yerim
hadi gel hadi gel

gel bir şeyler içelim
kendimizden geçelim!

x2

 

hadi gel hadi gel

gel bir şeyler içelim
kendimizden geçelim!

 

Hadi gel hadi hadi gel

x3

 

hımmm hımmm şekerim benim
hof hof... o nazını yerim
hadi gel hadi gel

gel bir şeyler içelim
kendimizden geçelim!

x2



Ozan - Boşuna boşuna


 



geçtim ben o yolları geçtim
yazdım kitabı okuma bana
öyle cağirmakla aşk sana gelmez
o sadece uğrar kalbi olana


geçtim ben o yolları geçtim
yazdım kitabı okuma bana
sevdim demekle aşk sana gelmez
o sadece uğrar kalbi olana


para ila pulla hiç işi olmaz
dünyada tekdir bir eşi olmaz
sen aşk için uygun değilsin yavrum
uğraşma senden hiç birşey olmaz


boşuna boşuna oynama boşuna
kim inanır senin olmayan aşkına
ya sana inansam kahrolur insan
senin gibi zalim düşmanımın başına
x2

geçtim ben o yolları geçtim
yazdım kitabı okuma bana
sevdim demekle aşk sana gelmez
o sadece uğrar kalbi olana


para ila pulla hiç işi olmaz
dünyada tekdir bir eşi olmaz
sen aşk için uygun değilsin yavrum
uğraşma senden hiç birşey olmaz


boşuna boşuna oynama boşuna
kim inanır senin olmayan aşkına
ya sana inansam kahrolur insan
senin gibi zalim düşmanımın başına
x2

 

 

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 08:30

Pour ces traditionnels Horizons musicaux du week-end, nous resterons une semaine de plus au Liban, avec une chanteuse aux multiples facettes, Pascale Mash3alânyباسكال مشعلاني ). Célèbre dans son pays et au Mashreq, mais aussi en dehors du monde arabe, elle a travaillé avec de nombreux compositeurs et poètes libanais et égyptiens. La chanson que j'ai choisie non sans mal est une de mes favorites, extraite d'un album datant de 2005, " Akbar kedba be-Hayâty " ( اكبر كذبة بحياتي ). Album que je vous recommande d'ailleurs dans son ensemble.



Bon week-end à toutes et tous, long week-end du 1er mai et week-end égyptien, au son de cette talentueuse Libanaise.


 



Hatigeeh tâny


rooH w ensani
bokra Hatigeeh tâny tâny tâny tâny
rooH w ensani
basse Hatendem yoom 3alashani
x2

enta konte b(e)tqool tehwani
lamma Hatigeeh f(ê) yoom tensani
x2

donya walla w feeha 3agayeb
rooH Hatigeeh tâny

meen enta meen
enta enta 3ashan Habbêtak
êh enta êh
law Haqool le-d-donya ansêtak
x2

enta konte b(e)tqool tehwani
lamma Hatigeeh f(ê) yoom tensani
x2

donya walla w feeha 3agayeb
rooH Hatigeeh tâny

shoof ebqa shoof
bokra tendam lamma aseebak
rooH yallah rooH
bokra shooqak tâny geebak
x2

enta konte b(e)tqool tehwani
lamma Hatigeeh f(ê) yoom tensani
x2

donya walla wa feeha 3agayeb
rooH Hatigeeh tâny

( Paroles : Ehab Abdo ; musique : Tamer Ashoor )

 




Vocabulaire :

bokra : demain
> ba3de bokra : après-demain
> embâreH : hier
> en-nahar-da : aujourd'hui
tâny est ici utilisé comme adverbe avec le sens de « une deuxième fois, encore »


Nous allons profiter de cette chanson aux paroles simples pour commencer à voir en douceur quelques formes de conjugaisons :

* l'impératif :
ensa : oublie < nesi : oublier
> ensa- + -ni ( suffixe 1e pers. sing. ) : oublie-moi
rooH : ( ici ) va-t-en
shoof : regarde


* le futur :
Hatigeeh : viendras < geeh ( égypt. gêh ) : venir
> Hatigeeh tâny : tu viendras encore ( une fois, = tu reviendras )


* le passé :
kont : forme du passé pour le verbe être, qui n'est alors plus sous-entendu comme au présent
Habbêtak < Hâbbet = racine du passé du verbe « aimer »
(ana) Hâbbet- + -ak ( suffixe masculin 2e pers. sing. ) : je t'ai aimé, je t'aimais
( cf. souvenez-vous au présent : baHebbak )



 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 08:30

Pour ces Horizons musicaux du week-end, nous ne quitterons pas le Mashreq, avec un duo de chanteurs libanais : Nawâl el-Zoghbyنوال الزغبي ) et Wâ'el Kfooryوائل كفوري  ). Tous deux ont été très influencés par le chant arabe classique et les anciens chanteurs comme la grande Omm Kaltoom. Cette chanson est un bon exemple de duo traditionnel, avec les instruments et le choeur en usage dans ce type de chant.





 



 نوال الزغبي و وائل كفوري ـ مين حبيبي انا


 

meen Habeeby ana
redd 3aleya 'ooly

x3

 

مين حبيبي انا

رد علية قولي
x3

 

meen Habeeby ana
redd 3aleya 'ooly

x3

 

مين حبيبي انا

رد علية قولي
x3

 

inta (e)lly b(a)Hebbo ana

x4

 

انت اللي بحبّه انا
x4

 

sâken be-'alby we rooHy
inta l-balsam le-j(o)rooHy

x2

 

ساكن بقلبي و روحي

انت البلسم لجروحي
x2

 

inta Hayâty
inta Hayâty
gharâmy ana ana

 

انت حياتي

انت حياتي

غرامي انا انا

 

inta (e)lly b(a)Hebbo ana

x4

 

انت اللي بحبّه انا
x4

 

lamma inti s(e)'alty
'eltelek baHebbek
s(e)'altek etkhabayty
beyTâw3ek 'albek

x 2

 

لما انت سألتي

قلتلك بحبّك
سألتك اتخبيتي

بيطاوعك قلبك
x2

 

la deh l-hawâ mosh heyk
la deh beyedbalo l-'albeyn
w enn kân Sa3b 3aleyki
taHkeeny min el-3ayneyn

x2

 

لا دة الهوا مش هيك

لا دة بيدبله القلبين
و ان كان صعب عليك

تحكيني من العينين
x2

 

w enn kân Sa3b 3aleyki
taHkeeny min el-3ayneyn
ba3ref ana ba3ref
ba3ref shoo' râH bet'oody

 

و ان كان صعب عليك

تحكيني من العينين

بعرف انا بعرف

بعرف شوق راح بتقودي

 

meen Habeeby ana
redd 3aleya 'ooly

x3

 

مين حبيبي انا

رد علية و قولي
x3

 

law ghebte d(e)'ê'a bet'allam
w en-nasme 3annak betkallam

x2

 

لو غبت دقيقة بتألم
و النسم عنك بتكلم

x 2

 

ma-feesh jamâlo Hadâ
3omry gharâmo (e)btada

x3

 

مافيش جماله حدا
عمري غرامه ابتدا

x 3

 

aHky w yeredd eS-Sada
x3

 

احكي ويرد الصدى
x3

 

inta (e)lly b(a)Hebbo ana

x4

 

انت اللي بحبّه انا
x4

 

naZrâtek bet'elly
esre'tly 'alby we Teer
ba3dek 3amm t(e)ghelly
3aleya l-m(e)shâweer

x2

 

نظراتك بتقلي

اسرقتلي قلبي و طير
بعدك عم تغلي

علية المشاوير
x2

 

yalla z-zaman sâbe'na
herbany
aHlâmo
w el-3omre
lawma 3eeshetna
shoo' naf3 ayâmo

2x

 

يلّى الزمان سابقنا

و هرباني احلامه
و العمر لوم عشتنا

شوق نفع ايامه
x2

 

w el-3omre lawma 3eeshetna
shoo' naf3 ayâmo
min shoo' ba3de makhjooly

 

و العمر لوم عشتنا

شوق نفع ايامه

من شوق بعد مخجولي

 

meen Habeeby ana
redd 3aleya 'ooly

x3

 

و مين حبيبي انا

رد علية و قولي
x3

 

inta (e)lly b(a)Hebbo ana

x4

 

انت اللي بحبّه انا
x4

 

meen Habeeby ana
redd 3aleya 'ooly

x3

 

مين حبيبي انا

رد علية و قولي
x3

 

ana

 

انا

 

inta (e)lly b(a)Hebbo ana

x4

 

انت اللي بحبّه انا
x2

 

 

Vocabulaire :


L'occasion dans cette chanson, où Nawâl et Wâ'el se répondent *, d'observer les différences entre constructions au masculin et au féminin dont nous avions parlé en notions de grammaire d'arabe dialectal égyptien ( même si ici il s'agit de dialecte libanais, comme vous le remarquerez sans difficulté à certaines différences, comme le jîm qui se prononce -j et non -g par exemple ).

meen ? : qui ?

redda ( 3ala ) : répondre ( à ) > redd 3aleya : réponds-moi

qool ** : dire

elly ( relatif invariable ) : qui, que

> enta elly baHebbo : tu es celui que j'aime

sâken (n.) : habitant ; (adj.) tranquille

balsam : baume

jorH ( plur. jorooH ) : blessure

> inta l-balsam le-jorooHy : tu es le baume sur mes blessures ( c'est beau ! )

Sa3b : dur, difficile

ebtada : commencer

Sada : écho

naZra : regard

lawma : désapprouver, condamner

3eesha > 3eeshetna : notre vie ( règle du ta marbuta )

naf3 : utilité

yoom ** ( pluriel ayâm ) : jour

ba3ref : quelquefois, 3aref, qui en principe est un participe actif ( voir " constructions verbales particulières " ), est conjugué comme s'il était un véritable verbe.

* à la question : " meen Habeeby ana ? " , Nawâl répond : " inta elly baHebbo ana ", par exemple...

** en règle générale, le wâwو ) qui est placé entre une consonne vocalisée et une consonne non vocalisée en arabe littéral se transforme en dialectal en -oo, comme ici :
قول  qawl ( littéral ) > qool ( dialectal ) ;  يوم yawm ( littéral ) > yoom ( dialectal )

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 20:36




Pour ce week-end égyptien et notre promenade musicale du vendredi, nous reviendrons en Egypte avec Shâheenâz. Cette Cairote a étudié la musique au Music Institute du Caire et a chanté à l'Opéra de la capitale égyptienne sous la direction de Slim Sahab. La chanson " gowwa 'albi " est la chanson titre de son album sorti en 2006 ; influences orientales et occidentales hispaniques s'y mêlent en une variété égyptienne qui, sans être de la grande musique, est agréable à écouter. Une autre facette de la musique égyptienne d'aujourd'hui.




 

 

شاهيناز ـ جوّة قلبي



Hâl ana Hasêto lamma shoofte hawak
kolle deh Heneya 3eshtaha wayak



hamseek w kalâmak deHketak w 3aynek
toHt ana 'oddâmak sebte rooHy 3aleyk



yally gowwa 'albi tamally
inta 'albak mally
inta Hasse hawaya shoo'y w nadalak
Hobby inta aghla ma-3andy men yeHebbak 'addy
fên marooH wayaya 3aysha gharâmak
x2



3omry konte n(e)seeto 'able ma-'al'ak
w elly ba'i leya men Hayâty ma3ak



betnadeek ayâmy 3aysha teHlam leek
w el-Haneen fê kalâmy yeHky basse 3aleyk .. 3aleyk



yally gowwa 'albi tamally
inta 'albak mally
inta Hasse hawaya shoo'y w nadalak
Hobby inta aghla ma-3andy men yeHebbak 'addy
fên marooH wayaya 3aysha gharâmak



ana w inta Habeeby ba'ena
inta el-Hobbe beyemla 3alena
'ol le-l-garHe yerooH keda enne ba3eed ma-yegeesh le-na
walla beena elly yekhaleena neba3eed law yoom 3an ba3dena
'arrab aktar w aktar leya deh el-ayâm shoo' beynadeya



yally gowwa 'albi tamally
inta 'albak mally
inta Hasse hawaya shoo'y w nadalak
Hobby inta aghla ma-3andy men yeHebbak 'addy
fên marooH wayaya 3aysha gharâmak
x2



( paroles : MoHammed 3Abd el-Hamid ; musique : Adam Hossein )

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 14:10

Reprenons nos ( bonnes ) habitudes des promenades dans les Horizons musicaux à l'occasion du week-end égyptien. Aujourd'hui, je voudrais à la fois vous faire découvrir un genre de chant arabe, le mawwâl, et une chanteuse sharqeyya.





Le mawwâl ( en arabe موّال , pluriel mawâwîl مواويل ) est un type de chant qui appartient à une longue tradition dans le monde arabe. Issu de la musique et de la poésie savantes, il en est en quelque sorte le pendant populaire. Il est chanté en langue dialectale et adopte une forme poétique libre à partir des modèles classiques, qui laisse une large part à l'improvisation vocale. Les voyelles sont en particulier modulées, et certaines phrases répétées avec des variantes vocales par lesquelles l'artiste démontre sa maîtrise du chant. Le mawwâl est très souvent un chant d'amour, souvent aussi nostalgique, mais il peut également se teinter d'élan mystique. Le mawwâl débute en général par une courte phrase, en général un layâly ( arabe ليالي , l'invocation " yâ leyl " ) ou le titre du mawwâl, qui est modulée par d'habiles et subtiles variantes. Enfin, le mawwâl sert souvent d'introduction à un chant plus long. Sa forme varie énormément d'un pays à l'autre, puisqu'on le rencontre dans tout le monde arabe.




Pour vous permettre de découvrir ce genre du mawwâl, si vous ne le connaissez pas encore, ou d'en apprécier de bonne qualité, si vous le connaissez déjà, je vous propose d'écouter deux mawâwîl d'une chanteuse palestinienne, Asala Yoosef, qui en a enregistré plusieurs et qui est une chanteuse dont nous reparlerons, car j'aime beaucoup sa maîtrise du chant traditionnel sharqi. Les exemples, représentatifs de la diversité du genre, sont tirés de ses albums :



" Asala Yoosof 2007  " ( أصالة يوسف 2007 ) :

" ah yâ ebni " ( آه يا إبني )

 

 


 

 

 

 

 



" ghâbet shams el-Haq " ( غابت شمس الحق ) :

" ta3âly " ( تعالي )

 


 



Bonne écoute, laissez-vous emporter vers le Mashreq par la voix d'Asala.

 
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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