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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 07:06

Je souhaiterais consacrer une série de trois articles à un lieu qui m'a fasciné lors de mon premier voyage en Egypte, bien que je n'ai fait que l'apercevoir de loin depuis le désert lors d'une promenade en dromadaire. Il mérite de prendre le temps d'aller le voir lors d'un séjour à Aswan, ce que j'espère pouvoir faire un jour. Nous commencerons par une présentation générale du site, avant d'évoquer ses monuments majeurs dans les deux prochains articles : son église et les monuments de la terrasse haute.

 

 

simeon7.jpg 

 

Le monastère St-Siméon (Deir Anba Sim'an) se situe à Aswan, sur la rive occidentale, à un peu plus d'un kilomètre des rives du Nil, dans un paysage désertique. Le nom de St-Siméon lui fut donné par les voyageurs et archéologues, mais les sources coptes et arabes le mentionnent sous le nom de Deir Anba Hatre, du nom d'un anachorète qui fut évêque de Syène (nom antique d'Aswan) à la fin du IVe s. Selon la tradition, juste après son mariage à l'âge de 18 ans, Hatre croisa un cortège funéraire qui lui inspira de garder sa chasteté ; puis il devint disciple de st Baiman. Après huit années de pratiques ascétiques auprès de son maître, il se retira au désert et se consacra à l'étude de la vie de st Antoine. Il mourut sous le règne de Théodose I, à la fin du IVe s.

 

A vrai dire, le site a pour l'instant semble-t-il peu retenu l'attention des archéologues. Grossmann l'étudia et lui consacra une publication en 1985 ; en 1998, des inspecteurs des Antiquités vinrent étudier et prélever quelques vestiges dans l'ancienne chapelle. Mais c'est à peu près tout. Il fut pourtant un des monastères les plus importants d'Egypte, comptant jusqu'à 1000 moines.

 

 

simeon11.jpg

 

 

On ne sait pas si Anba Hatre y fonda déjà un monastère. En tout cas, un monastère est attesté aux VIe-VIIe s., si on en croit la datation des peintures murales conservées dans des grottes. Dans la première moitié du XIe s., le monastère connaît une grande activité et d'importants bâtiments sont construits. Abu al-Makarim, historien et voyageur du XIIe s., parle d'un lieu occupé par des moines. En 1173, il subit une attaque des troupes de Salah ed-Din menant une expédition en Nubie et est gravement endommagé. A la fin du XIIIe s. , le monastère est totalement abandonné, tant à cause du manque d'eau qu'en raison des attaques des pillards du désert.

 

      

Le monastère est en ruines, mais de nombreuses structures sont bien conservées. Il présente un intérêt architectural certain. Sa chapelle est un des plus beaux exemples d'église oblongue à coupole d'Egypte. La tour servant de résidence, ou donjon, est l'exemple le plus abouti. Les nombreuses sépultures du cimetière du monastère sont une intéressante source d'information sur les tombes de la période paléochrétienne. Le four de potier s'est également révélé très instructif sur les céramiques archaïques d'Aswan.

 

 

simeon16.jpg

Plan d'ensemble : en vert, la terrasse inférieure, avec sa porte (3) et son église (2) ;

en gris, la terrasse supérieure avec sa propre porte (1).   

 

Un escarpement sépare le monastère en deux terrasses naturelles. Un mur d'enceinte trapézoïdal d'environ 6m à 8m de haut entoure le complexe, qui couvre à peu près un hectare ; deux portes donnent accès à chacune des deux terrasses. Ce mur d'enceinte, formé dans sa partie basse de pierre et dans sa partie haute de briques crues, était renforcé par des tours et des postes de guet. Sur certaines portions au moins, le mur devait à l'origine atteindre une hauteur de 10m, seules les pierres ayant résisté au temps. La couleur ocre des briques contribue à harmoniser l'ensemble avec le désert environnant, créant une impression d'une grande beauté.

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Kuptios - Egypte copte
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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