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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 07:24

Karnak... Ce nom à lui seul évoquait depuis l'enfance toute la magie et la grandeur de l'Egypte. Que n'avais-je pas lu au sujet de ce temple sublime, de ce haut lieu de la civilisation égyptienne. Combien de fois m'étais-je perdu à rêver en examinant les plans et les photos des reliefs. Et ce matin, en émergeant d'une courte nuit de sommeil dans ma cabine du bateau accosté à Louqsor, je fais littéralement un bond et cours me préparer sans tarder : nous allons visiter le temple de Karnak. Je suis comme dans une bulle irréelle, j'ai encore du mal à y croire, je vais aller voir le domaine d'Amon.

 

 

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Les chèvres sur la placette...

 

 

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L'entrée de Karnak, avec au fond le 1er pylône...

 

 

En arrivant près du site, l'impatience est à son comble et l'émotion grandissante. Sur une petite place, des chèvres nous distraient un instant de l'objet de nos rêves ; des cousines du bélier d'Amon, qui circulent librement... La billetterie, le contrôle, les premiers sphinx à tête de bélier du dromos, et soudain il est là : le premier pylône du temple de Karnak, souverain, imposant, plus beau encore que dans mes rêves. Heureusement que j'ai mes lunettes de soleil, car aussitôt les larmes me montent aux yeux ; ça peut sembler ridicule, mais l'émotion est très forte. J'entends à peine la voix d'Amr, notre guide pourtant très intéressant. Et tandis que nous pénétrons dans le temple, j'ai comme le sentiment de faire la vraie rencontre avec l'Egypte pharaonique ;  Abu Simbel avait déjà été un moment fort d'émotion égyptologique, mais là c'est plus fort encore : c'est toute l'âme de l'Egypte ancienne qui vibre dans ces murs. La forêt de colonnes de la grande salle hypostyle est plus impressionnante encore que tout ce qu'on peut imaginer, à la démesure du génie égyptien ; et la lumière qui filtre à travers les claustra conservés permet d'imaginer ce que voyaient les Egyptiens antiques. Je m'étais ébahi devant la finesse des chapiteaux des temples ptolémaïques, mais je suis ébloui par la grâce et la grandeur de ceux, plus anciens, de la salle hypostyle de Karnak. La nature captée dans sa force symbolique. Dans ce qu'il reste du saint des saints, quelques mots d'une vieille louange à Amon me reviennent en tête... Karnak, outre la beauté architecturale et l'intérêt archéologique, fait partie de ces lieux où l'on sent une présence, où les pierres se sont chargées de la piété des hommes. Amon le Caché est-il toujours là ?

 

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Quelques vues de la fabuleuse salle hypostyle...

 

 

Vient le moment où nous pouvons nous promener seuls dans l'immense domaine d'Amon. Il faut faire des choix et bien gérer son temps, on est un peu dépassé par l'ampleur des lieux. Je regette de ne pas m'être muni d'un plan ; tant pis, j'irai où mes pas me mèneront. Nous reviendrons à l'occasion sur des éléments particuliers, comme les obélisques, le lac sacré et certains détails architecturaux. Nous avons droit, bien sûr, au scarabée autour duquel les visiteurs exécutent une étrange circumambulation, c'est-à-dire qu'ils tournent autour un certain nombre de fois. Je m'éloigne seul vers l'Akh-Menu, ce vaste bâtiment rectangulaire situé dans l'axe des pylônes et de la salle hypostyle ; on y découvre des vestiges de couleurs d'une beauté encore éclatante. De là, mon regard embrasse l'ensemble avec un mélange d'admiration, d'exultation et de respect. Il y a là une équipe de tournage, je ne m'attarde pas plus.


 

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L'Akh-Menu, avec le détail des vestiges de polychromie d'une salle latérale...

 

 

Je quitte ensuite l'Akh Menu pour me diriger vers le rempart ouest. Et je me retrouve dans le petit sanctuaire de Ptah ; un Egyptien sorti d'on ne sait où m'accoste, il veut me montrer quelque chose dans le temple du dieu qu'il appelle " BitaH " ; il ouvre une porte et devant moi se trouve la statue de la divine Sekhmet, épouse de Ptah, splendide. Un autre visiteur est assis et prend des croquis ; nous nous sourions, sans échanger une parole nous nous comprenons, c'est un instant magique, loin de la foule. Je donne un bakhshish à l'inconnu Egyptien qu'un garde posté sur le rempart commence à réprimander, et il détale après m'avoir remercié.

 

 

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L'entrée du temple de Ptah, et mon complice égyptien...

 

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La Sekhmet qu'il me fait découvrir...

 

Je retourne ensuite vers le temple principal, car l'heure approche de retrouver le groupe. Je savoure chaque instant. Je prends des photos, mais une fois rentré en France je réaliserai qu'en fait j'en ai pris assez peu et que les principaux souvenirs sont gravés dans ma tête et mon coeur de façon indélébile. Un jour je reviendrai dans le domaine d'Amon, et prendrai tout le temps qu'il faudra pour l'explorer. Il est temps à présent de rejoindre les autres. Nous avons d'autres visites à faire, et non des moindres...

 

 

 

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Papyrus D'identité

  • : Horizons d'Aton - Beyt Kaaper
  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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