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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:00

La situation et les informations ont longtemps été confuses quant aux pillages qui sont survenus durant la récente révolution égyptienne. Elles le demeurent encore en partie, même si on commence à avoir une meilleure idée grâce aux opérations d'inventaire en cours.

 

Mais au préalable, je tiens à rappeler qu'il faut se garder d'amalgames et de raccourcis douteux, voire méprisants envers le peuple égyptien comme on en a hélas vus ou lus ici et là : ceux qui ont perpétrés ces vols ne sont autres que des voyous comme il en existe partout, il ne faut absolument pas faire l'amalgame avec tous les Egyptiens, qui ont mené leur révolution au péril de leur vie et se sont comportés en citoyens responsables ; et il me paraît important également de rappeler que ce sont des citoyens égyptiens eux-mêmes, alors que les forces de police se montraient inaptes à en assurer la sécurité, qui se sont rassemblés pour protéger non seulement le Musée Egyptien du Caire, mais aussi de nombreux sites dans tout le pays. Les Egyptiens sont très attachés à ce patrimoine qui est avant tout le leur. 

 

 

2015286615_1.jpg

Dans cette vitrine du mobilier funéraire de Toutankhamon, les deux statuettes situées à gauche font partie des oeuvres volées ; du Toutankhamon au harpon, il ne reste que la barque, les pillards ayant cassé la statuette. Celle tout à fait à droite, représentant le roi sur une panthère, a été sévèrement endommagée mais a pu être restaurée.

 

 

Contrairement à ce qui avait été annoncé à l'origine, ce sont en réalité 54 oeuvres qui sont toujours portées disparues au Musée du Caire ; 16 en tout ont à l'heure actuelle été récupérées, parmi lesquelles le scarabée de coeur de Youya ou encore la statuette d'Akhenaton tenant une tablette à offrandes. On est bien loin de ce qui avait été annoncé et publié par le dr. Zahy Hawass ! Le 15 mars dernier, le Conseil Suprême des Antiquités a laconiquement publié une liste des oeuvres volées, que voici ( avec leur n° d'inventaire, et en gras les objets récupérés avec certitude ) :

  • Statuette en bois doré de Toutankhamon sur une barque, tenant un harpon ( JE 60710.1)
  • Statuette en bois doré de Toutankhamon portant la couronne rouge (JE 60713)
  • Statuette en bois doré de la déesse Menkaret portant Toutankhamon (JE 60716.1)
  • Manche d'éventail en bois doré (JE 62006)
  • Trompette en bronze doré et bois peint (JE 62008)
  • Modèle de vase en bois (JE 26083)
  • Plaque en terre cuite en forme de lit (JE 31720)
  • Statue d'Anubis assis en bronze (CG 38530)
  • Statue de Bastet assise en bronze (CG 38998)
  • Statue de Hapi marchant en bronze (JE 77)
  • Partie supérieure de sceptre en bronze représentant la déesse Hat-Mehit coiffée d'un poisson (JE 658)
  • Statue d'Onuris marchant en bronze (JE 9080)
  • Statue d'Osiris assis en bronze (JE 17914)
  • Statue de Neferhotep marchant en schiste (JE 18020)
  • Statue d'Osiris debout en bronze (JE 22040)
  • Poisson sur un socle en bronze (JE 22196)
  • Statue d'un taureau couché en calcaire (JE 27324)
  • Statue de Sobek anthropomorphe debout en bronze (JE 29868)
  • Statue de la déesse Neith marchant en bronze (JE 30324)
  • Statue de Bastet assise en bronze dédiée par Padiamen (JE 36598)
  • Statue d'Harpocrate marchant, portant le diadème Andjety, en bronze (JE 67925)
  • Sceptre en bronze d'Ankhusiri portant des inscriptions (JE 91488)
  • Statue en bronze du taureau Apis avec le disque solaire et l'uraeus (TR 3.2.19.23)
  • 2 Barbes postiches en bronze (TR 10.11.21.3 & TR 10.11.21.8)
  • Oushabti de Touya en boisplaqué de feuille d'argent, portant 9 lignes d'inscriptions (JE 68995)
  • Oushabti de Youya en bois portant 10 lignes d'inscriptions (JE 68984)
  • Oushabti de Youya en bois peint & doré portant 7 lignes d'inscriptions (JE 68989)
  • Oushabti en bois doré de Touya portant 9 lignes d'inscriptions (JE 68998)
  • Oushabti de Youya en bois portant 11 lignes d'inscriptions (JE 68982)
  • Oushabti de Youya en bois portant 9 lignes d'inscriptions (JE 68983)
  • Oushabti de Youya en bois portant 9 lignes d'inscriptions en bleu (JE 68987)
  • Oushabti de Youya en calcite sans inscription (JE 68994)
  • Oushabti de Youya en ébène avec 7 lignes d'inscriptions (JE 68992)
  • Oushabti de Youya en bois peint avec 2 colonnes verticales d'inscriptions en bleu (JE 68993)
  • Statue inachevée de Nefertiti en porteuse d'offrandes en calcaire (JE 44867)
  • Statue d'une princesse amarnienne marchant en granit rouge (JE 44874)
  • Tête d'une princesse amarnienne en quartzite (JE 65040)
  • Statue de Bes en stéatite sur un socle de calcite (JE 53250)
  • Statue d'une princesse amarnienne en quartzite (JE 44873)
  • Statue de scribe assis accompagné d'un Thot babouin, en stéatite sur un socle de calcaire (JE 59291)
  • Statue d'un homme assis en calcaire peint (JE 52976)
  • Statue d'un taureau Apis avec le disque solaire entre les cornes, en bronze (JE 29357)
  • Statuette de Nakht marchant en bronze (JE 30204)
  • Oushebti d'un fonctionnaire en calcaire peint (JE 39590)
  • Bracelet de perles rondes en faïence (JE 45664)
  • Collier en or, pierres et faïence (JE 47906)
  • Collier en perles de faïence avec des pendentifs en forme de lys (JE 47909)
  • Collier de 28 perles de corail (JE 49104)
  • Collier de perles en or et d'amulettes (JE 49105)
  • Fragment de ceinture en lapis lazuli de Merytamon (JE 55175)
  • Collier de 44 perles de verre (JE 58434)
  • 10 amulettes en faïence et 1 perle en faïence (JE 94481)
  • Statue d'une jeune femme debout portant une large perruque, en calcaire peint (JE 27326)

 

Selon d'autres sources, mais pour l'heure invérifiables, de nombreuses autres oeuvres manqueraient elles aussi... Comme on le voit par la qualité des oeuvres dont il est question dans cette liste officielle, les vols ne semblent pas pour l'essentiel avoir été faits au hasard.  La période amarnienne, qui rencontre dans le monde entier un grand engouement, a été particulièrement visée à travers des oeuvres majeures. Selon le blog Luxor Times, un malfaiteur et deux de ses complices qui avaient profité des troubles pour s'introduire dans le Musée sont tombés dans un piège tendu par la police égyptienne avec l'aide d'un membre de l'ambassade américaine du Caire qui s'est fait passer pour un acheteur potentiel ; cette arrestation a permis de récupérer 12 des oeuvres volées, des statues de bronze essentiellement ainsi que des bijoux. Cette information, relayée par les autorités égyptiennes, confirme ce que tous craignent : que les antiquités dérobées ne partent, ou ne soient déjà hélas parties, pour l'étranger. De telles merveilles ne pourraient de toute façon être acquises que par des collectionneurs fortunés, sur des circuits parallèles car elles sont trop connues pour passer inaperçues sur le marché officiel. Un appel est lancé par les autorités égyptiennes ainsi que par les égyptologues de toutes nationalités pour que le contrôle de la circulation et de la vente des oeuvres d'art égyptiennes soient renforcées. Il est à souhaiter que, pour une fois, le marché de l'art et des antiquités ne jouisse pas de l'impunité relative dont il bénéficie souvent, quelle que soit la provenance des oeuvres concernées d'ailleurs. Il faut avoir espoir que ces trésors de l'art égyptien seront retrouvés rapidement. Insha'a l-llah.

 

 

 

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Ce magnifique taureau Apis en bronze (haut. 11 cm, larg. 12 cm) fait également partie des oeuvres disparues... 

 

 

Vous pouvez consulter au format pdf la liste des oeuvres disparues du Musée Egyptien du Caire publiée par le Conseil Suprême des Antiquités ; les photos, malheureusement, sont de très mauvaise qualité.  

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 08:00

news-egypto-brut-trim1_2010.jpg 

 

 

Ce premier trimestre de 2010 a été une nouvelle fois riche en découvertes diverses, tant à Louqsor qu'à Saqqarah ou encore Alexandrie. Je ne m'étendrai pas sur certaines d'entre elles qui ont été largement commentées dans les médias et sur le web, me contentant de vous fournir quelques liens. De même, je me contenterait d'évoquer en un mot des découvertes qui méritent de faire l'objet d'articles spécifiques à venir.

 

 

 

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Saqqarah - Découverte de deux vastes sépultures tardives : Une équipe égyptienne a annoncé en janvier dernier la découverte de ce qui pourrait être la plus vaste sépulture du site de Saqqarah. Il s'agit d'une tombe taillée dans la roche située tout près de l'entrée actuelle du site de la nécropole et datable de la XXVIe Dynastie. Elle est formée d'un grand couloir qui dessert de nombreuses salles annexes et passages. Une seconde tombe, plus petite, a été trouvée à proximité. L'ensemble constituait une sépulture collective pour des personnes de la classe moyenne ; il fut réutilisé à plusieurs reprises, puis pillée vers la fin de l'époque romaine. Parmi les nombreux artefacts exhumés, outre des restes humains épars, des sarcophages, des poteries et des faucons momifiés.(voir l'article de Yolande Knell, BBC News du 4 janvier 2010, ainsi qu'un autre de Rossella Lorenzi, Discovery News du 4 janvier 2010 avec des photos)

 

 

Alexandrie - Découverte d'un temple de Bastet d'époque ptolémaïque : vous avez sans doute tous entendu parler de la découverte importante, à Kom el-Dekkah, dans la zone palatiale, de ce temple qui a livré en outre environ 600 sculptures ; on pense qu'il a pu appartenir à la reine Bérénice II, épouse de Ptolémée III, et daterait ainsi du IIIe s. av. notre ère. (voir l'article paru dans BBC News le 19 janvier 2010 ; l'article d'Andrew Bossone dans National Geographic du 21 janvier 2010, avec des photos en particulier des sculptures exhumées)

 

 

Louqsor - Découverte de la tête d'une statue d'Amenhotep III : On a beaucoup parlé également de la découverte de cette superbe tête d'une statue d'Amenhotep III dans son temple funéraire de Kom el-Hettan : une tête en granit rouge, haute de 2,50m et portant des traces de peinture. D'une grande qualité, elle appartenait à une représentation osiriaque du souverain. Le temple fait l'objet de fouilles systématiques depuis plusieurs années déjà et a livré de nombreux vestiges permettant de mieux connaître cet édifice dont l'élément majeur fut longtemps composé des deux sculptures monumentales connues sous le nom de " Colosses de Memnon ".  (voir entre autres : la dépêche AFP publiée dans France24 le 28 février 2010 ; le court article de Reuters du 28 février 2010, avec 2 photos dont une de la tête en cours de dégagement ; l'article de Nevine el-Aref dans al-Ahram Weekly n°988, 4-10 mars 2010).

 

 

Saqqarah - Fouille de la chambre funéraire de la reine Behenu : C'est cette fois dans le complexe funéraire de Pepi Ier qu'a été découverte par une équipe française la chambre funéraire de la reine Behenu, dont on a également largement parlé; cette chambre de 10m sur 4,90m est très endommagée. Elle a néanmoins livré deux parois sur lesquelles sont inscrits les Textes des Pyramides, selon la tradition de l'Ancien Empire, ainsi que le sarcophage de granit de la reine. On ignore si Behenu était l'épouse de Pepi I ou de Pepi II. Depuis le début des recherches dans ce secteur, ce sont pas moins de sept pyramides secondaires de reines qui ont été découvertes. (voir entre autres : l'article de Marwa Awad dans Reuters, du 3 mars 2010 ; article de Rossella Lorenzi dans Discovery News du 3 mars 2010, avec des photos de la pyramide, des inscriptions et du sarcophage).

 

 

 

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Dans de prochains articles, nous reviendrons plus en détail sur des découvertes très intéressantes qui méritent qu'on leur consacre un peu plus que quelques lignes :

 

- la découverte à Dangeil, au Soudan, d'une statue colossale du pharaon Taharqa (XXVe Dynastie), en janvier dernier ;

 

- les nouvelles fouilles du port de Wadi Gamasis, sur les rives de la mer Rouge, par une équipe italo-américaine, en janvier dernier ;

 

- l'avancée des travaux controversés de l'allée des sphinx de Louqsor ;

 

- et bien entendu les résultats des recherches et les tests ADN sur la momie de Toutankhamon et de la famille amarnienne.

 

 

 

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Les autorités égyptiennes annoncent un renforcement des mesures contre les trafiquants d'antiquités : le Parlement égytien a adopté en février dernier un amendement sur la loi concernant les antiquités égyptiennes, renforçant les sanctions contre le pillage et le trafic ; les peines de prison pour trafic d'antiquités ont été portées à 15 ans d'emprisonnement, assortis d'une amende d'un million de LE (env. 134 850 euros). L'une des mesures de cet amendement prévoit aussi que les Egyptiens possédant des antiquités les déclarent dans un délai de six mois au Conseil Suprême des Antiquités, ceci afin de faciliter les contrôles. En effet, la loi interdit tout commerce des antiquités, tout en reconnaissant le droit de certaines personnes à en posséder à la condition de ne pas les céder à autrui, ni de les endommager ou de les négliger ; la loi a également été clarifiée concernant les héritages, et les propriétaires égyptiens ne pourront faire don des objets qu'ils possèdent qu'après autorisation du Conseil Suprême des Antiquités.  

 

Cet amendement est intervenu à l'issue de débats houleux, après que le magnat de l'acier Ahmed Ezz ait proposé d'autoriser en Egypte la vente de certains objets archéologiques, ce à quoi le ministre de la Culture Faruq Hosni et le Dr. Zahy Hawass avaient répliqué en menaçant de démissionner si le Parlement acceptait la demande de l'industriel. Fort heureusement, l'interdiction totale de vente des antiquités égyptiennes prévue à l'article 8 est maintenue. (source AFP)

 

 

Au chapitre des restitutions d'antiquités égyptiennes, c'est un sarcophage orné de la XXIe Dynastie dont les Etats-Unis ont annoncé le mois dernier la restitution. Ce sarcophage avait été saisi à un marchand d'art espagnol par les douanes américaines à l'aéroport de Miami, en Floride, en 2008  ; il avait été sorti illégalement d'Egypte après 1970, d'après les recherches qui ont pu être menées à son sujet. Il a été restitué à Washington dans les locaux de la National Geographic Society, lors d'une cérémonie officielle, le 10 mars dernier et sera exposé au Caire en avril prochain. (source AFP)

 

 

 

La portion de naos d'Amenemhat I remise en place à Karnak : en octobre 2009, un fragment du naos de granit rouge, provenant de sa base, avait été offert à l'Egypte par le Metropolitan Museum de New York, qui l'avait spécialement acquis à cette intention d'un collectionneur privé ; c'était la première fois qu'un musée étranger faisait une telle démarche. Le reste du naos se trouvait dans le temple de Ptah à Karnak, ayant dû être déplacé au Nouvel Empire. En février dernier, ce fragment de retour en Egypte a ainsi pu être réinstallé à son emplacement, avec le reste du naos, dans le temple de Ptah du complexe de Karnak. (article de Nevine El-Aref, in in al-Ahram Weekly n° 985, 11 - 17 Février 2010)    

       

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 16:38

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Des monnaies abbassides dans un monastère du Fayyoum : Une mission archéologique du Centre Polonais d'Archéologie Méditerranéenne de l'Université de Varsovie1 a découvert lors de fouilles dans le monastère de Deir Malak Gubrail2 à Naqlun3, dans le Fayyoum, une poterie ornée du type de celles fabriquées à Assouan, et contenant des monnaies islamiques : 18 monnaies d'or et 62 fragments de monnaies, le tout datant de l'époque abbasside. Sous les vestiges calcinés d'un mur effondré, l'équipe a aussi découvert un lustre et lampe à huile bien conservée, tous deux en bronze. Ces trouvailles ont été faites dans une pièce qui semble avoir été abandonnée à la hâte lors d'un incendie. L'ensemble monastique de Naqlun a été construit au début du VIe s. ; la zone fouillée lors de cette campagne remonte quant à elle au VIIe s. et a été détruite par un grand incendie au VIIIe ou au début du IXe s.



Notes : 


1- Cette équipe polonaise est présente sur le site depuis 1986 et y a fait de nombreuses découvertes. Vous pourrez en apprendre plus et voir des photos du complexe monastique et des découvertes antérieures sur le très intéressant  site du centre ( en polonais mais aussi, je vous rassure, en anglais ).

2- Monastère de l'Archange Gabriel, aussi appelé Deir el-Khashaba, ou encore Nekloni dans les textes coptes. Ce fut au VIIe s. l'un des plus importants monastères du Fayyoum, comptant jusqu'à 120 ermites et 200 laïcs. L'ensemble monastique s'étend sur près de 4 km2 et comprend 89 ermitages identifiés à ce jour.

3- Il est situé sur un plateau au pied du Gebel Naqlun, au sud-est du Fayyoum, près du canal de Bahr el-Gharak.




De nouvelles découvertes pour les fouilles de l'enceinte médiévale du Caire : Dans la zone du Caire islamique, une mission française de l'IFAO, qui travaille depuis 10 ans sur l'enceinte du Caire médiéval, a découvert à Darassa1 une imposante tour quandrangulaire formée de briques de 40cm de long. Cette tour mesurait 14m du nord au sud et 8m d'est en ouest ; elle est conservée jusqu'à une hauteur de 4m. Elle était reliée à une muraille, elle aussi en brique, de 3,7m d'épaisseur et conservée sur 15m de long et 2m de haut. La face externe de ce mur est bien conservée et a même conservé son enduit de terre jaune. Les fouilles menées en 2004-2005 à Bab el-Tawfiq2 permettent d'affirmer que ce mur et cette tour appartiennent aux fortifications érigées par le vizir Badr el-Gamali 3 , car une autre portion de la même muraille de brique est contiguë à cette porte monumentale et est précisément datée de 1087-1091 par une inscription découverte in situ. Les fouilles s'étendent à présent sur près de 2,5km de l'enceinte est du Caire islamique, depuis Borg el-Zafar au nord à Bab el-Wazir au sud ; les études se concentrent sur l'évolution du système défensif entre la fin du Xe s. et la fin du XIIe s. Le mur défensif en pierre de Salah ed-Din a été construit entre 1173 et 1177, comme le montre une inscription sur une des portes découvertes par les travaux de la Fondation Aga Khan. Les Ayyoubides ont conservé les anciennes fortifications fatimides, dont cette ancienne muraille ; cette dernière sera par la suite détruite lors de l'extension urbaine à l'époque mamlouk. L'espace compris entre les deux enceintes identifié par les fouilles de Darassa, Bab el-Tawfiq, Bab el-Gedid et près de Borg el-Zafar servait de zone de circulation pour les troupes. Depuis 2007, la mission française a mené des fouilles entre Borg el-Zafar et Bab el-Gedid, et y a découvert le même mur de brique fatimide sur 50m de long, avec quatre tours carrées. Ces fouilles vont se poursuivre et le SCA projette, avec l'aide de la Fondation Aga Khan, d'en faire un parc archéologique qui pourra être visité ; cela permettra de voir les deux enceintes du Caire médiéval : le mur en brique du vizir Badr el-Gamali du XIe s. et les fortifications de Salah ed-Din du XIIe s. 

 

 

Notes :


1- A l'origine, en 2001, il s'agissait de fouilles de sauvetage, qui ont conduit à de formidables découvertes, sur le site d'un parking. Vous pourrez trouver des informations sur cette mission sur l'excellent site de l'IFAO, avec des photos.

2- Voir à ce sujet l'article disponible sur le site du Ministère français des Affaires Etrangères, avec des photos de ces fouilles.

3- Badr el-Gamali était un mamlouk d'origine arménienne qui fut envoyé par le calife al-Mustansir pour rétablir la situation en Egypte en 1074 ; devant son succès, le calife l'éleva au rang de vizir.


 

 

( sources de l'ensemble : article de Nevine el-Aref in al-Ahram Weekly n° 981, 14-20 janvier 2010, dans lequel vous pourrez voir des photos de ces dernières découvertes )  

 

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 08:00


Pas de grandes découvertes annoncées ce mois-ci, mais néanmoins des informations intéressantes. La pierre sculptée trouvée près du lac de Tibériade confirme l'ancienneté des relations entre l'Egypte et la vallée du Jourdain ; on regrette de ne pas en voir de photographies. Al-Ahram Weekly nous offre deux intéressants articles sur le patrimoine archéologique égyptien. Le premier traite de l'achèvement de l'une des phases de valorisation des monuments thébains ; si on ne peut que se réjouir de la restauration de la maison d'Howard Carter et de la mosquée Abu l-Haggag, on ne peut s'empêcher d'émettre les mêmes réserves que celles au sujet des travaux menés aux abords du temple de Louqsor et craindre une orientation vers ce qu'il n'y a pas de meilleur dans le tourisme de masse - tout en gardant à l'esprit ce que représente le tourisme pour l'économie égyptienne, bien entendu. Le second, enfin, évoque une exposition au Musée Egyptien du Caire qui met en lumière le travail en Egypte des équipes japonaises  de l'Université de Waseda ; bien sûr, on ne peut s'empêcher de penser que c'est aussi une façon de remercier le Japon pour l'aide financière apportée au projet du Grand Musée Egyptien de Gizeh... mais il faut avouer que bien souvent on ignore que des égyptologues venus du monde entier participent à la connaissance du patrimoine extraordinaire de ce pays. 






Egypte paléochrétienne - Un nouveau fragment de la plus ancienne Bible connue découvert en Egypte  : Un nouveau fragment de la plus ancienne Bible conservée a été retrouvé dans la bibliothèque du monastère égyptien de Ste-Catherine du Sinaï, à l'intérieur d'une reliure du XVIIIe s. Le Codex Sinaiticus, manuscrit sur parchemin rédigé en grec datant des environs de 350 AD, est considéré comme la plus ancienne version connue de la Bible1 ; ses folio ont été dispersés, conservés en majeure partie dans le monastère Ste-Catherine et la British Library2. Des universitaires de diverses nationalités avaient entrepris de numériser l'ensemble du Codex, projet auquel participa Nikolas Sarris, un étudiant grec préparant son doctorat en Grande-Bretagne. C'est en examinant des photographies de manuscrits de la bibliothèque du monastère Ste-Catherine que ce dernier a repéré le fragment jusque là inconnu du Codex à l'intérieur d'une reliure réalisée par deux moines au XVIIIe s.3 Après vérification sur place par le bibliothécaire du monastère, il est apparu qu'il s'agissait bien d'un fragment du Codex ; seul un quart du fragment est actuellement visible et il faudra appliquer des techniques délicates pour l'extraire sans l'endommager, la reliure sera donc dans un premier temps scannée. D'après les premières observations, il semblerait que l'on soit en présence du début du Livre de Josué (1,10). Cette découverte en laisse espérer d'autres, puisque la bibliothèque du monastère renferme au moins 18 autres autres reliures réalisées par les mêmes moines du XVIIIe s. Le Codex Sinaiticus, comme le rappelle l'article, est intéressant à plus d'un titre, en particulier pour la connaissance de l'élaboration de la Bible4. Même dans le domaine du patrimoine chrétien, l'Egypte n'a pas encore livré tous ses secrets... ( article de Jerome Taylor in The Independant – World, 2 septembre 2009, angl. )

Notes :

1- Le Codex Sinaiticus est l'exemplaire le plus complet, avec pratiquement l'intégralité du Nouveau Testament et environ la moitié de l'Ancien Testament.

2- Découvert au XIXe s. par un chercheur allemand au monastère Ste-Catherine, le Codex Sinaiticus a été ensuite dispersé entre la Russie, la British Library, l'Université de Leipzig et le monastère égyptien. C'est la British Library qui en possède la plus grande partie, depuis que l'URSS lui a revendu sa collection en 1933.

3- C'était autrefois une pratique courante que de réutiliser des parchemins anciens pour réaliser des reliures.

4- Il contient par exemple encore des éléments rejetés par la suite comme apocryphes, comme le Pasteur d'Hermas ( IIe s. AD ).



Un folio du Codex Sinaiticus, qui apparaît comme la version la plus ancienne actuellement conservée et dont des fragments jusqu'alors inconnus ont été découverts fortuitement.




Egypte antique - Une découverte confirmant les liens entre l'Egypte antique et la vallée du Jourdain dès l'Age du Bronze ancien : Les liens étroits entre l'Egypte et la vallée du Jourdain à l'Age du Bronze ancien, vers 3000 av. notre ère, sont confirmés par une nouvelle découverte. Des archéologues des Universités de Tel Aviv et de Londres ont mis au jour un rare fragment de pierre sculptée de signes hiéroglyphiques archaïques à l'endroit où le Jourdain quitte le lac de Tibériade1, à l'occasion de la seconde campagne de fouilles sur le site de Khirbet el-Kerak2. Celui-ci, qui était alors un des plus importants de la vallée du Jourdain, se situait sur une ancienne route reliant l'Egypte au reste du Mashreq. Des découvertes antérieures3 avaient déjà suggéré des relations entre le site de Khirbet el-Kerak et l'Egypte. Le fragment découvert au cours de cette campagne est sculpté d'un bras et d'une main tenant un sceptre et une forme primitive de la croix ankh ; c'est le premier vestige de ce type trouvé hors d'Egypte, et il pourrait être daté de la Ière Dynastie, vers 3000 av. notre ère. La qualité des sculptures serait à comparer avec celles des célèbres palettes royales. ( article de Judy Siegel-Itzkovich in Jerusalem Post, 1er septembre 2009, angl. )

Notes :

1- Kinneret en hébreu.

2- En hébreu Tel Bet Yerah.

3- Les premières fouilles sur le site ont été menées dès 1933.








Valorisation du patrimoine égyptien - Les projets de mise en valeur des monuments de Louqsor  : Mon amie Anne-Marie nous en a plusieurs fois parlé dans son blog, Louqsor est en plein travaux de réaménagements. A l'occasion de la visite de Zahy Hawass, Secrétaire Général du Conseil Suprême des Antiquités, et de Samir Farag, Directeur du Conseil Suprême de la ville de Louqsor, pour l'achèvement d'une phase des travaux de développement des sites archéologiques des deux rives de l'ancienne Thèbes, El-Ahram Weekly revient sur ces travaux, dont le budget s'élève à 127 millions de LE1. Les projets comprennent :


- la restauration de la maison d'Howard Carter, en collaboration avec une équipe française ; le but est de pouvoir l'aménager en musée, où seront exposés des objets de Carter, des photographies de cette découverte et des objets qu'il avait découverts dans la Vallée. La maison devrait être inaugurée le 4 novembre prochain, jour anniversaire de la découverte de la tombe de Toutankhamon. Les travaux auront duré 4 mois, pour un coût de 1 121 000 LE.


Le système d'éclairage qui vient d'être inauguré à Deir el-Bahari et devrait être appliqué aux autres sites majeurs de la nécropole thébaine.

- la première phase d'un nouveau système d'éclairage de la Vallée des Rois qui a été réalisée au temple de Deir el-Bahari ; à terme, on envisage d'installer des éclairages sur tous les monuments majeurs de la nécropole thébaine de façon à rendre possible leur visite de nuit2.


- un nouveau centre pour les visiteurs à Deir el-Bahari qui vient d'être inauguré, présentant des photographies des fresques et des salles du temple et une maquette d'ensemble du site avec les monuments construits par Mentuhotep, Thoutmosis II et Hatshepsut ; le centre comprend également une cafétéria, une librairie et 52 boutiques. L'ensemble des travaux du site de Deir el-Bahari a duré 15 mois, pour un coût de 9 850 000 LE.


- la réouverture de la mosquée Abu l-Haggag3 dans le temple de Louqsor, datant du XIIIe s. , après sa restauration. Les murs et les fondations de la mosquée étaient en effet très endommagés, avec de nombreuses fissures et une infiltration d'eau dans les fondations. Il ne s'est pas agi de rétablir la mosquée dans son aspect d'origine, mais de la restaurer telle qu'elle nous est parvenue4. Le projet a aussi permis de mettre au jour des fragments architecturaux antiques ( colonnes, linteaux, reliefs ) et de réhabiliter des éléments antiques réemployés pour la construction de la mosquée ; les textes des colonnes ont apporté des informations sur l'histoire du site5.

( article de Nevine el-Aref in El-Ahram Weekly n°962, 27 août – 2 septembre 2009, angl. )

Notes :
1- Plus de 16 millions d'euros.
2- En priant très fort pour qu'on n'y ajoute pas les fameux "Son et Lumière" qui affectent d'autres sites...
3- Un article sera prochainement consacré à cette mosquée, très importante pour les habitants de Louqsor et dont le mouled se déroule chaque année début novembre.

4- La mosquée Abu l-Haggag a été reconstruite à plusieurs reprises et totalement remaniée au XIXe s.

5- Comme celui où Ramsès II offre les deux obélisques du temple au dieu Amon-Rê, ou un autre mentionnant trois statues de Ramsès II portant la couronne blanche.



 

Deux des objets exposés au Musée Egyptien dans le cadre de l'exposition temporaire consacrée aux 40 ans de travaux des équipes japonaises en Egypte. A gauche, le superbe masque funéraire de Senu ; à droite, le sistre en faïence au nom d'Amasis.

Exposition - 40 ans de fouilles japonaises en Egypte, au Musée Egyptien du Caire  : Les fouilles menées depuis 40 ans par l'Université japonaise de Waseda sur les sites d'Abousir, Dahshour et Malkatta sont mises en lumière par une exposition couvrant une période allant du Paléolithique à l'époque romaine au Musée Egyptien du Caire ; l'occasion de découvrir des objets dont la plupart n'ont jamais été montrés au public et de souligner le travail de l'équipe japonaise1. Parmi les objets exposés des fragments d'un bracelet en faïence d'Amenhotep III, une stèle représentant Thoutmosis IV faisant une offrande à Horus, un sistre en faïence portant le nom du pharaon Amasis, la statue en terre cuite d'un lion couché portant le nom de Kheops, deux bagues en faïence au nom de Toutankhamon et de son épouse Ankhesenamon, une bague amarnienne en or avec un oeil oudjat en cornaline, ou encore le masque funéraire en cartonnage du commandant Senu ( Moyen Empire ). Zahy Hawass souligne à cette occasion le travail de l'égyptologue japonais Sakuji Yoshimura. L'article revient sur les principales découvertes japonaises :


- La nécropole d'Abousir : le monument du prince Khaemwaset, 4e fils de Ramses II, avec deux blocs fragmentaires en granit rouge représentant une fausse porte avec un personnage assis, de nombreux fragments de blocs de calcaire portant des reliefs, des briques frappées des cartouches d'Amenhotep II et Thoutmosis IV, plus de 10 stèles de Thoutmosis IV ; dans la falaise sud-est, une chambre funéraire taillée dans la roche qui a livré un riche matériel ( fragments de sculptures en terre cuite, dont certaines portant le nom de Kheops, ou en bois, poteries ) ; dans cette même falaise, un ensemble présentant un puits menant à deux chambres datant de la IIIe Dynastie, avec une réutilisation au Moyen Empire.


Le lion couché portant entre ses pattes le nom de Kheops trouvé dans la nécropole d'Abousir, dans sa vitrine de l'exposition.

- La nécropole de Dahshour : où l'équipe japonaise a identifié un nouveau site dans la partie nord grâce à l'analyse informatique des images satellite. Ainsi a été découverte au nord de la pyramide rouge une chapelle funéraire, qui aurait été construite pour le scribe royal Ipay. Les fouilles de chambres souterraines ont livré un riche matériel funéraire, dont les deux bagues en faïence au nom de Toutankhamon et Ankhesenamon , ou encore deux scarabées au nom de Ramses II. La découverte la plus spectaculaire a été cependant celle d'un sarcophage de granit dans la chambre la plus profonde, dont les inscriptions renvoient à un scribe royal de l'époque de Ramses II, Mes.


- Malkatta sud : en recherchant dans la zone de Malkatta sud des vestiges prédynastiques, l'équipe japonaise a mis au jour d'importantes structures romaines. Trois ans plus tard, l'équipe découvre à Kom es-Samak, au nord du temple d'Isis, un escalier peint de captifs étrangers. Les fouilles ont également révélé de nombreux fragments de peintures murales. Dans le palais d'Amenhotep III à Malkatta, le plus beau motif mis au jour se compose d'une succession de vautours de la déesse Nekhbet étendant ses ailes au-dessus des noms et titres du pharaon.

- Nécropole thébaine : Dans des tombes de Sheykh 'Abd el-Gurna, l'équipe japonaise a retrouvé des centaines de momies sans doute rassemblées par des pilleurs de tombes depuis les environs pour en dérober les objets funéraires. Durant des fouilles à Draa Abu l-Naga, ce sont des tombes jusqu'alors non enregistrées qui furent découvertes, ainsi que deux tombes déjà connues mais dont l'emplacement avait été oublié ( A21 et A23 ) ; ces fouilles ont en outre permis de retrouver des objets isolés, comme des cônes funéraires ou des oushebti. Enfin, l'équipe japonaise a mené les restaurations de la tombe d'Amenhotep III, où les travaux ont permis la découverte d'un dépôt de fondation intact devant la tombe, du matériel funéraire royal et des ostraca.   

article de Nevine el-Aref in El-Ahram Weekly n°958, 30 juillet - 5 août 2009, angl. )

Notes :
1- Cette exposition résulte d'une exposition réalisée au Japon en 2006 pour le 40e anniversaire des travaux de l'Université de Waseda.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 22:00




Une grande forteresse de la Basse Epoque près du canal de Suez :



Les magasins situés près du temple de Tell Dafna ( photo SCA ).


Une équipe d'archéologues égyptiens dirigée par Mohammed 'Abd el-Maqsoud, directeur du Département des Antiquités de Basse-Egypte, a découvert les vestiges de ce qui pourrait être la plus importante forteresse à l'est du Delta. Ils se trouvent à Tell Dafna, entre le lac d'el-Manzala et le canal de Suez, à une quinzaine de kilomètres d'el-Qantara. Il s'agit d'une véritable ville de garnison occupant une superficie de 380m par 625m, avec un mur d'enceinte épais de 13m.

On savait de longue date que le site de Tell Dafna était un point stratégique pour les anciens Egyptiens. Le roi Ramses II y fit construire une forteresse et plus tard le roi Psammetique I1 y établit une garnison de mercenaires étrangers2 pour protéger les frontières orientales de l'Egypte des invasions. Il semble que les vestiges exhumés remontent au VIIe s. av. notre ère, donc justement au règne de Psammetique I . Hérodote mentionnait sous le nom de Daphnae3 cet avant-poste égyptien. Flinders Petrie avait déjà partiellement fouillé le site en 18864, mais les vestiges qu'il avait mis au jour ont été depuis très endommagés par l'érosion, et ses conclusions doivent aujourd'hui être revues en raison des nouvelles découvertes.

Les nouvelles recherches menées à Tell Dafna permettent de sauver ce site important gravement menacé, qui permet en particulier de connaître les rapports entre Egyptiens et Grecs à cette époque. Les archéologues égyptiens ont découvert de nombreux objets, en particulier de la céramique locale ou importée, dont une portant une inscription en démotique et des amphores grecques à décor rouge et noir. Egalement des meules de pierre, une amulette et des éléments de flacons à khôl. De nombreux objets témoignent des échanges commerciaux entre l'Egypte, le Proche-Orient et la Grèce. En outre, les fouilles ont révélé de nombreuses pointes de flèches en bronze, ainsi qu'un système de drainage des eaux de pluie formé de canalisations de céramique aboutissant à des poteries enterrées à plusieurs mètres sous le sol. Pour les structures, l'équipe a dégagé un temple de briques composé de trois salles et de magasins pour le stockage sur le côté ouest ; un petit palais de brique a également été découvert au nord-est du temple. Les fouilles se poursuivront en 2010.

( article de Zahy Hawass et article de Rossella Lorenzi dans Discovery News, 14 juillet 2009, tous deux en angl., avec des photos des fouilles
)


Les vestiges du palais situé près du temple ( photo SCA ) .

Notes :

1- Psammetique I , roi de la XXVIe Dynastie ayant régné de 664 à 610.
2- Essentiellement des Grecs.
3- Nom antique que l'on retrouve d'ailleurs dans le nom actuel de Tell Dafna.
4- Les objets exhumés lors des fouilles de Petrie ont été sortis d'Egypte et dispersés.





Découvertes d'époque romaine à Amheida, dans l'oasis de Dakhlah :


L'ensemble à vocation éducative d'époque romaine dégagé par l'équipe d'archéologues américains.


Des fouilles menées par l'Université de New York sur le site de cette ville abandonnée ont permis de dégager des structures, comme des rues couvertes, qui permettent de mieux connaître la vie dans ces zones reculées dans l'Antiquité gréco-romaine. L'oasis de Dakhlah est peuplée sans interruption depuis le Néolithique. Loin d'être isolées du reste de l'Egypte, les oasis étaient importantes car on pouvait y produire des denrées différentes de celles de la vallée du Nil.

A l'époque hellénistique et romaine, l'éloignement géographique n'empêchait pas les habitants d'Amheida de suivre la culture dominante de leur temps, comme le montrent les statues et peintures mises au jour. Surtout, les fouilles ont permis de dégager près d'une habitation aisée un petit complexe d'enseignement formé de trois salles agrémentées de banquettes, pouvant accueillir une cinquantaine d'étudiants. Des notes sur les murs témoignent du contenu des cours, comme un poème en langue grecque à sujet rhétorique écrit à l'encre rouge sur un mur. Cela témoigne que la culture gréco-romaine pénétrait y compris dans les zones reculées. Le site a également livré des centaines de monnaies romaines et des poteries, utiles pour la datation. Les prochaines campagnes porteront sur la recherche d'une église paléochrétienne et d'une vaste nécropole.


( article de Rob Goodier dans Live Science, 15 juillet 2009, angl. )






Des nouvelles du futur Grand Musée Egyptien à Gizeh :

Pour finir, un intéressant article à lire dans le journal emirati " The National " au sujet du futur Grand Musée Egyptien de Gizeh. Un projet gigantesque conçu dès 1992, avec un budget colossal de 550 millions de dollars ( soit plus de 3 milliards de livres égyptiennes ! ), dont l'ouverture est annoncée pour 2013 d'après les derniers rapports. Le futur musée abritera plus de 100 000 objets, dont l'intégralité du célèbre trésor de Toutankhamon. Nombre des objets qui seront exposés dans le futur musée n'ont jamais été montrés au public depuis leur découverte.

Le futur Grand Musée est conçu selon les principes du tourisme de masse, avec une cible de 15 000 visiteurs par jour et à terme 3 millions de visiteurs par an, soit l'équivalent de 25% du nombre de touristes venus en Egypte en 2008. Pas toujours facile de concilier ce tourisme de masse avec la préservation du patrimoine. Mais l'article rappelle également l'importance du tourisme pour l'économie de l'Egypte, avec plus de 11 milliards de dollars de recettes en 2008. Il représente 11% du PIB, emploie 12% des travailleurs égyptiens ; le Conseil des Antiquités emploie à lui seul 30 000 personnes. Cependant, une vingtaine de musées locaux sont programmés afin d'assurer la préservation des sites en dirigeant la majorité des touristes vers ces structures.

( article de Digby Lidstone dans The National, 20 juillet 2009, angl. )

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 19:18




Des nouvelles particlièrement riches en ce début d'année, en égyptologie comme dans les autres domaines de l'archéologie. La plupart du temps des chantiers déjà en cours en 2008, ou même avant. Certaines découvertes sont d'autant plus intéressantes qu'elles apportent des éléments qui amènent à revoir ce que l'on pensait jusqu'à présent.



2008, une année riche en événements archéologiques : Dans al-Ahram Weekly, Nevine el-Aref revient sur le bilan de l'année 2008, qui a été riche en découvertes et en restaurations pour les équipes égyptiennes. L'une des plus importantes découvertes fut sans doute celle de bains (cérémoniels ? ) d'époque ptolémaïque devant le temple de Karnak, comme nous y reviendrons ci-dessous ; un nouvel aspect du vaste complexe apparaît ainsi désormais, et les fouilles qui se poursuivent devraient révéler d'autres vestiges. Importantes également les recherches et tests ADN pratiqués sur les momies royales : entre autres la momie connue jusque là comme étant celle de Thoutmosis I (qui est en fait celle d'un inconnu plus jeune), ou encore sur les foetus de la tombe de Toutankhamon. Dans la Vallée des Rois, ce sont des découvertes inattendues dans le corridor de la tombe de Seti I (un oushebti en quartzite, le cartouche de Seti, fragments de poteries et de décor mural peint). Des fouilles subaquatiques dans le Nil à Aswan ont permis de retrouver un portique du temple de Khnoum, des décors de la XXVIe Dynastie, et de nombreuses céramiques. A Saqqarah, c'est bien entendu la pyramide de la reine Sesheshet, mère de Teti I. L'article cite encore des découvertes sur la côte nord d'Alexandrie, les vestiges d'une cité fortifiée du Nouvel Empire dans le nord du Sinaï, ainsi qu'une importante fabrique de vin dans le sud de la péninsule. Nous reviendrons prochainement sur les campagnes de restaurations opérées sur de monuments de toutes les périodes, évoquées dans ce bilan.

Des aménagements aussi. A Karnak, le projet de développement du site, dont le budget est de 85 millions de LE, se poursuit et a déjà permis de dégager les abords du complexe afin d'étendre les fouilles. Une galerie évoquant le travail des premiers archéologues français à avoir travaillé sur le site de Karnak (dont Mariette, Maspéro et Legrain) leur rend hommage. Sur le plateau de Gizeh, des remaniements visent à mieux maîtriser l'impact de l'afflux de visiteurs sur le site, ainsi qu'à revoir les aménagements qui défigurent ce lieu mythique et rationaliser le stationnement (qui était jusque là, il faut bien l'avouer, assez anarchique) ; un système de vidéo-surveillance permet en outre d'améliorer la sécurité, non seulement des visiteurs mais aussi du site lui-même en limitant les possibilités de pillage.

Retours d'oeuvres sorties illégalement d'Egypte, l'une des actions forte des autorités égyptiennes dont nous reparlerons également ultérieurement. Parmi les plus importants, une tête du roi Amenhotep III, un lot de 79 objets d'époque prédynastique volés dans un musée de Maadi (reliefs, récipients en céramique ou albâtre, bijoux de coquillages) et qui se trouvaient aux Etats-Unis, enfin l'oeil manquant de la statue de calcaire d'Amenhotep III trouvé à Louqsor en 1970 et qui était passé par plusieurs pays avant d'être retrouvé.

Enfin, une brève évocation des projets du SCA (Conseil Suprême des Antiquités) pour 2009 : Tell Basta, la colonne de Pompée et les catacombes de Kom el-Shokafa à Alexandrie, Abu Rowash, Saqqarah, Abu Sir, Edfu et Kom Ombo.
(Nevine el-Aref, al-Ahram Weekly n° 928 1-6 janvier 2009, angl.)




Fouilles de Aïn Sokhna : Les fouilles de l'équipe franco-égyptienne se poursuivent avec succès sur le site d'Ain Sokhna, à environ 120km au nord-est du Caire et 55km au sud de Suez, sur la côté de la mer Rouge. C'est en 1999 que l'on avait découvert un établissement du Moyen Empire, avec de nombreuses inscriptions sur les roches. Exploité dès les périodes les plus anciennes pour des gisements de cuivre, il se trouvait sur le point le plus court entre Memphis et la mer Rouge, permettant ainsi une étape pour les marchandises précieuses venant du Sinaï. Les fouilles menées récemment au pied du promontoire rocheux ont révélé la présence de 9 galeries servant de vastes entrepôts. Deux autres galeries servaient à entreposer les bateaux, où on a trouvé les éléments démontés d'un grand bateau en cèdre. Grâce à la découverte de poteries des IVe et Ve Dynasties, on sait maintenant que cet endroit était occupé depuis l'Ancien Empire. Un édifice carré semble avoir formé le centre de ce complexe, qui couvrait une superficie d'environ 600m2. Le site a également livré de nombreux ateliers métallurgiques pour l'exploitation du cuivre ; à ce jour, une 30aine ont déjà été étudiés.
(Nevine el-Aref, al-Ahram Weekly n° 930 15-21 janvier 2009 angl., voir aussi le site de Zahy Hawass pour des photos des vestiges)





Fouilles du temple d'Herishef et de la nécropole à Ehnasiya el-Madina (Beni Suef) : Le site de Ehnasiya el-Madina, l'ancienne Herakleopolis Magna, présente une série de temples et nécropoles compris entre la Première Période Intermédiaire / le début du Moyen Empire et l'époque romaine ; on y vénérait en particulier le dieu bélier Herishef et les rois des IXe et Xe Dynasties en étaient originaires. Les fouilles du temple, agrandi sous Ramsès II, ont été initiées pour la première fois en 1891 par Edouard Naville et le comte Riamo d'Hulst ; puis le site fut à nouveau fouillé par Flinders Petrie, en 1904, qui avait retrouvé une fameuse statue en or d'Herishef. Depuis les années 1960-1970, des fouilles ont été conduites par des missions archéologiques espagnoles, en particulier sur la nécropole de la Première Période Intermédiaire ; cette nécropole, incendiée pour des raisons inconnues, avait été le théâtre en 2000 de la découverte de la tombe de Wadjet-Hetep, avec un décor peint d'une scène de fête funéraire.

Cette année, la campagne de fouilles s'est concentrée sur la cour du temple d'Herishef, où on a retrouvé des pavements du premier état de l'édifice, un tambour de colonne orné et un relief portant des inscriptions des titres de Ramses II ; dans la salle hypostyle, il a été possible de localiser des inscriptions ramessides jusqu'à présent inaccessibles en raison des remontées d'eau souterraine. Dans la nécropole, deux nouvelles tombes à voûte de brique ont été trouvées dans la partie occidentale ; elles ont livré des fragments de fausse porte, une porte complète, des fragments d'une table d'offrande en calcaire, des squelettes humains, mais surtout deux dépôts de poteries et des bols de Meidoum en argile fine d'un type connu dès la Ie Dynastie.
(Nevine el-Aref, al-Ahram Weekly n° 930 15-21 janvier 2009, angl.)






Les fragments très endommagés de momie mis au jour dans le sarcophage de la pyramide qu'on suppose être celle de la reine Sesheshet, à Saqqarah.


Des nouvelles de la pyramide de Sesheshet à Saqqarah : La nouvelle de la découverte, en novembre dernier, de la pyramide supposée de la mère de Teti I à Saqqarah avait fait sensation. On attendait impatiemment les résultats de l'examen de l'intérieur de l'édifice, et peut-être des réponses. Les travaux se sont poursuivis pour atteindre la chambre funéraire, qui mesure 16m2 : elle contenait encore le sarcophage de la défunte, près duquel gisaient des fragments de céramiques de l'Ancien Empire. Mais surtout, à l'intérieur du sarcophage de granit se trouvait encore une partie du corps momifié de la reine. Malheureusement, aucune inscription n'est venue confirmer qu'il s'agissait bien de Sesheshet, même si cela est fort probable. La tombe, comme on le savait par le passage pratiqué depuis le sommet de la pyramide, avait été anciennement pillée. Les archéologues égyptiens ont quand même trouvé des ornements de doigt en or provenant de la momie. Les murs de la chambre funéraire ne comprenaient pas d'inscriptions, alors qu'elles sont présentes dans les sépultures féminines du règne de Pepi I, le successeur de Teti I.
(Nevine el-Aref, al-Ahram Weekly n° 930 15-21 janvier 2009 ; Jonathan Wright, Reuters 8 janvier 2009 ; Andrew Bossone, National Geographic News, 14 janvier 2009 ; tous en angl.)






Cobras en ivoire d'hippotame provenant des fouilles de Tell el-Farkha, d'époque prédynastique.



Une équipe polonaise fait de passionnantes découvertes sur la période prédynastique dans le Delta : C'est dans le nord-est du Delta, à Tell el-Farkha, à environ 120 km au nord-est du Caire, qu'une équipe d'archéologues polonais a fait des découvertes qui amènent à revoir notre vision de l'Egypte prédynastique et montrent que la Haute- et la Basse-Egypte bénéficiaient déjà alors d'une unité culturelle avant Narmer, même s'il y avait des rivalités entre souverains locaux. Le matériel révélé par les fouilles est remarquable, comme de nombreuses statuettes, des amulettes taillées dans de l'ivoire d'hippopotame et de nombreux fragments de plaques d'or, permettant de reconstituer des figurines d'une grande beauté, hautes d'environ 60cm, avec des yeux incrustés de lapis lazuli. En 2006-2007 déjà, la mission polonaise avait mis au jour une occupation contenant de grandes poteries datables de la « Dynastie 0 » et de la Ie Dynastie.

L'une des figurines, représentant un homme vêtu d'un manteau, est particulièrement intéressante car elle pourrait être la plus ancienne représentation d'un dirigeant vêtu pour la cérémonie du Heb-Sed, dont on sait qu'elle est d'origine très ancienne. On trouve aussi des nains remarquablement sculptés qui rappellent des découvertes similaires d'époque prédynastique faites à Aswan. On peut encore signaler des vases miniatures en faïence, en céramique ou en pierre, des cobras et babouins, ce qui semble être la figurine d'un captif, des têtes de massue piriformes, des perles de faïence et des pièces de jeu. Les couches les plus anciennes attestent d'une occupation dès 3600-3300. Tell el-Farkha devrait permettre de mieux connaître cette période de formation de la civilisation égyptienne.
(Jill Kamil, al-Ahram Weekly n° 931 22-28 janvier 2009, avec quelques photos, angl.)





Le quai de Taharqa mis au jour à Karnak, avec ses deux escaliers.



Nouvelles découvertes importantes à Karnak : Les archéologues égyptiens ont achevé d'exhumer à l'entrée nord du complexe de Karnak, en avant du premier pylône, un nouveau quai, découvert fin 2008 et qui permettait d'accéder au complexe à la saison où le Nil était bas ; Karnak est ainsi le seul temple à bénéficier de deux quais. Le rivage avait été consolidé par un appareillage de pierre dégagé à présent sur 250m de long, pour empêcher l'érosion par le fleuve et protéger la zone de la montée des eaux ; le quai est associé à ces aménagements. Cet aménagement du rivage avait déjà été repéré en d'autres portions. Le quai est composé d'une plateforme de 2,5m sur 5m, donc de dimensions beaucoup plus réduites que le quai principal utilisé à l'époque de l'inondation. Il comporte également deux escaliers se faisant face et menant à une rampe longue de 5m faite de blocs de grès provenant des carrières de Silsila à Aswan. Comme la rampe était très inclinée vers le Nil, le roi Taharqa, à la XXVe Dynastie, fit construire un petit quai royal au milieu de celle-ci. En examinant les aménagements de l'ancienne rive, les archéologues ont retrouvé des trous dans lesquels on attachait les bateaux accostés. Dans la même zone ont été dégagés deux villages, l'un d'époque ptolémaïque et l'autre d'époque romaine, qui témoignent des variations des rivages du Nil au cours des siècles.



Les bains ptolémaïques découverts à Karnak, sans doute à vocation rituelle.

 
D'autre part, l'équipe égyptienne a aussi mis au jour d'exceptionnels bains d'époque ptolémaïque, avec une salle circulaire caractéristique, à l'origine couverte d'un dôme et garnie d'un bassin ovale avec des sièges individuels sur le pourtour, le tout en briques cuites recouvertes d'un enduit au plâtre. C'est le second bain de ce type découvert dans cette zone. Il remonterait à une période comprise entre le IIIe s. et le début du IIe s. av. JC. Enfin, les fouilles ont permis de retrouver de la vaisselle ptolémaïque et une grande jarre contenant 360 monnaies de bronze allant de l'époque ptolémaïque à la période byzantine.

Ces travaux s'inscrivent dans le cadre du projet de développement du complexe de Karnak et celui de mettre au jour les structures de l'ancien port ainsi que le canal supposé relier le temple au Nil. Les nouvelles découvertes de la consolidation des rives confirme que contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent, il semblerait que les aménagements montrent que les eaux du Nil venaient directement aux abords du temple, et non que celui-ci était relié au fleuve par un canal et un bassin.
(Reuters Africa, 26 janvier 2009, angl. ; Nevine el-Aref, al-Ahram Weekly n° 932 29 janvier- 4 février 2009, angl.)

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 07:00



C'est l'effervescence depuis deux jours sur le net égyptophile. Le mardi 11 novembre dernier, les autorités égyptiennes ont annoncé la découverte d'une nouvelle pyramide dans la nécropole royale de Saqqarah ; les archéologues égyptiens, qui mènent des fouilles dans le secteur depuis de nombreuses années - je me souviens en effet d'avoir aperçu des travaux dans ce secteur, en visitant les mastabas en 2006, ont en réalité trouvé cette pyramide depuis deux mois, ensevelie sous plusieurs mètres de sable.


Le site de la découverte de la pyramide, avec au second plan la pyramide de Teti Ier (n°1) et à l'arrière-plan les pyramides d'Userkaf (n°3) et de Djoser (n°2).

 

Il semblerait qu'il s'agisse de celle de la reine Sesheshet, mère du roi Teti Ier, ce qui reste pour l'heure une hypothèse, bien que très vraisemblable. Elle est en effet associée au complexe funéraire de Teti Ier, près de la pyramide de ce dernier ; dans la même zone avaient déjà été découvertes les pyramides de deux épouses du roi, Iput I, la mère de Pepi Ier, et Khuyt.




Plan d'ensemble de la partie centre et nord de la nécropole de Saqqarah : 1- Complexe de Djoser ; 2- Complexe d'Unas ; 3- Complexe de Sekhemkhet ; 4- Mastaba de Ptahhotep ; 5- Serapeum ; 6- Complexe d'Userkaf ; 7- Complexe de Teti Ier ; 8- Mastabas, dont ceux de Mereruka, Kagemni et Ankhmahor ; 9- Pyramides des reines Khuyt et Iput ; 10- Zone de la découverte de la nouvelle pyramide. 


Elle est particulièrement bien conservée, sur 5m de hauteur, pour 22m de côté ; sa hauteur initiale est estimée d'après l'angle d'inclinaison à une quinzaine de mètres. Elle garde en partie son revêtement de calcaire blanc provenant des carrières de Tura, qui ont servi à l'époque aux travaux des nécropoles de Saqqarah et Guizeh. Les vestiges du temple funéraire ont également été dégagés. Selon Zahy Hawass, il s'agirait de la pyramide secondaire la mieux conservée du site de Saqqarah.




La zone du complexe funéraire de Teti Ier, dans laquelle la nouvelle pyramide a été trouvée ; elle se trouve aux abords de la pyramide de la reine Iput.


L'équipe de fouilles a trouvé un accès à la chambre funéraire, qui fera l'objet des recherches dans les deux semaines à venir. Il est très vraisemblable qu'elle ait été pillée depuis longtemps - un puits creusé par les pillards a été repéré au sommet de la structure. Mais le Dr Hawass espère y retrouver le sarcophage ou en tout cas des inscriptions permettant de confirmer l'identification. Les fouilles de la pyramide de la reine Ankhesenpepi II par une équipe française avait en effet livré de rares inscriptions des Textes des Pyramides.






118e pyramide
découverte en Egypte, et la 12e pyramide de reine de l'Ancien Empire à Saqqarah. Seulement un tiers du site de Saqqarah a été fouillé, et les recherches de ces dernières années, y compris celles des équipes françaises, ont été fructueuses, en particulier en cette année 2008. La dernière pyramide découverte en 2002 était celle d'Ankhesenpepi II, épouse de Pepi Ier, le fils et successeur de Teti Ier. Et cet été l'équipe égyptienne avait également redécouvert la pyramide de Menkauhor, réenfouie depuis le XIXe s.



Textes des Pyramides gravés sur les parois de la chambre funéraire de la pyramide de Teti ; comme celle de la reine Ankhesenpepi, la pyramide de Sesheshet en comportera-t-elle aussi ? Il faudra encore attendre quelques semaines...


Cette découverte sera pour nous l'occasion d'évoquer prochainement le complexe funéraire de Teti Ier. Teti Ier est le roi fondateur de la VIe Dynastie, la dernière de l'Ancien Empire. La reine mère Sesheshet semble y avoir joué un rôle non négligeable, en favorisant l'unification de deux branches rivales de la famille royale. Sesheshet est connue par des inscriptions, mais également par un papyrus médical prescrivant un remède pour fortifier la chevelure de la reine.


Une chapelle votive du Nouvel Empire découverte aux abords de la pyramide, avec une scène d'offrande à Osiris, montre avec d'autres objets d'époques diverses trouvés lors des fouilles, comme l'explique Zahy Hawass, que cette zone fut réoccupée du Nouvel Empire à l'époque romaine. Parmi les objets exhumés, des sarcophages de la Basse Epoque, des figurines funéraires de la 3e Période Intermédiaire, une statue de bois d'Anubis...






Vous trouverez l'information déclinée dans les divers journaux du monde. Je préfère vous indiquer quelques liens qui vous permettront de situer cette découverte dans son contexte et éclairer certains aspects :

- sur le site de Clio, un très intéressant
article d'Audran Labrousse, directeur de la Mission Archéologique française de Saqqarah, sur les pyramides des reines dans cette nécropole (en français) ;

- sur
Ancient Egypt, vous trouverez dans la rubrique consacrée à Saqqarah des informations sur le complexe de Teti Ier (en anglais) ;

- le site
Saqqarah Online, de l'équipe de l'Université néerlandaise de Leiden, qu travaille sur la nécropole du Nouvel Empire mais fournit de nombreuses informations sur Saqqarah (en anglais);

- bon, et quand même l'
article de Zahy Hawass sur son site concernant la découverte faite par son équipe (en anglais).

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 08:13

Voici un choix parmi les nombreuses découvertes archéologiques faites durant ce mois d'août 2008, en dehors de l'Egypte sur laquelle nous ferons un point sur les actualités archéologiques de l'été dans un prochain article. Ce mois-ci encore, des découvertes passionnantes, pour certaines même exceptionnelles, y compris sur des sites déjà connus.




 

Liban - Le site de Sidon livre la tombe d'un soldat cananéen: Une équipe du British Museum qui mène des fouilles sur le site de Sidon (auj. Saydâ) vient d'annoncer la découverte de la tombe d'un soldat cananéen remontant à 2000 av. notre ère ; âgé de 15 à 20 ans, il avait été inhumé avec une lance et deux sceaux. Une autre sépulture, un nouveau-né inhumé dans une jarre, avait déjà été découverte sur ce site. Ces découvertes contribuent à mieux documenter la période cananéenne. Le site, près du château de la Terre, permet de retracer l'histoire de cette cité marchande depuis 3000 ans av. notre ère. Sidon fut à son époque l'une des plus grandes métropoles du Mashreq ; son nom apparaît 38 fois dans la Bible, la Genèse affirmant qu'elle est la plus ancienne des cités de Canaan. Les fouilles sont menées par cette équipe depuis 10 ans, avec un financement libano-britannique ; elles doivent durer jusqu'au 1er septembre, après quoi l'équipe annoncera l'ensemble de ses découvertes lors de cette campagne. (article de Mohammed Zaatari dans Daily Star, 5 août 2008, anglais)

 

Israel – Une très vaste huilerie des VIe -VIIe en Galilée : La Direction des Antiquités israélienne vient d'annoncer la découverte d'une très grande huilerie dans l'ouest de la Galilée, à Moshav Ahihud. Il semble qu'elle ait fait partie d'un monastère byzantin des VIe-VIIe s. détruit par un incendie. Les fouilles ont révélé deux cuves pour le stockage de l'huile, dont la capacité impressionnante est estimée à environ 20 000 litres ! La situation à 9 km à l'est d'Acre permet d'imaginer que la production de cette huilerie devait alimenter en huile d'olives cette cité, principale ville de la région à l'époque. C'est une des plus grandes huileries jamais découvertes dans la région. Le site, qui a été trouvé à l'occasion de fouilles préventives lors de travaux, sera préservé et sans doute présenté au public. (article d'Etgar Lefkovits dans The Jerusalem Post, 6 août 2008, anglais)

 

Projet – Les manuscrits de la Mer Morte numérisés : La Direction des Antiquités israélienne a rendu public le projet de numériser l'ensemble des rouleaux de la Mer Morte ; il devrait durer 5 ans. Ceci non seulement pour faciliter leur étude et assurer leur préservation, mais également pour en donner l'accès au public. Le projet prévoit éventuellement, en effet, de mettre en ligne sur Internet les images de ces précieux manuscrits. L'ensemble des manuscrits avait été photographié dans les années 1950. Mais la numérisation devrait également permettre d'observer des éléments invisibles à l'oeil nu. Plusieurs procédés seront utilisés, en particulier les plus récentes techniques infrarouges, et différentes résolutions, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche. (article de CNN, 27 août 2008, avec deux photos et une vidéo montrant le procédé, anglais ; article de Ian Deitch dans Associated Press, 28 août 2008, anglais).






 

Grèce – Une exceptionnelle couronne en or d'époque hellénistique : L'Université de Thessalonique a annoncé la découverte sur le site d'Aigai (auj. Vergina), première capitale de la Macédoine antique, d'une couronne de feuilles de chêne en or, objet extrêmement rare réservé aux tombes des membres de l'aristocratie et de la famille royale. Elle se trouvait dans un pot de cuivre doté d'un couvercle, associée avec des ossements humains, à l'intérieur d'un grand vase de cuivre. L'objet semble avoir été retiré d'une sépulture peu après son inhumation et ré-enseveli sur la place du marché de la ville, près du théâtre et d'un sanctuaire de la déesse Efkleia, pour des raisons encore inconnues ; il est inhabituel de trouver ainsi une sépulture, surtout celle d'un personnage de haut rang, hors d'une nécropole. L'ensemble pourrait dater du IVe s. av. notre ère, l'époque de Philippe II, le père d'Alexandre. Aigai / Aegae était une ville prospère aux VIe-Ve s. et resta capitale de la Macédoine avant d'être remplacée par Pella au IVe s. ; c'est dans cette ville que Philippe II sera assassiné en 336. ( article de Nicholas Paphitis illustré de photos dans The Associated Press, 29 août 2008, anglais ; photo de la couronne dans un court article de Press TV, 30 août 2008)






 

Bulgarie – Une tombe livre pour la première fois un attelage thrace complet : Dans le sud-est de la Bulgarie, à Borisovo, une équipe d'archéologues bulgares a fait une découverte exceptionnelle en mettant au jour pour la première fois un attelage complet dans la tombe d'un noble thrace. Le véhicule orné présente encore ses quatre roues. Le tumulus funéraire a également livré de la vaisselle de céramique et des vases de verre, et autres offrandes funéraires confirmant qu'il s'agit de la tombe d'un riche aristocrate thrace. Deux chevaux, sans doute sacrifiés au moment des funérailles, ont été retrouvés dans une fosse séparée avec des objets de bronze et de cuir constituant sans doute des éléments de harnachement. Environ 10 000 tumuli thraces ont été répertoriés en Bulgarie, promettant de nouvelles découvertes sur cette civilisation. Le char sera restauré et présnté au public. (article de Veselin Toshkov avec des photos dans Yahoo News, 7 août 2008, anglais)





 

Pérou – Découverte d'une exceptionnelle sépulture huari à Lima : Une équipe d'archéologues travaillant sur le site de Huaca Pucllana, à Lima, vient de découvrir dans la première tombe huari intacte de ce site une exceptionnelle momie de femme dotée d'un masque de bois aux yeux incrustés ; elle remonterait aux environs de 700 de notre ère et était accompagnée de deux autres momies d'adultes, elles aussi intactes, et des restes d'un enfant, sans doute sacrifié. La femme au masque, inhumée avec de nombreux objets (céramiques, textiles), était probablement un personnage de haut rang, comme le suggère son masque de grande qualité. La sépulture est constituée d'une cavité quadrangulaire construite en briques. Elle devrait fournir des informations précieuses sur les pratiques funéraires de ce peuple, qui domina l'actuel Pérou entre le VIe et le Xe s. Les 30 autres sépultures découvertes jusqu'à présent sur le site avaient toutes été pillées avant les fouilles. (article de Dana Ford avec plusieurs photos de la tombe et du masque dans Yahoo News, 26 août 2008, anglais ; des photos et courts articles sur DailyMailOnline et Telegraph, 27 août 2008, anglais ; une vidéo dans National Geographic, 27 août 2008, anglais)

 

Pérou – Une sépulture précolombienne contenant des étoffes très bien conservées près de Machu Picchu : Les squelettes d'une quinzaine de personnes accompagnés d'étoffes particulièrement bien conservées et de céramiques ont été découverts dans une grotte proche du célèbre site de Machu Picchu. Cette découverte est importante, car les textiles se conservent mal en raison de l'humidité dans la région. Les étoffes présenteraient une couleur orangée, mais on ne sait pas encore dans quel matériau elles ont été tissées, ni les vestiges sont inca ou appartiennent à une autre culture précolombienne. Des fouilles seront menées à partir de septembre pour en apprendre plus à leur sujet. (article dans Andina, 15 août 2008, anglais)

 

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 15:51



 

Saqqarah - Redécouverte de la pyramide de Menkauhor : les archéologues égyptiens ont annoncé la redécouverte de la pyramide de Menkauhor, roi de la Ve Dynastie, dans la zone nord de la nécropole de Saqqarah, à l'est du complexe de Teti. Cette pyramide, réduite à sa base et de ce fait souvent appelée « Headless Pyramid », était déjà connue et répertoriée sous le n°29 ; elle avait en effet été mentionnée au XIXe s. par Lepsius, mais avait été depuis recouverte par les sables. Il fallut à l'équipe un an et demi pour dégager l'ensemble, repéré grâce aux indications de Lepsius à l'emplacement d'un monticule de sable de plus de 7m de haut. Rien dans les vestiges ne mentionne le souverain auquel est consacrée la sépulture et les archéologues égyptiens ont dû faire appel à un certain nombre d'indices.


 

















Vue d'ensemble du chantier de la pyramide de Menkauhor à Saqqarah.



La fouille a dégagé l'entrée de la pyramide, ses murs, la chambre funéraire contenant un couvercle de sarcophage et une fosse destinée au coffre des vases canopes.

 

On hésitait sur la localisation exacte de la pyramide de Menkauhor : Dashur ou Saqqarah ? Concernant la « pyramide tronquée » elle-même, les spécialistes divergeaient sur sa datation : soit de l'Ancien Empire, soit du Moyen Empire ; mais les fouilles actuelles ont écarté cette seconde solution, car l'ensemble ne présente pas les caractéristiques du Moyen Empire. Selon Zahy Hawass, l'absence d'inscriptions et la structure en blocs de granit rouge indiquent plutôt une construction de l'Ancien Empire. La chambre funéraire contenait le couvercle d'un sarcophage de schiste gris, roche couramment utilisée sous l'Ancien Empire. Enfin, sa proximité avec la pyramide de Teti, premier pharaon de la VIe Dynastie, renforce également l'attribution. La sépulture de Menkauhor aurait donc enfin été localisée.




 




Parallèlement, l'équipe égyptienne a annoncé la découverte d'une nouvelle portion d'une voie sacrée d'époque ptolémaïque, montrant comme les découvertes récentes de sarcophages tardifs la permanence de la nécropole de Saqqarah, associée au Serapeum ou tombeau des taureaux Apis. Cette voie sacrée avait déjà été repérée au XIXe s. par Auguste Mariette et surnommée « Allée des Sphinx » ; elle devait en effet à l'origine être bordée de sphinx des deux côtés.

 

Zahy Hawass souligne que de nombreuses découvertes restent à faire à Saqqarah. Concernant la pyramide de Menkauhor, on envisage de déplacer un village actuel implanté près du site afin de pouvoir étendre les fouilles.



 

















(Article par Andrew Bossone, National Geographic, 5 juin 2008, avec une vidéo et article sur le Plateau, le site de Zahy Hawass ; informations complémentaires sur Talking Pyramids).




 

Nécropole de Gizeh - « La Pyramide perdue », un reportage sur la "4e pyramide" suscite des polémiques : la pyramide de Djedefre, à Abu Rowash, a fait l'objet en juin dernier de la diffusion d'un reportage sur la chaîne « History Channel » , sous le titre « La Pyramide perdue » et a fait sensation, puisqu'on y annonce la redécouverte de cette pyramide, qui serait plus haute que celle de Cheops. En réalité, il ne s'agit pas véritablement, comme le souligne un article de Newsweek, d'une « pyramide perdue », puisque les archéologues connaissaient depuis des années l'existence de la pyramide de Djedefre, roi de la IVe Dynastie. Elle avait été redécouverte depuis un siècle, mais n'avait pas été fouillée jusqu'à ces dernières années de par le fait qu'elle se trouve dans une zone militaire. D'autre part, elle paraît plus haute que celle de Cheops tout simplement parce qu'elle est située sur une éminence.






 









Le complexe de la pyramide de Djedefre à Abu Rowash reconstitué dans le reportage.



Atlantic, producteur du reportage, a déjà réalisé un certain nombre de reportages sur l'Egypte antique ( 3 sur Toutankhamon, « Egypt's Lost Tomb », « Nefertiti Ressurected » ) et travaille sur une série sur l'Egypte en 8 parties pour le National Geographic. Le reportage aurait pour but de mettre à la portée du public les résultats des travaux menés depuis les années 1990, avec des reconstitutions numérisées. De plus, ce reportage a le soutien de Zahy Hawass.

 

Pour Vassil Dobrev, archéologue de l'Institut Français d'Archéologie, la pyramide de Djedefre ne se trouve pas à Abu Rowash, mais à Zawyet el-Aryan, au sud de Gizeh, où ont été identifiés des vestiges d'une pyramide portant une inscription au nom de Djedefre - alors que ce qui est présenté comme sa pyramide à Abu Rowash n'en a pas.





 










Dejdefre, roi de la IVe Dynastie.




Reflet des tensions entre les archéologues étrangers et Zahy Hawass, que l'article surnomme de façon quelque peu déplacée le « Pharaon de l'archéologie égyptienne » ? Sans doute. Il n'en demeure pas moins que l'article donne accès à des documents intéressants (cliquez sur la pyramide en haut pour y avoir accès), ainsi que la bande annonce du reportage.

 

Le personnage de Zahy Hawass soulève bien des polémiques, mais peut-on que lui lui reprocher de vouloir donner la priorité aux archéologues égyptiens ?


(Article de Rod Nordland dans Newsweek du 23 juin 2008)

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 07:32

Les moyens dont disposent les services de police chargés de lutter contre le trafic d'oeuvres d'art et d'objets archéologiques sont souvent dérisoires. Et on a très largement fermé les yeux sur des pratiques plus que douteuses au nom du profit. Il semblerait qu'un changement soit en passe de s'opérer et que plusieurs pays aient décidé de renforcer leurs actions pour lutter contre les pillages et trafics, dans lesquels les musées eux-mêmes parfois se laissent prendre. Voici deux exemples puisés en Europe dans l'actualité récente.

Italie - Les autorités italiennes retrouvent une statue romaine d'un type rare : 

la police italienne a saisi dans un hangar à bateaux de la ville portuaire de Fiumicino, proche de l'aéroport, plus d'une douzaine d'oeuvres antiques ; l'enquête a mené vers un antiquaire de Rome, qui alimentait le marché international. Parmi ces oeuvres, des vases étrusques à figures rouges, mais surtout une tête de l'empereur Lucius Verus, dont les représentations sont rares et qui a donc une valeur scientifique. Une douzaine de personnes seraient impliquées dans ce trafic. Par ailleurs, les policiers italiens ont également saisi dans le cadre d'une autre affaire une tête de marbre de l'impératrice Faustine, épouse d'Antonin le Pieux ; ce portrait avait été volé en 1961 et finit par être acquis par un collectionneur américain, qui l'a restituée par le biais des autorités américaines quand il s'est aperçu qu'il s'agissait d'un objet volé. Du 24 avril au 19 juin sera organisée une exposition au château St-Ange rassemblant des oeuvres ainsi récupérées, dont les deux portraits impériaux. Ces dernières années, l'Italie a décidé de renforcer sa politique de lutte contre le marché international clandestin des oeuvres d'art et a obtenu d'excellents résultats, comme la restitution de nombreux objets par des collectionneurs et musées américains, dont le Metropolitan Museum of Art de New York et le musée Paul Getty.



Il est grand temps en effet de s'attaquer sérieusement au trafic international d'oeuvres d'art, sur lequel on a trop longtemps fermé les yeux ; il est à souhaiter que la même sévérité soit appliquée partout dans le monde où le patrimoine est sacrifié au culte de l'argent. Dans le même registre, les Etats-Unis se sont attaqués au problème du trafic d'objets archéologiques via Internet, procédant entre autres à l'arrestation d'un trafiquant qui vendait des objets pillés ou volés via le célèbre site d'enchères Ebay.

Espagne - La police espagnole a arrêté 20 personnes accusées de pillage de sites archéologiques dans un but commercial :
le 11 avril dernier, la police espagnole a opéré un coup de filet, arrêtant 20 personnes pratiquant des fouilles clandestines pour revendre les objets ainsi découverts, qui ont été saisis ( en majorité d'époque romaine, mais aussi des objets du Néolithique) . Ils opéraient avec des détecteurs de métaux et ont sévi dans toute  l'Espagne, en particulier à Calpe sur la côte méditerranéenne, et sur le site romain de Municipium Augusta Bibilis, près de Calatayud, dans le centre du pays. Il a fallu pas moins de trois fourgons pour transporter le matériel saisi, selon les informations transmises par les autorités espagnoles. On a ainsi retrouvé : des épées romaines, 12 000 monnaies, des haches de pierre et de métal, ainsi que plus de 10 000 vestiges paléontologiques.



Une occasion de rappeler que l'utilisation de détecteurs de métaux pour pratiquer des fouilles clandestines sur des sites archéologiques est non seulement condamnée par la loi et totalement irrespectueux de l'héritage commun, mais est également un désastre pour la science, car des objets privés de façon sauvage de leur contexte représentent une perte irréparable pour la connaissance scientifique. Les vrais amoureux de l'archéologie ne peuvent qu'être des ennemis farouches des fameuses "poêles à frire", comme on les appelle communément, et dont la vente devrait être tout simplement à mon humble avis interdite !

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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