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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 07:11

L'aubergine : un légume qui est entré dans nos habitudes alimentaires, même s'il reste synonyme de soleil et de régions méditerranéennes. Et pourtant, quelques recherches étymologiques nous apprennent qu'elle vient d'ailleurs et que son usage n'a pas toujours été celui que nous en faisons...

 

 

Le nom de notre fameuse « aubergine » nous vient directement de l'arabe « al-bâdinjân » (الباذنجان ), l'aubergine, apparenté au persan « bâdengân ». Un autre nom lui sera aussi attribué durant longtemps : celui de « mélongène »1, qui vient du latin médiéval « melongena ». Cela nous laisse deviner une pénétration en deux temps du charmant légume en Occident, toujours à partir du monde arabe : d'un côté, une entrée directe et ancienne par l'Espagne musulmane ; de l'autre, une plus récente par l'Italie. C'est semble-t-il au XVIIIe s. que le terme d' « aubergine » prend définitivement le pas sur celui de « mélongène » ; elle est l'appellation courante dans le dictionnaire de 1798.

 

 

fleur_aub_thai.jpeg

Fleurs d'aubergine en Thaïlande...

 

 

Les premières cultures de l'aubergine remontent au IIe millénaire avant notre ère, dans la région de l'actuelle Birmanie et du nord-est de l'Inde. Elle parvient en Chine dès l'Antiquité, puis les marchands arabes et persans la rencontrent en Inde et en Asie Centrale, et la ramènent dans leurs bagages au tout début du Moyen Age. En effet le nom arabe vient lui-même du sanskrit « vatinganah » ! Elle gagne tout le monde arabe et suit au Moyen Age la conquête jusqu'en Espagne, premier pays européen où elle sera cultivée. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire du catalan « alberginia » que le mot serait passé en français. En tout cas, ce sont donc les Arabes qui l'introduisent en Occident, d'où le fait que son nom soit chez nous d'origine arabe.

 

 

marchands_arabes.gif

Les marchands arabes ramènent l'aubergine d'Asie au Moyen Age...

 

 

Les Européens du Moyen Age se méfient de cette plante, à laquelle les médecins attribuent à tort la faculté de provoquer fièvres et crises d'épilepsie ; elle a une si mauvaise image qu'on l'appelle « Solanum insanum »2, jugée impropre à la consommation, et qu'on la surnomme bizarrement « pomme de Sodome » . Il faut avouer que l'aubergine nécessite une préparation adéquate pour être bonne à la consommation et ne peut être consommée crue : elle contient de la saponine et sa peau et ses graines sont amères. Sans doute les Européens du Moyen Age ne maîtrisaient-ils tout simplement pas sa préparation...

 

 

Elle sera dans un premier temps cultivée uniquement comme plante ornementale, objet de curiosité. Elle est introduite comme légume au XVe s. en Italie, où on l'appelle « melanzana » sur la base du nom latin médiéval, et de là dans le sud de la France ; d'où le fait qu'elle s'appelle « merinjano » en provençal sur le modèle italien et pas sur le nom d'origine arabe. Plus tard, Louis XIV demande à son jardinier de cultiver cette plante dans son potager de Versailles, et on trouve aussi à l'époque le nom de « béringère »3. Mais c'est au XIXe s. qu'on la mentionne pour la première fois dans des livres de cuisine. D'abord uniquement caractéristique de la cuisine des régions méditerranéennes, en particulier la Provence et le comté de Nice, elle finira par se répandre largement. Cela tient d'ailleurs à ce que la plante nécessite une chaleur minimale de 12°, ce qui explique qu'elle reste avant tout une plante méditerranéenne ; dans les régions du nord, elle ne peut donc être cultivée que sous serre.

 

  aubergine_3.gif

Il y a à travers le monde des aubergines de diverses couleurs, comme ces aubergines rouges...

 

 

aubergine_4.jpg

... ou cette curieuse aubergine blanche !

 

 

Les deux premiers producteurs mondiaux d'aubergine sont aujourd'hui... la Chine ( 56% de la production mondiale ) et l'Inde ( 28% ) ; rien d'étonnant à cela, puisque cette plante est originaire d'Asie du sud, Inde et Birmanie essentiellement. L'Egypte arrive en 4e position ( 2% ), derrière la Turquie ( 3% ) ; c'est la Turquie4 d'ailleurs, à l'époque ottomane, qui a introduit de nombreuses recettes utilisant l'aubergine dans tout le Mashreq et les Balkans, et même au-delà : le fameux " caviar d'aubergine ", par exemple, qu'on trouve du Mashreq à la Grèce et à la Provence, sous différents noms et avec de multiples variantes !

 

 

aubergine_5.jpgL'étonnante aubergine blanche à " oeufs ", apprécié à l'origine

comme plante décorative dans les jardins anglais !

 

 

 

Les mots, à travers le secret de leur histoire et de leur évolution, non seulement nous font voyager, mais nous montrent combien ce qui fait notre quotidien est issu d'origines diverses qui font toute la richesse de notre monde et combien ce qui nous est aujourd'hui familier peut être venu d'ailleurs il y a très longtemps...

 

 

b_lang_re.gif  La bélangère antillaise, striée de blanc...

et écho dans son nom de l'époque de Louis XIV !

 

 

 

 

frise-aubergines.png

 

 

Notes :

 

1 -  Elle garde d'ailleurs le nom de « melongene » en anglais, à côté de l'appellation courante d' « eggplant » (" plante à oeuf "). Les Anglais cultivaient pour l'ornementation une variété à fruits ovales et trapus qu'on qualifiait d' « oeufs » ! On retrouve cette notion avec l'allemand  « Eierfrucht  », qui se double du terme courant d'origine française « Aubergine »...

2 -  C'est l'altération du nom savant qui a donné « melanzana » en italien.

3 -  Qu'on retrouve dans le nom de « bringelle » donné au légume à La Réunion et « bélangère » à une variété antillaise.

4 -  En turc, elle s'appelle « patlıcan » ( prononcé « patleudjan » ), mot qui vient également de l'arabe.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 17:06

Nous commencerons notre voyage en compagnie du sphinx en nous intéressant au nom que porte cette figure mythologique, et par là ses représentations artistiques.

 

shesepou bulle   

Le terme sphinx est un mot grec, et a été repris tel quel dans la plupart des autres langues actuelles. Son étymologie, malgré ce que l'on trouve fréquemment ici ou là, reste très incertaine. Certains l'ont rapproché du sanskrit  " sthag " qui signifie " dissimulé " ; mais cela ne paraît guère convaincant. La parenté avec le terme égyptien " shesepankh " (translitt. " Ssp-anx " ) , " statue / image vivante " paraît plus pertinente, bien qu'en réalité les Egyptiens antiques leur donnaient le nom de " shesepou " (translitt. " Sspw " ). Il semble en tout cas que les Grecs l'emploient comme un mot d'origine étrangère, ce qui est intéressant à relever malgré tout.

 

sphinx grec bulle

 

La signification du terme en grec ancien n'est pas claire non plus : le rapprochement traditionnel entre Σφίνξ   ( Sphinx ) et le verbe  σφίνγω ( sphingo = " étrangler " ) ne semble pas avéré, mais un rapprochement a posteriori. D'autant plus que, selon les textes, le Sphinx grec n'étranglait pas ses victimes mais les dévorait. Intéressant néanmoins pour notre propos sur l'évolution de l'image du sphinx à travers les civilisations, ce nom est féminin en grec ; logique puisque chez les Grecs il s'agit d'un être féminin, et ceci, nous le verrons, dès l'apparition des premières images du sphinx en Grèce.

 

 

 

En français, deux orthographes ont longtemps été possibles : sphinx ou sphynx ; c'est cependant la première qui est la plus répandue. On utilise également pour ces figures mi-femme mi-animal le terme féminin de sphinge / sphynge, notamment en histoire de l'art ; ce terme n'existe pas dans de nombreuses langues, comme l'anglais ou l'allemand, qui utilisent indifféremment celui de Sphinx.

 

 

abou l-houl bulle

 

En Egypte, cette figure était associée au roi et portait donc stricto sensu le nom du roi concerné. C'est Hérodote qui lui attribue le nom grec de sphinx. Seul le grand Sphinx de Gizeh a véritablement reçu un nom particulier : dans l'Antiquité, il a été divinisé par assimilation sous le nom d'Harmakhis. Plus tard, les Arabes l'ont appelé ابو الهول ( abû l-hûl, traduit traditionnellement par " père la terreur " , en réalité " père de la terreur " ).

 

Pour terminer, notons qu'il existe divers termes d'origine grecque pour désigner les différents types de sphinx en fonction des éléments qui les composent :

  • l'androsphinx est le sphinx à corps de lion et tête humaine
  • le criosphinx est le sphinx à corps de lion et tête de bélier
  • le hiéracosphinx est le sphinx à corps de lion et tête de faucon
  • 

 

Merci pour les informations sur le terme égyptien antique aux membres du Forum de l'Oudjat, en particulier à mes amis le Scribe Royal Ghani et le Scribe en Chef Scorpio. Pas l'Intendant, parce que l'Intendant.... a été dévoré par Abû l-hûl !

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 18:20

Des mots en apparence anodins, tant ils font partie de notre quotidien, nous révèlent en réalité toute une page d'histoire : tel est le cas de nos " tarif " et " magasin ", qui témoignent de l'histoire des échanges commerciaux entre l'Occident et ce qu'on appelait alors le Levant, c'est-à-dire le Mashreq. Tous deux sont en effet des mots français d'origine arabe, entrés dans notre langue par l'intermédiaire de l'italien.






Tarif apparaît en français dans la seconde moitié du XVIe s. et nous vient de l'arabe ta3rîfتَعْرِيف ) signifiant " définition, notification ",  lequel est un dérivé du verbe 3arafa  ( عَرَفَ ) qui signifie " savoir, connaître " et que nous avons déjà rencontré dans notre vocabulaire égyptien sous la forme du participe actif 3aref. C'est par l'italien tariffa que le mot est passé en français, sous la forme " tariffe " ; le mot italien étant féminin, le mot français le sera d'abord lui aussi. Au XVIe s. , il désigne le tableau servant à indiquer les droits à payer et les prix des marchandises.  C'est au XVIIe s. qu'il prend sa forme actuelle " tarif " et devient masculin, en conservant son sens d'origine. Ce n'est que tardivement  que le mot a fini par prendre le sens courant du prix de la marchandise lui-même.



Magasin apparaît plus tôt, dès le début du XIVe s. et vient de l'arabe makhâzin, pluriel de makhzanمَخْزَن ) signifiant " entrepôt ".  Lui aussi est entré en français, selon l'hypothèse la plus vraisemblable,  par l'intermédiaire de l'italien, magazzino. Au XIVe s. , un " maguesin " est un lieu où on entrepose les marchandises, conservant le sens originel du mot arabe. Ce sens est conservé, mais le mot évolue en " magasin " dès le XVIe s. A cette époque, l'expression " faire magasin " signifie " mettre en réserve ". Petit à petit, un second sens va apparaître, puisque les magasins sont aussi des lieux où l'on vend les marchandises en gros sur les lieux de leur livraison en Occident. Au XVIIe s. , un " marchand en magasin " est ce que nous appelons aujourd'hui un grossiste, par opposition à un marchand qui tient boutique et vend au détail. Sous Louis XIV, il prend également en contexte militaire le sens plus spécifique de lieu où on entrepose armes et munitions, encore conservé de nos jours. Et c'est au XVIIIe s. , à la faveur d'une évolution de la législation sur le commerce, que le mot devient ainsi également synonyme de " boutique " , lui donnant le double sens qu'il a aujourd'hui encore en français.





Le fait que ces deux mots liés au commerce soient d'origine arabe et soient entrés dans la langue française par l'intermédiaire de l'italien n'est pas un hasard. C'est au contraire un témoignage des importants échanges commerciaux qui eurent lieu entre Occident et Mashreq du Moyen Age au XVIe s. , et des échanges culturels qu'ils entraînèrent dans leur sillage. La période qui va du XIVe au XVIe s. , durant laquelle ces mots sont apparus en français, voit l'apogée de la puissance du commerce vénitien en Méditerranée orientale ; parmi les marchands étrangers qui installent des comptoirs ( " fondouq "  ) au Mashreq, les Vénitiens occupent une place prépondérante.  Il était donc naturel que ces mots employés par les marchands italiens avec leurs homologues arabes passent d'abord dans leur langue avant d'entrer en français.






En dehors des Provençaux, qui commercent activement avec le Mashreq dès le Moyen Age, la France a un certain retard dans le commerce avec le Levant. Au début du XVIe s. , la Provence, justement, commence à être assimilée par la France ; en particulier Marseille, dont le port et les ports satellites bénéficient depuis longtemps de solides échanges avec le Levant. Au XVIe s. , les rois de France vont chercher à contrecarrer la toute-puissance vénitienne dans les échanges avec l'Orient.  Dès 1536 sont créées par des " Capitulations " signées entre François Ier et le sultan Soliman les Echelles du Levant, ports ottomans dans lesquels les Français sont autorisés à faire commerce ; parmi elles, d'ailleurs, Alexandrie, Rosette et Le Caire, où les Français seront désormais bien implantés. En 1569, Charles IX renouvelle ces accords ; c'est à peu près l'époque, d'ailleurs, où le mot " tarif " entre en français. D'autres événements marquent cet essor du commerce français au Mashreq au XVIe s. , comme la création de la Chambre de Commerce de Marseille... Dans le même temps, la puissance commerciale vénitienne décline.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 13:04

Il y a des mots dont l'origine nous réserve des surprises : " truchement " , que nous pourrions croire de racine européenne, en fait partie. Un mot qui en outre nous révèle tout un pan d'histoire et nous réserve une autre surprise par sa parenté avec un mot que nous rencontrons régulièrement au sujet des voyages en Orient.


Le mot français " Truchement " vient de l'arabe turjumân (  ترجان ) signifiant " traducteur " ( du verbe tarjama = traduire ).


Il apparaît semble-t-il pour la première fois à la fin du  XIIe s. , sous la forme " drugement " , dans la chanson de geste La Prise d'Orange  qui appartient au cycle de Guillaume d'Orange et raconte la victoire de Guillaume sur les Maures à Orange au VIIIe s. , victoire après laquelle il devient comte de Toulouse. Il a alors encore son sens d'origine de " traducteur ". Le XIIe s. , c'est l'époque des 2e et 3e croisades, qui amènent nombre d'Européens à être en contact direct avec le monde arabe ; une époque de guerres, certes, mais aussi durant laquelle de nombreux échanges culturels s'opèrent et des éléments de culture arabe sont introduits en Europe.


A la fin du XIVe s. , on le retrouve dans la Chronique de Flandre sous la forme " trucheman ", toujours dans le sens initial du mot arabe. C'est durant la période du moyen français ( XIVe - début XVIIe s. )  qu'il évolue progressivement en " truchement ". Le sens s'étoffe aussi, en prenant à côté du sens initial de traducteur celui d' " intermédiaire ".  Au XVe s. , on trouve dans un rondeau de Charles d'Orléans un sens militaire qui va en ce sens, avec la signification de " porte-parole / représentant ".  Au XVIe s. , Pierre de Brach témoigne dans ses poèmes de cette évolution vers un sens figuré : " Tes carmes1 sont les truchemens de ton coeur. " Et c'est ainsi que dans les Essais de Montaigne on trouve le sens figuré de " ce qui exprime / fait comprendre ", par exemple dans " la parolle (...) est le truchement de nostre ame " . C'est enfin au XIXe s. que l'on trouve la locution que nous connaissons : " par le truchement de " , forme sous laquelle le mot a aujourd'hui survécu.


Dernière surprise, notre mot " truchement " a un lien inattendu avec les voyages en Orient ; ceux qui aiment parcourir les récits de voyages au Mashreq ou en Egypte n'ont pu que rencontrer la fameuse et pittorresque figure du " drogman ", cet interprète et guide mis d'abord au service des diplomates, puis des voyageurs. Ce nom de " drogman " pourrait nous apparaître au premier abord d'origine anglaise, de par ses consonnances : et bien non, c'est également un avatar de l'arabe " turjumân " !


Ce mot apparaît vers le début du XIIIe s. sous la forme " drogeman "  ou " droguement "signifiant " interprète / traducteur ". Son parcours vers le français est semble-t-il mieux connu, et serait passé de l'arabe égyptien " targumân " au provençal et à l'italien, peut-être par l'intermédiaire du grec byzantin, puis de là au français.


Inattendu, ce voyage à travers l'histoire d'un mot qui ne nous semble pas exotique au premier abord, non ?


1- carmes = vers.


Sources
:

- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales ( CNRT ), créé par le CNRS et consultable en ligne : un trésor pour les amoureux de l'histoire des mots.

- Algirdas Julien Greimas & Teresa Mary Keane , Dictionnaire du moyen français, éd. Larousse, Paris, rééd. 2001.

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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 18:30

Pâques pour les catholiques, Pâque pour les orthodoxes, cette fête est la plus importante du calendrier religieux chrétien ; elle marque d'ailleurs le début de l'année religieuse. Mais d'où vient son nom ?

Le mot est passé à travers plusieurs langues avant de parvenir au français. Il vient de l'hébreu " Pessa'h " ( appelée souvent  "Pâque juive" ), qui désigne la fête commémorant la sortie d'Egypte ; c'est en effet cette fête juive que Jésus était allé célébrer à Jérusalem avec ses disciples, selon la tradition, et alors qu'il a subi la Passion et est ressuscité - là aussi, il y aurait beaucoup à dire sur la symbolique du choix de cette fête pour placer cet épisode. Le mot est passé au grec sous la forme " Pascha " (prononcer pas-ka), et de là au latin. C'est la forme gréco-latine qui a été adoptée dans la plupart des langues européennes.

Le français a repris la forme gréco-latine. Mais en domaine germanique, on a une information intéressante sur l'histoire de cette fête et la façon dont elle s'est imposée en se supeposant à des fêtes païennes. En allemand, Pâques se dit en effet " Ostern ", et en anglais " Easter ", mots qui sont bien entendu de la même origine que "Ost (all.) / east (angl.)" signifiant " l'est ". L'est est le soleil levant, symbole de résurrection dans le christianisme ancien. Mais c'est aussi lié aux anciennes fêtes païennes célébrant le printemps, auxquelles on a superposé la fête chrétienne de Pâques pour qu'elle soit plus facilement assimilée par les populations.

Une fois de plus, un mot nous entraîne dans l'histoire de notre civilisation...

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 07:56

Nous savons tous ce qu'est un amiral. Mais combien savent que ce mot nous vient de l'arabe ?

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Le mot français " amiral " apparaît pour la première fois à la fin du XIe s. , dans la fameuse " Chanson de Roland " (1080) ; mais il s'impose  vraiment vers le milieu du XIIIe s. Il désigne à l'origine un émir, un prince ou chef musulman. Très vite, il prend le sens général de commandant d'une armée, puis plus spécifiquement de commandant d'une flotte, ce qui le rapproche de son sens initial.



En effet, le mot vient de l'expression arabe " amîr al-baHr ", qui signifie littéralement " commandant de la mer ", c'est-à-dire commandant d'une flotte. Attention, en arabe " baHr " qualifie aussi bien la mer qu'un fleuve important ; le Nil, par exemple, est qualifié de " baHr " par les auteurs arabes anciens.


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Il semblerait que le mot ait été adopté en Europe par l'intermédiaire de la Sicile, sur laquelle les Arabes ont un temps régné et où l'influence arabe est restée vive après leur départ...


Amiral

أمير البحر

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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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