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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 08:00



Il y a 20 ans, l'information qui nous arrivait paraissait incroyable : die Mauer1, le Mur de Berlin, venait de tomber ! Je m'en souviens comme si c'était hier... Je n'en croyais pas mes yeux emplis de larmes en voyant ces images à la télévision. Pour moi qui étais étudiant germaniste, qui comptais de nombreux amis en Allemagne et avais avec elle des liens si intimes2, ce furent des heures enthousiastes, emplies d'émotion. Et aujourd'hui, 20 ans plus tard, revivant cette émotion en me souvenant des témoignages de personnes bien réelles sur ce qu'étaient le Mur et la RDA, je me réjouis de ce triomphe de la liberté sans effusion de sang. Pour cette Allemagne qui est chère à mon coeur, mais aussi pour l'Europe.


Le 9 novembre... Une date qui n'est décidément pas anodine dans l'histoire de l'Allemagne. Si c'est dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 que le Mur de Berlin est tombé, d'autres événements ont eu lieu un 9 novembre dans le pays au XXe s. : c'est le 9 novembre 1918 qu'est proclamée à Berlin la République de Weimar ; hélas, c'est aussi le 9 novembre 1923 que les nazis tentent à Munich ce qui sera appelée le « putsch de la Brasserie », et dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 qu'eut lieu l'épouvantable « Nuit de Cristal ». C'est d'ailleurs pourquoi cette date du 9 novembre, malgré le symbole de la chute du Mur, n'a pas été choisie comme jour de fête nationale par l'Allemagne réunifiée3.

 

 

Nous ignorions encore bien entendu que ce n'était qu'un début, que bientôt cette partie de l'Europe privée de liberté allait mettre à bas ce qui fut l'une des grandes injustices de l'après-guerre. Je ne sais pas si ceux qui n'étaient pas encore nés alors, ou qui étaient trop jeunes, peuvent s'imaginer ce qu'un tel événement signifiait. Ni le climat qui était celui de cette période : la révolte grondait dans cette moitié de l'Europe ployant sous le joug soviétique, depuis le soulèvement de la Pologne. A l'heure où la France venait de célébrer le bicentenaire de sa Révolution, une autre révolution était en marche à l'Est. Car la portée de l'événement, c'est bien entendu le premier pas vers la réunification allemande, cette « Wiedervereinigung » à laquelle je ne me serais jamais attendu à assister de mon vivant ; mais au-delà, les prémices de la chute de cet empire soviétique synonyme d'oppression.

Je crois en effet qu'il s'agit enfin d'être francs et de regarder l'histoire en face. A l'heure où le politiquement correct veut que l'on couvre encore les dictatures communistes d'un voile pudique ou que l'on fasse des compromis avec les dernières d'entre elles, à l'heure où certains se laissent ici ou là tenter par ce qu'on appelle en Allemagne l' « Ostalgie » 4, il n'est pas inutile de dénoncer toujours combien ces régimes satellites étaient odieux. La RDA comptait parmi les plus durs et le Mur, tout comme le « rideau de fer », ce sont aussi des victimes souvent anonymes, dont le nombre ne sera sans doute jamais connu ; ce sont des familles brutalement séparées pour longtemps, quelquefois pour toujours ; une ville, qui avait été au début du XXe s. l'une des plus brillantes capitales européennes en matière de culture et de modernité, avant de se trouver anéantie par la folie criminelle du nazisme et ravagée par la guerre, séparée en deux par une folie nouvelle.

* plus jamais de murs



Certes, certains espoirs ont pu être déçus pour ceux qui attendaient tant de tels événements. Il faudra bien plus de deux décennies pour panser les blessures. Comme toujours avec les événements historiques, il faut s'efforcer de profiter du recul pour élargir la réflexion et si cela est possible – mais hélas cela l'est rarement – d'en tirer des leçons d'avenir. Il reste encore bien des « Murs de la Honte » à abattre : des murs bien matériels, comme celui que des extrémistes5 ont érigé entre Israel et la Palestine, au mépris du droit international et du respect des peuples, tout comme à Berlin en 1961 ; et d'autres, plus sournois, dressés dans les esprits au nom de quelque idéologie ou du refus des différences. Mon espoir aujourd'hui, c'est de voir ces murs-là tomber un jour eux aussi...



Je ne souhaitais pas faire un article historique ; dans le contexte des célébrations en cours, vous trouverez suffisamment de renseignements dans la presse ou sur le net. Mon propos était simplement d'exprimer mon sentiment au souvenir de cet événement qui m'a marqué. C'est pourquoi, du reste, il se trouve publié dans les Chroniques... Enfin, pourquoi le publier le 10 novembre et non le 9 ? Tout simplement parce que beaucoup d'Allemands n'ont franchi le Mur que le 10 novembre, et aussi symboliquement parce que moi-même je n'ai pas assisté à l'événement sur place.


Notes :

1- " Mur " en allemand ; les Allemands appelaient ce mur " die Berliner Mauer " ( le Mur de Berlin ), " die Mauer der Schande " ( le Mur de la Honte ), mais le plus souvent dans le langage courant " die Mauer " ( le Mur ).
2- Mon Allemagne, soyons clair, c'est celle de la langue, de la littérature et des arts, de l'amitié et des premières amours...
3- Depuis la réunification, la fête nationale allemande a été fixée au 3 octobre, date anniversaire justement de la réunification en 1990.
4- Mot allemand difficilement traduisible formé sur "Ost- " (Est) et  le mot d'origine française " Nostalgie " ; il recouvre différentes tendances, depuis la simple mode (souvent chez des jeunes n'ayant pas connu la RDA) des symboles de l'ancien régime de l'Est, jusqu'à la véritable nostalgie politique de certains adultes. Le mot est allemand et y a une consonnance particulière, mais la tendance se retrouve en fait dans toute l'Europe.
5- Je précise pour ne pas qu'on se méprenne sur mon opinion à ce sujet, car tous les Israeliens, loin s'en faut, ne sont pas favorables à ce mur dont la construction a été décidée sous l'impulsion de la droite radicale ; il a été condamné en vain par la communauté internationale comme violant tous les accords et droits internationaux. Mais c'est un sujet que nous aurons l'occasion d'évoquer de façon plus détaillée dans la série d'articles sur l'histoire d'Israel et de la Palestine.
  

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 08:19

Ces derniers temps, je dois avouer que mon calame a été particulièrement paresseux. Désolé... Pourtant, un certain nombre d'articles sont en chantier, ma collection de cartes postales anciennes d'Egypte s'est enrichie de nouvelles trouvailles que j'aimerais partager. Les beaux jours semblent enfin arrivés en Provence, le soleil et la chaleur, malgré les quelques menaces d'orages ; l'occasion de remettre plus souvent le nez dehors et de retrouver notre rythme méditerranéen autant que possible.


Mon chat Ramsès s'est mis lui aussi au rythme estival....


Merci à toutes et tous pour votre fidélité, les scribes se remettent à l'ouvrage, promis.

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 23:31


St-Quentin, dans l'Aisne, le berceau de mes ancêtres maternels, et la verte Thiérache des souvenirs d'enfance...


Ca ne se voit peut-être pas au premier coup d'oeil, et j'ai résolument planté mes racines en Provence où je suis né, mais j'ai par ma mère des origines picardes ; mes ancêtres maternels ont vécu dans l'Aisne depuis au moins le XVIIe s., nous en reparlerons sans doute  un de ces jours. Et quelle ne fut pas ma surprise d'entendre que la région Picardie allait être démantelée, selon l'avis du "Comité de réforme des collectivités locales" dirigée par l'un de nos plus désastreux Premiers Ministres, le triste sire Edouard Balladur 1 ! Objectif : réduire à 15 le nombre des régions. Ma foi : et pourquoi pas démanteler dans ce cas-là d'abord la région Ile-de-France !!!



Les quatre blasons de la région Picardie.


Les trois  départements composant actuellement la région seraient tout simplement rattachés aux régions voisines : la Somme au Nord- Pas de Calais, l'Oise à l'Ile-de-France... et l'Aisne, et bien on ne sait pas trop quoi en faire, alors on parle de la rattacher à la région Champagne-Ardennes. Les Picards vivent très mal la chose, et on les comprend : il y a une véritable identité picarde, qui n'est ni le Nord, ni les Ardennes et encore moins l'Ile-de-France. Et pour l'Aisne, quel mépris pour son identité que de se dire : "tiens, dans quelle case pourrait-on mettre ce département-là ?"




Une pétition circule sur le net, qui a déjà recueilli plus de 47 000 signatures. Voici le lien :

http://www.touchepasamapicardie.fr/


C'était le petit coup de gueule de Kaaper, vous en avez l'habitude... et vous savez maintenant d'où lui vient ce caractère bouillonnant (le mélange picard / méditerranéen, c'est quelque chose...). 



1- C'est à se demander, d'ailleurs, si Nicolas Sarkozy n'a pas un certain goût de la provocation, qu'on pouvait déjà voir dans le choix de l'extrémiste catholique "soeur Marie-" Christine Boutin comme ministre, ou dernièrement envoyer Jack Lang faire des ronds de jambe à Cuba après avoir soi-même fait des ronds de jambe en Chine...

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:32

Comme chaque année, je suis bien en retard pour présenter mes voeux pour la nouvelle année ; mais il paraît que l'on a jusqu'à la fin du mois de janvier pour le faire : disons donc que Kaaper n'est pas en avance, mais est toujours dans les temps...   A cette fâcheuse habitude de tarder à envoyer mes voeux s'ajoute cette année, sans vouloir me chercher d'excuses, la préparation d'un déménagement qui arrive à grands pas.





Je vous souhaite à toutes et tous une bonne et heureuse année 2009, riche en échanges et en rencontres humaines. Ces espaces de communication et de partage que nous tissons ensemble sur le net sont peut-être, restons idéalistes, un espoir pour un monde qui chaque jour devient un peu plus fou et perd de son humanité. Le meilleur rempart contre l'intolérance et les a priori reste d'aller toujours à la rencontre de l'autre et de ne jamais estimer que l'on en sait assez ; le respect et la tolérance naissent de ces passerelles entre les divers horizons qui font la richesse de ce monde. Chacun à sa façon y contribue, avec sa personnalité, ses expériences personnelles et ses différences, et c'est la possibilité d'un immense espoir.




J'en profite pour remercier tous les fidèles hôtes de Beyt Kaaper, toujours là malgré les longues périodes de silence. Vous savez que pour moi c'est l'humain qui prime au-delà de nos écrans et claviers ; même lorsque mon calame se tait sur le blog, je pense à vous et suis heureux de partager avec vous cette aventure. Promis, je vais prendre le temps de répondre en privé à celles et ceux qui m'ont envoyé leurs voeux... dès le début de l'année, eux.  

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 08:17

Nous l'avons tous remarqué, ici en Occident : les prix des produits alimentaires ont fait une culbute sans précédent, qui précipite les familles les plus modestes dans une précarité plus grande encore. Mais dans des pays où le niveau de vie est beaucoup plus bas que le nôtre, cette hausse mondiale des prix du blé et du riz, en particulier, est une catastrophe qui menace de déstabiliser des régions entières du globe. On parle avec euphémisme de " crise alimentaire ", certains ont inventé le terme de " tsunami alimentaire "... La réalité est que des soulèvements grondent dans les pays les plus touchés, où on a déjà assisté à ce qu'on qualifie non sans sensationnalisme médiatique d' " émeutes de la faim ". Nous avions parlé de la terrible situation en Egypte concernant le pain, la hausse mondiale des prix du blé ayant totalement déstabilisé un système très fragile et favorisé les spéculations des moins scrupuleux ; la situation ne s'arrange guère, et a déjà fait de nombreuses victimes. Et il est un fait que les modèles importés de l'extérieur, pour ne pas dire imposés, y montrent leurs limites, quand par exemple on constate que nombre de ménagères égyptiennes ne savent plus préparer le pain à la maison, comme cela se faisait autrefois ; on voit des femmes réapprendre ces gestes qu'on leur avait fait abandonner sous prétexte de modernité... L'Asie est également sévèrement touchée par la hausse incroyable du prix du riz, qui a triplé... En Afrique et en Amérique latine, le désastre s'ajoute aux difficultés déjà chroniques dans des régions où la situation politique est souvent déjà extrêmement fragile.


La réalité, on se refuse encore à la montrer du doigt, comme de bien entendu. Les pays les plus riches promettent des aides alimentaires, mais est-ce là la solution ? Les associations et ONG tirent la sonnette d'alarme mais ne sont guère entendues sur le fond. Certains relancent l'idée de commerce équitable comme alternative aux spéculations commerciales des plus puissants ; mais force est de constater que l'idée de commerce équitable, qui partait d'un bon sentiment, a été récupérée par le marketing et fait l'objet de spéculations sinistres. La réalité, c'est que la fameuse " mondialisation ", en ce début de millénaire décidément morose, montre enfin son véritable visage, plus terrifiant encore que ce qu'avaient pu imaginer dans leurs pires visions cauchemardesques les écrivains du XXe s. : un libéralisme à outrance dont rien ne vient plus guère contrebalancer les excès. La planète toute entière est devenue un terrain de jeu pour quelques puissants qui amassent des fortunes en jonglant avec les prix, au détriment à la fois des producteurs et des consommateurs. Comme dans les régimes totalitaires d'autrefois, d'il n'y a pas si longtemps, les responsabilités sont vagues, diluées, difficile de désigner un responsable : on renvoie la balle sur l'un ou l'autre, sur le système, sur le contexte, etc. Si bien qu'on finit par ne plus savoir qui précisément tire les ficelles au bout du compte. Les grandes puissances jouent sur la mappemonde à un jeu d'échecs sordide, et tout le monde en fait les frais. Est-ce là le monde que nous voulons construire ? Est-ce là l'image que nous avons de l'avenir de l'humanité ? A-t-il fallu tant de siècles de lutte acharnée pour se retrouver aujourd'hui prisonniers d'un système généralisé à toute la planète, dont les responsables sont bien cachés dans leurs tours de verre des grandes métropoles ?


Nous qui vivons dans des démocraties, nous avons encore un pouvoir, celui de dire NON ! Et nous ne l'utilisons pas, couards que nous sommes devenus par peur de perdre les derniers acquis conquis par nos aïeux : c'est un fait, nous voilà pris au piège, et bien pris ! La menace du chômage, de la descente aux enfers, la peur du lendemain nous paralysent ; on nous dit : " si vous voulez gagner de l'argent, travaillez plus ", on nous soupçonne d'être des fainéants, on cherche à la fois à nous faire endosser la responsabilité des causes de toutes les difficultés et à nous faire supporter seuls les efforts à fournir, à nous inculquer à nouveau la soumission aux exigences des puissants, qui eux reçoivent dans le même temps de pharaoniques cadeaux... Pour ne pas perdre nos quelques privilèges matériels, ce superflu qui nous encombre le cerveau, et souvent hélas aussi le coeur, nous serions prêts à tous les compromis ? Nous contenterons-nous encore longtemps de nous vautrer dans les chimères de la société de consommation pour fuir la réalité du monde - cette réalité qui défile sur nos écrans de télévisions avec une froideur insensible ? Où est donc passé l'esprit de refus de l'inacceptable ?


Et durant ce temps le monstre est déjà à l'ouvrage ailleurs sur la planète, broyant les peuples comme on fauche les blés, justement.


Si une prise de conscience ne se fait pas d'urgence, si un vent de révolte mondial,  à commencer par ici dans les pays " riches ", ne souffle pas pour jeter bas la machine monstrueuse que l'homme moderne a mis en place, nous deviendrons tous esclaves d'un système qui ne profitera qu'à une poignée de nantis qui riront volontiers d'une victoire si facile.


Je sais, Kaaper s'emporte, Kaaper s'enflamme, lui qui pourtant n'a jamais eu l'âme révolutionnaire...

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 20:37

Une fois de plus, Kaaper est en colère, une colère impuissante, hélas !


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Le drapeau du Tibet, interdit par la Chine.


Ce monde occidental si prompt à donner des leçons, ou à mener des guerres au nom de la "civilisation" est étrangement bienveillant à l'égard du régime communiste chinois, qui reste pourtant l'une des dictatures les plus terribles au monde. On fait des affaires, attiré par une main-d'oeuvre plus que bon marché et les débouchés potentiels dont fait rêver l'enrichissement de certains Chinois à la faveur de l'attitude hypocrite de leur gouvernement. Et on y laisse même organiser les Jeux Olympiques, comme si le régime chinois, après tout, était un régime comme un autre -imaginez des Jeux Olympiques à Téhéran, même si les choses ne sont pas comparables : vous verriez le tollet général ! On a fait promettre à la Chine de respecter les Droits de l'Homme en échange des JO, mais elle démontre qu'elle n'en a rien à faire, et que les grandes puissances sont bien soucieuses de la ménager...


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Une affiche dénonçant la répression chinoise : plus d'un million de victimes, plus de 6000 monastères détruits, des milliers de prisonniers politiques, des centaines de personnes disparues.

Et cependant, la Chine communiste reste un pays où règne encore la terreur. Qui se soucie, en dehors de quelques initiés, du sort infligé au peuple tibétain ? Dans l'indifférence générale, le martyre du Tibet, commencé en 1950, se poursuit inexorablement. Avec plus d'hypocrisie, peut-être, mais de façon tout aussi redoutable. La colonisation chinoise du Tibet ne cesse de s'accélérer ; objectif : pratiquer un génocide de fait, remplacer les Tibétains par des Chinois. La répression, surtout, est plus que redoutable. Contrairement à ce qu'on nous fait croire, les persécutions se poursuivent dans les monastères - rappelez-vous de ces images de lamas lynchés par les soldats chinois dans les années 1980, ça n'a pas changé. Les séances de "rééducation" -on croyait ce vocabulaire mort avec l'URSS- continuent de se pratiquer en toute impunité et l'apparente tolérance du régime chinois vis-à-vis des croyances n'est justement qu'apparence. Génocide culturel également : la langue tibétaine est chassée des écoles, on oblige les enfants tibétains à apprendre le chinois ; il s'agit d'éradiquer la culture tibétaine, tout en se servant de son patrimoine pour assurer des revenus. Des monastères, joyaux du patrimoine, ont été rasés ; les maisons anciennes également font les frais de cette destruction systématique. Le patrimoine historique tibétain fait l'objet d'un pillage systématique, les objets d'art affluent dans les galeries et sur Internet... en provenance de Chine !


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Le palais du Potala à Lhassa, réduit à un gadget commercial pour le tourisme, dissimulant le génocide culturel.


Une fois de plus, le Tibet tente de se soulever, avec l'énergie du désespoir. Dans le secret, puisque le régime chinois censure systématiquement tout ce qui peut venir de ce pays devenu une province chinoise. Gageons que la répression va être plus terrible que jamais, à quelques mois du début des Jeux Olympiques. La date n'est pas anodine : c'est en mars 1959 que la répression chinoise a commencé à s'abattre sur le Tibet, entraînant le départ en exil du Dalaï Lama et de milliers de Tibétains.


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Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui tout en dénonçant sans relâche l'oppression chinoise appelle au calme et demande aux autorités chinoises de renoncer à la violence.

Comme pour d'autres causes qu'on voudrait passer gentiment sous silence, histoire de faire des affaires tranquillement et de manipuler les peuples au gré des intérêts des puissants, ne fermons pas les yeux et ne nous bouchons pas les oreilles : n'oublions pas le martyre silencieux du peuple tibétain ! Ce peuple pris entre sa tradition pacifique de non-violence et sa révolte contre l'oppresseur...

Que pouvons-nous faire concrètement, me direz-vous ? Boycotter les produits chinois ? L'idée n'est pas mauvaise, mais malheureusement même les grandes marques occidentales font fabriquer en Chine et ne le disent pas toujours. Boycotter les Jeux Olympiques : assurément, mais les Etats ne suivront pas, trop d'intérêts économiques sont hélas en jeu. Mais nous avons un pouvoir dont nous ne réalisons pas toujours la portée et combien il est une chance que tous n'ont pas : celui de dire non ! Des actions sont menées par diverses associations de soutien au peuple tibétain, on les trouve facilement sur le Net. 


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Lien : voir l'article AFP sur les manifestations à Lhassa et ceux de Tibet-info sur le même thème et la situation actuelle.

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 18:23

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Rechercher un nouvel appartement réserve actuellement de bien mauvaises et stupéfiantes surprises... Très naïvement, je commence à prospecter les agences en me disant que maintenant que j'ai un meilleur emploi, que je gagne un peu mieux ma vie, je pourrais songer à réaliser ce rêve de déménager. Et là, dès le premier coup de fil, quelle n'est pas ma surprise ! On me répond, le plus naturellement du monde, que cela va être difficile de trouver quelque chose qui corresponde à mon attente - je précise que je cherche pas à louer un château, mais un petit 2 pièces* ! - car il est exigé de gagner au minimum 3 fois le montant du loyer. Quand on sait que dans la région on ne trouve guère de T1 ou T2 en-dessous de 500 euros**, on se demande bien comment peuvent se loger ceux qui n'ont pas le salaire de nos chers ministres ! Et quand tout aussi naïvement je dis, gentiment encore, que je pensais que cette pratique venait d'être interdite par le gouvernement, on commence à devenir aggressif en me disant qu'on dit beaucoup de choses mais que rien n'est fait, que les décrets d'application de certaines mesures n'ont pas été votés et que, de toute façon, comme il me faudra un garant étant donné mon salaire, c'est déjà bien si on accepte de me louer quelque chose... Et on ajoute : " De toute façon, je ne répondrai pas à ça, je l'entends 80 fois par jour ! "

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J'en reste ébahi ! Sur le c... , auraient dit mes chers amis libertins du XVIIe s. dont la langue acerbe nous manque bien cruellement en ces temps moroses... Je me pose alors la question de savoir comment font pour se loger ceux qui gagnent encore moins que moi, ou qui ont une famille de plusieurs enfants. Et maintenant que vous connaissez un peu Kaaper, vous vous doutez bien que la colère monte ! Tandis que notre " cher " - dans le sens de "coûteux ", ça va de soi - monarque républicain s'octroie des revenus pharaoniques, que lui et nos " chers " élus de tout genre et de tous bords se font loger confortablement aux frais de l'Etat - qui n'est pas eux, mais nous - , on se retrouve dans la situation ubuesque de voir les spéculateurs et autres agents immobiliers faire enfler démesurément les prix des loyers et des ventes immobilières... au point que des salariés se retrouvent sans logement, par exemple, comme cela a été dénoncé récemment, et que bien entendu des familles entières se retrouvent à la rue.

Vous me direz : oui, mais donc toi tu n'es pas à plaindre, puisque tu as un toit. Effectivement, grâce à Dieu, je ne suis pas malheureux dans mon studio, loin de là ; mais il n'empêche que ça me fait monter une colère toute méditerranéenne. La France veut-elle en venir à se retrouver dans la situation des pays qu'on a qualifiés tour à tour de "sous-développés" (les temps du racisme qui ne se déguisait pas encore), "en voie de développement" (les temps du racisme qui se déguise et des "bienfaits du colonialisme"), et finalement d' "émergents " ? C'est-à-dire une société se réduisant à deux castes : une minorité de messieurs richissimes dont la fortune grossit de jour en jour et qui de ce fait multiplient les résidences confortables et une masse de manants auxquels on ne demande que de trimer et qui s'entassent dans des logements exigus ! Ou veut-on reproduire le modèle américain, dans lequel les "homeless", les sans-abris de là-bas, sont de plus en plus nombreux, et où on a vu récemment les effets redoutables de l'ultra-libéralisme sur la classe moyenne ?

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Entre autres problèmes dans ce pays, celui du logement est en passe de devenir majeur en touchant une part de plus en plus grande de la population. Car, outre les problèmes qu'ont aujourd'hui les gens modestes ou aux revenus moyens pour se loger, que va-t-il advenir des petits propriétaires le jour où le château de cartes va s'effondrer ? 

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Pendant ce temps, Nicolas Ier conte fleurette à une catin et ment allègrement en prononçant çà et là de beaux discours et faisant de belles promesses dont on ne voit toujours pas la couleur. Belles promesses qui vont fleurir de tous bords en ces temps d'élections qui approchent...

Quant aux agents immobiliers, ils profitent allègrement de la liberté qui leur est donnée et se permettent d'être arrogants. Sans compter qu'ils ne maîtrisent toujours pas les outils actuels de communication, puisque la plupart des annonces que vous trouvez sur le net sont en fait des affaires déjà faites et que les sites ne sont pas mis à jour ! A la cupidité s'ajoute l'incompétence ! Il est à souhaiter que les réseaux de particuliers se développent, tiens, et que soudain leur caquet soit sérieusement rabaissé !

Voilà, c'était le petit coup de gueule du moment de Kaaper...




* enfin, pas trop petit non plus, parce que j'ai halluciné en voyant qu'on proposait des 2 pièces de moins de 30 m2 !

** si on fait le calcul, ça fait un salaire minimum de 1500 euros, et si on convertit dans notre feu franc, dont la disparition est tombée à point nommé pour brouiller les pistes, ça fait quand même un salaire d'environ 10000 francs par mois...

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 13:15
كلّ السنة و أنت طيّبين
Koll es-sana w entu Tayyebeen


 = Bonne Année en égyptien


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(Photo : coupole du mausolée de Qayit Bay, Cité des Morts, Le Caire

)


Voilà, 2008 commence, avec les espoirs que fait naître une nouvelle année. Beyt Kaaper vous souhaite à toutes et tous, avec cette merveille de l'art mamlûk du Caire, une très bonne année 2008, qu'elle soit l'occasion de découvertes et de rencontres, que les amitiés qui sont nées demeurent et s'épanouissent et que nous gardions cet esprit d'échange sur le monde des blogs.


Et pour le monde, la meilleure chose que l'on puisse souhaiter, c'est la paix et l'amitié entre les peuples, l'acceptation de toutes les différences, quelles qu'elles soient, la tolérance et l'envie de découvrir l'autre dans le respect.


Je vous embrasse toutes et tous, avec une affection plus particulière pour ces amies et amis que la blogosphère m'a donné de rencontrer. Que nous puissions nous revoir très vite, insha'a l-llah !
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:30

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Quel silence soudain dans Beyt Kaaper ; la demeure est devenue d'un calme inhabituel, le maître de céans ne parvenant pas à prendre le calame : sont-ce les fêtes de fin d'année ? Est-ce le froid qui lui aussi est inhabituel sur les rives de la Méditerranée ? Mais rassurez-vous, des articles sont en préparation et Kaaper retrouve avec plaisir son calame bavard.

2007 touche à sa fin, les derniers jours sont là et voilà 2008 qui déjà se profile. L'occasion de proposer de nouvelles rencontres et de mettre en place de nouveaux projets. Quelques surprises vous attendent pour ce début d'année... Mais je tiendrai ma langue !

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Avec stupeur j'ai appris, comme notre amie Anne-Marie nous l'avait annoncé, que le président français se rendait en Egypte : le monarque républicain et sa catin fê baladî, quelle horreur !!! Ce qui me rassure, c'est que c'est le silence radio dans el-Ahram Hebdo... et toc ! Je vous laisse imaginer Kaaper pestant et rageant...

Avec consternation, accueilli la nouvelle de l'assassinat de Benazir Bhuto, qui ne présage rien de bon pour le Pakistan, un pays fascinant dont nous parlerons.

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Dans l'immédiat, je prépare les articles sur le Noël provençal que je vous avais promis. Et puis quelques images de saison de la Provence Maritime, mais je n'en dirai pas plus pour le moment. Bientôt le Noël copte, je pense que notre amie Josiane nous en parlera sur son blog ; j'ai moi-même un article en gestation et je vais essayer de me rendre à cette occasion dans la paroisse copte égyptienne qui se trouve à deux pas de Toulon... car oui, il y a des Coptes égyptiens dans la région !


Bons préparatifs à tous pour cette fin d'année !

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 08:10

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Ce week-end, mon coeur était un peu plus encore du côté de l'Egypte que d'habitude : il y a un an, un an déjà, je m'envolais avec Théti pour l'Egypte et nous avions posé le pied à Louqsor, je retrouvais le " balad", mon pays de coeur comme je l'appelle en français... A l'heure qu'il est aujourd'hui, nous voguions déjà sur le Nil, entamant ce fabuleux séjour de 15 jours inoubliables dont vous trouverez le récit et des photos sur le blog que Theti y a consacré.


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Inoubliables couchers de soleil sur la vallée du Nil, en particulier celui-ci depuis les tombes nord d'Amarna...


Un an déjà, et il me semble que c'était hier. Et l'Egypte me manque, ceux qui me sont chers et qui sont là-bas aussi. Car ce voyage, ce fut bien entendu une rencontre avec les monuments ; mais surtout ce fut une extraordinaire aventure humaine. J'ai d'ailleurs à cette occasion, plus encore que d'habitude, une pensée chaleureuse et émue pour les amis d'Egypte : Anne-Marie et Amr, Domi et sa petite famille à Hurghada ; Josiane et Redha au Caire ; nos guides Ehab, à Minieh, et Amro, au Caire ; Mohamed, qui doit se trouver sur le bateau sur lequel il travaille, ou peut-être chez lui à Esna... Pour tous ceux que nous avons croisés aussi, avec lesquels nous avons passé des instants inoubliables. Pour mon amie Marie-Hélène, amoureuse elle aussi de l'Egypte, qui doit avoir le mal du balad autant que moi dans ses montagnes suisses... Et bien sûr pour Théti.



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Mes visages d'Egypte, l'aventure humaine qui enrichit un voyage d'une dimension l'inscrivant dans le coeur...


Les images défilent devant mes yeux, et je revois mes deux villes préférées, situées à chaque extrémité du pays : Le Caire et Aswan. La perspective d'un nouveau voyage me fait pousser des ailes. Parce que toujours cette petite voix intérieure est là pour me murmurer que je dois retourner en Egypte, insha'a l-llah. Comme je le dis souvent, on ne revient pas indemne d'un voyage en Egypte, à moins d'être insensible peut-être ; et il n'est pas nécessaire de boire l'eau du Nil pour avoir envie d'y revenir encore et encore. Il y a quelque chose qui fait que l'on tombe amoureux de ce pays dans lequel on était venu pour visiter des monuments qui nous faisaient rêver depuis l'enfance et où l'on a découvert un peuple chaleureux, des lieux fascinants, vécu des moments magiques, reçu des leçons de vie en toute simplicité... et où on laisse tout naturellement des petits morceaux de son coeur qui maintiennent le lien.


Bahebbak yâ Masr
Je t'aime, Egypte

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Published by Kaaper Nefredkheperou - dans Chroniques de Kaaper
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  • : Une demeure perdue quelque part entre rêve et réalité, dans les sables du désert égyptien ou sur les flots de la Méditerranée. Tournée vers l'horizon, les horizons divers... Les horizons de l'Est et de l'Ouest, comme disaient les anciens Egyptiens... Une demeure un peu folle, pour abriter des rêves un peu fous, des passions, des émotions, des coups de coeur...
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