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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 07:47
 

Jean Léon Gérome, La Danse de l'Almée (1863, huile sur toile, Dayton Art Institute) : ce célèbre tableau, qui représente en réalité une ghazeyya comme nous le verrons, est représentatif de tous les fantasmes orientalistes du XIXe s., et l'incompréhension d'une culture.


Dans les récits des voyageurs à partir du XVIIIe s. apparaît une figure qui va fasciner l'Occident et susciter de nombreux fantasmes dans la vague orientalisante : la danseuse orientale. Très largement, cet aspect de la société et de la culture égyptiennes ne sera pas compris ; il fera l'objet de déformations, avec le concept de « danse du ventre » créé par les auteurs français et adapté en anglais par le terme de « bellydance » : pourtant, la danse était autre chose dans l'Egypte d'alors. Sulfureuses autant qu'adulées, marginales et accusées à tort ou à raison de pratiquer la prostitution, les danseuses égyptiennes, dont la renommée était grande dans le monde arabe, ont vu peu à peu leur univers réduit. D'abord, bien sûr, à cause de l'action des rigoristes religieux, qui ont à plusieurs reprises, et aujourd'hui encore, obtenu leur disgrâce ou leur rejet, comme exerçant un métier contraire à la morale. Mais pas seulement : la vision occidentale a elle aussi fortement pesé sur le devenir de la danse égyptienne, en particulier à travers les spectacles de cabaret et le cinéma, jusqu'à donner ce qu'il en demeure en général aujourd'hui : un spectacle lascif, parfois même vulgaire aux yeux des connaisseurs, souvent pratiqué par des étrangères de plus en plus dénudées et non plus par des danseuses égyptiennes.

 

A travers une série d'articles, nous évoquerons cet univers particulier de la danse orientale en Egypte, qui en est l'un des berceaux les plus brillants, à travers des aspects historiques essentiellement, mais aussi ses aspects sociaux et humains, son devenir aujourd'hui.  Ce thème nous amènera à déborder, à établir des passerelles entre nos rubriques. Par exemple, dans nos Horizons des Arts, nous verrons également comment la danseuse orientale devint un sujet érotique par excellence pour les peintres. 



 

Félix Bonfils, Almée ou danseuse égyptienne (1870, photographie albuminée) : véritable almée ? On peut en douter, et y voir plutôt l'une de ces mises en scène en vogue chez les photographes du XIXe s. Ce document photographique est néanmoins intéressant par son ancienneté.


D'abord, il faut nous accorder sur les termes. Nous adopterons le terme de « danse orientale », qui correspond le mieux à la notion arabe de « raqs esh-sharq » ou « raqs sharqi » (arabe رَقص شَرقي ). On trouve également le terme arabe de « raqs baladi » (arabe رَقص بلدي ) , d'où le terme de « baladi » souvent donné aujourd'hui à ces danses ; la nuance est très complexe, à vrai dire. Il semble que le « raqs sharqi » est considéré comme l'aspect classique de ces danses, alors que le « raqs baladi » est une forme plus populaire, moins savante. Une autre définition nous dit que le « raqs sharqi » est l'art de la danse pratiqué par les danseuses, alors que le « raqs baladi » serait pratiqué par tout un chacun. Mais certains affirment aussi que le « raqs sharqi » est une reconstruction moderne de traditions plus anciennes. On trouve enfin la notion de « raqs sha3bi » (arabe رقص شعبي , de   شعب« sha3b » = peuple, tribu), qu'on peut traduire par danse folklorique ou populaire.

 



Adrien Marie, Danse de l'almée Aïoucha au café égyptien de la rue du Caire (1889, gravure, Le Monde Illustré du 3 août 1889). L'orientalisme produit un engouement en Occident pour les danseuses orientales.


Pas question donc de « danse du ventre », notion occidentale qui ne reflète pas la réalité culturelle du pays. Lorsque les Egyptiens parlent de « hazz el-baTn » (arabe هزّ البطن , littéralement « remuer le ventre ») ou « hazz eS-Sadr » (arabe هزّ الصدر , littéralement « remuer la poitrine »), ce sont des termes péjoratifs, par lesquels ils désignent en particulier les mouvements des mauvaises danseuses . Qualifier la danse orientale de « danse du ventre » revient donc à la rapprocher de cette notion péjorative de « hazz el-baTn »... ce qui n'est pas toujours faux dans les spectacles médiocres souvent offerts aux touristes d'aujourd'hui. Comme pour beaucoup de traditions un moment interrompues, ou reprises par le « folklore » ou pire par l'industrie touristique, l'essentiel de cet art s'est semble-t-il perdu, même si un certain nombre d'artistes aujourd'hui cherchent à renouer avec la véritable tradition. De plus, l'engouement actuel en Occident pour la danse orientale, nous le verrons, apporte le meilleur comme le pire, et ajoute aux contresens tout en devenant un véritable « business »...

 




C'est dans les années 1930-1950 que s'est mise en place, pour un public surtout occidental, l'image de la danseuse égyptienne d'aujourd'hui, sous l'influence du cinéma et des spectacles de cabaret ;  en particulier cette tenue beaucoup plus dénudée qu'elle ne l'était à l'origine.



Je ne me lancerai pas dans la question des origines de la danse orientale, qui fait toujours l'objet d'âpres discussions entre spécialistes. En étant raisonnable et en s'appuyant sur les différentes données livrées par les uns et les autres, on peut cependant dire qu'il y a vraisemblablement une conjonction entre diverses origines et influences liées à l'histoire du pays, comme un substrat oriental de danses anciennes liées à la fertilité ;  des éléments persans, turcs et d'Asie centrale amenés dès le Moyen Age par les Mamlûk, avec sans doute une nouvelle vague sous la domination ottomane ; ou encore des éléments venus de traditions plus éloignées, comme les influences indo-persanes introduites au Moyen Age par des tribus rom comme les Nawar. Reste-t-il dans ces danses quelque chose des danses antiques ? Cela est fort possible, bien que la question soit très discutée concernant l'Antiquité égyptienne ; les réminiscences d'un vieux fonds méditerranéen oriental, avec des éléments grecs, semble moins invraisemblable.

 





Frederick A. Bridgman, Almée avec un policier arménien au Caire (huile sur toile, coll. part. ) : là encore, étant donné son costume et le contexte, il s'agit vraisemblablement d'une ghazeyya. Les orientalistes qualifient presque toujours indistinctement les danseuses qu'ils peignent d'almées, ce qui montre le décalage avec la réalité culturelle.



Historiquement, il est impossible de dire à quelle époque s'est formée cette tradition de la danse orientale telle qu'on en observe les vestiges aujourd'hui. Il est très vraisemblable qu'il ait déjà existé des danseuses à l'époque médiévale, en particulier sous les Mamlûk. Encore faudra-t-il distinguer entre la danse dans la sphère privée, au sein des cours et des harems, et la sphère publique, avec les spectacles en extérieur lors des fêtes. Mais on peut dire sans trop s'avancer que le grand essor des danses orientales eut lieu à l'époque ottomane. Il semble que la période comprise entre le XVIIIe s. et le premier tiers du XIXe s. constitue une sorte d'âge d'or, freiné ensuite par les interdictions du règne de Mohammed Aly.





David Roberts, Ghawazee du Caire (aquarelle) : David Roberts est l'un des rares à ne pas se tromper en identifiant ces danseuses comme des ghawazy ; elles portent ici le type de costume ancien caractéristique.

 


Mais entrons dans cet univers de la danse orientale égyptienne tout d'abord à travers ses acteurs. En effet, dès les époques anciennes, on distingue deux grands types de danseuses :


- les fameuses almées (forme française venant de l'arabe « 3alâma » = « savante ») qui ont tant fait fantasmer l'Occident à travers l'orientalisme, et ceci bien que vraisemblablement peu d'orientalistes en aient réellement vu : elles constituent en quelque sorte la caste supérieure, celle des danseuses lettrées pratiquant un art classique auprès de la haute société, un art de cour en quelque sorte en milieu clos.


- les ghawazy, danseuses plus populaires, appartenant le plus souvent à une ethnie non arabe, qui pratiquaient la danse en public et en extérieur.


Et il ne faut pas oublier non plus, ce qui peut nous étonner, les danseurs, introduits sous l'influence turque, les Köçekler, dont nous parlerons en marge de cette série puisqu'il s'agit surtout d'une tradition turque liée aux sultans ottomans. Il est néanmoins intéressant de constater que les quelques danseurs orientaux masculins d'aujourd'hui puisent leurs racines dans le passé, et ne sont pas seulement une nouvelle attraction pour touristes en mal de sensations.


Liste et liens des articles de la série :

- Les Ghawazy (1) - Origines, rôle et histoire
- Les Ghawazy (2) - Le costume ancien
- Cartes postales de l'Egypte d'autrefois : des Ghawazee en 1914 

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 07:05


Le Khedive d'Egypte Isma'il Pacha, souverain francophile.


A l'instar de son grand-père Mohammed Ali, Isma'il Pacha (arabe : إسماعيل باشا  ) a contribué à affirmer l'identité de l'Egypte vis-à-vis du pouvoir central ottoman et à engager le pays vers une modernisation qui lui a redonné une importance politique sur le plan international. Cependant, il n'a pas su prévenir la mainmise progressive des grandes puissances occidentales sur les affaires égyptiennes et son règne s'acheva dans une crise majeure.



Le Palais de Mosafer Khana, dans le quartier de Gamaleyya, au Caire, dans lequel est né Isma'il ; construit dans le style ottoman de 1779 à 1788, il a malheureusement été détruit par un incendie en 1998.


Né le 31 décembre 1830 au palais d'el-Mosafer Khana au Caire, Isma'il est le second fils d'Ibrahim Pacha et le petit-fils de Mohammed Ali. Par sa mère, Khoshiyar, il est lié à la famille régnante ottomane, cousin du Sultan Abdül Aziz Ier. Il est envoyé à Paris pour y faire ses études et recevoir une éducation occidentale, ce qui explique les liens privilégiés qu'il gardera avec la France et sa prédilection pour la culture française.


A la mort de son frère aîné, il devient dans la succession dynastique l'héritier de son oncle Sa'id Ier, Wâli d'Egypte. Ce dernier, selon la tradition de méfiance au sein des familles régnantes ottomanes, va le tenir éloigné en lui confiant des missions à l'étranger, en particulier auprès de Napoléon III et du Sultan ottoman. C'est en 1861, en parvenant à réprimer une révolte au Soudan, qu'il entre réellement sur la scène politique. Il succède à son oncle en tant que Wâli d'Egypte en janvier 1863.  Et en 1867, il parvient à obtenir du Sultan  Abdül Aziz Ier, son cousin, la reconnaissance officielle de son titre de Khedive, marquant ainsi une autonomie plus grande vis-à-vis du pouvoir central.

Rapidement, Isma'il se montre le digne héritier de Mohammed Ali et se lance dans une série de grandes réformes visant à moderniser le pays.  Il réorganise les douanes et la poste, relance le commerce et favorise l'industrie de la canne à sucre et du coton. Il met également sur pied un grand projet de développement du réseau ferroviaire, reliant l'Egypte au Soudan, l'un des réseaux les plus développés de l'époque. L'une de ses plus grandes réalisations politiques est la création d'une assemblée en 1866, dont le rôle était à l'origine purement consultatif  mais qui finit par exercer une réelle influence sur les affaires du pays. Imprégné de culture française, il s'efforce également de réduire le commerce des esclaves. Parallèlement à sa politique de réforme intérieure, il cherche à asseoir la puissance de l'Egypte en Afrique.  Isma'il rêve de contrôler toute la côte de la mer Rouge ainsi que l'ensemble du cours du Nil. S'il parvient à annexer le Darfur en 1874, il échoue dans sa tentative de conquête de l'Ethiopie.

Son règne est également marqué par de grandes constructions, en particulier au Caire où il crée entre autres le quartier moderne de l'Ezbekiyyeh sur le modèle français, construit plusieurs palais ainsi que l'Opéra ; Alexandrie connaît également alors un grand élan de constructions.



Le Khedive Isma'il reçu par l'impératrice Eugénie au palais des Tuileries en 1867.


C'est sous le règne d'Isma'il que sera achevé le Canal de Suez, dont il renégocia les termes. Les travaux, menés par la Compagnie du Canal de Ferdinand de Lesseps depuis 1859, rencontraient l'hostilité farouche de la Grande-Bretagne. C'est dans le cadre de ces négociations qu'il se rend en voyage à Paris et à Londres en 1867, usant de son influence auprès des souverains européens, en particulier de l'aide de Napoléon III. Grâce à lui, 44% du canal appartenaient à l'Egypte. L'inauguration, en 1869, fut l'occasion de festivités grandioses auxquelles furent conviées des personnalités venues du monde entier, dont l'impératrice Eugénie.



L'inauguration du Canal de Suez donna lieu à des festivités grandioses. On voit ici l'arrivée du navire impérial à bord duquel avait pris place l'impératrice Eugénie accompagnée de Ferdinand de Lesseps.


Le revers de ces grandes entreprises du règne, et le coût désastreux de la guerre en Ethiopie,  fut un grave endettement de l'Egypte vis-à-vis des puissances occidentales, qui déboucha sur une véritable crise financière. Bientôt la dette du pays dépassa les cent millions de livres sterling, entraînant des jugements défavorables auprès des tribunaux internationaux. La mort dans l'âme, le Khedive dut consentir à revendre pour un prix dérisoire aux Britanniques les parts égyptiennes du Canal de Suez en 1875. Cela marqua le début de l'intervention britannique qui devait lui être fatale. En 1876, le rapport rendu par l'envoyé du gouvernement britannique Stephen Cave conclut à la nécessité d'une intervention des puissances étrangères dans la gestion des finances du pays, avec la création de la Caisse de la Dette et l'établissement d'un contrôle anglo-français sur les finances et le gouvernement de l'Egypte.  En 1878, Isma'il fut contraint de céder ses biens au pays et d'accepter une forme de gouvernement constitutionnel avec des ministres imposés par l'étranger : Nubar Pacha comme premier ministre, Charles Rivers Wilson comme ministre des Finances et de Blignières comme ministre des Travaux Publics.



Statue de Noubar Pacha à Alexandrie. Les Arméniens comme Noubar Pacha jouaient un rôle important dans la société égyptienne depuis l'époque mamlûk.


Cette ingérence des puissances étrangères dans les affaires du pays était inadmissible aux yeux de nombreux Egyptiens. Le colonel Ahmed 'Orabi rassembla les mécontents et mena une révolte à partir de 1879, qui inquiéta les Occidentaux. Ceux-ci firent pression auprès du Sultan ottoman pour qu'il renvoie le Khedive et Isma'il Pacha fut contraint d'abdiquer le 26 juin 1879.  On désigna son fils Tawfiq, plus maléable, pour lui succéder. Désormais, l'Egypte allait passer progressivement sous contrôle britannique.



Tawfiq Pacha succéda à son père Isma'il, à la demande des puissances étrangères.


D'abord parti en exil à Naples, Isma'il Pacha obtint finalement du Sultan la permission de se retirer dans son palais d'Emirgan, sur le Bosphore, où il vécut en résidence surveillée jusqu'à sa mort, le 2 mars 1895. Il fut malgré tout inhumé au Caire. Destin tragique que celui du Khedive Isma'il Pacha, dont on peut estimer qu'il fut trahi par ces puissances occidentales dont il avait favorisé l'influence...




Le parc du palais d'Emirgan, sur les rives du Bosphore, à Istanbul, où Isma'il finit ses jours en résidence surveillée. Il y fit élever des kiosques qu'il offrit à son cousin le sultan ottoman.

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 13:49

Société égyptienne


Un très intéressant article de Gamal Essam ed-Din est publié aujourd'hui dans El-Ahram Weekly, version anglaise en ligne du journal égyptien, sur un sujet qui est révélateur à plus d'un titre sur l'évolution de la société égyptienne.

 

Le Parlement égyptien (Assemblée du Peuple) vient de voter, malgré les protestations des élus appartenant à la Confrérie des Frères Musulmans, une nouvelle loi de protection de l'enfance, en particulier en interdisant les mutilations sexuelles sur les petites filles et l'enregistrement officiel des mariages en-dessous de l'âge de 18 ans. Dorénavant, toute personne pratiquant l'excision est passible d'une amende allant jusqu'à 5000 LE et d'un emprisonnement pouvant aller jusqu'à 2 ans.

 

La question de l'excision provoque un tolet chez les musulmans radicaux, en particulier les Frères Musulmans, qui accusent le Conseil National de la Maternité et de l'Enfance, présidé par l'épouse du président égyptien, Suzanne Mubarak, de vouloir imposer des valeurs occidentales en faisant pression sur le Parlement. Ils affirment que cette pratique millénaire relève de la Sunna, ce que contestent pourtant des autorités religieuses compétentes.

 

L'article 7 de cette nouvelle loi interdit le mariage en-dessous de l'âge de 18 ans et rend obligatoire un examen médical prénuptial. Une enquête a montré que 73% des familles égyptiennes étaient favorables à cette mesure. Les Frères Musulmans protestent que l'Islam autorise le mariage quand les conjoints ont atteint la maturité sexuelle à 15 et 16 ans, et que la nouvelle loi est une porte ouverte à la « corruption morale ». Ce à quoi le ministre de la Justice répond que le fait de porter l'âge légal du mariage à 18 ans permettra de garantir aux femmes, en particulier en contexte rural, de pouvoir poursuivre leur éducation, dénonçant le fait que de nombreuses jeunes filles mariées très jeunes sont déscolarisées et de ce fait victimes de l'illétrisme, un des autres combats du gouvernement égyptien. Ebtesam Habib, une élue, dénonce également le fait que de très jeunes filles sont mariées par des familles pauvres égyptiennes à des hommes fortunés du Golfe et affirme que cette loi permettra d'endiguer ce qui semble devenu une pratique courante.

 

Quelques clefs pour comprendre :

 

  • L'Assemblée du Peuple, élue au suffrage universel, est chargée en Egypte du pouvoir législatif ; ses membres sont élus pour une durée de 5 ans.

  • L'un des problèmes posés par les questions d'ordre religieux est que l'Islam est en Egypte religion d'Etat, même si la liberté de culte et de pensée est garantie par la Constitution. Il importe donc plus ou moins que les décisions de l'Etat soient en accord avec la Sunna.

  • L'excision, pratiquée depuis l'époque pharaonique, avait déjà fait l'objet d'un arrêt de la Cour de Cassation et d'un décret ministériel. Difficile à évaluer précisément, elle toucherait un grand nombre de femmes égyptiennes, musulmanes mais aussi coptes.

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 09:18

Voici pour notre rubrique mensuelle des nouvelles d'Egypte une première sélection d'articles, dans un premier temps extraits du journal en ligne al-Ahram Hebdo. Un choix de sujets permettant d'appréhender divers aspects de la société égyptienne d'aujourd'hui et de mieux la comprendre, mais aussi de connaître une situation dont les médias occidentaux se font hélas bien peu l'écho.


Situation économique :

Les nouvelles en provenance d'Egypte ne sont pas bonnes. Nous avions parlé il y a quelque temps du pain en Egypte, et des difficultés croissantes d'approvisionnement. Depuis, la situation s'est encore aggravée ; la flambée des prix fait peser une menace qui exaspère la population. On se rue désormais vers les boulangeries subventionnées par l'Etat, devant lesquelles il faut faire la queue de longues heures, et des troubles éclatent qui ont déjà fait une quinzaine de morts. Le président Moubarak est intervenu dimanche dernier pour annoncer des mesures destinées à faciliter la distribution du pain, en particulier en mettant l'armée à contribution. Le climat est d'autant plus tendu que les prix des produits de base en général flambent dans le pays, et que les élections municipales doivent avoir lieu début avril. En cause, une hausse mondiale des prix des denrées alimentaires, dont nous-mêmes subissons les effets, certes moins dramatiques. Espérons pour nos amis égyptiens que la situation va trouver rapidement une solution. A lire à ce sujet : le
dossier de Heba Nasr Eddine et l'article de Gilane Magdi dans al-Ahram Hebdo n°706.



Religion et société :

Un très intéressant
dossier à lire également, dans le même n° 706 d'al-Ahram Hebdo, sur les Frères Musulmans, cette confrérie dont nous parlerons bientôt dans un prochain article. Important pour comprendre une mouvance politique que nos médias occidentaux ne présentent pas toujours de façon très claire. A lire également un article de Heba Nasr Eddine parlant de leur participation aux prochaines municipales et rappelant l'histoire de la confrérie (al-Ahram Hebdo n°704).

Un
article également très intéressant de Cherif Albert sur une décision de justice demandant au pape copte Shenouda III d'autoriser le remariage d'un copte divorcé. L'occasion de découvrir l'Egypte méconnue des Coptes. (el-Ahram Hebdo n°704)



Les femmes égyptiennes :

La journée égyptienne de la Femme a eu lieu le 16 mars ; vous avez bien lu : les Egyptiens marquent eux aussi leur journée de la Femme, comme quoi on peut avoir des idées préconçues. L'occasion de faire le point sur la situation des femmes en Egypte, qui varie beaucoup en fonction du milieu social.

Une
enquête (al-Ahram Hebdo n°704) donne une idée des aspirations des femmes égyptiennes, qui ne sont pas les femmes soumises qu'on imagine trop souvent en Occident.

Dina Darwich (al-Ahram Hebdo n° 705) nous parle dans son
article de la question de l'héritage des femmes en milieu rural. Bien que la sharia, qui sert de référence à la législation, reconnaisse le droit des femmes d'hériter, il leur est encore bien souvent difficile de faire appliquer ce principe, en particulier dans les campagnes. Le Conseil national de la Femme travaille sur un projet de proposition de loi visant à sanctionner ces pratiques.

Doaa Khalifa (al-Ahram Hebdo n°706) consacre pour sa part un très intéressant
article à la situation des femmes en Haute-Egypte, où elle note que les traditions gardent un grand poids mais que les choses changent peu à peu.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 08:37

Un très intéressant article paru dans le n° 702 d'al-Ahram Hebdo, le journal égyptien francophone en ligne, nous fait aborder un aspect de la vie quotidienne en Egypte : le pain. Il reste l'aliment de base pour de nombreuses familles égyptiennes pauvres. L'Etat égyptien a beau subventionner le pain " baladi * ", les prix flambent et cette denrée de base devient difficile à se procurer pour les habitants les plus modestes des villes. En cause, la hausse du prix du blé, qui a des répercussions mondiales. En Egypte, la situation devient par endroit alarmante.


porteur-pain.JPG


On est impressionné, en Egypte, par la dextérité de ces porteurs de pain qui, à pied ou à vélo, se faufilent dans la foule dense des villes avec cet empilement de pains en équilibre sur leur tête.



Vous découvrirez beaucoup de choses dans cet article, qui nous permet d'appréhender le quotidien de la plupart des Egyptiens. Fait culturel signifiant, des traditions abandonnées réapparaissent, comme la fabrication du pain à la maison, ce qui n'est pas simple en ville quand on ne dispose pas du four traditionnel, ou ces femmes de la campagne qui se déplacent de maison en maison pour fabriquer le pain familial. Il nous fait aussi découvrir des différences culturelles entre les régions égyptiennes, comme le pain de Louqsor qu'on laisse lever au soleil.




Enfin, une occasion aussi pour nous d'apprendre un peu de vocabulaire égyptien.

Alors qu'en arabe classique égyptianisé le pain se dit en principe  khobz ( خُبز), les Egyptiens l'appellent plus volontiers  3eysh  ( عَيش ) **, el-3eysh signifiant aussi  " la  vie ", ce qui peut sembler poétique mais surtout en dit long sur l'importance de cet aliment.



3eysh-baladi.jpg

Le 3eysh baladi qu'on rencontre le plus fréquemment, en particulier au Caire.



Le 3eysh baladi, ou khobz baladi, c'est le pain traditionnel égyptien en forme de galette. On appelle plutôt par ce terme le pain acheté en boulangerie, celui qui est suventionné par l'Etat.



Le 3eysh beyti (littéralement " pain domestique / de la maison " ) est celui que l'on confectionne soi-même à la maison (beyt en égyptien). Il est cuit dans le four baladi, un four circulaire en terre.




3eysh-shamsi.jpg



3eysh-shamsi2.jpg


Deux types de 3eysh shemsi.



Le 3eysh  shemsi (de shems, le soleil) est un pain traditionnel en Haute-Egypte, de la région de Qena à Aswân, dont on fait lever la pâte au soleil.


La galette de pain traditionnel est appelée reghif.


La khabbaza - on retrouve la racine de khobz dans ce nom - est une femme qui, dans les campagnes, vient dans les maisons pour préparer le pain. L'auteur de l'article constate d'ailleurs que le retour des khabbaza est aussi lié au fait que les femmes avaient perdu l'habitude de préparer elles-mêmes le pain, et le savoir ne s'est donc pas toujours transmis.


Dans une prochaine série d'articles, nous évoquerons l'évolution de la consommation des céréales, et en particulier du pain, de l'Egypte antique à nos jours. L'article d'al-Ahram est une bonne entrée en matière pour l'Egypte d'aujourd'hui.



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* el-balad (transcrit aussi beled ) signifie en arabe dialectal aussi bien le pays que la région, le lieu d'où on est originaire. L'adjectif baladi qualifie donc ce qui est du pays, de la région.

** transcrit aussi eish, eich ou encore aysh.


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Lien :

Si vous voulez poursuivre sur le sujet, voici un lien très intéressant sur les pains traditionnels de l'Egypte contemporaine. Les photos de pains en sont extraites.


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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 06:51

Pour ce nouveau volet de nos nouvelles en provenance d'Egypte, la culture sera particulièrement à l'honneur parmi les articles choisis. Mais nous commencerons par deux articles de société.

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Le Caire : Projet pour renouveler le parc de taxis


Dans un
article intitulé "La fin du tacot ? ", Mirande Youssef évoque le projet du gouvernorat du Caire pour renouveler le parc des taxis cairotes, dont le nombre est estimé à environ 50 000 mais dont 1/3 sont en très mauvais état. Tous ceux qui sont déjà allés au Caire connaissent bien ces fameux taxis, de couleur noire et blanche, qui font partie du paysage urbain et qui sont, quand on les prend pour la première fois, une véritable aventure ! Certains sont en effet sans âge - l'état des lieux dressé par les concepteurs du projet révèle que certains véhicules remontent aux années 1960 ! - et il n'est pas rare que, dans cette ville aux embouteillages gigantesques, un taxi soit immobilisé au milieu de la chaussée. Soucieux des problèmes de sécurité, de circulation et de pollution, mais aussi sans doute pour donner un air de modernité à la capitale égyptienne, le gouvernorat se propose d'inciter les chauffeurs de taxi à remplacer leur véhicule en mettant en place un système de prêt : 40 000 LE à un taux de 7 %, et le choix parmi 3 modèles de véhicules fabriqués en Egypte. Les cibles prioritaires sont les véhicules antérieurs à 1970, dont les propriétaires bénéficieront d'un délai de 2 ans pour les remplacer par des véhicules neufs. Le projet prévoit également l'obligation d'installer un compteur électronique affichant le prix réel de la course - actuellement, le compteur sert essentiellement  de décor et le prix de la course est marchandé avant le départ. Réel progrès ? Pas sûr. Outre l'aspect pittoresque que nous regretterions un peu et une augmentation du prix des courses, le projet annonce des problèmes sociaux à venir ; pour beaucoup de chauffeurs, le prêt de 40 000 LE au taux de 7% représente une dépense trop élevée à laquelle ils ne pourraient faire face. Certains pointent du doigt les compagnies de taxis apparues relativement récemment, avec des véhicules certes plus modernes, mais dont les chauffeurs sont des salariés. A lire en parallèle le récit non dénué d'humour d'une course de taxi au Caire, dans la même enquête (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).



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Société égyptienne : la première femme à postuler à l'emploi de maazoon

C'est sous le titre "
Un autre monopole bousculé" que Shahinaz Gheith évoque quant à elle la première Egyptienne à postuler pour l'emploi de maazoon, sorte de notaire qui enregistre et signe les contrats de mariage ; cet office a été créé il y a environ un siècle, avec en particulier le souci de garantir les droits de l'épouse. L'affaire se passe dans la région du Delta, à Naqayet, à 15km de la ville de Zagazig. Encouragée par son époux, qui n'est autre que le neveu de l'ancien maazoon, Amal Soliman, diplômée en Droit, remplit le dossier de candidature à ce poste, au grand dam de certains de ses concitoyens. Cela ne s'est jamais produit auparavant en Egypte ni dans tout le Mashreq. A ceux qui lui opposent que cela n'est pas conforme à la shari3a, Amal rétorque que rien dans la Constitution égyptienne ni les lois religieuses ne s'oppose à ce qu'une femme occupe cet emploi. Déterminée, elle attend la décision définitive des autorités (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).


undefinedCulture :


cobra_db.gifLe Centre el-Ghori pour le Patrimoine oeuvre pour le patrimoine musical égyptien

Dans son très intéressant
article "Retour des exaltations d'antan", May Selim nous parle du Centre el-Ghori pour le Patrimoine et de l'action menée par son directeur, Intissar Abd el-Fattah, pour mettre en valeur et faire redécouvrir le patrimoine musical égyptien. Plusieurs projets sont en effet menés dans ce sens par le centre, avec la création de spectacles et de troupes musicales. Ainsi, la troupe Sama3, composée de 23 chanteurs, s'attache à la redécouverte du chant religieux (inshad) de tradition sûfî. Pour l'été 2008, c'est un spectacle théâtral sûfî qui est en préparation, intégrant chanteurs sûfî (monshedîn) et derviches tourneurs. Le Centre a également permis la création en 1990 de la troupe des Tambours nubiens (dedoof), afin de sortir la tradition musicale nubienne du caractère folklorique galvaudé auquel elle est souvent réduite et de restaurer dans son originalité la musique sa'idi, avec ses percussions et autres instruments, tels que le mizmar*, la rababa** et la kawala***. Enfin, Intissar Abd el-Fattah travaille aussi pour ressusciter des formes musicales populaires, comme el-Nakraza (spectacle de rue avec échassier) et l' Hasaballah. En parallèle est mise sur pied une école de calligraphie. (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).

* mizmar : instrument à vent à double anche.
** rababa : sorte de luth à deux cordes en Egypte, sur lequel on joue avec un archet.
*** kawala : sorte de flûte égyptienne (nay).




cobra_db.gifDes expositions temporaires établissent une passerelle entre Mexique précolombien et Egypte antique


Pour célébrer le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre leurs deux pays, le Mexique et l'Egypte organisent deux
expositions temporaires permettant à chacun de découvrir la culture de l'autre, en montrant les étonnants parallèles entre deux cultures brillantes n'ayant pourtant pas eu de liens entre elles et soulignant l'ancienneté de l'une comme de l'autre. Au Mexique, c'est donc une exposition égyptologique qui a débuté au musée national de Mexico et se déplacera. En Egypte, le musée égyptien du Caire présente l'exposition "Dressing like Gods", avec 58 oeuvres pré-hispaniques de la région de Oaxaca, au Mexique. (Al-Ahram Weekly n°883, semaine du 07 au 13/02/2008)


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Archéologie : Découvertes sur le commerce maritime égyptien antique en mer Rouge


Dans son
article "Les Egyptiens avaient le pied marin", Doaa el-Hami revient sur les fouilles menées depuis 7 ans à Wadi el-Gawisis, à 25km au sud de Safaga, sur la mer Rouge, par une équipe américano-italienne, sous la direction de Rodolfo Fattovich et Kathryn Bard. Ce site a en effet été l'un des plus importants sites maritimes de l'Egypte antique, fréquenté dès l'Ancien Empire comme le mentionnaient les textes et l'a confirmé la trouvaille de céramiques de cette période. Mais c'est au Moyen Empire, en particulier sous le règne d'Amenemhat III, que l'activité a été la plus intense. La dernière campagne en date a porté sur 2 des 7 galeries qui servaient à la fois d'entrepôts et de lieu de vie. Les découvertes sont nombreuses, variées et renseignent mieux sur les échanges entre l'Egypte et le pays de Pount :
- équipements de navigation : cordages, rames, planches amenées depuis la vallée du Nil pour la construction des bateaux (la sécheresse du climat a permis leur excellente conservation)
- sceaux d'argile qui permettaient de fermer les récipients contenant les denrées, en particulier alimentaires, qui fournissent de précieuses indications sur l'administration des échanges, ainsi que des coffrets de bois pour les matières précieuses ramenées de l'autre rive (encens, pierres précieuses, etc.)
- plusieurs stèles datant des règnes de Senusret*  III, Amenemhat III et Amenemhat IV
- une grande quantité de jarres sans doute destinées au stockage de l'eau pour le voyage maritime.
L'un des objectifs de l'équipe, toujours pas atteint, est d'identifer le faciès du littoral antique. Il s'agit aussi d'assurer la préservation du site, car les galeries sont fragilisées et devront être consolidées, mais également parce que le littoral égyptien de la mer Rouge fait l'objet de convoitises des spéculateurs immobiliers attirés par la manne de l'industrie touristique.
En complément, un second article présente l'historique des fouilles. (Al-Ahram Hebdo n° 700, semaine du 06 au 12/02/2008).

*Sesostris en grec.



Températures
: au Caire, 7° pour les minimales et 18° pour les maximales ; à Alexandrie, 8° et 17° ; à Hurghada, 12° et 23°.


Cours de la livre égyptienne (LE)
(au 11 février 2008) : 1 euro vaut 7,60 LE.

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 06:01

On savait l'ADSL d'Egypte d'une lenteur à énerver les habitués du Net ultra-rapide, et les connexions très capricieuses, en particulier en dehors du Caire et d'Alexandrie... Tous ceux qui s'y sont essayé en Egypte savent de quoi je veux parler ! Mais cela peut être pire !


Notre amie Anne-Marie, d'Hurghada, nous informe que, suite à la rupture d'un câble sous-marin à une dizaine de kilomètres au large d'Alexandrie, l'Egypte et une partie du Mashreq se trouvent en partie privées de connexion. Un bateau devrait être envoyé d'Europe pour effectuer les réparations. Tout ne devrait revenir à la normale que dans une semaine, insha'a l-llah !


Maalesh, doivent se dire les Egyptiens, bien entendu. Mais j'en connais qui doivent pester ! Bon courage aux amis qui sont là-bas !

 

Anne-Marie nous envoie d'autres nouvelles. Ce sont en fait 2 câbles sous-marins qui sont sectionnés au large d'Alexandrie. On estime à 2 semaines la durée des travaux nécessaires, mais on tente d'ici là de dévier le trafic Internet par satellite ou d'autres réseaux.

Ce sont l'Egypte, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats, le Koweït et Bahrein, mais aussi l'Inde et le Pakistan, qui connaissent des perturbations liées à cet incident. Israel, le Liban et l'Iraq ne sont quant à eux pas affectés.

En Egypte, on annonce que d'ici 2 jours la moitié de la puissance devrait être rétablie. Bon courage à nos amis d'Egypte et du Mashreq !

Dernière minute :

En fait, ce sont deux des trois câbles reliant le Mashreq à l'Europe qui sont endommagés. Après les estimations optimistes, les autorités égyptiennes annoncent que le retour à la normale pourrait prendre plusieurs semaines. 

Mais le blog d'Anne-Marie ne s'en trouve pas affecté, car elle avait programmé des articles jusqu'à la fin du mois. Vous pouvez donc continuer à goûter avec elle les Parfums d'Egypte. 

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:00

Le nom même du café est d'origine arabe, on l'ignore souvent : on l'appelle en arabe " qahwa " ( قهوة ), mais c'est par son équivalent turc, "  kahve " , qu'il est passé à l'italien "caffè "et de là au français. En Egypte, son histoire remonte à l'époque mamlûk et il s'est surtout développé à l'époque ottomane. On boit d'ailleurs aujourd'hui encore en Egypte le " café turc ", comme nous allons le voir, différent du café bédouin.



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On ignore encore si le café tire son origine d'Ethiopie, comme le prétend une tradition, ou si on en trouvait à l'origine aussi bien en Ethiopie que dans la Péninsule Arabique. En revanche, les Arabes de la Péninsule le connaissent dès le Moyen Age. C'est au XVe s. , à l'époque mamlûk, que le café est introduit en Egypte et est d'abord réservé à l'élite sociale. Les Mamlûk en contrôlent le commerce, qui se fait depuis le Yémen et l'Arabie à travers la mer Rouge. Après la découverte par les Européens du contournement de l'Afrique par le Cap de Bonne Espérance et l'échec du sultan égyptien el-Ghori à empêcher leur implantation en Inde, il faut trouver un substitut au commerce des épices : ce sera le café, dont la variété la plus appréciée est celle du Yémen. Il transite principalement par l'Egypte, mais aussi par l'intermédiaire de marchands syriens proches du gouverneur ottoman.

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La consommation de café se développe chez les Egyptiens. A tel point que le gouverneur ottoman, Khayer Pasha, consulte des religieux pour savoir si ce breuvage est conforme ou non aux préceptes du Coran, en raison de certains de ses effets. Il tente en vain d'en interdire la consommation, mais le café est si populaire que cette mesure soulève une contestation telle que le pouvoir est contraint de retirer la mesure. Au XVIIe s. , on dénombre au Caire pas moins de 1000 lieux voués à boire le café !


Le café est introduit en Europe vers 1600 par les marchands vénitiens. Le pape essaie d'abord de le faire interdire, puis l'adopte lui-même, en lançant la mode. Mais c'est surtout au milieu du XVIIe s. que le café commence à avoir un grand succès en Europe, assurant une nouvelle prospérité liée à ce commerce en Egypte. Malheureusement, les Occidentaux ne tardent pas à tenter de créer dans leurs colonies leurs propres plantations. Les Anglais sont les premiers à tenter l'expérience dans leur colonie de Ceylan, mais les plants sont atteints d'une maladie et ils les remplacent par la culture plus lucrative du thé. Par contre, les Hollandais parviennent à en cultiver en Indonésie. Ils font l'erreur d'en offrir un plant au roi de France, et au début du XVIIIe s. les Français en lancent la culture aux Antilles, suivis peu parès par les Portugais au Brésil ; dès 1730, grâce à l'organisation de plantations, dont la main d'oeuvre est fournie par les esclaves venus d'Afrique, ce café d'Amérique peut concurrencer sur les marchés européens le café venu d'Orient.

Pire : les Ottomans et les Egyptiens eux-mêmes finissent par acheter ce café produit par les Européens en Amérique. Cela porte un coup fatal au grand commerce égyptien du café.


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Les Egyptiens d'aujourd'hui consomment ce qu'on appelle le " café turc ", torréfié puis moulu très fin. On place dans une cafetière une quantité d'eau équivalente à chaque tasse qu'on veut servir, la quantité de café convenant à chaque tasse, le sucre, et on porte le tout à ébullition légère deux fois. Le café est ensuite versé dans les tasses et on laisse le marc se déposer au fond. Lorsqu'on commande un café en Egypte, on vous demande de quelle façon vous souhaitez le consommer, puisque le sucre se met dès la préparation :

" sâda " signifie sans sucre, ou très peu sucré
" mazbût " signifie moyennement sucré
" zeyâda " signifie très sucré

Les Egyptiens, friands de sucre, le consomment souvent " zeyâda ". Parfois, comme il est d'usage dans de nombreux endroits du Mashreq, on parfume le café avec de la cardamome.


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La différence avec le café bédouin ? Le café consommé par les Bédouins est un café vert qui est grillé sur le feu, broyé dans un mortier, puis préparé de la même façon que le thé dans une " ibriq " . Il est plus clair que le café turc, a un goût différent et se parfume en général à la cardamome.

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 03:40

C'est en 1517, profitant de l'affaiblissement de l'économie égyptienne et des dissensions entre les Mamlûk, que les Ottomans font la conquête de l'Egypte. S'ouvre alors une période souvent assez mal connue, qui est considérée par de nombreux historiens, tant arabes qu'occidentaux, comme une période de décadence. Et pourtant, l'époque ottomane a doté l'Egypte de monuments remarquables et y a laissé une empreinte durable dans la vie quotidienne - de nombreuses recettes de cuisine, entre autres, ou encore la façon de préparer le café.



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Selim Ier, sultan ottoman qui conquiert l'Egypte.


Durant la domination ottomane, l'Egypte est gouvernée au nom du sultan par un Pacha1, ou Wâli2, nommé directement par le souverain pour un mandat en général de courte durée ; il occupe dans la hiérarchie ottomane le rang de vizir3. Il doit verser au sultan chaque année un tribut, assurer la sécurité et l'organisation de la caravane de l'Afrique du Nord pour le pélerinage vers La Mecque, tout en étant chargé du ravitaillement du Hedjaz où se trouvent les villes saintes dont le sultan ottoman est désormais le gardien, comme l'étaient jadis les sultans égyptiens. Il est assisté dans son administration par de hauts fonctionnaires eux aussi nommés par la Sublime Porte4.




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L'Egypte n'est plus désormais qu'une province du vaste empire ottoman.



Le contrôle militaire du pays est assuré par les Odjak5, troupes d'infanterie, comme les janissaires, ou de cavalerie, qui résident en permanence en Egypte. La plupart de ces soldats sont Anatoliens ou originaires des Balkans et leur solde est prélevée sur le trésor local, ce qui n'est pas fait pour faciliter leurs rapports avec la population.


L'administration provinciale est confiée à des Kashif, ou " surveillants ", fonction que les Ottomans ont reprise de l'époque mamlûk. Progressivement, presque tous les kashif seront recrutés parmi les Mamlûk et recevront le rang de Sandjakbey6, souvent abrégé en Bey.



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Des troupes de mercenaires assurent la sécurité et le contrôle militaire de la province.


L'organisme essentiel du gouvernement dans l'Egypte ottomane est le diwan, ou conseil, constitué des officiers des odjak, des hauts fonctionnaires et des principaux religieux musulmans (ulema) du Caire7. Un petit diwan se voit chargé des affaires courantes.


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La société égyptienne se trouve bouleversée par la conquête ottomane.  Le nombre de Turcs proprement dits est relativement restreint ; il s'agit plutôt d'étrangers issus des différentes provinces de l'empire.


Les Ottomans conservent la tradition médiévale de recrutement des Mamlûk, qui débutent toujours comme esclaves. A cette époque, la plupart des Mamlûk viennent du Caucase et les Circassiens restent les plus appréciés8. Mais on en trouve aussi qui viennent des Balkans et même d'Europe occidentale, ainsi que des Egyptiens de souche et parfois des esclaves Africains. Ils reçoivent leur formation à Istanbul ou dans une autre province ottomane avant d'être envoyés en Egypte. Contrairement à la tradition médiévale, les enfants des Mamlûk peuvent suivre la carrière de leur père, mais cela reste marginal ; ce sont surtout les alliances matrimoniales qui sont privilégiées.



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Les Mamlûk restent de redoutables cavaliers, et trouvent leur place dans l'administration ottomane, sans pour autant renoncer à leurs velléités d'indépendance , ce seront en quelque sorte les Mamlûk de l'époque ottomane qui seront à l'origine de la "conscience égyptienne".


On ne cesse de faire venir de nouveaux esclaves ( " kul " ), qui sont vendus à un Mamlûk affranchi membre d'une maison mamlûk ( " Beyt " ) ; ils reçoivent alors une formation militaire dans la cavalerie. Une Beyt mamlûk est fondée par un chef (appelé " ostaz " , " ab ", " mawla " ou " sayyed " ) , qui donne son nom à cette maison9 ; il regroupe autour de lui ses esclaves mamlûk, mais aussi des affranchis qui sont liés à lui par une formation commune. Le lien entre les Mamlûk et leur maître est très fort, même après l'affranchissement, ce qui rend les jeux d'influence très complexes. L'affranchissement s'accompagne de l'obtention d'une fonction plus ou moins importante dans l'administration, sans que le lien soit rompu avec le maître. Ce n'est que quand un Mamlûk affranchi a atteint les honneurs suffisants qu'il peut fonder à son tour sa propre Beyt.

A ces liens de fidélité et d'honneur s'ajoutent des liens matrimoniaux. Les Mamlûk épousent en général les filles, l'ancienne épouse ou les concubines de leur maître. Les femmes mamlûk, qui sont elles aussi d'anciennes esclaves et étrangères, ont ainsi un rôle non négligeable. La fille d'un Mamlûk se mariera pratiquement toujours avec un Mamlûk.

De façon assez étrange, les Turcs qualifient les Mamlûk de " Misirli " ( Egyptiens, de l'arabe " Misr " désignant à la fois l'Egypte et Le Caire ) ; bien qu'étrangers, ils sont ainsi les seuls à être qualifiés d' " Egyptiens ". En réalité, dans l'esprit des Turcs ottomans,ce terme sert plutôt à désigner un membre non turc de l'administration qu'à signifier une appartenance ethnique.


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Même si les tensions sont nombreuses, les Ottomans marquent de leur empreinte la culture égyptienne.


Parmi les Egyptiens de souche, on distingue différentes catégories. D'abord, une distinction entre Egyptiens musulmans et Egyptiens chrétiens.

Les Egyptiens de souche de confession musulmane sont le plus souvent qualifiés d' " ibn el-balad " (littéralement : fils du pays) 10, qui équivaut à la notion d'autochtone. L'expression " awlâd el-3arab " (littéralement : fils des Arabes)  désigne le mélange ethnique issu du mélange entre les Arabes venus de la péninsule arabique lors de la conquête musulmane et les populations antérieures.

Mais le nom d' Arabe ( "3arabiy " ) est revendiqué par les tribus bédouines, qui font remonter leurs lignées aux premiers temps de la conquête arabe. 11

Le terme de " fellah " (littéralement : paysan) est utilisé de façon péjorative par les membres de l'administration turque pour désigner les Egyptiens de souche, quelle que soit leur classe sociale. 12 A cette époque, " fellah " signifie donc sujet, celui qui n'appartient pas à la classe dirigeante ( en arabe " ra3yya "). 13

Enfin, les Egyptiens de souche de confession chrétienne, les Coptes, sont largement marginalisés, ne représentant qu'environ 7% de la population de l'Egypte d'alors. Linguistiquement, ils ne parlent plus que l'arabe depuis la dernière période de l'époque mamlûk ; le copte n'est plus utilisé que pour la liturgie. La plupart sont paysans, et c'est en Moyenne-Egypte, entre Beni Souef et Girga, qu'ils sont les plus nombreux. Le XVIIIe s. est pour eux une période très dure, durant laquelle le nombre d'évêchés se réduit et la plupart des monastères sont abandonnés, tandis que l'on manque de prêtres ; à cela s'ajoute l'action des missionnaires catholiques, le Vatican s'efforçant de rallier les Coptes au catholicisme 14. Mais les prêtres et le peuple sont très attachés à leur liturgie, qui représente le dernier refuge de leur identité propre. C'est parmi les notables coptes des villes que se recrutent les intendants chargés des taxes et des revenus de l'Etat ; comptabilité et écriture sont toujours confiées à des Coptes, qui de ce fait jouent un rôle dans l'administration ottomane.



Cet aperçu rapide de la société égyptienne de l'époque ottomane n'est pas inintéressante pour comprendre l'Egypte d'aujourd'hui. D'une part, ces éléments permettent d'expliquer pourquoi l'Egypte actuelle a tant de mal à appréhender la période ottomane de son histoire et les ressentiments durables envers la culture ottomane qui sont encore sensibles. D'autre part, il éclaire également les origines de certaines tensions entre différents groupes sociaux ou culturels de l'Egypte contemporaine.



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Notes :

1- Pacha (en turc " pasha ", du persan " padeshah ") : titre élevé dans la société ottomane, qui était donné aux gouverneurs de provinces et aux généraux ; c'était aussi un titre honorifique que le sultan pouvait donner à une personne qu'il voulait distinguer. Avant la XIXe s. , seul le sultan peut conférer ce titre ; par la suite, le Khedive (= vice-roi)  d'Egypte le pourra aussi. La liste des Pacha d'Egypte jusqu'en 1796 est disponible dans la page sur l'époque ottomane.
2- Wâli : en arabe, ce terme désigne au Moyen Age les gouverneurs.
3- Vizir (en arabe " wazîr " ) : fonctionnaire de rang élevé, conseiller ou ministre d'un prince musulman.
4- Sublime Porte : nom donné à la porte d'honneur du grand vizirat à Istanbul, où sièger le gouvernement du sultan ottoman ; par extension, le terme est employé pour désigner le gouvernement ottoman lui-même, mais aussi Istanbul ouo encore l'empire ottoman.
5- Odjak (en turc " ocak " ): souvent traduit par "milice", en réalité troupes d'infanterie ou de cavalerie composées d'esclaves ou de mercenaires à l'époque ottomane.
6- Sandjakbey : le titre de Bey, qui désignait à l'origine chez les Turcs un chef de clan, était attribué à des chefs, turcs ou pas. Tandis que le terme de beylerbey désignait un gouverneur de province, celui de sandjakbey (en turc " sancakbey " ) qualifiait à l'origine un chef de régiment.
7- En particulier ceux qui enseignent dans la prestigieuse université d'el-Azhar, au Caire.
8- Comme ceux de la 2e dynastie mamlûk égyptienne, les Burgi Mamlûk, qui régnèrent sur le pays de la fin du XIVe s. à la conquête ottomane.
9- On trouve par exemple au XVIIIe s. la Beyt 3Alaweyya, issue d' Ali Bey, ou la Beyt Mohammedeyya, issue de Mohammed Bey Abo Dahab.
10- Cette expression est aujourd'hui encore employée par les Cairotes de souche pour se distinguer des provinciaux venus s'installer dans la capitale.
11- De nos jours encore, le terme "Arabe" désigne plutôt les Bédouins aux yeux de beaucoup d'Egyptiens.
12- Les Egyptiens le leur rendent bien en les qualifiant de " Rumiy " ( expression qui vient de "romain" ) pour bien marquer qu'ils sont étrangers.
13- Ainsi, on trouve par exemple au XVIIIe s. un groupe mamlûk très influent qualifié de "gama3at el-fellah " (littéralement : rassemblement des fellah), car il est composé de Mamlûk d'origine égyptienne.
14- Cette union ne sera que partiellement et tardivement réalisée, en 1895, entraînant la séparation entre Coptes orthodoxes et Coptes catholiques.

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 05:35

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En ce début d'année, voici la naissance d'une nouvelle rubrique : Akhbâr men Masr, en français " Nouvelles d'Egypte ". Je vous proposerai régulièrement dans celle-ci de découvrir différents aspects de l'actualité égyptienne puisés non pas dans nos médias occidentaux mais dans la presse égyptienne francophone ou  anglophone  - je ne connais pas encore assez l'arabe pour lire les journaux égyptiens arabophones, khosâra / dommage - , ainsi que dans les sites web égyptiens et bien entendu les nouvelles envoyées par mes amies qui vivent sur place. Sujets de société, culture, événements... De la diversité, en faisant le choix d'éviter les sujets trop polémiques ou directement politiques, car tel n'est pas le propos du blog. Si vous trouvez des nouvelles intéressantes suceptibles d'entrer dans cet espace, n'hésitez pas à me les envoyer par le mail du blog.

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Cette semaine, un intéressant article d'Amira Doss titré avec humour "Ca déborde", dans al-Ahram Hebdo, traite de la démographie égyptienne. En 2008, la population égyptienne s'élève à 80 millions d'habitants, ce qui en fait, nous apprend-elle, le pays arabe le plus peuplé. Des chiffres qui donnent la mesure des problèmes auxquels doit faire face l'Egypte d'aujourd'hui : taux de croissance démographique de 1,2 million d'habitants par an ; 2000 habitants au km2 dans le Delta et la vallée du Nil, la plus forte densité au monde ; 18 millions d'habitants au Caire (approximation car il reste difficile de connaître les chiffres exacts) ; 50% des Egyptiens vivant en-dessous du seuil de pauvreté, dont 6 millions dans une misère totale ; à Dar es-Salam, zone la plus peuplée du Caire , jusqu'à 9 personnes vivent dans un espace de 30 m2... etc. Une réalité que le touriste de passage ne voit pas toujours.


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Toujours dans al-Ahram Hebdo, une 
enquête de Doaa Khalifa et Dina Darwich sur le projet de loi préparé par une ONG, le Centre El-Nadim, pour sanctionner les violences faites aux femmes au sein de la famille. Il ne s'agit pas pour moi de porter un jugement a priori sur une société ou une culture, car ce problème existe aussi ici, mais plutôt de vous montrer à travers ces articles que contrairement à l'image qu'on a souvent en Occident les femmes égyptiennes s'organisent pour faire valoir leurs droits. Sur le même sujet des femmes, une intéressante interview de Sheykha Hissa Al-Sabbah, présidente du Conseil des Femmes d'Affaires Arabes, par Magda Barsoum.


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Dans un registre plus léger, j'ai enfin sélectionné dans al-Ahram Hebdo un bel
article de Doaa Elhami sur le monastère copte d'Abu Hennes à el-Minyeh, en Moyenne-Egypte, fondé au Ve s.


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Le
Progrès Egyptien du 10 janvier annonce quant à lui que la 2e phase des travaux du musée consacré au site d'Amarna, dans le gouvernorat d'el-Minyeh, vient de s'achever ; c'est l'avant-dernière tranche des travaux et le musée devrait ouvrir ses portes au public en 2011... insha'a l-llah ! De quoi rendre impatients tous les amoureux d'Amarna. 


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Pour terminer, un peu de rêve et un sourire. Dans ce même quotidien francophone, la météo va faire sourire les Français plongés dans la grisaille et le froid, ou nous donner plus que jamais l'envie de sauter dans le premier avion en partance pour l'Egypte. " Il est annoncé pour les prochaines 24 heures une température hivernale. Il fera donc froid le jour et très froid le soir. " , peut-on lire... Les températures en question : 18° à Alexandrie, 19° au Caire (ça fait du bien, quand même, Josiane, après avoir affronté l'hiver français... hihi !) et à Suez22° à Hurghada et Louqsor (Anne-Marie et Domi, j'arriiiiiive !!!! ), et 23° à Assouan. Bon, il est vrai que tout est relatif : pour les Egyptiens, il fait effectivement froid... comme quoi !

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